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jeudi 14 mars 2013

Guerre de Syrie, Quelles conséquences ?

Alep - 14 mars 2013 - La guerre est un désastre général. En parler, n’est autre qu’égrainer un cortège de conséquences dramatiques et fatales ; et pourtant, la vie nous fut donnée pour la vivre et la vivre pleinement, non pas dans la solitude exposés à la mort, mais avec les autres, ceux qui pensent, qui vivent, qui croient et qui aiment différemment de nous. Lorsque nous nous présenterons devant la face du Très Haut, Il nous interrogera sur le nombre de ses enfants, éloignés de Lui, que nous Lui aurons ramenés et non pas sur le nombre d’infidèles tués.

Noircir une feuille de papier avec les misères de la guerre de Syrie est singulièrement désolant ; la désolation sera plus grande encore, lorsque le conflit prendra fin ; tous les protagonistes se feront alors la réflexion : « A quoi bon cette guerre » ? Telle est peut-être la question la plus redoutable, qu’il revient à chaque dirigeant d'un grand pays de se poser rapidement, sans quoi cette interrogation viendra plus tard, les frapper de plein fouet et ils éprouveront alors tous, coupables et innocents, le remords et la tristesse de n'avoir pas su épargner au peuple syrien les conséquences de cette terrible tragédie.

Un être normalement constitué et instruit, ne peut éluder cette interrogation qui est un effort de l’esprit certes, mais aussi et surtout une réaction d'émergence au milieu de l’indifférence. Dans le court-terme d'une guerre, les assassins sont illusionnés ; ils ne perçoivent pas les conséquences de leurs méfaits ; leurs amis preneurs d’otages, leurs cousins trafiquants, leurs voisins spéculateurs, leurs oncles sponsors sont dans le même état d’esprit mais à long-terme, les conséquences se révéleront à leurs yeux, comme la photographie sous l'effet du révélateur ; la guerre libanaise nous a montré l’échec, sur toute la ligne, d’une guerre interne ; tout comme le Liban, la Syrie était belle, elle se réveillera défigurée. L’environnement s’améliorait, il sera méconnaissable. Le voisinage était familier, il deviendra étranger. Les personnes instruites qui enrichissaient le peuple de leur savoir et élevaient les humbles de leur vertus, laissent la place à des ignorants qui ne connaissent que le toucher de l’argent. Ceux qui auront quitté le pays, dans l’espoir de trouver une terre d’accueil, réaliseront leur appartenance à une minorité culturelle qu’ils auront adoptée, en échange de la minorité confessionnelle à laquelle ils appartenaient chez eux, en Syrie ; ce pays désormais déboussolé et déséquilibré par le départ de ses minorités, se retrouvera dans des mains incultes et grossières.

Dans la réalité quotidienne de ce calvaire syrien, à quoi assiste-t-on nous présentement ?

Nous assistons à une misère matérielle galopante bien naturellement : Le passage de la pauvreté à la misère a poussé les filles de certaines familles à la prostitution. Pour ces familles-là, la location du corps, est la seule source de revenus possible. Quel drame !

Nous assistons à l’émigration et au départ d’un pays aimé, vers un pays inconnu, pour aller découvrir un ailleurs où l'étranger est toléré, quand il ne récolte pas l'indifférence froide, voire glaciale. On parle déjà d’un million de réfugiés syriens ; on dit que le Liban est submergé par ses réfugiés.

Nous assistons à la naissance d’une caste médiocre et mécréante de trafiquants, de rôdeurs en chasse, d’éléments armés qui, après un premier crime deviennent des criminels professionnels, dont les actes nous sont présentés comme la traduction d’une recherche de liberté, d’une insurrection contre la dictature, d’une défense de la patrie ; chaque bord arborant des slogans idéaux et abstraits, mais en attendant, chaque partie bafoue la dignité de l’autre, retire l’espoir de vivre et décime des familles entières. Quelle aubaine pour ces criminels !

Nous assistons à l’inquiétude croissante des familles chrétiennes, empêchées de fuir le pays à cause de la pauvreté et forcées d’inciter leurs jeunes gens à rejoindre les « comités populaires » constitués pour défendre les zones à forte population chrétienne.

Nous assistons au réflexe de défense d’autres jeunes gens, allés renforcer les « phalanges » du parti Baath, afin de soutenir l’armée arabe syrienne, contre une modique somme de 12.000 livres syriennes (100€).

Nous assistons aux conséquences fatales pour cette jeunesse chrétienne qui, toutes les semaines, perd cinq à six de ses frères dans l’un des deux secteurs chrétiens d’Alep.

Nous assistons à des suicides de pères de familles chrétiennes qui franchissent le pas du désespoir faute de pouvoir nourrir les leurs. Six cas sont déjà connus à Alep. Au fil de la détérioration, la mort prend pour certains, les traits d’un mirage de liberté, aspirant des personnes totalement démunies et sans ressources.

Nous assistons à l'abus d’alcool ; une mort plus lente que le suicide, qui passe par l’appauvrissement de l’âme sous l’exaltation des sens. C’est ce qui arrive à des jeunes syriens chrétiens, qui ne trouvent plus la manière de faire connaître leur détresse. Ils se révoltent contre la patrie et la religion puis tombent sous l’emprise de l’alcool.

Nous assistons à l’aventure inconsciente et au dénouement fatal pour des jeunes gens, qui ont préféré s’embarquer clandestinement sur des bateaux amarrés dans les ports turcs, espérant rejoindre la Grèce ou l’Italie, mais dont le sort ne fut pas plus heureux qu’en Syrie, car la traversée ne fut que de courte durée. Les fourgons, dans lesquels ils avaient trouvé refuge, ayant été jetés à la mer.

Nous assistons à la division au sein de la famille entre sympathisants du régime et partisans des rebelles.

Nous assistons à la division conjugale qui suit la ruine du père et la perte de l’emploi ; la fierté des syriens, les empêchant de tendre la main aux organisations caritatives, des couples préfèrent la division et le divorce, au choix de solliciter une association charitable ; dans bien des cas, la mort naturelle, par infarctus de l’époux, apporte la solution.

La société syrienne qui était si friande de visites familiales et amicales, s’est émiettée en deux ans. Les combats et les risques imprévisibles ont réduit sensiblement les mouvements des habitants hors de chez eux. Après le repas de midi, les rues se vident et les rares taxis qui circulent, ont décuplé leurs tarifs.  

Nous pouvons poursuivre le chapelet de misères, car les conséquences de cette guerre sont sans mesure. Conséquences psychologiques et pathologiques, conséquences d’autres natures aussi, mais imaginons seulement un pays qui manque de façon criante de médicaments et de médecins. Telle est la Syrie d'aujourd'hui qui connaît une mortalité infantile dramatique faute de soins, et une espérance de vie en chute sensible. Dans la seule ville d’Alep, le nombre de médecins spécialistes, rattachés à l’hôpital, est passé de 290 à 40.

Dans leur hargne à tuer, les combattants empêchent même les vivants d’enterrer les morts. Les musulmans ne parviennent plus à mettre en terre les leurs, car les cimetières musulmans sont sous le contrôle de l'Armée Syrienne "Libre" ; aussi réquisitionnent-ils les petits jardins de quartiers pour y déposer les corps.

Quant aux chrétiens, privés des prêtres, qui furent contraints à prendre la fuite, pour éviter les menaces des terroristes, les voici inhumant leurs morts sans célébrant ; un laïc récite une simple prière et les avis sont publiés sur facebook.

En évoquant les conséquences du conflit syrien, nous avons traversé un tunnel lugubre d’actes sombres et négatifs que les acteurs du cette tragédie projettent sur les innocents et leur entourage ; mais l’espoir, dit-on, est au bout du tunnel et en Syrie, le sourire vient de ces gestes qui étonnent et émeuvent, des familles qui, malgré la détresse, se montrent à chaque instant solidaires ; de ces portes de maisons encore préservées, qui s’ouvrent, de cette tendresse et de ces larmes qui volent au secours des faibles et des fragiles, des réfugiés et des souffrants. Le peu qui reste est partagé.

En définitive, l’espoir ce sont les hommes et les femmes qui vivent et se nourrissent de la foi. Ces prêtres, ces moines et ces laïcs qui mettent en commun, leur énergie et leurs biens pour venir au secours des familles, sans penser aux risques et sans attendre des moyens importants.

L’espérance pour la Syrie ce sont ces Eglises devenues lieux de charité et d’amour envers les chrétiens et les musulmans.

Le Veilleur de Ninive

mercredi 21 novembre 2012

Ne pas oublier Alep....

En Syrie, la population commence à perdre espoir sur la fin proche du conflit. La mort n'est plus seulement un fait de la vie, elle est dans le quotidien,; familière, proche, presque imminente; la population se prend à la défier ; la mort ne fait plus peur ; les habitants sont devenus moins craintifs mais paradoxalement le désir de vivre est moins vif. Il arrive bien à ceux qui sont toujours à Alep, Homs, Harasta, de se dire qu'il vaut peut-être mieux mourir que de vivre sans abris, sans pain, sans dignité humaine.

Les enfants eux ne se posent pas si crûment la question de la mort. En revanche, ils flirtent avec elle, en jouant à se faire peur dans les quartiers chrétiens d’Alep. Dans leurs jeux, ils se regroupent en soldats de l’Armée arabe syrienne et en combattants de l’Armée Syrienne Libre. Ils se fabriquent de fausses armes, mais y mettent parfois du vrai en se maltraitant.

On dit qu'un tiers de la population d'Alep a quitté la ville. Les citoyens restés sur place, font partie de la catégorie sociale qualifiée autrefois de moyenne  mais aujourd'hui sensiblement appauvrie au point qu'elle n'a plus les moyens de sortir de Syrie. En revanche, ses membres espèrent et attendent l’aide qui arrive avec parcimonie, laissant de nombreuses familles en détresse. Les familles qui ont laissé la ville d'Alep et y sont revenues ne sont pas mieux loties; certaines, par exemple, ont fait le voyage de l'Arménie, pour n'y trouver qu'un pays n'offrant pas de travail, où la corruption est presque aussi répandue qu’en Syrie.

L'émigration ne réussit pas à tous, notamment à ceux qui ont fait le choix de laisser la Syrie pour le Liban et qui n’ont même plus les moyens d’y revenir car, dans le pays voisin, la vie est très chère et les a dépouillés. Mais quel dilemme pour la population chrétienne alépine tentée par le départ ou la demeure sur place, surtout après les dernières déclarations des partis « djihadistes » qui appellent à fonder une République Islamique de Syrie. Que faire ?

Dans le quotidien alépin, la vie est devenue insupportable. Les habitants ne sortent plus que pour acheter du pain. Il faut dire que cette sortie demande cinq heures de files d’attente. Le reste du temps, les sorties de chez soi, n'ont pour but que de visiter les proches. En revanche, avec la tombée du jour, tout le monde est terré chez soi car les quartiers contrôlés par l'armée sont quadrillés de barrages.

Les modifications du mode de vie et de l'environnement, dans les derniers mois, ont été impressionnants. A Alep et dans ses environs, près de six cents usines ont été pillées et volées. Des bandes armées provenant de Turquie se sont emparées de précieuses machines. Près de 60% de la ville d’Alep est détruite. Les fameux souks, si réputés jadis, sont détruits à hauteur de 50%. Alep viendrait en troisième place après Berlin et  Stalingrad dans le classement des villes les plus détruites. Près d’1,5 millions de personnes n’ont plus d’abris ou de maisons. La monnaie s’est considérablement dépréciée. Le dollar et l'euro atteignent des records ($1=L.S.88) et (€1=L.S.110). Les marchandises et denrées alimentaires de base ont vu leurs prix quintupler. De très nombreux médicaments restent introuvables après la destruction des usines pharmaceutiques.

Le pays avance dans l’hiver ; le mazout et le gaz manquent ; le chauffage au bois n’est pas courant dans le pays. Il n’y a plus que les réchauds électriques et les couvertures pour se chauffer. Heureusement et c’est la rançon du malheur, les rapports entre voisins restent bons, imprégnés d'attention et de solidarité. Pour les urgences, il ne reste plus d'ambulances, de police ou de pompiers. Les voitures piégées sont si destructrices ;  elles ne sont pas suffisantes, semble-t-il, puisqu'elles sont généralement suivies de tirs de fusée Hawn comme pour venir achever le mort.

Au fil des mois, la situation se dégrade ; c'est le pourrissement et le monde y assiste comme le sphinx dans le désert. A Alep, l’armée syrienne ne parvient pas à pénétrer dans la vieille ville tandis que d'autres quartiers, occupés par les djihadistes (Al Nasra), deviennent des sanctuaires islamistes.  

Les conscrits du service militaire restent terrés chez eux ; des soldats désertent ou collaborent avec l’Armée syrienne « Libre », par besoin d’argent ou par conviction. Au milieu de la désagrégation, il se trouve encore des personnes de bonne volonté qui prennent des risques pour se manifester à des amis et des proches ; quel courage ont ces bédouins qui ont traversé des barrages de l’ASL pour venir entourer une famille chrétienne éprouvée. La misère est présente, croissante, destructrice et avilissante sur tous les plans.

La jeunesse ? Son comportement est désormais conduit par le besoin de manger et de s’héberger. Des jeunes chrétiens de plus en plus nombreux s’enrôlent dans les comités populaires (Chabihas) pour soutenir l’armée. La solde qui leur est versée est de 15.000 livres syriennes (€200) par mois. D’autres tentent de vendre de l’essence en contrebande ou s’improvisent vendeurs de légumes ambulants ; enfin, il y a ceux qui essayent de quitter le pays par la Turquie. Quel vide ! Quel désastre spirituel, humain, matériel…. ! Que de jeunes sur la pente négative ! Le caractère des personnes change…les instincts dominent....; au plus grand désespoir des familles, des jeunes commencent à s’adonner à la drogue introduite par les salafistes tandis que les jeunes filles sont sous la menace constante du viol. La fatwa du renégat Qatari, le dénommé « al-Qurdawi » protège les violeurs en accordant le droit de violer les filles alaouites et chrétiennes avant de les tuer. Pourquoi la France qui entretient de si bon rapport avec le Qatar, ne demande t-elle pas qu'on le fasse taire ?

Et les écoles au milieu de cela ? Il faut dire que les deux tiers des écoles publiques abritent des réfugiés ; les autres établissements sont vides. Les écoles chrétiennes, situées hors de la ville ont, quant à elles, créé des classes au sein des Eglises et dans les paroisses pour assurer les cours, tandis que les universitaires semblent avoir perdu leur année.

La question du départ et de l'émigration revient sans cesse...le dilemme....Certaines familles cherchent à partir certes, mais tout n'est pas réglé par le départ. La question est pour quelle destination ? La Suède, le Venezuela, l'Australie ou le Canada ? Ce sont les pays les plus attirants ;  mais partir, ce peut-être se ruiner. A Alep aujourd'hui, tous logement laissé est un logement prisé par les réfugiés qui s’y installent sans intention de le rendre. Vendre son bien ? Impossible. Il n’y a plus d’autorité, plus d’administration, plus de justice pour permettre les transactions.

La question du retour, est celle que se posent des familles parties s’installer au Liban, en Arménie ou en Jordanie; elles reviennent au pays car la terre d’accueil est peu sûre. Le dernier attentat de Beyrouth qui a tué le chef des renseignements, W. Hassan, a dissuadé des chrétiens à rester sur place et puis le coût de la vie au Liban vient les déterminer à partir.

Mais quelle est la véritable situation sécuritaire à Alep ; quelle place occupe l’armée arabe syrienne ? On peut dire que cette dernière est présente surtout dans les quartiers chrétiens à travers la garde républicaine formée des soldats les plus fidèles au régime. Elle occupe 25% de la ville seulement mais s'appuie toujours sur l’aviation pour tenter de déloger les rebelles salafistes des quartiers de la ville.

Ailleurs hors d’Alep ? Pour les chrétiens, l’attention se porte sur la ville de Qamichli située dans le Nord-Est du pays, où très vraisemblablement, se prépare un scénario similaire à celui de Ras-El-Ain, avec ultimatum aux chrétiens pour quitter la ville et exécution de la menace, peu de temps après. Actuellement les habitants des villages chrétiens de la région, en particulier de ceux qui se trouvent sur le fleuve Khabour, trouvent refuge dans la ville de Hassakeh.

Des nouveaux acteurs dans le conflit ? Des intégristes de toutes sortes, des bandes armées diverses foisonnent et agissent pour le compte de parrains tenus secrets. Ils sèment la terreur et égorgent de simples et modestes citoyens au nom d’Allah. Nous revivons les premiers temps de l’Islam avec les ultimatums du prophète et de ses hommes appelant à la conversation sous menaces d’être passé par le fil de l’épée. La peur règne sur l’ensemble du territoire....L’histoire se répètera-t-elle ?

Dans cette mêlée, comment rester informés ? La population chrétienne s'accroche à certains media, dont le panorama a quelque peu changé : Elle s'informe auprès d'« Al Mayadine » qui est bien apprécié mais aussi par l'écoute de deux autres chaines « Ikhbarieh » et « Dounia ». A ces chaînes sympathiques aux chrétiens, sont venues se greffer des chaines "salafistes" « Al-Barada », « Al-Sharq », « Al-Jazira » et « Al-Arabia » ; Le Net prend une place de choix avec « Taht al-Mihjar » et « Akselser » mais aussi « Alep News » et « Akhbar as-Syrian » sans omettre les réseaux-sociaux tels que Facebook.

Pour conclure, quel constat faisons-nous ? Dans une guerre comme celle-ci, l’espoir est dans le détail, dans les gestes d'amitié, dans l’attention délicate, dans l'inconnu qui se présente et tend une main….L’espoir n’est ni auprès des gouvernements, ni dans les grands discours politiques, ni dans les ambitieux qui pointent leur nez dans les medias. Aucun d’eux n’a réussi en enrayer le conflit. Aucun Etat, aussi puissant qu’il ne prétend être n’a réussi à faire passer l'humain avant les considérations géostratégiques, et à stopper ainsi la marche vers la destruction de la Syrie.

mardi 26 juin 2012

Syrie : Les jeunes face au problème du chômage et de l'oisiveté.

Dans le texte qui suit, nous nous sommes concentrés sur la vie des jeunes syriens chrétiens en proie aux conséquences du conflit rébellion-répression et qui, de ce fait, rencontrent des difficultés cruelles. Quelle est leur situation face à l’emploi ? Quels problèmes rencontrent-ils face à la nécessité impérieuse de s'occuper ?

Abordons la question du travail et interrogeons-nous sur les métiers dans lesquels les jeunes syriens peuvent espérer quelques débouchés. A contrario, quelles sont les métiers les plus pénalisés par la situation et desquels se détournent les jeunes par manque d’activité et d’emplois ?

Pris dans la dynamique négative rébellion-répression et l'incertitude pesant sur l'avenir, les jeunes syriens, quelque soit leur confession, s'efforcent de devenir fonctionnaire de l’Etat. Ainsi retrouve t-on sur les rangs des candidats à l'Administration un nombre très élevé d'inscrits pouvant atteindre 80.000 personnes pour 200 à 300 postes ouverts par an. En conséquence, l’accès à ces postes ne se fait pas sur des critères de compétences mais passe par des relations puissantes, appelées plus communément « pistons ».

On constate qu’actuellement, la majorité des jeunes sont des ouvriers du secteur privé aux rémunérations très faibles. Par ailleurs, on estime qu’un grand nombre d’ouvriers syriens, plus de 600.000, travaillent au Liban voisin et que d’autres encore se rendent dans les pays du Golfe pour y exercer. On estime leur nombre à 130.000 travailleurs.

Parmi les métiers répandus dans les communautés chrétiennes, il y a celui de chauffeur de taxi ou de mécanicien (particulièrement recherché par les chrétiens-arméniens).  Bien des jeunes chrétiens sont aussi dans l’informatique mais la fermeture des hôtels et la cessation de l’activité touristique a entraîné la mise au chômage d'un certain nombre d'informaticiens. 

Le problème de l’emploi pèse surtout sur les jeunes qui ont fini leurs études sans avoir encore effectué leur service militaire ; ils ne peuvent aucunement trouver du travail en raison du service qui les attend, ce qui les met dans une situation financière parfois dramatique; En raison de la hausse du coût de la vie, ils n’ont plus les moyens de vivre au quotidien. Inutile de dire que la perspective de fonder une famille s’éloigne sans compter les regrets qui les rongent d’avoir, pour certains, poursuivi des études de longue durée.

Face à la situation très difficile de l'emploi privé, quel est le rôle comme employeur de l'Administration publique ?

L'administration publique souffre du poids considérable que représentent les nombreux fonctionnaires, dont un certain nombre est nommé par le parti au pouvoir. Actuellement, ils reçoivent leurs salaires sans avoir à se rendre au bureau.

Aux fonctionnaires de l’administration s'ajoutent en Syrie de nombreux employés d'entreprises étatiques qui sont actives dans quelques branches, telles que la fabrication du coton, du verre, du papier, du sucre, mais aussi dans les travaux publics ou la production pétrolière et électrique.

Un des drames de cette administration réside dans la corruption des fonctionnaires qui la ronge. Au sein des douanes, de la police, de l’administration fiscale, des municipalités, de l’enseignement, des pourboires (bakhchiches) indispensables au succès des démarches, sont souvent distribués qui procurent à leurs bénéficiaires, un doublement voir un triplement du salaire.

Actuellement, en raison du décès de nombreux policiers et de membres des services d’ordre, le recrutement par les Ministères de l'Intérieur et de la Défense est en croissance pour remplacer par des jeunes les Agents tombés sous la violence.

L'emploi privé ou public étant incapable de résorber les besoins en travail, y aurait-il d'autres initiatives pour éviter que ces la jeunesse ne tombent dans l'oisiveté et le désespoir ? Les réunit-on pour effectuer des tâches en commun ?

Dans le contexte très difficile de l'heure, comment faire pour occuper les jeunes ?  Vaste question, mais si nous limitons notre propos au travail effectué par les Eglises, nous devons évoquer les « clubs de jeunes » et les mouvements de jeunesse (JEC, JUC, JOC, Scoutisme, Légion de Marie, Catéchisme et Chant choral) qui demeurent actifs. L’été venu et en temps normal, de nombreuses colonies de vacances sont organisées. Elles seront très sensiblement réduites cette année.

Au sein de certaines Eglises/Paroisses, des « bureaux de l’emploi » ont été créés au bénéfice des jeunes. Les patrons d’entreprises, d'usines, d'ateliers mécaniques, les sociétés qui disposent de services informatiques, ou encore les écoles s’adressent à ces bureaux pour recruter.

La situation des jeunes filles est parfois plus alarmante car ces dernières ne trouvent pas la plupart du temps, du travail ; les mariages quant à eux se font plus rares et difficiles. Des membres du clergé ont créé dans les paroisses des ateliers de couture, auxquels les commerces de vêtements et de mode viennent passer leurs commandes.

Les sociétés de bienfaisance financent de petits projets ; avant le déclenchement de la rébellion, une certaine « industrialisation » du travail à domicile commençait à voir le jour (bijouterie, couture, leçons particulières, etc…). Actuellement ces initiatives sont refroidies.

Quand l'administration publique est paralysée et que l'emploi fait défaut, on pense au volontariat, qu'en est-il dans ce pays où les chrétiens sont pris en tenaille par la confrontation rébellion-répression ?

Hélas le volontariat est d'un faible niveau en raison des évènements qui centrent les esprits des personnes et des familles sur leurs problèmes immédiats. Il y a toutefois des cas individuels notamment d'ingénieurs qui proposent leurs services bénévolement.

Le volontariat bénévoles la plupart du temps, s'exerce dans les paroisses chrétiennes; mais la vie paroissiale suit-elle son cours normal ? Des menaces ne pèseraient-elles pas sur elles ?

Actuellement dans les grandes villes de Damas ou Alep, il n’y a pas réellement de menaces sur les paroisses bien qu’une certaine inquiétude règne. En revanche, dans les régions réputées plus « chaudes », dans les villes de Homs, Hama, Idlib, le Sud de la Syrie et Deir es-Zor, les menaces sont réelles. Non seulement les paroisses deviennent à hauts risques, mais les jeunes ont tendance à déserter ces villes. Ailleurs, où la sécurité est plus sûre, les chrétiens redécouvrent leur paroisse et l’apprécie « comme une grande famille ».

En outre, la solidarité interchrétienne s’est renforcée. Des membres aisés de nos Eglises offrent argent et travail. Citons la société de Monsieur Georges Salem à Alep qui a mis à la disposition des Curés des petites bourses destinées aux familles pauvres.

La vie paroissiale semble ne pas être trop affectée par les troubles. Si les jeunes fréquentent moins les églises le dimanche, quelques religieux et prêtres ont en revanche su en attirer un certain nombre par des liturgies plus vivantes et plus adaptées à leur mentalité. C'est le cas du monastère de Mar Moussa El-Habashi, du Père Zehlawi ou encore des petites sœurs de Charles de Foucault à Damas; tous trois sont  des exemples et des facteurs incitatifs à ces adaptations liturgiques. La liturgie quotidienne est pratiquée par les personnes âgées qui se rendent à l'église pour divers mobiles naturellement, certains pour uniquement s'occuper; nous dirions qu'il s'agit d'une bonne manière de s'occuper.

Grâce aux réseaux sociaux on voit apparaître une sorte de « dialogue électronique » permettant aux jeunes de s'exprimer et aux prêtres d'enseigner et de prêcher mais ce genre d'échanges ouvre parfois la voie à des contenus négatifs qui ne sont pas constructifs.

A Damas et Alep, l'église de Syrie doit désormais affronter des « mouvements » qui se revendiquent du christianisme mais qui sont en réalité très critiques à l’égard du clergé et des sacrements. Ces mouvements attirent à eux les jeunes qu’ils détournent de la fréquentation de l’Eglise syrienne en exploitant la pauvreté, le vide et le mécontentement régnant dans le pays. A Alep, un de ces mouvements est en plein développement; il est connu sous le nom de « Yasou’, Nour al-Alam » (Jésus, lumière du monde). Ces « nouvelles églises » sont désormais reconnues par le régime comme « Evangéliques ». Elles sont riches pour recevoir régulièrement des sommes importantes de l’étranger.

On constate que le conflit rampant rébellion-répression est une négation de la jeunesse syrienne quelque soit la confession; or c'est à la jeunesse que le pouvoir appartient; les jeunes sont les propriétaires de l'avenir et pour eux principalement, ce misérable conflit qui n'a rien de démocratique, les démocrates n'ont pas recours à la violence, doit prendre fin.

samedi 9 juin 2012

Syrie : La détresse des enfants et des familles chrétiennes.

Syrie – 9 Juin 2012 Nous avons interrogé des syriens sur la vie des enfants sur place. Voici la synthèse des réponses reçues que le Veilleur de Ninive vous livre :

Les enfants ne parlent plus entre eux que de voitures piégées et de bombes. Ils ne comprennent pas pourquoi, il y a des enlèvements ; pourquoi tue-t-on et maltraite-t-on les personnes autour.

Un cas précis : mes petits neveux et mes nièces tremblent à chaque fois qu’une porte claque. La nuit, ils souffrent de cauchemars ; ils se lèvent subitement pensant qu'ils ont perdu leurs parents.

Dans les écoles, les camarades en arrivent à se disputer entre partisans et adversaires du régime. Les enseignants n’osent plus intervenir dans les querelles de peur d’être assassinés le lendemain par l’un des pères. Les enfants se font de plus en plus agressifs dans leur comportement.

Dans les « régions chaudes », la plupart des écoles sont détruites ; d'autres se sont vidées de leurs élèves car les enfants et les enseignants ont reçu des menaces des criminels et des fanatiques.

A Alep, les écoles privées chrétiennes ont été contraintes de fermer le Vendredi. La situation des écoles chrétiennes les plus importantes (Institutions Amal, Al-Mashreq, Wardieh et Al-Farah), qui se trouvent hors de la ville, est devenue très difficile. Ces écoles reçoivent régulièrement des menaces ; en outre on relève une vingtaine d’enlèvements d’enfants. Serait-il utile d’ajouter que les examens officiels ont été, cette année, entachés de tricheries et que leur niveau n’est guère représentatif en raison des perturbations.

Hors des heures d’école, les enfants ne jouent plus à l’extérieur. A Alep, après 18 heures les rues se vident.

La crise économique et la pauvreté s’étendent ; les familles sont menacées. La tension entre les conjoints est de plus en plus palpable. On relève un nombre accru d’époux s’adonnant à l’alcool et se mettant à battre leurs épouses ou leurs enfants. Certains vont même jusqu’à pousser leurs conjointes à des relations extra-conjugales pour faire rentrer un peu d’argent. Encore plus grave, on constate certains cas de pères qui poussent leurs filles à la prostitution.

Les remèdes et solutions à ces drames sont peu nombreux. Le clergé (prêtres et religieux) est très sollicité pour combler le vide affectif et spirituel chez les enfants qui vivent de telles situations. L’abandon à Dieu, Amour et Tendresse, est une dimension importante du message que délivre notre clergé face à cette détresse.

Dites aux Chrétiens, partout où ils se trouvent, l’injustice terrifiante et le martyr qui touchent et guettent de plus en plus les Chrétiens de Syrie.

Clamez notre besoin d’une solidarité interchrétienne.
Clamez notre besoin d’une aide concrète.
Clamez la nécessité de lever la tête pour que la violence confessionnelle qui nous affecte soit une leçon pour toutes sociétés chrétiennes dans le monde, afin qu'elles s’organisent en vue d'un avenir protégé et d’Espérance.
Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.