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vendredi 11 janvier 2013

Quand la communauté du renseignement se rebelle contre la stratégie suicidaire de la France en Syrie.

Un ex-officier des renseignements français, « la crise syrienne a réveillé l’ours russe… Assad tiendra et notre politique doit changer ».

A. D., ex-officier de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure française) parie sur le temps pour  rattraper les erreurs commises par le gouvernement français, dans la gestion de la crise syrienne, tout au long de ces deux dernières années. De retour de Beyrouth (il refuse d’avouer s’être rendu en Syrie et y avoir rencontré des responsables de différents services de sécurité), il énumère les erreurs commises par la France .

- Le ralliement à la politique américaine d’alliance avec les islamistes, sans tenir compte des intérêts historiques de la France en Syrie.
- Le renoncement à la précieuse mine syrienne de renseignements que lui fournissaient les services anti-terroristes syriens et qui protégeaient la France du terrorisme depuis de nombreuses années.
- Le pari irréfléchi sur la chute du régime de Bachar al-Assad, un pari qui a réveillé l’ours russe acculé, depuis le précédent libyen, à défendre férocement ses intérêts. Il en résulte une nouvelle guerre froide qui met à mal les fragiles intérêts de la France à travers le monde.
- La perte de la coopération stratégique avec la Syrie, en matière de sécurité et de politique au profit d’une situation dont le dénouement est amer dans le meilleur des cas et dans le pire des cas, un immense chaos qui risque de ne pas épargner les rues de Paris dont les banlieues contiennent une forte concentration de populations musulmanes.

Que fait un ancien officier de renseignement français au Liban et à proximité de la frontière syrienne ? Réponse d’un autre expert des politiques sécuritaires occidentales : « Chez vous, un officier des renseignements à la retraite devient soit un fermier soit un intellectuel soit un commerçant soit un fou. En France, continue l’expert, il devient chercheur, par engagement personnel ou met ses compétences au service de l’un des nombreux instituts ou cabinets d’experts qui offrent leurs services de consultants au pouvoir en place ou à l’opposition ou bien à des parties influentes dans les deux camps. »

Notre officier retraité A. D., devenu chercheur, estime que la France a commis en Syrie des erreurs stratégiques et stupides, car elle est entrée dans un jeu (contre le régime syrien) dans lequel elle est perdante d’avance et dont les seuls gagnants, s’il en est, sont les Américains. Quant aux pertes, la France en aura la part du lion si le régime triomphe de ses ennemis armés et financés par les pays de l’Otan et des monarchies du Golfe.

À propos de la coopération franco syrienne dans le passé, l’ex-officier français confie : « L’escalade politique entre la France et la Syrie n’est pas un problème en soi, car entre États, il n’y a ni amitié ni animosité éternelles ; seuls les intérêts décident de la nature des relations. La grande perte de la France est la perte de sa coopération sécuritaire avec la Syrie ». Il ajoute : « Les services de sécurité syriens ont épargné à la France, à plusieurs reprises, de terribles catastrophes que des terroristes d’origines arabes s’apprêtaient à  provoquer. Seuls les renseignements fournis par les services syriens nous ont permis de les déjouer et de sauver des vies innocentes. »La parole est toujours à l’ex-officier :

« Jusqu’aux débuts de la crise actuelle, la coopération continuait encore et des officiers des deux côtés coopéraient étroitement contre le terrorisme international. Mais la stupidité des politiciens français a acculé les services anti-terroristes syriens à mettre fin à cette coopération. Je ne les blâme pas ! Comment peut-on mettre sur la liste des sanctions françaises et européennes un officier (Hafez Makhlouf) blessé lors d’une opération contre des terroristes qui visaient les ambassades française et américaine à Damas ? ! Imaginez quelqu’un qui sauve nos enfants d’une mort certaine, et au lieu de l’en remercier, notre diplomatie le traite de terroriste et le met tel un criminel sur une arrogante liste de sanctions. »

Et de poursuivre : « Hafez Makhlouf et bien d’autres officiers syriens ont mené à bien des missions dont les retombées positives ne se sont pas limitées à la seule Syrie, mais ont bénéficié au peuple français et à d’autres peuples de l’est et de l’ouest. Je ne divulguerai pas un secret en disant que cet homme a reçu les remerciements de grands groupes pharmaceutiques pour avoir démantelé des fabriques clandestines de faux  médicaments et pour avoir arrêté de grands trafiquants de drogues qui utilisaient la filière syro-libanaise pour écouler leurs marchandises de mort en Europe et surtout en France. Au lieu de les remercier, nous les avons mis sur la liste des sanctions ! »

La source française continue : « Nous avons obtenu, grâce à la coopération avec la Syrie, de précieux renseignements qui nous ont conduits à déjouer en 2008 un plan terroriste qui aurait fait des milliers de morts  dans le métro de Paris. Les services de renseignement syriens ont obtenu leurs précieux renseignements après avoir arrêté, par le colonel Makhlouf, un groupe des plus dangereux terroristes d’Al-Qaïda dont Aymen el Daher alias Khaled Elkashef, Abdallah Azzam (qui n’a rien à voir avec le célèbre théoricien palestinien, aujourd’hui disparu, qui fut le mentor de Oussama Ben Laden et qui portait le même nom), Ghassan Abou Qassab, Abdelhakim Qassem, Naaman el Mandou, Layth Badran et le plus dangereux d’entre tous, Asaad Hourieh le chef de l’opération avortée du « métro de Paris » qui aurait fait des milliers de morts si elle n’avait pas été déjouée à temps. Cette opération, Al-Qaïda a mis des années pour la mettre au point, et ce groupe a été arrêté sur le chemin de la France, à travers la Syrie et le Liban et son aéroport de Beyrouth. Ils s’y rendaient pour mettre à exécution leur plan terroriste. »

Les officiers des services anti-terroristes français avaient presque élu domicile à Damas. Ils s’entretenaient avec les chefs des services de sécurité syriens. « Ces chefs vont-ils continuer à coopérer avec nous contre le terrorisme qui cible nos civils en France, alors que nous les avons mis sur la liste noire et leur avons interdit l’entrée de notre territoire ? ! », s’interroge cet ancien officier français qui connaît sur les bouts des doigts ce dossier ? « Les politiciens français sont-ils raisonnables quand ils croient qu’ils rendent service aux aspirations légitimes du peuple syrien en soutenant des terroristes, ceux-là même que nous avons combattus côte à côte avec nos homologues syriens ? L’État syrien nous a sauvés des attentats terroristes et nous sommes en train de les remercier en finançant des attentats terroristes sur leur territoire ! Est-ce une politique raisonnable ? ! »

Cette analyse désabusée de cet ancien officier français, qui a l’aval d’une écrasante majorité des services anti-terroristes français, finira-t-elle par peser sur les décideurs politiques à Paris et les amener à changer d’orientation avant qu’il ne soit trop tard ?

A cette question, l’ancien officier français répond : « Oui ! Il y a beaucoup de gens raisonnables dans les services français. Ils sont capables de peser sur le cours de l’actuelle politique française à l’égard de la Syrie, surtout après le fiasco du scénario libyen conçu et mis en œuvre par Paris et Londres. La position russe finira par conforter le camp des pragmatiques et mettra dans l’embarras les jusqu’au-boutistes qui cherchent à satisfaire les États-Unis. D’autant plus qu’il est devenu clair que le régime syrien tiendra, que le soutien russe au régime n’est pas conjoncturel : il est stratégique, constant et ne changera pas. C’est à nous de changer et il faut qu’on le fasse pour l’intérêt même de la France ».

Source : Afrique-Asie. Le journal publie également des lettres attestant les relations

mercredi 21 novembre 2012

Ne pas oublier Alep....

En Syrie, la population commence à perdre espoir sur la fin proche du conflit. La mort n'est plus seulement un fait de la vie, elle est dans le quotidien,; familière, proche, presque imminente; la population se prend à la défier ; la mort ne fait plus peur ; les habitants sont devenus moins craintifs mais paradoxalement le désir de vivre est moins vif. Il arrive bien à ceux qui sont toujours à Alep, Homs, Harasta, de se dire qu'il vaut peut-être mieux mourir que de vivre sans abris, sans pain, sans dignité humaine.

Les enfants eux ne se posent pas si crûment la question de la mort. En revanche, ils flirtent avec elle, en jouant à se faire peur dans les quartiers chrétiens d’Alep. Dans leurs jeux, ils se regroupent en soldats de l’Armée arabe syrienne et en combattants de l’Armée Syrienne Libre. Ils se fabriquent de fausses armes, mais y mettent parfois du vrai en se maltraitant.

On dit qu'un tiers de la population d'Alep a quitté la ville. Les citoyens restés sur place, font partie de la catégorie sociale qualifiée autrefois de moyenne  mais aujourd'hui sensiblement appauvrie au point qu'elle n'a plus les moyens de sortir de Syrie. En revanche, ses membres espèrent et attendent l’aide qui arrive avec parcimonie, laissant de nombreuses familles en détresse. Les familles qui ont laissé la ville d'Alep et y sont revenues ne sont pas mieux loties; certaines, par exemple, ont fait le voyage de l'Arménie, pour n'y trouver qu'un pays n'offrant pas de travail, où la corruption est presque aussi répandue qu’en Syrie.

L'émigration ne réussit pas à tous, notamment à ceux qui ont fait le choix de laisser la Syrie pour le Liban et qui n’ont même plus les moyens d’y revenir car, dans le pays voisin, la vie est très chère et les a dépouillés. Mais quel dilemme pour la population chrétienne alépine tentée par le départ ou la demeure sur place, surtout après les dernières déclarations des partis « djihadistes » qui appellent à fonder une République Islamique de Syrie. Que faire ?

Dans le quotidien alépin, la vie est devenue insupportable. Les habitants ne sortent plus que pour acheter du pain. Il faut dire que cette sortie demande cinq heures de files d’attente. Le reste du temps, les sorties de chez soi, n'ont pour but que de visiter les proches. En revanche, avec la tombée du jour, tout le monde est terré chez soi car les quartiers contrôlés par l'armée sont quadrillés de barrages.

Les modifications du mode de vie et de l'environnement, dans les derniers mois, ont été impressionnants. A Alep et dans ses environs, près de six cents usines ont été pillées et volées. Des bandes armées provenant de Turquie se sont emparées de précieuses machines. Près de 60% de la ville d’Alep est détruite. Les fameux souks, si réputés jadis, sont détruits à hauteur de 50%. Alep viendrait en troisième place après Berlin et  Stalingrad dans le classement des villes les plus détruites. Près d’1,5 millions de personnes n’ont plus d’abris ou de maisons. La monnaie s’est considérablement dépréciée. Le dollar et l'euro atteignent des records ($1=L.S.88) et (€1=L.S.110). Les marchandises et denrées alimentaires de base ont vu leurs prix quintupler. De très nombreux médicaments restent introuvables après la destruction des usines pharmaceutiques.

Le pays avance dans l’hiver ; le mazout et le gaz manquent ; le chauffage au bois n’est pas courant dans le pays. Il n’y a plus que les réchauds électriques et les couvertures pour se chauffer. Heureusement et c’est la rançon du malheur, les rapports entre voisins restent bons, imprégnés d'attention et de solidarité. Pour les urgences, il ne reste plus d'ambulances, de police ou de pompiers. Les voitures piégées sont si destructrices ;  elles ne sont pas suffisantes, semble-t-il, puisqu'elles sont généralement suivies de tirs de fusée Hawn comme pour venir achever le mort.

Au fil des mois, la situation se dégrade ; c'est le pourrissement et le monde y assiste comme le sphinx dans le désert. A Alep, l’armée syrienne ne parvient pas à pénétrer dans la vieille ville tandis que d'autres quartiers, occupés par les djihadistes (Al Nasra), deviennent des sanctuaires islamistes.  

Les conscrits du service militaire restent terrés chez eux ; des soldats désertent ou collaborent avec l’Armée syrienne « Libre », par besoin d’argent ou par conviction. Au milieu de la désagrégation, il se trouve encore des personnes de bonne volonté qui prennent des risques pour se manifester à des amis et des proches ; quel courage ont ces bédouins qui ont traversé des barrages de l’ASL pour venir entourer une famille chrétienne éprouvée. La misère est présente, croissante, destructrice et avilissante sur tous les plans.

La jeunesse ? Son comportement est désormais conduit par le besoin de manger et de s’héberger. Des jeunes chrétiens de plus en plus nombreux s’enrôlent dans les comités populaires (Chabihas) pour soutenir l’armée. La solde qui leur est versée est de 15.000 livres syriennes (€200) par mois. D’autres tentent de vendre de l’essence en contrebande ou s’improvisent vendeurs de légumes ambulants ; enfin, il y a ceux qui essayent de quitter le pays par la Turquie. Quel vide ! Quel désastre spirituel, humain, matériel…. ! Que de jeunes sur la pente négative ! Le caractère des personnes change…les instincts dominent....; au plus grand désespoir des familles, des jeunes commencent à s’adonner à la drogue introduite par les salafistes tandis que les jeunes filles sont sous la menace constante du viol. La fatwa du renégat Qatari, le dénommé « al-Qurdawi » protège les violeurs en accordant le droit de violer les filles alaouites et chrétiennes avant de les tuer. Pourquoi la France qui entretient de si bon rapport avec le Qatar, ne demande t-elle pas qu'on le fasse taire ?

Et les écoles au milieu de cela ? Il faut dire que les deux tiers des écoles publiques abritent des réfugiés ; les autres établissements sont vides. Les écoles chrétiennes, situées hors de la ville ont, quant à elles, créé des classes au sein des Eglises et dans les paroisses pour assurer les cours, tandis que les universitaires semblent avoir perdu leur année.

La question du départ et de l'émigration revient sans cesse...le dilemme....Certaines familles cherchent à partir certes, mais tout n'est pas réglé par le départ. La question est pour quelle destination ? La Suède, le Venezuela, l'Australie ou le Canada ? Ce sont les pays les plus attirants ;  mais partir, ce peut-être se ruiner. A Alep aujourd'hui, tous logement laissé est un logement prisé par les réfugiés qui s’y installent sans intention de le rendre. Vendre son bien ? Impossible. Il n’y a plus d’autorité, plus d’administration, plus de justice pour permettre les transactions.

La question du retour, est celle que se posent des familles parties s’installer au Liban, en Arménie ou en Jordanie; elles reviennent au pays car la terre d’accueil est peu sûre. Le dernier attentat de Beyrouth qui a tué le chef des renseignements, W. Hassan, a dissuadé des chrétiens à rester sur place et puis le coût de la vie au Liban vient les déterminer à partir.

Mais quelle est la véritable situation sécuritaire à Alep ; quelle place occupe l’armée arabe syrienne ? On peut dire que cette dernière est présente surtout dans les quartiers chrétiens à travers la garde républicaine formée des soldats les plus fidèles au régime. Elle occupe 25% de la ville seulement mais s'appuie toujours sur l’aviation pour tenter de déloger les rebelles salafistes des quartiers de la ville.

Ailleurs hors d’Alep ? Pour les chrétiens, l’attention se porte sur la ville de Qamichli située dans le Nord-Est du pays, où très vraisemblablement, se prépare un scénario similaire à celui de Ras-El-Ain, avec ultimatum aux chrétiens pour quitter la ville et exécution de la menace, peu de temps après. Actuellement les habitants des villages chrétiens de la région, en particulier de ceux qui se trouvent sur le fleuve Khabour, trouvent refuge dans la ville de Hassakeh.

Des nouveaux acteurs dans le conflit ? Des intégristes de toutes sortes, des bandes armées diverses foisonnent et agissent pour le compte de parrains tenus secrets. Ils sèment la terreur et égorgent de simples et modestes citoyens au nom d’Allah. Nous revivons les premiers temps de l’Islam avec les ultimatums du prophète et de ses hommes appelant à la conversation sous menaces d’être passé par le fil de l’épée. La peur règne sur l’ensemble du territoire....L’histoire se répètera-t-elle ?

Dans cette mêlée, comment rester informés ? La population chrétienne s'accroche à certains media, dont le panorama a quelque peu changé : Elle s'informe auprès d'« Al Mayadine » qui est bien apprécié mais aussi par l'écoute de deux autres chaines « Ikhbarieh » et « Dounia ». A ces chaînes sympathiques aux chrétiens, sont venues se greffer des chaines "salafistes" « Al-Barada », « Al-Sharq », « Al-Jazira » et « Al-Arabia » ; Le Net prend une place de choix avec « Taht al-Mihjar » et « Akselser » mais aussi « Alep News » et « Akhbar as-Syrian » sans omettre les réseaux-sociaux tels que Facebook.

Pour conclure, quel constat faisons-nous ? Dans une guerre comme celle-ci, l’espoir est dans le détail, dans les gestes d'amitié, dans l’attention délicate, dans l'inconnu qui se présente et tend une main….L’espoir n’est ni auprès des gouvernements, ni dans les grands discours politiques, ni dans les ambitieux qui pointent leur nez dans les medias. Aucun d’eux n’a réussi en enrayer le conflit. Aucun Etat, aussi puissant qu’il ne prétend être n’a réussi à faire passer l'humain avant les considérations géostratégiques, et à stopper ainsi la marche vers la destruction de la Syrie.

vendredi 15 juin 2012

Syrie, Information ou désinformation ?

Le Veilleur de Ninive a recueilli des témoignages de syriens qui commentent l’état de l’information sur la population chrétienne locale. Nous vous livrons ces témoignages pour que justice soit rendue à ceux qui souffrent dans le silence de l'iniquité des gouvernements qui n'ont que le souci de leurs intérêts.

Comment les chrétiens de Syrie sont-ils informés de la situation dans leur pays ?

Les canaux d'information les plus crédibles pour la majorité des chrétiens restent les trois antennes « d’Al-Dunia », « Al-Ikhbariah » et « Télé-lumière ». Toutefois, une partie des jeunes chrétiens universitaires, qui se trouvent sans travail et sans espoir d’un avenir meilleur avec l’actuel régime, ont tendance à s’informer auprès des chaines « Al-Arabia » et « Al-Djézirah ».

Les chaînes arabes ont pris le dessus sur les chaînes syriennes, à la suite de la décision de la ligue arabe de faire obstruction aux chaînes émettant de Syrie. Ces dernières ont depuis regagné de l’intérêt à la suite de manipulations d'informations auxquelles ont assisté les syriens qui s’informaient auprès des chaînes arabes (fabrication d’images truquées de Damas et d’Alep).

Quels signes avez-vous sur de possibles manipulations d’information ?

Nous avons des exemples de manipulations. Nous avons entendu les chaînes « Al-Djézirah » et « Al-Arabia » annoncer des manifestations importantes d'opposants alors que le nombre de manifestants ne dépassaient pas 200 personnes ; les vidéos sont presque, à n'en pas douter, truquées pour donner l'impression du nombre.

Dans notre village à Jdaideh, qui se trouve à la frontière turque, « France 24 » et la « BBC » ont prétendu que l'armée syrienne bombardait la région alors que rien ne s’était produit selon les faits rapportés par des personnes demeurées sur place.

A Alep nous venons d’accueillir une famille échappée de Homs. Elle nous assure que des Salafistes libyens notamment, ont commis des massacres de sang-froid tout en accusant l’armée de ces crimes. Ces faits n’ont guère été rapportés par les radios arabes ou européennes.

Toujours à Alep, les rebelles rémunèrent les miséreux pour aller manifester. La rémunération est de LS 200 (€2.50) alors que le tarif pour tuer une personne serait de de LS 2.500 (€31). Il s’élève à LS 3.500 (€43,5) pour tuer un soldat ou un policier. Le montant est sensiblement supérieur LS 15.000 (€187) pour filmer une manifestation où l’on voit le drapeau, vert et noir, des rebelles. 

Concernant Mgr Nazaro l'Evêque latin de Syrie et un journaliste français qui nous est connu, nous avons appris le refus des média occidentaux de publier leur témoignages. Le premier a  adressé, à la presse italienne, plusieurs articles sur la situation syrienne, en vain... Il fut même accusé d’être un soutien du régime. (Les chrétiens ne soutiennent pas le régime, ils souhaitent seulement le moindre mal en attendant que les musulmans, majoritaires dans le pays, fassent leur révolution). De même, le journaliste français, que nous évoquions, il était sur place en Janvier dernier; il a rencontré une opposition catégorique à la publication d’un de ses témoignages.

Quelles sont les informations importantes sur les chrétiens de Syrie qui ne seraient pas relayées par les médias étrangers ? 

En général les informations sur les chrétiens de Syrie sont diffusées au même titre que les autres nouvelles mais elles sont filtrées;  il n’y a quasiment jamais dans les médias référence à ce que les chrétiens, sur place, ressentent comme un « complot satanique » visant à vider le pays de sa population chrétienne. Celle-ci n’a aucun moyen de défense et ne dispose d'aucune milice alors qu’elle vit au milieu de fanatiques excités. Les gouvernements occidentaux ne peuvent ignorer ce fait et pourtant ils n’appellent guère à la protection des chrétiens. Ils diront plus tard, comme ils l’avaient fait avec les juifs sous le nazisme, « Ah Oui ? Mais nous ne savions pas...».

Les appels du Père Elias Zahlawi aux Evêques de France, à Alain Jupé, à la ligue arabe sont restés lettres mortes.

Damas et Alep tomberont-elles comme sont tombées Antioche, Constantinople, Jérusalem, la Mésopotamie, tous quatre territoires peuplés d’Eglises mais dépeuplés d’âmes.

Comment l’internet est-il reçu ?

En général l'internet est bien reçu sauf les vendredis et dans les régions où se déroulent les combats. L'ADSL est désormais répandu sur la presque totalité du territoire mais les prix des abonnements sont relativement élevés. 1 GB revient à LS 4.000 (€49,6) par mois.

Y a-t-il des aspects de votre vie que vous aimeriez communiquer au dehors ?

Nous aimerions rapporter les événements que les Chrétiens de Syrie et d’Orient vivent épisodiquement depuis des siècles alors qu’ils partagent le quotidien du monde musulman. Souvenons-nous que si l’Islam nous tolère, il ne nous protège pas.

Il ne faut pas omettre que l'histoire se répète. La situation que nous vivons aujourd’hui fut vécue à l’époque des schismes et des divisions du Vème siècle lorsque les Byzantins s’affrontaient aux sassanides. Les chrétiens non-chalcédoniens furent persécutés par les byzantins et se trouvèrent pris entre ces derniers et les perses sassanides.

A l’époque des croisades également les Chrétiens de Syrie furent pris entre d’un côté les croisées qui maltraitaient les chrétiens « non-uniates » les considérant hérétiques et de l’autre les musulmans qui persécutaient ces mêmes chrétiens les soupçonnant d’être les complices des croisés.

Au XXème siècle, entre 1915 et 1917, a lieu le génocide arménien mais aussi syriaque et assyro-chaldéen ; il a entrainé une réduction sensible du nombre des chrétiens dans l'empire Ottoman. En effet, nombreuses sont les familles chrétiennes de Syrie, du Liban et d’Irak qui eurent au moins un ancêtre victime de massacres.

Voici un témoignage que nous rapportons : « ma grand-mère maternelle avait assisté, lors du génocide de 1915, à la tuerie de 32 membres de sa famille qui se déroula, sous ses yeux, dans la ville de Mardin (Turquie d’aujourd’hui). Elle fut rescapée et dut sa survie au fait d'avoir été achetée par un kurde ;  elle était belle et portait avec elle deux bébés, dont ma mère », ajoute notre témoin. « Mais comme ce même kurde s’était souvenu de la bonté du père de ma grand-mère, il l'a libérée l’envoyant à Alep, avec ses deux enfants à dos de mulets, accompagnée d'hommes chargés de les escorter ».

Le témoin poursuit.... « Ma grand-mère qui nous rapportait ces faits disait : « Entendre ce n’est pas voir ; voir ce n’est pas vivre…Que Dieu seulement éloigne de vous ce que nous avons vécu : perte de maison, famine, massacre, fuite, viol et crime ».

Et voilà que les massacres de chrétiens syriens auxquels nous venons d'assister, ces derniers mois, ceux de Jisr el-Chougour et de Homs, nous ramènent à ces périodes sombres de l’histoire des chrétiens d’Orient. Aujourd’hui, nous vivons ces drames avec, et peut-être, en raison du silence de l’Occident, plus occupé à faire tenir la valeur de l’Euro et à contrôler déficits budgétaires et croissance qu’à exercer la justice. Quelques incantations et l’expression de leur impuissance, à l’occasion d’annonces de massacres en Syrie, donnent aux gouvernements européens bonne conscience.

Désormais, les Occidentaux finiront par avoir raison au sujet de notre sort, car nombreux sont les chrétiens de Syrie qui se demandent à présent, s’ils doivent rester dans cet enfer syrien ou le laisser. « On dit que dans la vie, on paye souvent par là où l’on a péché ». Un jour l’Occident paiera d’avoir privilégié, dans le bras de fer que nous vivons ici, le fanatisme musulman pour faire chuter ce régime brutal certes, mais qui protégeait tout de même la minorité chrétienne.

Aujourd’hui, vu de Syrie, nous ne percevons guère de solidarité de la part des pays occidentaux. Bien au contraire, les déclarations des dirigeants des pays d’Europe et d’Amérique vers lesquels les Chrétiens d’Orient se tournaient traditionnellement, traduisent une certaine indifférence voire une arrière pensée machiavélique ; nous voilà abandonnés à notre sort pour des considérations qui nous échappent et bien que nous pressentons la cause matérielle inavouée et inavouable derrière cette attitude.

Si les gouvernements européens et américains bouchent leurs oreilles à nos cris, peut-être que les chrétiens qui survivent encore dans l’Occident matérialiste voudront bien élever leurs prières pour obtenir notre protection.

Les radios locales modifient-elles leurs programmes en raison des événements ?

Les radios locales, surtout la chaîne « Al Dounia », ont bien développé leur moyens de diffusion. Au cours d'émissions récentes, les journalistes syriens de confession chrétienne se sont efforcés de faire ressortir les faits trahissant les manipulations de l’information par les médias occidentaux. Des commentateurs politiques éminents tels que Michel Samaha, Anis Naqach, Rafiq Lotf…et bien d'autres interviennent régulièrement sur les ondes.

La population chrétienne de Syrie prend conscience de la nécessité d’avoir une source fiable. Elle devient sceptique à l’égard de la presse occidentale. On peut même dire qu’un grand nombre de personnes, au sein de la minorité chrétienne, ressent un fort sentiment d’injustice et de mensonge.

Les programmes d'Al Dounia se concentrent sur : l'exaltation du patriotisme, l'encouragement à l'unité nationale, la faveur aux rencontres entre religieux islamo-chrétiens et les réunions tenues dans les Eglises et les Mosquées. Des appels sont lancés en direction des éléments armés, vierges de crimes commis, afin qu’ils déposent les armes en échange d’un engagement de non-poursuite par les autorités.

Sur cette même radio, on commence à entendre des critiques plus ou moins sévères des ministres et responsables qui se sont laissés entrainés dans la violence.

Le Veilleur de Ninive.

Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.