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vendredi 11 janvier 2013

Quand la communauté du renseignement se rebelle contre la stratégie suicidaire de la France en Syrie.

Un ex-officier des renseignements français, « la crise syrienne a réveillé l’ours russe… Assad tiendra et notre politique doit changer ».

A. D., ex-officier de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure française) parie sur le temps pour  rattraper les erreurs commises par le gouvernement français, dans la gestion de la crise syrienne, tout au long de ces deux dernières années. De retour de Beyrouth (il refuse d’avouer s’être rendu en Syrie et y avoir rencontré des responsables de différents services de sécurité), il énumère les erreurs commises par la France .

- Le ralliement à la politique américaine d’alliance avec les islamistes, sans tenir compte des intérêts historiques de la France en Syrie.
- Le renoncement à la précieuse mine syrienne de renseignements que lui fournissaient les services anti-terroristes syriens et qui protégeaient la France du terrorisme depuis de nombreuses années.
- Le pari irréfléchi sur la chute du régime de Bachar al-Assad, un pari qui a réveillé l’ours russe acculé, depuis le précédent libyen, à défendre férocement ses intérêts. Il en résulte une nouvelle guerre froide qui met à mal les fragiles intérêts de la France à travers le monde.
- La perte de la coopération stratégique avec la Syrie, en matière de sécurité et de politique au profit d’une situation dont le dénouement est amer dans le meilleur des cas et dans le pire des cas, un immense chaos qui risque de ne pas épargner les rues de Paris dont les banlieues contiennent une forte concentration de populations musulmanes.

Que fait un ancien officier de renseignement français au Liban et à proximité de la frontière syrienne ? Réponse d’un autre expert des politiques sécuritaires occidentales : « Chez vous, un officier des renseignements à la retraite devient soit un fermier soit un intellectuel soit un commerçant soit un fou. En France, continue l’expert, il devient chercheur, par engagement personnel ou met ses compétences au service de l’un des nombreux instituts ou cabinets d’experts qui offrent leurs services de consultants au pouvoir en place ou à l’opposition ou bien à des parties influentes dans les deux camps. »

Notre officier retraité A. D., devenu chercheur, estime que la France a commis en Syrie des erreurs stratégiques et stupides, car elle est entrée dans un jeu (contre le régime syrien) dans lequel elle est perdante d’avance et dont les seuls gagnants, s’il en est, sont les Américains. Quant aux pertes, la France en aura la part du lion si le régime triomphe de ses ennemis armés et financés par les pays de l’Otan et des monarchies du Golfe.

À propos de la coopération franco syrienne dans le passé, l’ex-officier français confie : « L’escalade politique entre la France et la Syrie n’est pas un problème en soi, car entre États, il n’y a ni amitié ni animosité éternelles ; seuls les intérêts décident de la nature des relations. La grande perte de la France est la perte de sa coopération sécuritaire avec la Syrie ». Il ajoute : « Les services de sécurité syriens ont épargné à la France, à plusieurs reprises, de terribles catastrophes que des terroristes d’origines arabes s’apprêtaient à  provoquer. Seuls les renseignements fournis par les services syriens nous ont permis de les déjouer et de sauver des vies innocentes. »La parole est toujours à l’ex-officier :

« Jusqu’aux débuts de la crise actuelle, la coopération continuait encore et des officiers des deux côtés coopéraient étroitement contre le terrorisme international. Mais la stupidité des politiciens français a acculé les services anti-terroristes syriens à mettre fin à cette coopération. Je ne les blâme pas ! Comment peut-on mettre sur la liste des sanctions françaises et européennes un officier (Hafez Makhlouf) blessé lors d’une opération contre des terroristes qui visaient les ambassades française et américaine à Damas ? ! Imaginez quelqu’un qui sauve nos enfants d’une mort certaine, et au lieu de l’en remercier, notre diplomatie le traite de terroriste et le met tel un criminel sur une arrogante liste de sanctions. »

Et de poursuivre : « Hafez Makhlouf et bien d’autres officiers syriens ont mené à bien des missions dont les retombées positives ne se sont pas limitées à la seule Syrie, mais ont bénéficié au peuple français et à d’autres peuples de l’est et de l’ouest. Je ne divulguerai pas un secret en disant que cet homme a reçu les remerciements de grands groupes pharmaceutiques pour avoir démantelé des fabriques clandestines de faux  médicaments et pour avoir arrêté de grands trafiquants de drogues qui utilisaient la filière syro-libanaise pour écouler leurs marchandises de mort en Europe et surtout en France. Au lieu de les remercier, nous les avons mis sur la liste des sanctions ! »

La source française continue : « Nous avons obtenu, grâce à la coopération avec la Syrie, de précieux renseignements qui nous ont conduits à déjouer en 2008 un plan terroriste qui aurait fait des milliers de morts  dans le métro de Paris. Les services de renseignement syriens ont obtenu leurs précieux renseignements après avoir arrêté, par le colonel Makhlouf, un groupe des plus dangereux terroristes d’Al-Qaïda dont Aymen el Daher alias Khaled Elkashef, Abdallah Azzam (qui n’a rien à voir avec le célèbre théoricien palestinien, aujourd’hui disparu, qui fut le mentor de Oussama Ben Laden et qui portait le même nom), Ghassan Abou Qassab, Abdelhakim Qassem, Naaman el Mandou, Layth Badran et le plus dangereux d’entre tous, Asaad Hourieh le chef de l’opération avortée du « métro de Paris » qui aurait fait des milliers de morts si elle n’avait pas été déjouée à temps. Cette opération, Al-Qaïda a mis des années pour la mettre au point, et ce groupe a été arrêté sur le chemin de la France, à travers la Syrie et le Liban et son aéroport de Beyrouth. Ils s’y rendaient pour mettre à exécution leur plan terroriste. »

Les officiers des services anti-terroristes français avaient presque élu domicile à Damas. Ils s’entretenaient avec les chefs des services de sécurité syriens. « Ces chefs vont-ils continuer à coopérer avec nous contre le terrorisme qui cible nos civils en France, alors que nous les avons mis sur la liste noire et leur avons interdit l’entrée de notre territoire ? ! », s’interroge cet ancien officier français qui connaît sur les bouts des doigts ce dossier ? « Les politiciens français sont-ils raisonnables quand ils croient qu’ils rendent service aux aspirations légitimes du peuple syrien en soutenant des terroristes, ceux-là même que nous avons combattus côte à côte avec nos homologues syriens ? L’État syrien nous a sauvés des attentats terroristes et nous sommes en train de les remercier en finançant des attentats terroristes sur leur territoire ! Est-ce une politique raisonnable ? ! »

Cette analyse désabusée de cet ancien officier français, qui a l’aval d’une écrasante majorité des services anti-terroristes français, finira-t-elle par peser sur les décideurs politiques à Paris et les amener à changer d’orientation avant qu’il ne soit trop tard ?

A cette question, l’ancien officier français répond : « Oui ! Il y a beaucoup de gens raisonnables dans les services français. Ils sont capables de peser sur le cours de l’actuelle politique française à l’égard de la Syrie, surtout après le fiasco du scénario libyen conçu et mis en œuvre par Paris et Londres. La position russe finira par conforter le camp des pragmatiques et mettra dans l’embarras les jusqu’au-boutistes qui cherchent à satisfaire les États-Unis. D’autant plus qu’il est devenu clair que le régime syrien tiendra, que le soutien russe au régime n’est pas conjoncturel : il est stratégique, constant et ne changera pas. C’est à nous de changer et il faut qu’on le fasse pour l’intérêt même de la France ».

Source : Afrique-Asie. Le journal publie également des lettres attestant les relations

dimanche 7 octobre 2012

Qui est le vrai fauteur de guerre en Syrie ?

Cet article est paru sous un autre titre : "USA : pourvoyeur de terroristes et fauteur de guerre en Syrie". Nous avons préféré lui substituer la forme interrogative afin de permettre au lecteur de découvrir par lui-même la réponse. 

Jadis, l’Occident menait la Guerre Sainte pour répandre le christianisme et la civilisation. Aujourd’hui, la religion nouvelle s’appelle « droits de l’Homme », « démocratie » ou « protection des civils ». Au nom de ses valeurs et de ses intérêts, l’Occident, Etats-Unis en tête, ne recule devant aucun sale coup : financement de groupes d’opposition et de filières terroristes, désinformation, opérations psychologiques (Psyops), livraison d’armes, formation de mercenaires, actions de sabotages et de déstabilisation, embargos et sanctions, attentats ciblés, attentats aveugles et au besoin, bombardements massifs.

Si la Syrie est aujourd’hui dans la ligne de mire de nos Etats, ce n’est certainement pas parce que le régime maltraite ses opposants. Nous avons vu en effet comment nos élites pouvaient faire preuve de compassion et d’indulgence envers leurs alliés régionaux qui ne sont pas moins violents comme le régime de Tel-Aviv, celui d’Ali Abdallah Saleh au Yémen, de Ben Ali en Tunisie, celui des Saoud au Royaume du même nom ou celui des Al Khalifa au Bahreïn.

D’abord, la Syrie paie le prix de son attachement à sa souveraineté nationale. C’est le dernier pays arabe capable de résister au courant néoconservateur qui déferle avec le soutien de l’Occident sur les pays de la région à la faveur du « printemps arabe ».

Ensuite, la Syrie subit des représailles pour son insoumission à Israël. L’alliance stratégique que Damas a tissée avec l’Iran et les organisations de la résistance libanaise et palestinienne est un crime grave et sans appel aux yeux de nos élites. Officiellement en état de guerre avec Israël, l’Etat syrien est de surcroît doté de la dernière armée arabe capable de résister à la superpuissance de Tsahal.

Tous les mémorandums altruistes de l’Occident sur la Syrie ne servent qu’à dissimuler ces deux réalités. Pour se rendre compte de l’imposture humanitaire, est-il besoin de rappeler l’aveu d’Henry Kissinger, ancien secrétaire d'Etat sous le président Ford, affirmant que « les grandes puissances n’ont pas de principes, seulement des intérêts » (cf. Georges Soros, On Globalization, New York Review of Book, 2002, p. 12) ?
Nous aurions bien voulu croire que la mission de nos élites soit de répandre le Bien. Mais nous pensons avoir le droit d’être sceptique quant aux intentions et aux moyens mis en œuvre en Syrie par ceux-là même qui nous avaient tant promis l’avènement de la démocratie en Afghanistan, en Irak ou en Libye.

La Libye pour ne citer que cet exemple a curieusement disparu de nos écrans-radars alors que les milices y font régner la terreur et procèdent à une épuration ethnique et religieuse méthodique. Des dizaines de milliers de prisonniers politiques accusés de loyauté envers l’ancien régime et d’émigrés subsahariens croupissent dans plusieurs prisons secrètes. Ces détenus sont quotidiennement torturés et parfois assassinés dans l’indifférence générale. Tous les jours, des attentats sont commis par des inconnus et des règlements de compte opposent des bandes rivales. Les tombeaux des saints considérés comme « hérétiques » sont détruits un à un sous le regard bienveillant des nouvelles forces de « sécurité » (cf. De Morgen, 30 août 2012). Bref, la Libye est en pleine voie de « somalisation ».

Depuis dix-neuf mois, un feu destructeur ravage la Syrie. Affirmer que ce feu est alimenté par la seule intransigeance et la seule brutalité du pouvoir syrien est parfaitement malhonnête. Car ce feu n’est ni une nouveauté ni exclusivement dû à des facteurs intérieurs. Ce feu est en effet entretenu sous forme de guerre larvée par les puissances occidentales depuis la libération de ce pays en 1946 du joug français. Soucieuse de restaurer leur tutelle sur la Syrie, ces puissances coloniales ont indirectement contribué à la militarisation de ce pays en soutenant la création et l’expansion d’Israël (1948) ainsi que toutes les pétromonarchies du Golfe dont le discours religieux sectaire s’avérait utile face au panarabisme prôné entre autres par l’Egypte de Nasser et la Syrie baassiste. En avril 1949, pour établir leur hégémonie sur la Syrie et soulager Israël, les USA ont soutenu le coup d’Etat du colonel Za’im. En 1957, soit bien avant l’avènement de la Syrie d’Hafez el-Assad, l’axe américano-britannique a planifié d’assassiner trois dirigeants syriens jugés trop pro-soviétiques (cf. Ben Fenton, The Guardian, Macmillan backed Syria Assassination Plot, 27 septembre 2003). A l’époque, tous les plans de renversement du régime baassiste ont été envisagés par la CIA et le SIS (MI-6) : organisation de troubles, appels à l’insurrection, création d’un « Comité Syrie Libre », armement de l’opposition, « activation des Frères Musulmans à Damas ». Bien naïf serait celui qui nierait la similitude entre cet épisode de l’histoire syrienne et la situation actuelle.

Revenons un moment sur le traitement de l’information à propos des événements récents. A partir de mars 2011, profitant de l’agitation naissante dans le pays, nos experts en communication ont exagéré le poids de l’opposition et l’ampleur de la violence d’Etat tout en minimisant le réel soutien populaire dont dispose le gouvernement de Damas ce que d’ailleurs l’ambassadeur de France en Syrie Eric Chevalier n’a pas manqué de reprocher à son ministre Alain Juppé. On nous a sciemment caché la militarisation d’une partie de l’opposition syrienne et la présence de groupes terroristes s’infiltrant depuis le Liban, une réalité pourtant constatée dès le mois d’avril 2011 par des journalistes d’Al Jazeera, la chaîne qatarie. La censure imposée par le patron d’Al Jazeera alias émir du Qatar sur les événements qui révéleraient la conspiration anti-syrienne a contraint ces journalistes à faire « défection » pour utiliser un terme que l’on nous sert toujours à sens unique.

Qui plus est, à vouloir dénoncer systématiquement la propagande de l’Etat syrien, la presse mainstream occidentale a soit gobé soit alimenté la propagande de l’opposition radicale allant jusqu’à déguiser des massacres de soldats ou de civils par des terroristes en « crimes de la dictature » comme à Jisr-Al-Choughour (juin 2011), Houla (mai 2012), Deir Ez Zor (mai 2012) ou Daraya (août 2012). On peut en conclure que l’Occident mène au moins une guerre psychologique contre la Syrie.

Est-il cependant raisonnable de croire que l’Occident n’est pas militairement engagé dans ce pays ?

En automne de l’année dernière, lorsque le gouvernement syrien a appelé les conjurés à déposer les armes, Victoria Nuland, porte-parole du département d’Etat US, a sommé ses protégés syriens de désobéir. Parallèlement, les agents de la CIA et leurs acolytes européens ont incité les soldats syriens à passer dans les rangs d’une armée de mercenaires placée sous commandement de l’OTAN par le truchement de l’armée turque.

Sans surprise, les QG de l’Armée syrienne libre (ASL) installés au Hatay accueille désormais des terroristes du monde entier désireux d’en découdre avec les Syriens patriotes accusés d’être des « infidèles » à la solde de « l’ennemi chiite ». Ces terroristes y reçoivent une formation militaire, des armes, des pick-up surmontés de fusils-mitrailleurs, des MANPAD (systèmes portatifs de défense anti-aérienne) et des appareils de communication performants.

« Nous avons surtout récupéré des roquettes RPG9 puisées sur les stocks de l'armée saoudienne » jubile un rebelle dans les colonnes du Figaro (28 juin 2012) qui ajoute « Elles ont été acheminées par avion, jusqu'à l'aéroport d'Adana, où la sécurité turque a surveillé les déchargements avant de savoir à qui ces roquettes allaient être destinées ». Petits détails : l’armement saoudien est essentiellement américain et la base turque d’Adana dont parle le terroriste, est la base américaine d’Incirlik. L’Occident s’est longtemps défendu de fournir des « moyens létaux » aux terroristes alors que des agents du Service fédéral de renseignement (BND) croisant au large de la Syrie transmettaient des informations concernant les mouvements des troupes syriennes aux services britanniques et US pour qu’elles parviennent aux rebelles (cf. Bild am Sonntag, 19 août 2012).

Selon le Sunday Times, les services britanniques basés à Chypre ont eux aussi aidé les insurgés à mener plusieurs attaques. Le fait d’indiquer à ces derniers à quel moment et quel endroit ils doivent tirer sur les troupes syriennes ne revient-il pas de facto à participer militairement au conflit ? L’Occident semble donc loin d’être neutre et habité par de louables intentions. En cette époque de crise et de récession, il peut même se targuer de mener une guerre low cost dans laquelle les seules victimes sont des Arabes.

En rappelant ces faits, notre but n’est absolument pas de minimiser les responsabilités du gouvernement de Damas dans la terrible répression du mouvement de contestation syrien, les crimes d’Etat commis au nom de « la paix et la sécurité », le degré de corruption de certains hauts fonctionnaires de l’Etat, la cruauté de ses services de renseignement, ni l’impunité dont ils ont trop longtemps bénéficié. Tous ces facteurs internes de la tragédie syrienne font partie des éléments déclencheurs de la légitime révolte populaire lancée en mars 2011.

Nous réitérons au passage notre profonde indignation face au degré de violence du conflit syrien et souhaitons que le peuple syrien puisse accéder à l’improbable démocratie à laquelle il aspire légitimement.

En soulignant le rôle de l’Occident dans la militarisation de l’Etat syrien, nous tenons avant tout à renouveler cet avertissement à ceux qui croient en « la libération » du peuple syrien par la voie des armes : au-delà du caractère illégitime de l’action de nos pompiers pyromanes, celle-ci a pour seul résultat l’augmentation de la souffrance de ce peuple et entraîne inexorablement l’humanité dans une aventure aux conséquences que nul ne peut aujourd’hui mesurer.

Les show médiatique d’un Laurent Fabius qui appelle au meurtre du président syrien (en déclarant qu’il ne mérite pas de vivre), celui d’un Didier Reynders qui vient de plaider au sommet de Paphos pour « le devoir d’ingérence » en Syrie ou les déclarations scandaleusement violentes de l’administration Obama ne font que précipiter l’humanité vers ce chaos.

Hier -au nom du respect de la souveraineté des peuples, de l’humanisme et de la paix-, nous, avons dénoncé l’invasion de l’Afghanistan sans pour autant éprouver de sympathie pour les Talibans. Nous avons manifesté contre l’invasion de l’Irak sans pour autant défendre le président Saddam Hussein. Nous avons protesté contre l’ingérence occidentale en Côte d’Ivoire sans être des laudateurs du président Laurent Gbagbo. Nous nous sommes indignés de l’implication occidentale dans la guerre civile libyenne sans adorer le dirigeant Kadhafi. Et aujourd’hui, nous nous insurgeons contre l’intervention militaire en cours en Syrie sans pour autant être des partisans du président Bachar El-Assad.

Constatant que la destruction de la Syrie ne profite qu’à ses ennemis de toujours, conscients que seules les initiatives prônant la paix, le dialogue et la réconciliation pourront offrir une alternative digne et viable au peuple syrien, nous appelons tous les véritables amis de la Syrie à condamner l’ingérence de nos dirigeants dans les affaires intérieures de ce pays.

Auteur : Bahar Kimyongür - Comité contre l’ingérence en Syrie (CIS) 

Dans le cadre du lancement de notre campagne pour la paix, le dialogue et la réconciliation en Syrie, nous avions appelé à protester contre l’ingérence militaire occidentale par un rassemblement devant l’ambassade des Etats-Unis à Bruxelles le mardi 25 septembre dernier. 

Pour le Comité contre l’ingérence en Syrie (CIS) Bahar Kimyongür - USA : pourvoyeur de terroristes et fauteur de guerre en Syrie.

mercredi 26 septembre 2012

Syrie : Que peut faire la France ?

La crise syrienne est suffisamment aiguë et complexe pour ne pas laisser les médias diriger l’action du gouvernement qui doit prendre ses décisions en connaissance de cause avec les avis et éclairages d’experts et de bons connaisseurs de la région.

L’opposition a essayé de le faire de façon peu honorable pour des raisons politiciennes au lieu de chercher l’intérêt de la France. Les interventions de MM Sarkozy, Copé, Fillon et de Mme Kosciusko-Morizet ne sont pas dignes de personnes qui entendent jouer un rôle dans la politique du pays. Celle-ci est, en affaires internationales et depuis le Général de Gaulle, de laisser les peuples disposer eux-mêmes de leur destin et de respecter la légalité internationale représentée par l’ONU.

L’opinion publique française, d’après les sondages d’opinion, est hostile à toute intervention militaire, sans doute instruite par les chaos qui ont résulté des précédentes dans le monde.

A juste titre d’ailleurs, puisqu’une telle intervention est impossible du fait des vetos de la Chine et de la Russie au Conseil de Sécurité qui ne changeront pas de position (il est ridicule de demander au Président français d’aller à Moscou convaincre Poutine) car, en Syrie ils défendent un régime allié, et non une personne ou un clan, associé à leurs intérêts stratégiques, dénonçant l’hypocrisie qui consiste à armer massivement des rebelles syriens et étrangers au nom de la démocratie, pour renverser en fait un régime qui, allié de l’Iran et des chiites du Liban et d’Iraq, s’oppose à la domination américaine et sunnite des arabes du Golfe, hostiles. 

Contrairement à la désinformation véhiculée journellement, s’il existe des haines féroces anciennes et nouvelles de clans sunnites envers le clan alaouite, le régime a des soutiens importants dans les nombreuses minorités ethniques et confessionnelles, ainsi que dans une forte composante de la population sunnite qui craint que son départ n’entraîne un chaos meurtrier, à la libanaise ou l’iraquienne.

Il est d’ailleurs certain qu’un départ forcé de Bachar El Assad entraînerait des massacres vengeurs qui auraient des répercussions sur tous les pays voisins.

Pour tenter de sortir de cette crise, face au blocage diplomatique actuel, et en l’absence d’opération militaire, il faut chercher un compromis entre le régime et l’opposition, comme ont essayé de le faire Russes et Chinois, en cessant de contrer aussi vulgairement leurs positions, à l’instar de Mme Clinton, et en priant les pays du Golfe qui financent et arment les rebelles, dont une partie désormais importante est constituée de combattants du djihad international (au moins 10 nationalités ont été recensées) liée directement ou indirectement à la nébuleuse terroriste d’Al Qaïda, de cesser d’alimenter la guerre. Les services spécialisés américains qui ont favorisé de diverses façons cet armement des rebelles commencent d’ailleurs à ne plus savoir à qui les armes parviennent et s’en inquiètent.

Avec l’aide des Russes très influents en Syrie, on peut obtenir des engagements du régime de mettre en œuvre les réformes souhaitées, qui sont déjà prévues, à condition que le calme s’instaure à nouveau. L’Iran ne devrait pas être écarté comme il l’est car une sortie de crise durable ne peut se faire sans utiliser son poids dans la région, aujourd’hui et dans l’avenir.

En dehors de telles négociations, on s’orienterait vers un affrontement entre l’Amérique et ses alliés d’un côté, la Russie et la Chine et les nombreux pays qui les approuvent de l’autre, qui pourrait prendre des dimensions dramatiques, la pauvre Syrie devenue le théâtre de combats furieux et incessants, pierre d’achoppement d’une opposition d’un monde contre un autre.

Une opération humanitaire comme vient de le faire la France en Jordanie est une bonne et utile chose pour porter secours aux malheureux Syriens qui ont dû fuir les combats, à condition qu’elle se limite à cette action charitable fidèle à notre tradition. Un regard attentif doit être porté sur le Liban voisin qui a accueilli de nombreux réfugiés, notamment chrétiens, mais aussi hélas des combattants de tous bords. La sensibilité du Liban aux évènements de Syrie est extrême et les messages que nos amis libanais nous envoient doivent être écoutés.

Conseiller en stratégie internationale

mardi 24 juillet 2012

Nous ne pouvons admettre que la France....

Nous ne pouvons admettre que la France ignore l’héritage deux fois millénaires des Eglises d’Orient.

Nous ne pouvons admettre que les gouvernants de la France ignorent la politique de sympathie traditionnelle vis-à-vis des minorités d’Orient.

Nous ne pouvons admettre que la France n’ait pas une politique équilibrée incluant les chrétiens d’Orient dans ses considérations, car la France a dans le passé usé des minorités chrétiennes pour ses intérêts.

Nous ne pouvons admettre que la France oublie le don fait à la demande du roi des Francs par Haroun al Rachid à Charlemagne « l’advocatus Ecclesiae », lorsqu’il lui remit la Terre-Sainte.

Nous ne pouvons admettre que la France se range aux côtés du Qatar et de l’Arabie-Saoudite pour le seul commerce des marchandises qui fut la cause de la « décadence morale » des croisades.

Nous ne pouvons admettre que la France interrompe l’héritage de François Ier, défenseur actif des chrétiens d’Orient qui contracta avec Soleiman le Magnifique « l’alliance du Lys et du Croissant ».

Nous ne pouvons admette que la France renie le zèle d’Henri IV en faveur des chrétiens de Terre-Sainte manifesté par l’interdiction de molester les chrétiens d’Orient et de les contraindre à embrasser l’islam.

Nous ne pouvons admettre que la France ne poursuive pas l’effort d’assistance renforcé par Louis XIII et Louis XIV au grand siècle lorsqu’ils envoyèrent des missions françaises en Orient, Jésuites au Liban, Carmes en Mésopotamie.

Nous ne pouvons admettre que la France puisse oublier sa terre de prédilection, le « Liban », dont elle avait voulu faire au XVIIe siècle une « terre intellectuelle française ».  

Nous ne pouvons admettre que la France fasse sombrer dans les oubliettes, l’accueil que les représentants français recevaient lors de leur déplacement en terre chrétienne d’Orient.

Nous ne pouvons admettre que la France passe un trait sur les risques pris par les chrétiens « syriens » par amour pour la France.

Nous ne pouvons admettre que la France ignore les faits et beaux gestes désintéressés que français et chrétiens orientaux ont pu se témoigner au cours de l’histoire.

Nous ne pouvons admettre que le rôle élargi de la France comme protecteur des Eglises chrétiennes soit réduit à celui d’un spectateur qui assiste aux dommages collatéraux de la guerre civile syrienne.

Nous ne pouvons admettre que les liens des maronites avec la France, resserrés sous Louis XIV, se relâchent au point de permettre la disparition des chrétiens d’Orient.

Nous ne pouvons admettre que les « capitulations » du XVIIIe siècle qui protégeaient « la religion chrétienne au Levant » soient exclues de la politique étrangère au profit du commerce et des contrats.

Nous ne pouvons admettre que le gouvernement de la République ne poursuive pas la politique du Directoire qui avait donné ordre d’intervenir auprès de la « Porte » en faveur des chrétiens d’Orient ; « Un gouvernement libre de la République est [pourtant] jaloux de tous ses droits notamment de celui de secourir et de protéger ».

Nous ne pouvons admettre que la France d’aujourd’hui ne maintienne pas la politique protectrice que Bonaparte avait fini par accorder aux chrétiens de Syrie.

Nous ne pouvons admettre que la France ne montre pas la même adresse que Louis XVIII et Charles X à concilier l’amitié politique avec la Turquie et un sentiment de sympathie religieuse et humanitaire pour les chrétiens d’Orient.

Nous ne pouvons admettre que la France, à la différence de Molière et son vers « Ah pour l’amour du grec, souffrez qu’on vous embrasse », se défile de son amour de l’hellénisme en ne venant pas au secours des grecs orthodoxes de Syrie.

Nous ne pouvons admettre que la France ne se mette pas à l’écoute de Guizot qui accusait son pays d’avoir fait bon marché les intérêts de ses protégés syriens en prenant partie pour l’Egypte de Mohamed-Ali qui dominait la Syrie.

Nous ne pouvons admettre que la France renie le temps de Thiers où la France demandait à l’Egypte des concessions pour les maronites du Liban ; ces maronites que « la France avait trouvé à ses côtés en toutes circonstances ».

Nous ne pouvons admettre que la France cesse d’être l’avocate de la condition des chrétiens d’Orient comme elle sut briller par cela lors du traité de 1856 scellant la paix entre la Turquie et la Russie.

Nous ne pouvons admettre que la France agisse aujourd’hui en Syrie avec l’ASL, à la manière des Ottomans qui, en 1859, avaient excité druzes contre maronites.

Nous ne pouvons admettre d’être si éloignés de la France de Napoléon III qui fut à l’origine de l’expédition de 1860 venue secourir les chrétiens de Syrie.

Nous ne pouvons admettre que l’âge d’or des missions françaises en Syrie à la fin du XIXe siècle se soit éteint pour céder la place à un coeur tiède se cachant derrière l’action politique et militaire collective.
 
Nous ne pouvons admettre que la France qui fut le pays mandataire pour mener le Liban et la Syrie à l’indépendance n’ait plus la même attention aux aspirations du peuple chrétien d’Orient et à sa sécurité.

Nous ne pouvons admettre que la France pour laquelle les cloches des Eglises du Liban ont sonné, en 1945, n’éprouve pas plus de compassion à l’égard des chrétiens de Syrie actuellement menacés.

Nous ne pouvons admettre que les politiciens français qui se sont un jour réclamés du « gaullisme » ne fassent pas preuve du même courage et du même attachement aux chrétiens d’Orient que leur maître en politique.

Nous ne pouvons admettre que la France tolère la désinformation pour favoriser une « Armée Syrienne Libre » et un Conseil National Syrien prétendument démocratique qui laissent bon nombre sceptiques et de nombreuses victimes chrétiennes sur le terrain.

Nous ne pouvons admettre que la France adopte une politique étrangère brutale comme en ont l’habitude les Etats-Unis d’Amérique.

Puisque la « République » a assuré la continuité de la politique monarchique sur la question des chrétiens d'Orient, nous ne pouvons admettre que chaque politicien français ne fasse de la déclaration de « M. Bonnac » Ambassadeur de France de Louis XV auprès de la « Porte », sa morale en politique orientale : « Il est de notoriété publique que le roi est le protecteur de tous les chrétiens d’Orient, et que sans la protection de Sa Majesté et la grande considération que la Porte a toujours eue pour son Auguste personne, la religion de [Jésus-Christ] eut été éteinte dans l’empire ottoman ».

Le Veilleur de Ninive

vendredi 20 juillet 2012

Est-ce le scénario pour faire basculer le régime syrien ?

Voici un scénario dont on dit qu'il fait partie des plans de l'Armée Syrienne "Libre" et de ses alliés pour faire céder le gouvernement syrien dans les jours prochains. Il a été publié par la télévision syrienne et prévoit, s'il est mis en application, "la chute de Damas" et le départ du Président Bachar El-Assad. 

Le Veilleur de Ninive a choisi de publier une traduction française du texte arabe, en raison de la gravité des faits qu'il prévoit et de l'immoralité de l'approche envisagée. Seuls les évènements futurs attesteront de la validité de cette prévision, mais en attendant espérons que si certains ont honni le régime syrien actuel, d'autres ne haïront pas celui qui parviendra au pouvoir par de telles méthodes. 

"Il semble que le compte à rebours pour la bataille de l'information a réellement commencé en Syrie. Dans ce contexte, l'on parle de plus en plus d'un scénario médiatique qui serait mis en oeuvre au cours des prochains jours. Ce scénario serait similaire à celui qui a permis de tromper le monde en Libye où le réseau de télévision satellitaire local fut coupé et remplacé par des images truquées montrant que les rebelles étaient entrés dans Tripoli et annonçant que cette ville ainsi que celle de Bab Al-Aziza étaient désormais entre les mains des adversaires du régime. Ces faits étaient contraires à la réalité, puisque l'armée du Colonnel Kadhafi tenait encore le terrain.

Plus précisément, l'avocat Imra al-Zoghbi a révélé, hier, à la télévision syrienne une information, qu'il tient d'un journaliste Qatari et relative à des réunions tenues dernièrement à Doha (Qatar) en vue de préparer la rencontre du Comité ministériel arabe dont l'ordre du jour était "l'interruption du réseau satellitaire audio et télévisuel". 

A l'origine de la décision d'interrompre les chaînes satellitaire syrienne, se trouverait un arrêté antérieur pris par le groupe de travail, dit également "Groupe de la chambre noire" constitué de diplomates, d'experts de la sécurité, de juristes et de membres de la presse écrite. La décision de ce groupe serait d'interrompre, dans les jours prochains, le réseau satellitaire officiel syrien et la chaîne d'information al-Dunia qui passe par les satellites Arabsat, Nilesat et Hotbird en vue de les remplacer par les canaux d'Al-Jazira, d'Al-Moustaqbal, de la BBC, CNN, France24, Oriente, et par quelques autres chaines religieuses et d"information dont une chaîne saoudienne, Bahrain TV, la Chaine du "Peuple Syrien", Souria al-Ghad (Demain la Syrie) et par trois chaînes turques. Les chaînes de substitution auraient à travailler de la manière suivante. Elle procéderait à :

* la diffusion d'informations qui diviserait la société civile et militaire, les services de sécurité et les personnalités syriennes entre-elles. De fausses déclarations de personnalités syriennes civiles et militaires seraient rapportées, faisant croire à des défections de responsables proches du régime dans les différentes régions.

* la diffusion d'images montrant des manifestations antérieures denses et parfois des affrontements armés qui pourraient n'avoir pas été filmés en Syrie, mais au Liban, en Irak, au Yémen ou en Libye, qui feraient croire qu'ils se sont produits en Syrie.

* la diffusion d'informations propageant la nouvelle que des parties de l'armée et des forces de sécurité se seraient rendues; s'y ajouterait la diffusion de communications sur la saisie des aéroports civils et militaires, des équipements militaires ainsi que des bâtiments des ministères.

* la diffusion de nouvelles relatives à la chute des grandes villes syriennes désormais entre les mains de l'armée "libre".

* la diffusion d'informations compromettant le régime syrien dans des massacres.

* la diffusion de maquettes géantes montrant que "l'ancien" Palais présidentiel, la Présidence du Conseil, la Direction de la sécurité nationale, les renseignements militaires, le Ministère des Affaires-Etrangères, les Ministères de l'Intérieur et de l'Information, les principales places telles que la Place des Omeyyades, le siège de l'état-major général, le bâtiment de la télévision et environ huit lieux importants de la ville d'Alep, seraient tombés dans les mains des "rebelles" (*) et que ces derniers y auraient pénétrés.

* la diffusion que des scissions se sont produites dans les forces aériennes et navales et l'émission d'invitations à l'adresse des responsables les invitant à fuir par voie terrestre ou par air vers des secteurs précis autour des villes de Damas et d'Alep. 

Le point culminant du scénario est la diffusion du départ du Président syrien et de sa famille hors de Syrie.

* Des notes pré-établies ont été communiquées à toutes les stations de télévisions impliquées dans l'exécution du plan expliquant aux responsables la manière de procéder et de traiter les informations. Ces notes expliquent que :

* Certaines chaînes diffuseraient les informations en premier, tandis que d'autres les relayeraient selon le mode : la Chaine Al-Jazira ou la chaîne Al-Arabia a annoncé que, etc...
  
* Même les incohérences ont été prévues pour faire vrai. Certaines chaînes venant redresser les informations de la chaîne initiatrice de l'information... Par exemple si Al-Jazira annonce la chute d'Alep, la Chaîne arabe corrigera l'information en disant qu'Alep n'est pas encore tombée mais qu'il s'agit de telle autre ville; ainsi une façade réelle serait donné au scénario.

De son côté, la chaîne "Al-Dunia", [dont le site internet ne s'affiche plus depuis hier (**)], a fait part d'informations qui recoupent de manière sensible le scénario découvert par Maître al-Zoghbi. Citant des sources privées, Al-Dunia indique qu'une réunion des représentants de plusieurs pays arabes et occidentaux s'est tenue récemment dans une capitale des Emirats au cours de laquelle l'interruption des stations de radiodiffusion et des médias syriens portés par les satellites "Arabsat", "NileSat" et "Hotbird" fut décidée. 

La chaîne Al-Dunia poursuit que "cette décision est l'avant dernière étape dans la mise en œuvre de ce qu'il est convenu d'appeler l'heure zero". Puis elle explique que "selon les fuites, l'accord qui fut réalisé dans la phase finale considère l'heure zero, celle où les esprits et les hommes seront prêts à recevoir l'information que diffuseront les chaînes impliquées dans le scénario. 

L'interruption des stations de télédiffusion et radiodiffusion syriennes sera immédiatement suivie d'une nouvelle phase dans la propagation des nouvelles sur la Syrie dans lesquelles il sera indiqué que les groupes armés représentés par la milice de l'Armée Syrienne "Libre" (ASL) ont pris le contrôle de la capitale, Damas, et se sont emparés de l'ensemble des places fortes et des ministères clés dans la Capitale. Ces informations s'accompagnant de la diffusion de video préparées à l'avance dans les pays voisins montrant des scènes de destruction et de dévastation, comme si elles s'étaient produites dans la capitale, Damas; l'objectif étant de propager le message de la domination réelle de la rébellion armée sur l'ensemble des infrastructures de l'Etat syrien.

La Chaîne "Al-Dunia" poursuivant la divulgation des fuites avance que le plan ne sera pas seulement déployé par les satellites existants mais aussi par les autres qui sont en construction et qui diffuseront à partir des pays voisins de la Syrie. Elle a averti que les nouvelles stations en cours d'achèvement seront un exemple pour les chaînes de diffusion nationale syrienne, c.-à-d qu'elles porteront dans un coin de l'écran, le logo de chacune des stations de télévision officielle syrienne notamment la "chaîne d'information al-Dunia" et "la chaîne d'information officielle syrienne" et cela afin de propager la nouvelle du contrôle de la capitale tout en donnant de la crédibilité à l'information. L'objectif étant de faire admettre par le monde entier l'idée de la chute de la télévision officielle et avant tout par le citoyen syrien qui se trouve éloigné de la capitale pour lui faire bien croire que l'Etat s'est effondré".

Par Ali Aubani

(*) Il ne faut jamais oublier qu'une partie des rebelles sont de nationalités autres que syrienne; ce qui rend caduc l'usage du terme rebelle.
(**) La chaîne émet désormais sur Atlantic Bird à la fréquence 10921.

lundi 16 juillet 2012

Les autorités de l'Eglise copte refusent de rencontrer Hilary Clinton.

Al-Ahram - Le Caire - Le 16 juillet 2012 - Les responsables des églises égyptiennes ont refusé de rencontrer, hier le 15 juillet 2012, la Ministre américaine des Affaires Etrangères Hilary Clinton dans l'enceinte de l'Ambassade américaine au Caire. 


Monseigneur Marcos Evêque du diocèse de Choubra-El-Khema, l'un des membres dirigeants de l'Eglise copte  orthodoxe, a déclaré que le refus de rencontrer Mme Clinton s'explique par l'ingérence américaine dans les affaires intérieures égyptiennes et le soutien de son Administration à la domination par courant déterminé sur la majorité du peuple égyptien. Le refus de participer à une telle rencontre est également venu d'un grand nombre de personnalités chrétiennes parmi lesquelles Messieurs Najib Sawirs, Imad Jad, Michael Mounir et Madame Georgette Qallini. Quant à l'ambassade des Etats-Unis, elle a refusé les prises de vues de personnes ayant participé à la rencontre et la divulgation de leurs noms.

Hilary Clinton : "The People we are fighting today, we funded twenty years ago"
Important mais en anglais ! L'Aveux de Hilary Clinton dans le rôle des USA pour créer Al-Qaïda.



vendredi 29 juin 2012

Je ne comprends pas….

Que de questions la politique actuelle des Etats soulève. Face au drame syrien tant d’hésitations, tant de prudence, tant d’interrogations…au point que la suspicion finit par accompagner chaque pas, chaque pensée, chaque commentaire....Autant dire que je ne comprends pas....

Si je comprends que la dictature use de la force car c’est le propre d’une dictature, je ne comprends pas qu’un mouvement de contestation se disant spontané et démocratique devienne, en quelques mois, une force militaire aussi redoutable que la dictature qu'elle combat.

Si je comprends qu’il faille transformer la dictature syrienne en démocratie, je ne comprends pas pourquoi il faille la remplacer par la dictature salafiste.

Si je comprends qu’il faille se méfier de la politique nationaliste, je ne comprends pas pourquoi il faille lui préférer l’expansionnisme salafiste encouragé par l’alliance impérialiste qui a fait la guerre de Libye.  

Si je comprends qu’il faille faire rentrer la Syrie dans plus de modernité, je ne comprends pas pourquoi l’Arabie et ses alliés qataries, américains, israéliens et européens doivent reconquérir la Syrie comme au moyen-âge du temps du Prophète.

Si je comprends que les Etats aient à s’ouvrir à l’universel en conservant la diversité, je ne comprends pas comment l’idéal maçonnique de mondialisation s'accorde avec le mondialisme salafiste qui vise à islamiser à outrance les gouvernements et les territoires sous son emprise.

Si je comprends que les gouvernements en place aient obligation à pratiquer la justice envers tous les citoyens quels que soient leurs particularités, je ne comprends pas pourquoi le pouvoir doit changer de mains en fonction de la majorité confessionnelle.

Si je comprends que les peuples aient le droit d’exprimer leurs insatisfactions, je ne comprends pas pourquoi les Etats étrangers sont autorisés à encourager l’insatisfaction locale pour faire renverser les régimes en place. Autrefois cela s'appelait l’impérialisme...Aujourd'hui, nous pouvons dire « impérialisme par tiers interposé ».

Si je comprends que les pays aient à pratiquer une certaine ouverture en matière de politique d’immigration, je ne comprends pas pourquoi les musulmans revendiquent le pouvoir dès qu’ils deviennent majoritaires dans un pays.

Si j’ai compris que les européens athées (nazi) ont persécuté les juifs, je ne comprends pas pourquoi ces mêmes européens athées font payer aux palestiniens par leur politique inique exclusivement favorable à Israël, la réparation de leur crimes.

Si je comprends que les Etats anciennement colonialistes cherchent à racheter leurs emprises naguère sur les populations musulmanes, je ne comprends pas pourquoi ils sacrifient les chrétiens d’Orient en favorisant l’extrême islam.

Si je comprends que les Chrétiens d’Orient aient des craintes et soient prudents face à « l’islam absolu », car l’histoire montre qu’ils ont souvent soufferts des fanatiques, je ne comprends pas pourquoi, en pays d’islam on ne les protège pas plus, continuant à les maltraiter alors qu’ils ne sont guère un danger pour les musulmans.

Si je comprends que le gouvernement français puisse recevoir des membres du Conseil National Syrien, je ne comprends pas pourquoi il ne réserve pas le même traitement aux officiels du gouvernement de Damas.

Si je comprends toujours pourquoi le gouvernement français veut rencontrer une des parties en conflit, je ne comprends pas pour quelles raisons il cautionne un mouvement qui cherche à s’emparer du pouvoir par la violence comme firent naguère les nazis de leurs Institutions.

Si je comprends que les Occidentaux contestent la « dynastie » Assad, je ne comprends pas pourquoi ils ne contestent pas les dynasties saoudienne et qatarie.

Si je comprends qu’en France l’on ne veuille pas revenir au nationalisme allemand, je ne comprends pas pourquoi on favorise et encourage le nationalisme bouillonnant que constitue l’Islam dans une société multiconfessionnelle.

Si je comprends que dans cette même France, des personnes ne soutiennent pas le front dit national, je ne comprends pas comment ces mêmes politiciens n’élèvent guère de cris face aux dangers du nationalisme islamique, salafiste et mondialiste.

Si vous êtes comme moi et que vous ne comprenez pas le mensonge, mettez-vous sur un chemin de vérité. On y arrive par la formation aux écritures saintes, la pratique des sacrements, la charité envers toutes personnes et la rupture avec les comportements, les instruments et les structures de mensonge.

Le Veilleur de Ninive

vendredi 15 juin 2012

Syrie, Information ou désinformation ?

Le Veilleur de Ninive a recueilli des témoignages de syriens qui commentent l’état de l’information sur la population chrétienne locale. Nous vous livrons ces témoignages pour que justice soit rendue à ceux qui souffrent dans le silence de l'iniquité des gouvernements qui n'ont que le souci de leurs intérêts.

Comment les chrétiens de Syrie sont-ils informés de la situation dans leur pays ?

Les canaux d'information les plus crédibles pour la majorité des chrétiens restent les trois antennes « d’Al-Dunia », « Al-Ikhbariah » et « Télé-lumière ». Toutefois, une partie des jeunes chrétiens universitaires, qui se trouvent sans travail et sans espoir d’un avenir meilleur avec l’actuel régime, ont tendance à s’informer auprès des chaines « Al-Arabia » et « Al-Djézirah ».

Les chaînes arabes ont pris le dessus sur les chaînes syriennes, à la suite de la décision de la ligue arabe de faire obstruction aux chaînes émettant de Syrie. Ces dernières ont depuis regagné de l’intérêt à la suite de manipulations d'informations auxquelles ont assisté les syriens qui s’informaient auprès des chaînes arabes (fabrication d’images truquées de Damas et d’Alep).

Quels signes avez-vous sur de possibles manipulations d’information ?

Nous avons des exemples de manipulations. Nous avons entendu les chaînes « Al-Djézirah » et « Al-Arabia » annoncer des manifestations importantes d'opposants alors que le nombre de manifestants ne dépassaient pas 200 personnes ; les vidéos sont presque, à n'en pas douter, truquées pour donner l'impression du nombre.

Dans notre village à Jdaideh, qui se trouve à la frontière turque, « France 24 » et la « BBC » ont prétendu que l'armée syrienne bombardait la région alors que rien ne s’était produit selon les faits rapportés par des personnes demeurées sur place.

A Alep nous venons d’accueillir une famille échappée de Homs. Elle nous assure que des Salafistes libyens notamment, ont commis des massacres de sang-froid tout en accusant l’armée de ces crimes. Ces faits n’ont guère été rapportés par les radios arabes ou européennes.

Toujours à Alep, les rebelles rémunèrent les miséreux pour aller manifester. La rémunération est de LS 200 (€2.50) alors que le tarif pour tuer une personne serait de de LS 2.500 (€31). Il s’élève à LS 3.500 (€43,5) pour tuer un soldat ou un policier. Le montant est sensiblement supérieur LS 15.000 (€187) pour filmer une manifestation où l’on voit le drapeau, vert et noir, des rebelles. 

Concernant Mgr Nazaro l'Evêque latin de Syrie et un journaliste français qui nous est connu, nous avons appris le refus des média occidentaux de publier leur témoignages. Le premier a  adressé, à la presse italienne, plusieurs articles sur la situation syrienne, en vain... Il fut même accusé d’être un soutien du régime. (Les chrétiens ne soutiennent pas le régime, ils souhaitent seulement le moindre mal en attendant que les musulmans, majoritaires dans le pays, fassent leur révolution). De même, le journaliste français, que nous évoquions, il était sur place en Janvier dernier; il a rencontré une opposition catégorique à la publication d’un de ses témoignages.

Quelles sont les informations importantes sur les chrétiens de Syrie qui ne seraient pas relayées par les médias étrangers ? 

En général les informations sur les chrétiens de Syrie sont diffusées au même titre que les autres nouvelles mais elles sont filtrées;  il n’y a quasiment jamais dans les médias référence à ce que les chrétiens, sur place, ressentent comme un « complot satanique » visant à vider le pays de sa population chrétienne. Celle-ci n’a aucun moyen de défense et ne dispose d'aucune milice alors qu’elle vit au milieu de fanatiques excités. Les gouvernements occidentaux ne peuvent ignorer ce fait et pourtant ils n’appellent guère à la protection des chrétiens. Ils diront plus tard, comme ils l’avaient fait avec les juifs sous le nazisme, « Ah Oui ? Mais nous ne savions pas...».

Les appels du Père Elias Zahlawi aux Evêques de France, à Alain Jupé, à la ligue arabe sont restés lettres mortes.

Damas et Alep tomberont-elles comme sont tombées Antioche, Constantinople, Jérusalem, la Mésopotamie, tous quatre territoires peuplés d’Eglises mais dépeuplés d’âmes.

Comment l’internet est-il reçu ?

En général l'internet est bien reçu sauf les vendredis et dans les régions où se déroulent les combats. L'ADSL est désormais répandu sur la presque totalité du territoire mais les prix des abonnements sont relativement élevés. 1 GB revient à LS 4.000 (€49,6) par mois.

Y a-t-il des aspects de votre vie que vous aimeriez communiquer au dehors ?

Nous aimerions rapporter les événements que les Chrétiens de Syrie et d’Orient vivent épisodiquement depuis des siècles alors qu’ils partagent le quotidien du monde musulman. Souvenons-nous que si l’Islam nous tolère, il ne nous protège pas.

Il ne faut pas omettre que l'histoire se répète. La situation que nous vivons aujourd’hui fut vécue à l’époque des schismes et des divisions du Vème siècle lorsque les Byzantins s’affrontaient aux sassanides. Les chrétiens non-chalcédoniens furent persécutés par les byzantins et se trouvèrent pris entre ces derniers et les perses sassanides.

A l’époque des croisades également les Chrétiens de Syrie furent pris entre d’un côté les croisées qui maltraitaient les chrétiens « non-uniates » les considérant hérétiques et de l’autre les musulmans qui persécutaient ces mêmes chrétiens les soupçonnant d’être les complices des croisés.

Au XXème siècle, entre 1915 et 1917, a lieu le génocide arménien mais aussi syriaque et assyro-chaldéen ; il a entrainé une réduction sensible du nombre des chrétiens dans l'empire Ottoman. En effet, nombreuses sont les familles chrétiennes de Syrie, du Liban et d’Irak qui eurent au moins un ancêtre victime de massacres.

Voici un témoignage que nous rapportons : « ma grand-mère maternelle avait assisté, lors du génocide de 1915, à la tuerie de 32 membres de sa famille qui se déroula, sous ses yeux, dans la ville de Mardin (Turquie d’aujourd’hui). Elle fut rescapée et dut sa survie au fait d'avoir été achetée par un kurde ;  elle était belle et portait avec elle deux bébés, dont ma mère », ajoute notre témoin. « Mais comme ce même kurde s’était souvenu de la bonté du père de ma grand-mère, il l'a libérée l’envoyant à Alep, avec ses deux enfants à dos de mulets, accompagnée d'hommes chargés de les escorter ».

Le témoin poursuit.... « Ma grand-mère qui nous rapportait ces faits disait : « Entendre ce n’est pas voir ; voir ce n’est pas vivre…Que Dieu seulement éloigne de vous ce que nous avons vécu : perte de maison, famine, massacre, fuite, viol et crime ».

Et voilà que les massacres de chrétiens syriens auxquels nous venons d'assister, ces derniers mois, ceux de Jisr el-Chougour et de Homs, nous ramènent à ces périodes sombres de l’histoire des chrétiens d’Orient. Aujourd’hui, nous vivons ces drames avec, et peut-être, en raison du silence de l’Occident, plus occupé à faire tenir la valeur de l’Euro et à contrôler déficits budgétaires et croissance qu’à exercer la justice. Quelques incantations et l’expression de leur impuissance, à l’occasion d’annonces de massacres en Syrie, donnent aux gouvernements européens bonne conscience.

Désormais, les Occidentaux finiront par avoir raison au sujet de notre sort, car nombreux sont les chrétiens de Syrie qui se demandent à présent, s’ils doivent rester dans cet enfer syrien ou le laisser. « On dit que dans la vie, on paye souvent par là où l’on a péché ». Un jour l’Occident paiera d’avoir privilégié, dans le bras de fer que nous vivons ici, le fanatisme musulman pour faire chuter ce régime brutal certes, mais qui protégeait tout de même la minorité chrétienne.

Aujourd’hui, vu de Syrie, nous ne percevons guère de solidarité de la part des pays occidentaux. Bien au contraire, les déclarations des dirigeants des pays d’Europe et d’Amérique vers lesquels les Chrétiens d’Orient se tournaient traditionnellement, traduisent une certaine indifférence voire une arrière pensée machiavélique ; nous voilà abandonnés à notre sort pour des considérations qui nous échappent et bien que nous pressentons la cause matérielle inavouée et inavouable derrière cette attitude.

Si les gouvernements européens et américains bouchent leurs oreilles à nos cris, peut-être que les chrétiens qui survivent encore dans l’Occident matérialiste voudront bien élever leurs prières pour obtenir notre protection.

Les radios locales modifient-elles leurs programmes en raison des événements ?

Les radios locales, surtout la chaîne « Al Dounia », ont bien développé leur moyens de diffusion. Au cours d'émissions récentes, les journalistes syriens de confession chrétienne se sont efforcés de faire ressortir les faits trahissant les manipulations de l’information par les médias occidentaux. Des commentateurs politiques éminents tels que Michel Samaha, Anis Naqach, Rafiq Lotf…et bien d'autres interviennent régulièrement sur les ondes.

La population chrétienne de Syrie prend conscience de la nécessité d’avoir une source fiable. Elle devient sceptique à l’égard de la presse occidentale. On peut même dire qu’un grand nombre de personnes, au sein de la minorité chrétienne, ressent un fort sentiment d’injustice et de mensonge.

Les programmes d'Al Dounia se concentrent sur : l'exaltation du patriotisme, l'encouragement à l'unité nationale, la faveur aux rencontres entre religieux islamo-chrétiens et les réunions tenues dans les Eglises et les Mosquées. Des appels sont lancés en direction des éléments armés, vierges de crimes commis, afin qu’ils déposent les armes en échange d’un engagement de non-poursuite par les autorités.

Sur cette même radio, on commence à entendre des critiques plus ou moins sévères des ministres et responsables qui se sont laissés entrainés dans la violence.

Le Veilleur de Ninive.

vendredi 1 juin 2012

Le printemps syrien....Témoignage d'un religieux français

La paix en Syrie pourrait être sauvée si chacun disait la vérité. De retour à Damas en ce mois de mai 2012, il me faut bien constater qu’après une année de conflit, la réalité du terrain ne cesse de s’éloigner du tableau "catastrophiste" qu’en imposent les mensonges et la désinformation occidentale.

Le mois de février a marqué un coup d’arrêt aux provocations des islamistes radicaux. Les troubles, en majorité circonscrits à Hama et à Homs, auraient d’ailleurs été plus vite résorbés si la pression internationale n’avait freiné l’intervention de l’Armée. Les zones frontalières de la Turquie , de la Jordanie et du Liban – par lesquelles s’infiltrent les mercenaires – restent encore sensibles. Dans la capitale, ce que l’on appréhende le plus sont les voitures piégées et les attentats à la bombe, la plupart du temps, le fait de kamikazes alléchés par l’appât du gain, le désir du paradis d’Allah, ou bercés du rêve sunnite de la fin des alaouites au terme de 40 ans de règne et l’avènement de Jésus au haut du minaret, accompagné du dernier prophète Al Mahdi pour le Jugement dernier.
Il faut dire et redire que l’idéologie fanatique est d’importation étrangère et que la Syrie n’a jamais été confrontée à un cycle de manifestations/répression, mais à une déstabilisation sanguinaire et systématique par des aventuriers qui ne sont pas syriens. Cette information, qui va à l’encontre des journaux et des reportages télévisés, l’ex-ambassadeur de France, Éric Chevallier, n’avait eu de cesse de la faire entendre à Monsieur Juppé ; mais le ministre français refusa toujours de tenir compte de ses rapports et falsifiait sans vergogne ses analyses pour alimenter la guerre contre la Syrie.
Nos lecteurs ont encore en mémoire l’invitation du Patriarche maronite à Paris, Sa Béatitude Bechara Raï, par Nicolas Sarkozy qui, s’étant renseigné sur le nombre des chrétiens au Liban et en Syrie, lui proposa de les installer en Europe. La réponse indignée et courageuse du haut prélat qui prit la défense de Bachar Al-Assad – et qui devait, selon le protocole, être décoré de la légion d’honneur – lui valut d’en recevoir l’écrin de la main sèchement tendue de l’ex-président français.
Arrivée à Damas
L’on respire à Damas un autre air qu’on voudrait nous le faire croire partout ailleurs.
Certes, depuis quatre mois, dans la banlieue, les voitures piégées ont fait de sanglants dégâts ; plusieurs fanatiques suicidaires se sont fait exploser dans la foule d’innocentes victimes. L’on entend parfois, la nuit, des échanges de coups de feu, c’est l’armée qui veille à la protection des habitants et parvient souvent à empêcher les attentats meurtriers. Ces jours-ci, deux minibus bourrés de TNT ont explosé simultanément selon un schéma terroriste désormais classique. Toujours disposée à proximité d’une cible d’intérêt stratégique, la première charge est destinée à semer la panique et à attirer le plus grand nombre d’intervenants pour déclencher la seconde explosion. Cette fois-ci, c’était le Quartier Général du contre espionnage syrien, où avaient été détenus les étrangers pris les armes à la main et que les salafistes projetaient de faire évader. Leur tentative échoua mais se solda par un bilan terrible : 130 morts (dont 34 chrétiens), 400 blessés et autant de logements endommagés.
La consternation est générale, le chagrin indescriptible et les nombreuses funérailles déchirantes. Pourtant, en ce mois de Marie les églises abondamment fleuries se remplissent chaque soir et j’ai vu les mosquées bondées le vendredi à midi ; la concentration de la prière aux Omeyyades évoquait pour moi celle des coptes en Égypte ; tandis que les espaces verts sont régulièrement envahis par des familles heureuses de se retrouver pour des piqueniques qui se prolongent tard dans la nuit. Le peuple syrien est un peuple simple et enjoué. Malgré l’insécurité et les dramatiques difficultés économiques engendrées par les sanctions internationales (l’inflation de la livre syrienne, l’anéantissement total du tourisme, la croissance du chômage et la cherté grandissante des denrées de base), la vie continue normalement.
Les chrétiens vivent en paix
Bien que partageant avec leurs congénères l’inquiétude générale, les chrétiens avouent volontiers qu’ils ne se sont jamais sentis aussi libres par le passé. Ils attribuent ce sentiment à la pleine reconnaissance de leurs droits lors de l’accession à la présidence de la famille Assad. Certains s’estiment même mieux traités aujourd’hui qu’à l’époque où ils étaient pris entre les deux feux des partisans opposés de De Gaulle et de Vichy. Un ami "damasquin" évoque pour moi le souvenir de son grand-père qui, suivant une coutume alors répandue, avait échangé le sang d’une légère blessure faite à la main avec celui d’un cheikh musulman pour devenir frères de sang ; il me confie : « Les ennemis de la Syrie ont enrôlés les Frères Musulmans dans le but de détruire les relations fraternelles qui existaient depuis toujours entre les musulmans et les chrétiens. Pourtant, à ce jour, ils n’y sont pas parvenus : ils ont même provoqué une réaction contraire et rapproché comme jamais auparavant tant les communautés que les individus. »
Petit rappel historique. La conquête de la Syrie par les arabes (636) n’a jamais été sanglante. À Damas, tandis que les chrétiens byzantins tentaient de leur résister, les chrétiens syriaques leur ouvraient les portes de la ville et leur offraient spontanément leurs services pour construire des habitations. Sait-on que pendant 70 ans, chrétiens et musulmans prièrent ensemble dans l’Église Saint Jean-Baptiste ? Quand celle-ci fut devenue trop petite, sur la demande des musulmans, elle devint la Mosquée des Omeyyades (705) que l’on admire encore aujourd’hui ; et pour dédommager les chrétiens, les musulmans leur construisirent les quatre premières églises damascènes.
La première impression qui me frappe est donc de retrouver Damas pareille à elle-même, son charme désuet, ses souks hauts en couleurs aux effluves d’épices, l’animation égayée des ruelles de la vieille ville et sa circulation qui n’a rien à envier à celle du Caire ; dans les quartiers verdoyants des bords du Barada, les restaurants sont pleins. La seconde, c’est la dignité et la modestie du petit peuple de la rue : guère de mendicité, d’apitoiement ou de plainte de la part des pauvres qui fourmillent pourtant et cachent bien leur misère derrière leurs murs lézardés. On n’imaginerait jamais ici personne dormant dans la rue, comme à Paris.
Sur le terrain
L’Armée n’est intervenue que plusieurs mois après le commencement des événements. L’insurrection s’est caractérisée par une cruauté d’une sauvagerie oubliée en Syrie depuis les massacres de 1860 où 11’000 chrétiens furent assassinés par des fanatiques mahométans encouragés par les ottomans.
Les turcs d’alors étaient pires que les salafistes d’aujourd’hui. Petite évocation historique. Qui se rappelle qu’en 1859, la maladie du ver à soie avait provoqué la disparition de sa culture tant en Chine qu’en France ? Seule la Syrie avait échappé au fléau. (Le brocart, inventé par la famille Boulad avait déjà conquis le monde). Or tous les soyeux syriens étaient chrétiens. Il n’en fallut pas plus pour que le gouvernement français du Second Empire « suggère » à l’occupant ottoman de provoquer – par musulmans exaltés interposés – les troubles sanglants que l’on sait et la persécution contre les chrétiens qui se solda par l’expatriation de tous les soyeux vers la France et le rachat à bas prix de leur production.
Un militaire, actuellement sous les armes au sud du pays, me fait part de sa stupéfaction quand il s’est trouvé affronté à des combattants qui n’étaient pas syriens mais étrangers, et me rapporte quelques faits surprenants dont il a été témoin : « Quand nous avons commencé à nous battre, nous avons trouvé en face de nous des Libyens, des Libanais (mercenaires sunnites de Saad Hariri), des Qatari, des Saoudiens et, bien sûr, des Al Qaeda. Quand nous avons fait des prisonniers, nous avons constaté que beaucoup d’entre eux ne parlaient pas l’arabe, c’étaient des Afghans, des Français, des Turcs ». Chacun s’attend, ici, à des révélations de nature à mettre en porte-à-faux bien des pays.
Parmi ces étrangers, me dit-il, « bon nombre d’entre eux ne savent pas où ils sont : on fait passer les Libyens par le Golan à proximité de la frontière israélienne pour leur montrer le drapeau israélien et les convaincre qu’ils sont bien sur la route de Gaza où ils vont combattre avec leurs frères musulmans… À Homs, a été arrêté un Libyen persuadé de se trouver en Irak pour combattre les Américains. »
Près de la frontière israélienne, de nuit, des voitures télécommandées bourrées d’explosifs ont pu être interceptées, exemple parmi d’autres des interventions sporadiques de commandos qui traversent chaque jour les frontières jordanienne, israélienne, libanaise et turque.
Homs, ville martyre
À Homs, il est faux de dire que les alaouites centralisent dans leurs mains tous les pouvoirs ; au nombre de 24, les notable comptent 18 sunnites, 4 chrétiens et 2 alaouites.
Homs a toujours été la ville du pays la plus peuplée de chrétiens. Ceux-ci occupaient à 98% deux quartiers, Bustan El Diwan et Hamidieh (le Vieux Souk), où se trouvent toutes les églises et les évêchés. Le lacis de ses ruelles et les nombreux passages souterrains rouverts pour la circonstance ne permirent pas aux mercenaires d’y pénétrer avant la reprise de Baba Amro. Le spectacle qui s’offre maintenant à nos yeux est celui de la plus absolue désolation : l’église de Mar Élian est à demi détruite et Notre-Dame de la Paix saccagée (près de laquelle on a trouvé plusieurs personnes égorgées) est encore occupée par les rebelles. Les maisons, très endommagées par les combats de rue sont entièrement vidées de leurs habitants qui ont fui sans rien emporter ; le quartier d’Hamidieh constitue encore aujourd’hui le refuge inexpugnable de bandes armées indépendantes les unes des autres, fournies en armes lourdes et en subsides par le Qatar et l’Arabie Saoudite.
Tous les chrétiens (138’000) ont pris la fuite jusqu’à Damas ou au Liban ; ceux qui n’y avaient pas de parents se sont réfugiés dans les campagnes avoisinantes, chez des amis, dans des couvents, jusqu’au Krak des Chevaliers. Un prêtre y a été tué ; un autre, blessé de trois balles dans l’abdomen, y vit encore ainsi qu’un ou deux autres, mais ses cinq évêques se sont prudemment réfugiés à Damas ou au Liban. On dit que les chrétiens amorcent un timide mouvement de retour.
Aujourd’hui, mis à part quelques coups de feu nocturnes, la ville a retrouvé le calme. C’est le cas d’Arman, quartier où les alaouite sont aussi proportionnellement plus nombreux que dans les autres villes, où l’on peut circuler en voiture. Quant au quartier sunnite, on peut y pénétrer (même un étranger, s’il est accompagné d’un sunnite), mais c’est à ses risques et périls car les tireurs isolés ne sont pas rares. Les magasins sont fermés et les destructions impressionnantes. Je trouve étrange de n’apercevoir dans toute la ville aucune présence militaire, aucun soldat en armes. Ceux-ci se contentent d’en contrôler les accès et d’occuper des casernes, à l’extérieur.
Les villages chrétiens de la campagne d’Homs
Puisqu’on n’est pas éloigné de la frontière du Liban, les points de contrôle et les barrages sont nombreux, ainsi que le mouvement des véhicules de l’armée loyaliste. Du haut de ses sept ans, Jacques s’époumone auprès de moi : « Dieu protège l’armée ! » ; je le verrai ce soir prier pour elle comme il le fait chaque jour avec ses frères et sœurs. Dans le village chrétien où je passe les nuits, les grand-mères se font un devoir de porter de la nourriture aux soldats. Un habitant me confie : « Si l’armée quitte notre village, nous risquons d’être égorgés. Si la répression sauvage dont l’accusent vos médias était réelle, pourquoi les militaires seraient-ils les bienvenus dans nos villages ? ». Ils sont, j’ai pu le constater de mes yeux, sous la protection attentive des troupes fidèles au Président Bachar. Pourtant, le jour de l’Ascension, une roquette est arrivée dans le jardin, heureusement sans faire de dégâts, mais l’explosion a terrifié les enfants. Le village, pour la première fois, a été la cible de trois RPG dont l’un a provoqué la mort d’un grand-père et de ses deux petits enfants (14 et 13 ans).
La campagne jouit donc d’un calme très relatif. On entend des échanges de tirs, la nuit : c’est que nous ne sommes qu’à une quinzaine de kilomètres de la frontière libanaise. Douze personnes qui se rendaient à Kafr Nam en minibus ont été kidnappées contre rançon. Un autobus a été mitraillé sur la route. Au village, un cousin a été enlevé quelques heures, le temps de lui voler son taxi (habilité à passer la frontière libanaise). Tout cela relève d’actions isolées des bandes armées.
Rappel des faits récents…
On se souvient que pendant huit longs mois, les Homsiotes avaient réclamé l’intervention de l’Armée, qui se refusait à prendre le risque d’atteindre la population civile.
Après avoir essayé sans succès de s’établir à Daraa, (près de la frontière jordanienne), puis à Idleb (près de la frontière turque) dont ils furent également délogés, les opposants au régime avaient choisi Homs pour sa proximité avec le Liban, comme Quartier Général. Dès lors, on ne compta plus les exactions et les crimes d’une férocité tout-à-fait étrangère au comportement syrien. Pour exemple, l’enlèvement de 200 alaouites, en août de l’an dernier, à fin de les égorger pour la fête de l’Aid al-Adha. En provenance du Liban, un armement sophistiqué considérable, suffisant pour approvisionner toute la rébellion, avait été stocké dans le quartier de Baba Amro autoproclamé Émirat Islamique Indépendant. De nombreux combattants y avaient d’ailleurs été enrôlés de force, sous menace d’éliminer leur famille. Parmi des atrocités sans nom, on a retrouvé les corps de 48 jeunes hommes égorgés parce qu’ils voulaient rendre les armes ; c’est ce que m’a personnellement raconté un survivant qui avait perdu dans cette circonstance son père et ses deux frères. Il faut savoir que, pour le fanatique sunnite extrémiste, égorger son ennemi manifeste sa fierté d’être en Guerre Sainte ; et c’est un acte de vertu qu’il offre aux yeux d’Allah.
Lorsque des terroristes veulent vérifier l’identité religieuse d’un suspect, s’il se dit chrétien, ils lui font réciter le Je crois en Dieu et le laissent partir (les chouans l’exigeaient en latin). S’il se dit ismaélite, il lui est demandé de donner les généalogies qui remontent à Moïse. S’il se dit sunnite, ils exigent qu’il récite une prière dont les alaouites, eux, ont retiré un passage. Les alaouites n’ont aucune chance de s’en tirer vivant. Nombre d’entre eux ont été kidnappés sur simple présentation de leur carte d’identité ; quand des chrétiens l’ont été, c’était par erreur. Depuis les temps immémoriaux, en effet, les chrétiens vivent en paix dans les quartiers sunnites et alaouites, heureux de leur présence.
Toujours au contact avec la population, Bachar Al-Assad (dont on sait que la mère a été l’élève d’un collège de Latakieh tenu par des religieuses) s’est rendu personnellement sur place après les événements et a promis de reconstruire les quartiers martyrs.
Le dessous des événements
Que l’on nous permette de revenir quelque peu sur les événements d’Homs présentés par la presse française et internationale à la honte du « barbare » Bachar El-Assad.
9 février 2012. Après épuisement de toutes les tentatives de médiation, l’Armée loyaliste syrienne donne l’assaut à « l’Armée syrienne libre » qui s’était emparé du quartier de Baba Amro et avait pris ses habitants en otage. Lorsqu’au terme de batailles qualifiées de « répression sanguinaire » par la presse internationale, les Forces gouvernementales vinrent à bout des rebelles, une partie d’entre eux trouva refuge dans le labyrinthe du quartier chrétien, tandis que les derniers éléments armés de l’Émirat prenaient la fuite, en massacrant les chrétiens des deux villages qu’ils traversèrent avant de trouver refuge au Liban. Mais qu’advint-il des journalistes-combattants de l’émirat islamique autoproclamé ?
Deux y trouvèrent la mort, Marie Colvin et Rémi Ochlik qui furent identifiés sur des vidéos par les ambassadeurs de France et de Pologne, en tenue de combat. Le « photographe » Paul Conroi appartenait à une agence de renseignement britannique ; Édith Bouvier était entrée clandestinement en Syrie aux côtés des rebelles. Elle, qui aurait dû tomber sous le délit d’immigration illégale, osa à l’époque manipuler la compassion des téléspectateurs français en réclamant la création d’un « couloir humanitaire », se faisant la porte-parole d’Alain Juppé qui cherchait par là à exfiltrer les mercenaires de l’Armée Syrienne Libre et leurs instructeurs occidentaux. D’autres éléments laissent à imaginer que l’envoyée du Figaro Magazine travaillait pour la DGSE.
La veille de l’assaut final, s’échappant nuitamment les dits journalistes gagnèrent le Liban où ils furent récupérés à un point de passage illégal par l’ambassadeur de France à Beyrouth, Denis Pietton, le même qui avait insolemment pris position contre Sa Béatitude Bchara Raï, trop bacharisé à son goût. Sous le faux prétexte de visiter les alentours de Baalbek, à l’est du Liban, le diplomate avait rejoint le nord de la Bekaa , (région frontalière limitrophe de la province de Homs) avec une équipe sécuritaire française. Là, il récupérait les exfiltrés français ; comme, en vertu de la Convention de Vienne, les voitures diplomatiques ne peuvent être perquisitionnées, le convoi ramena les agents français à l’ambassade, au nez et à la barbe de la police.
La frontière évanescente du Liban
L’Armée Nationale syrienne renforce son dispositif pour empêcher les infiltrations. Mais des combattants étrangers se regroupent toujours aux frontières turque et jordanienne ; après avoir transité par Amman, des centaines de Libyens d’Al-Qaïda takfiristes (ex-groupe islamique agressif en Libye) continuent d’affluer, tandis que plusieurs milliers d’autres sont rassemblés à Hattay (en Turquie) et encadrés par l’Armée turque ; ces jours-ci, sont arrivés en renfort plus de 5’000 Libyens.
Les incidents se multipliant, on dit que l’Armée libanaise aurait démantelé un camp de regroupement et une base de communication sur son territoire. Pourtant les preuves prolifèrent sur la responsabilité de certains milieux libanais dans la transformation du Liban en base arrière pour frapper la Syrie et y commettre des actes de violences. En collaboration avec des ambassades occidentales, un vaste trafic d’armes a été mis en place via Tripoli (où arrivent par cargos des milliers de tonnes d’armement lourd) grâce à l’installation de bases logistiques et médiatiques notamment animées par le Courant du futur de Saad Hariri et les Forces libanaises de Samir Geagea. La tâche de ces cellules est de former et d’entraîner les groupes terroristes syriens. Tout se passe comme si, sur décision américaine, le Liban était devenu une plateforme pour agresser la Syrie.
Damas, une écharde dans la chair
Alors que la Syrie semblait trouver sa place dans le concert des nations, voici qu’un nombre inattendu de protagonistes s’intéresse à elle, pas toujours de façon cordiale ou désintéressée. L’homme de la rue se demande si une nouvelle guerre mondiale n’a pas commencé dans son pays. Et les conjectures vont bon train.
La Russie n’a-t-elle pas besoin de la région comme débouché indispensable vers les mers libres ? Comment l’Amérique pourrait-elle supporter l’idée de son émergence au rang des puissances mondiales ? La Chine elle-même ne nourrit-elle pas le projet d’une ligne de chemin de fer en direction du Golfe et de l’Afrique ? L’acheminement du pétrole et du gaz iraniens à destination de Banyias se fait à travers l’Irak, mais les hydrocarbures du Qatar à destination d’Haïfa ne seraient-ils pas programmés pour transiter par la Syrie ? Poursuivant le plan sioniste ourdi de longue date de découpage confessionnel du Moyen-Orient, Israël considère que sa sécurité exige à n’importe quel prix la chute de Bachar, dont la force est devenue une menace. Nul n’ignore que lorsqu’il devint premier ministre, le sunnite Saad Hariri (dont la fortune doit beaucoup aux fonds américain, saoudiens et qataris) n’était libanais que depuis huit ans. Son alliance avec l’Arabie Saoudite s’explique aisément par le fait qu’il est le fils de l’épouse que son père, Rafic, a offert en présent au roi Abdallâh. Saoudiens et Qataris sont alliés des USA qui les soutiennent à cause du pétrole mais leur tiennent la bride courte, en menaçant – par des troubles populaires qui ont déjà commencés – la stabilité de leurs trônes. On peut noter qu’il y a aussi du pétrole dans la région de Deir Ezzor, à l’est de la Syrie (où vient d’exploser un véhicule contenant 1000 kg de TNT), et beaucoup de gaz dans la région de Qara et au large des côtes de Latakieh. En fait, tout ce beau monde ne s’est-il fédéré contre la Syrie que lorsqu’elle a commencé d’émerger au niveau des grandes puissances et Washington ne provoquerait-il les changements de régime du monde arabe que pour réaliser ses objectifs géopolitiques concernant la maîtrise de l’énergie ?
Quand – à l’appui de la Russie et de la Chine, au soutien de l’Iran et celui du Hezbollah libanais (qui menace directement Israël) – la Syrie ajoute sa puissance de feu et l’efficacité de la protection de son territoire (par des moyens électroniques capables d’intercepter toutes communications ou de mettre en panne tout appareillage électronique), Bachar devient une écharde insupportable dans la réalisation du plan sioniste de dépècement du Moyen-Orient destiné à assurer la survie d’Israël.
Les chrétiens ne sont pas persécutés comme en Égypte
Mon hôte me dit : « Avant le commencement des événements, nul n’aurait jamais eu l’idée de revendiquer son appartenance religieuse. On vivait tous ensemble, sans toujours savoir quelle religion l’autre pratiquait. On était syrien, et cela nous définissait. C’est en 2011 que tout a commencé de changer et que nous y avons prêté attention. »
On pourrait presque dire que les malheurs des chrétiens relèvent des dommages collatéraux. En effet, les incidents dont ils ont été victimes ne se sont produits que dans la région d’Homs, (précédés des affrontements entre sunnites et alaouites), mais l’on n’en déplore à ce jour aucun dans les autres provinces.
Ils sont inquiets, bien sûr, mais leur peur n’a vu le jour qu’avec le Printemps arabe et la crainte de la prise du pouvoir par les Frères musulmans. Avec l’immense majorité des Syriens, ils aiment leur Président dont on sait aujourd’hui qu’il ne tient plus au pouvoir mais, ne voulant pas céder à la pression actuelle, attend les élections de 2014 sans intention de se porter candidat. Ils jugent enfin les bandes armées fanatisées pour ce qu’elles sont, la plupart du temps, composées de jeunes délinquants entre 18 et 26 ans à peine sortis de prison. Avec tous les Syriens et comme le Président lui-même, ils désirent des réformes. Mais pas sa chute qui entraînerait immédiatement l’irakisation de la Syrie (qui a accueilli, faut-il le rappeler, plus de trois millions de réfugiés irakiens).
Il a fallu attendre cette guerre pour que les chrétiens soient personnellement menacés par des combattants salafistes encouragés et excités chaque soir à la télévision par le « cheikh » Al Araour. Ancien officier de l’Armée syrienne, ce personnage peu recommandable a été jugé et condamné aux geôles syriennes pour ses mœurs dépravés ; mais il a pris la fuite et s’est réfugié au Qatar d’où il ne cesse d’inciter ses troupes à massacrer alaouites et chrétiens.
Il y a, pour l’observateur, une évolution évidente des « révolutions ». Les troubles avaient commencé en Tunisie, puis ce fut le tour du Yémen, de l’Égypte et de la Libye, avec le « succès » que l’on sait. Il restait la Syrie. Pourtant il faut reconnaître ceci : si les chrétiens ne sont pas directement persécutés dans leur pays, c’est leur existence même qui est menacée de l’extérieur par les alliés du Golfe et les prises de position iniques de nations comme la France, à la remorque des États-Unis, eux-mêmes assujettis à Israël.
Bilan des victimes, la torsion des chiffres
Au début du mois, la presse officielle faisait état d’un Rapport de la Syrie à l’ONU daté du 21 mars qui recensait les victimes du conflit depuis le début des affrontements.
Le nombre des victimes des rebelles s’élevait à 6’000 et se décomposait ainsi : 3’000 soldats de l’Armée régulière et 3’000 civils, (500 policiers abattus, 1’500 enlèvements et 1’000 disparus). Dans le même temps, l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme évaluait le nombre de Syriens tués à 11’000. Les rebelles – rebaptisés « déserteurs » par l’OSDH – ne comptabilisaient que 600 pertes et ne mentionnaient évidemment pas les nombreux combattants étrangers tombés en martyrs du djihad.
Même compte tenu de la difficulté de l’exactitude en la matière, la marge entre les deux chiffres était démesurée. Mais la manipulation ne s’arrêtait pas là puisque la responsabilité des 11’000 morts devait incomber à la répression gouvernementale, les médias de masse occidentaux se faisant immédiatement l’écho indigné des chiffres de l’OSDH.
Printemps syrien
Il plane dans le petit peuple chrétien le sentiment qu’une renaissance doive suivre les événements actuels, leurs ennemis conjugués n’ayant obtenu d’autres résultats que des destructions partielles et celui de souder les Syriens autour de leur président ; les attentats des derniers kamikazes sont même perçus comme des combats d’arrière-garde.
C’est sous les murs de Damas que saint Paul, futur Apôtre des Nations, a été saisi par le Christ Jésus, Lumière du Monde. Ni à Jérusalem, ni autre part.
Et le terme singulier d’orientalité (proche d’authenticité) n’exprimerait-il pas la qualité de convivialité historique qui a toujours existé entre chrétiens et musulmans ? On sait que la Mosquée des Omeyyades abrite le crane de saint Jean-Baptiste, que vénèrent côte-à-côte chrétiens et musulmans. Mais sait-on que beaucoup de musulmans cultivés prient le Christ ? Pèse-t-on à leur juste mesure les visites régulières du président Bachar au monastère de Notre-Dame de Sayidnaya, comme à l’humble Sanctuaire de Saint Ananie où il a lui-même demandé de l’huile bénite ? ; et sait-on que l’image miraculeuse de la Vierge de Soufanieh – devant laquelle viennent se recueillir des cheikhs musulmans – fut rapportée du Kazanska, où musulmans et chrétiens honorent depuis toujours l’icône prodigieuse de Notre-Dame de Kazan ?
Enfin, ne faudrait-il détruire la Syrie que parce qu’elle apparaît comme le cœur d’un Islam modéré ? Pour justifier sa politique de domination, l’Occident ne veut avoir affaire qu’à l’Islam pur et dur qu’il suscite, alimente et bouffit. En opposant au monde occidental (soi-disant chrétien) un monde de barbus fanatiques, il peut justifier sa guerre pour le pétrole.
Les politiciens font des plans. L’ultime raison d’espérer des chrétiens de Syrie – comme de tout le Proche-Orient – repose sur leur foi dans le plan du Seigneur. La terre d’Orient est gorgée d’Espérance. N’a-t-elle pas engendré au cours des siècles passés des victoires aussi fulgurantes que mystérieuses : David face à Goliath, Cirrus face à Nabuchodonosor, Gédéon face aux Madianites ? N’oublions pas que le sort du monde se joue autour du mont Moriah, à portée de canon de Damas.
Mgr Philippe Tournyol du Clos 

Archimandrite Grec-Catholique Melkite 
Damas, le 20 mai 2012
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