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vendredi 12 avril 2013

Syrie : Bilan d’une rébellion nationale-islamiste.

Dans la nuit sombre et lugubre de la guerre syrienne, de petites lueurs d’espoir pointent à l’horizon. En effet cette rébellion, née à Deraa, une ville du sud, où se situe une université islamique financée par l’Arabie-Saoudite, semble avoir accouché deux ans plus tard, d’une tentative de révolution nationale-islamiste avec laquelle les « démolicraties » Occidentales flirtent allègrement.

De cette comédie-tragique que nous font subir les « pan-islamistes » et leurs alliés régionaux et occidentaux, quel est le bilan ?

Militairement, nous ne sommes pas experts pour apprécier la situation ; nous nous appuyons sur les conclusions de plus connaisseurs que nous, pour dire que l’armée arabe syrienne commence à faire le siège de Damas et Alep, alors que les rebelles se trouvent à l’intérieur des deux villes.

Et pourtant, nous ne serions pas arrivés à ce stade du conflit, si l’une des offres de dialogue du Président Bachar Al-Assad avait été tentée par l’opposition islamiste et ses parrains, avant de s’obstiner dans la politique du refus.

Bien évidemment, nous ne sommes pas naïfs ; avec ou sans Bachar el-Assad, il semble que l’objectif des forces occultes était de détruire la Syrie. Il fallait aussi faire sortir du guet les terroristes en sommeil au Proche-Orient et en Europe pour qu'ils aient des chances d'être tués dans ce  nouveau foyer de guerre.

Deux ans après, l’image se révèle. Nous avons vu un enchaînement de violence accrue et une sauvagerie guerrière, nourrie par un blocage systématique de la part de la rébellion qui posait à chaque offre une condition inacceptable avant toute négociation et cette condition était le départ du Président Assad ; on ne pouvait mieux agir pour faire capoter les chances d'aboutir. L'erreur de l'opposition aura été de personnaliser le problème et de faire une fixation sur l’homme, alors que c’est l’appareil du Baath qui était à faire évoluer et à transformer. Personnaliser une problématique politique est toujours dangereux, car le risque est alors pris de transformer la victime en héro.

La poursuite de la lutte armée, à part le fait qu’elle a abouti à détruire le pays, ce qui semblait être un but en soi, aura entraîné la radicalisation des mouvements. Radicalisation de la lutte nationale-islamiste, côté rebelles, politique de la terre brûlée, côté gouvernement.

Le bilan qui nous dressons plus loin, donnera au lecteur un sentiment de parti pris de notre part ; pour être franc ; c’est un peu le cas car pour nous, le parlement et le dialogue doivent l’emporter sur la lutte armée ; notre option est de défendre les fragiles et les minoritaires. Or ces derniers ont tout à perdre dans la lutte armée.

Pour cette raison et sans vouloir gommer les abus passés du régime, notre analyse tente de montrer que la méthode utilisée par les rebelles ne pouvait avoir pour objectif « la démocratie », mais uniquement la destruction et le regroupement des extrémistes, en Syrie, pour y être détruits.

En partant de la situation des trois derniers jours, que constate-t-on ?

A Alep la recrudescence des bombardements de l’aviation syrienne passe à une autre échelle. Chez les rebelles, les luttes fratricides, sans doute dues à l’ambiguïté persistante sur les objectifs de cette guerre, mènent lentement à l’affaiblissement du mouvement à l'origine de la contestation. Les signes de cet affaiblissement se lisent, à l’inverse de ce qu’affirme une partie de la presse occidentale officielle, dans les retournements auxquels nous assistons, côté rébellion. Au sein de la population, de vrais sympathisants font plus que s’interroger sur le bien fondé de cette « révolution ».

Ceux qui avaient rejoint la rébellion espéraient trouver plus de liberté et moins de corruption, il découvre une insécurité persistance et croissante, des menaces imminentes et des brigands violant leurs filles et s’installant dans leurs propres maisons.

Ils aspiraient à sortir de la pauvreté, et voilà que le peuple est réduit à la misère, regrettant la pauvreté de naguère où les prix du marché étaient élevés alors que maintenant la loi du marché noir les prive de l’essentiel.

Ils rêvaient d’hôpitaux et de soins gratuits pour tous et de qualité, ils ont même perdu le système généreux qu’on leur avait bâti ; les soins n’étaient pas les meilleurs, mais ils étaient gratuits pour tous ceux qui étaient dans le besoin.

Ils se plaignaient de la répression policière, des moukhabarat *, des chabihhas **, sans doute à juste titre, mais que retrouvent-ils ? Des filles et des femmes enlevées et violées, des morts par dizaines de milliers ; des maisons et des usines pillées.

Le peuple avait peut-être été déçu de ne pas manger à sa faim et pourtant les silos à blés étaient pleins, mais voilà que ceux-ci ont été volé et vendu aux turcs par ces mêmes rebelles ; les premiers ayant remis ce même blé sur le marché syrien, à un prix au kilo, dix fois plus élevé. Aujourd’hui la population rurale est bien déçue, puisque même les bêtes meurent de faim ; elle ne bénéficie plus de la nourriture que l’Etat cédait autrefois aux fermiers à des prix dérisoires.

Avant la rébellion, la qualité des biens produits n’était peut-être pas du niveau des produits manufacturés ailleurs, dans d’autres pays, et tous les employés n’étaient pas riches comme le patron de l’usine, mais que constate-t-on, suite à la guerre poursuivie par les rebelles et leurs alliés ? Un millier d’usines détruites ou volées ; presque tous le tissu industriel d’Alep et le principal tissu manufacturier de Syrie est anéanti. Contre l’injustice, dont la population pouvait se plaindre, la rébellion a donné en échange le chômage. Permettez la boutade : Si le Qatar avait investi en Syrie quelques pourcentages de son budget, pour rendre la Syrie  prospère au lieu de financer la guerre, il aurait embelli le visage de ce beau pays.

Les rebelles en massacrant sauvagement les membres de l’armée arabe syrienne et des fonctionnaires prétendaient sans doute offrir la sécurité à leur place. Ils auraient du "balayer devant leur porte poussiéreuse", avant de prétendre. Non seulement, il s’agit de bandes anarchiques, chacune menant sa politique, mais encore immorales, vivant de viols, de rapines, de barbarie gratuite, sans la moindre notion de justice et de surcroît dont les objectifs sont extrêmement opaques.

La prétention à la sécurité des rebelles, ce sont des dizaines de milliers d’habitations détruites et des réfugiés par centaines de milliers échappés dans les pays voisins, mais dont la situation n’est guère plus enviable que ceux restés dans le pays.

La méthode policière des rebelles ce sont les voitures piégées, comme celles qui ont explosé face à l’université d’Alep ou à Damas au centre-ville ou encore près de l’Université. Ce type d’attentat est le meilleur catalyseur pour un retournement de la population, car même le partisan le plus inflexible pourrait, lui ou les siens, se trouver dans le souffle de l’explosion. Au fond, au temps du régime régnant, il n’y avait pas de voitures piégées ; la sécurité n’était-elle pas plus sûre ?

La « réussite de la rébellion » est d’avoir permis une perte générale de contrôle du pays ; les méfaits ont même dépassé les frontières puisque l’on estime à près de 400 jeunes filles celles qui furent violées, à ce jour, par des soldats turcs. En Jordanie et en Egypte, les jeunes syriennes sont vendues dans de « faux mariage » dit Zawaj Soutra, à de riches vieillards pour une modique somme de 100 ou 150 dollars.

Les villageois syriens sont peut-être devenus misérables, mais ils ne sont pas dénués de bon sens ; ils ont compris que si la Syrie avait besoin d’un changement au niveau de la gestion publique, celui-ci ne pouvait passer par l’annihilation. Ils demandent à présent aux rebelles d'abandonner les villages.

En conséquence, le regard des musulmans sur les chrétiens commencerait à changer. N’allons pas trop vite.... Disons seulement que la population, en général, établit un parallèle entre l’attitude des rebelles sunnites qui cherchent à éliminer tout ce qui n’est pas de leur religion et les chrétiens avec leurs organismes de bienfaisance et leurs hôpitaux qui aident sans discrimination... La population musulmane ressentirait-elle aussi le remord d’avoir manqué à la protection des minorités, gens du livre, que demande le Coran ?

Des habitants du village de Deir Hafer, lequel vit actuellement des combats féroces entre rebelles et armée arabe syrienne, ont reconnu, devant nous, avoir été trompés par la rébellion et leurs alliés. Ils affirment ne plus vouloir leur présence et particulièrement celle du Front al-Nosra qui, en dépit de toutes les destructions et souffrances évoquées plus haut, a interdit aux femmes de travailler, aux hommes de fumer, aux enfants, et surtout aux filles, d'aller à l'école ; ils ont même demandé aux familles d'accepter de marier, sans dot, gratuitement disons, leurs fillettes de 14 ans au chef de Front al-Nosra. En revanche, ce mouvement accepte qu'on tue, qu'on égorge, qu'on coupe les têtes....et même les têtes des Imams qui ne pensent pas comme eux. 

Les misères que nous avons rapportées ne sont certes pas l’œuvre unique des rebelles. Les bombardements aériens, décidés par le régime, ont tout autant contribué aux destructions et aux dizaines de milliers de victimes innocentes.

Chaque partie a ses responsabilités ; pour cela, si l’objectif de la rébellion n’est pas la destruction de la Syrie et l’élimination de tous les terroristes sortis du guet européen et moyen-oriental, qu’elle déclare une trêve et se mette à la table des négociations sans condition pour énoncer ses aspirations et se faire entendre objectivement. En revanche, si elle poursuit le combat, nous aurons le signe, presque la preuve, que l’objectif de cette rébellion n’a jamais été la « démocratie ». Les démocrates « parlementent au parlement » et non dans les batailles de rues.

Espérons qu’à présent, l’Occident, qui est soutien et pilier, de cette opposition nationale-islamiste, prendra conscience de son rôle immoral, car sa politique étrangère inacceptable se traduit par un soutien à des bandes dangereusement nationalistes, expansionnistes, immatures, manipulées, vengeresses et barbares ; elle mène à des effets qui sont hors de toutes normes morales. En politique, comme dans la vie individuelle, l’abus de dispositions non soumises à la morale, conduit à l’autodestruction. « Qui sème le vent, récolte la tempête ».

En encourageant le mouvement national-islamiste, l’Occident a exagérément exacerbé les rapports confessionnels entre les populations locales. Les accents de la rébellion à Alep sont ceux de la purification religieuse; Est-il trop tard pour l'Occident, de se dessaisir de cette politique et de la modifier ? Certes, si les politiques ont tardé, il n'est jamais trop tard : Une conférence régionale regroupant les pays du Maschrek sous l’égide de l’ONU redonnerait des responsabilités à tous les gouvernements en place et aux minorités inquiètes. Par le dialogue, on préserve et renforce la sécurité des peuples, la justice, la condition économique et sociale, la paix entre les Etats et surtout le rêve car en Orient où le cœur aiguille la raison, le rêve fait partie du programme gouvernemental. Donner du rêve, un rêve de paix et de prospérité à la population syrienne, irakienne, libanaise, égyptienne et israélienne, voilà qui a plus de chances d’aboutir à la démocratie que les intrigues des chancelleries ou la politique machiavélique du diviser pour régner.

Le Veilleur de Ninive.

* services secrets
** milice civile

mardi 10 janvier 2012

La foi catholique : une lumière sur des mystères que la raison humaine ne peut atteindre.

Certains s’interrogent sur ce qu’est la foi et pour quelles raisons, certains parmi les hommes « ont la foi » et d’autres n’en n’ont pas connaissance. Or même les païens ne sont pas dénués de foi. Elle nous englobe et nous sert d’appui moral dans notre quotidien et dans la pratique des vertus et dans notre soumission aux faiblesses qui nous font succomber. Nous apprenons de par nous mêmes que dans la vie de foi, il y a des écueils à éviter notamment à chercher à tout comprendre, car la foi et les Mystères qu’elle emmène avec elle s’appuient tous deux sur des miracles dont l’authenticité repose sur le témoignage et non pas sur la raison.

La Foi est une lumière surnaturelle appuyée sur le témoignage divin.

La foi est une lumière surnaturelle répandue dans nos âmes, par laquelle nous croyons fermement tout ce que Dieu a révélé, quelque incompréhensible que cela puisse être pour nous. Elle est le fondement des choses que nous devons espérer, et une conviction de celles que nous ne voyons point.

Les vérités révélées sont l’objet de la foi ; la véracité de Dieu est la raison qui me détermine à les croire. Je crois, par la foi, à la parole de Dieu, parole de vérité qui ne peut m’induire en erreur. 

La foi a des yeux, de grands yeux, des yeux puissants, des yeux forts : des yeux qui n'ont jamais trompé personne. C’est par eux que nous voyons la vérité des choses que nos yeux corporels ne perçoivent point. Quels sont ces yeux ? Ce ne sont rien d’autres que les oracles divins consignés dans les écritures canoniques et dans la Tradition universelle de l’Eglise. 

Le témoignage des hommes est sujet à l’erreur ; le témoignage des sens n’est pas toujours à l'abri de l’erreur ; la raison humaine est capable de donner dans les écarts et parfois les plus grands, alors que le témoignage divin est la vérité même; la foi qui s’appuie sur le témoignage divin est donc une croyance qui ne fera jamais honte à la raison.

Les Païens et les Athées ne sont pas dénués de Foi.

Les païens et les athées se moquent de la foi des chrétiens : comment, disent-ils, croire ce qu’on ne voit pas ? Curieuse question ! Ils ne s’aperçoivent pas que la foi aux choses qu’on ne voit point, est la base de la société humaine. Si on ôte du monde cette foi tout tombe dans un grand désordre et une horrible confusion. N'est-ce pas un peu le cas en ces temps confus du début du XXIe siècle ? Qui pourra-t-on aimer d’un amour réciproque, puisque cet amour est invisible, si je ne dois point croire ce que je ne vois point. Les hommes se croient tous les jours les uns les autres sur des choses qui ne frappent point leur sens, et on conteste aux catholiques et aux Chrétiens en général de croire l’Etre Suprême, sur des choses qu’ils ne voient pas ? 

La foi, dit un ancien Père, fait partie de notre quotidien. C’est par la foi que se font tous les contrats dans le monde. C’est aussi par la foi que des personnes étrangères l’une à l’autre, se marient ensemble et épousent le corps et les biens de l’autre. Or cette foi a pour objet non pas une abstraction, mais la volonté que les contractants se promettent mutuellement. Chacun au moment du mariage croient ce qu’il ne voit point. C’est donc impossible d’attaquer la foi des chrétiens par cet endroit. 

La foi est nécessaire et c’est une nécessité de précepte : celui qui croira et qui sera baptisée, dit Jésus, sera sauvé et celui qui ne croira point sera condamné. Ce précepte est affirmatif, en ce qu’il oblige de croire tout ce que Dieu a révélé ; et négatif, en ce qu’il défend de soutenir les erreurs opposées. La foi est encore nécessaire d’une nécessité de moyens ; parce que sans elle, il est impossible de plaire à Dieu ; mais elle ne suffit pas pour le salut, sans les œuvres.

C’est un égarement de penser que toute la religion catholique et chrétienne consiste uniquement à aimer Dieu de tout son cœur, et son prochain comme soi-même. C’est bien là « l’abrégé de sa morale » ; il faut encore croire à sa parole. La foi est le culte de l’esprit, comme l’observation des commandements est le culte du cœur. Les oeuvres sans la foi sont mortes, comme la foi sans les œuvres est bien morte : Il faut croire et bien vivre.

La Foi est le fondement des mœurs humaines.

La foi est le fondement des mœurs ; elle nous montre les limites de la vertu et du vice, comme celles de la vérité et de l’erreur ; elle nous fait pratiquer le bien et nous empêche de faire le mal. Laissons les raisonnements métaphysiques, et appelons en témoignage l’expérience, qui est à la portée de toute personne. Qu’était le monde avant l’évangile ? Qu’est-il devenu depuis ? Consultons l’histoire. Avant Jésus-Christ, la corruption était générale ; c’était la maladie du genre humain : Jésus-Christ a paru sur la terre comme un soleil qui chasse les ténèbres; aussitôt « la raison a été éclairée par la foi » ; l’univers s’est réformé, les moeurs se sont adoucies ; la vertu, qui ne pouvait se produire de peur d’être insultée, s’est montrée, et a formé un grand nombre de chrétiens. Tous ces faits sont constants dans l’histoire.

Aujourd’hui que la foi est reléguée à sa portion congrue et que « l’orgueilleuse raison » a élevé un trône sur les ruines de la foi, que deviennent les moeurs? Elles se sont corrompues dans la même proportion que l’athéisme et le paganisme ont progressé. Si l’impiété continue à progresser, nos enfants et nos petits enfants seront encore plus corrompus. Nous pourrions peut-être nous appliquer avec vérité ces paroles d’un ancien : Point de mœurs que par la foi.

Si nous devons aimer les personnes qui refusent inconsidérément de croire en Dieu, gardons nous d’en vanter la valeur morale : ne suivons pas les personnes lorsqu’elles regardent les délits comme s’ils étaient des vertus, lorsqu’elles ne croient n’avoir de dettes qu’envers leur personne et lorsqu’elles en admettent la possible existence de Dieu, elles pensent qu’Il voit d’un œil égal le vice et la vertu. 

La Foi n’est pas une affaire privée mais commune.

La foi est un bien qui intéresse tout le peuple et la société chrétienne ; ce n’est pas une affaire privée car il s’agit de bâtir le royaume de Dieu. Or quand il est question du salut commun, la vigilance doit être commune contre des menaces communes. Chaque chrétien doit donc défendre la foi, lorsqu’elle est attaquée ; les pontifes de par leur enseignement, les savants par leur plumes, les fidèles par leurs prières. Les chiens aboient pour leur maître disait Saint Jérôme à Rufin, et vous ne voulez pas que je parle pour Jésus-Christ.

Dans la foi, l’homme sage est simple et suit le chemin battu par l’universalité; toutes routes écartées lui sont suspectes : mais dans les mœurs, il s’éloigne de la multitude pour suivre le petit nombre qui prend le chemin étroit. Il nous est conseillé de vivre avec peu de personnes, et croire avec le commun. Prenons garde de ne pas marcher seul dans une voie doctrinale ! Nul n’a le droit de se disputer contre Dieu. Pratiquons le conseil judicieux d’un auteur sacré, qui dit : N’allez point dans une route perdue et vous ne vous heurterez point contre les pierres.

Les écueils à éviter dans le domaine de la Foi.

Un premier écueil à craindre en matière de foi, c’est une excessive crédulité, qui croit trop facilement tout ce qui est proposé, pourvu qu’il soit présenté sous l’apparence du mystère ou de la vérité révélée. Dans les affaires de religion, comme dans toute autre, on est tous les jours exposé à être trompé, si on ne joint la prudence du serpent à la simplicité de la colombe. 

Croire tout, est un excès non moins dangereux que celui de ne rien croire. La crédulité et l’incrédulité y ont également perdu les hommes dit un ancien.

Le moyen d’éviter cet écueil est de suivre scrupuleusement l’enseignement public des évêques auxquels le dépôt de la doctrine a été confié. Que personne ne vous séduise par de vains discours : depuis des siècles combien de faux-prophètes ou de gourous se sont élevées dans le monde ?

Le second écueil à éviter en matière de foi, c’est une orgueilleuse présomption qui porte à soumettre au tribunal de la raison des vérités incompréhensibles, sans faire attention que la foi perd du terrain lorsque la raison s’évertue à chercher la compréhension du mystère. Le mérite de la raison consiste, selon les Pères, à croire ce qu’on ne comprend pas. Tel est l’écueil contre lequel se vont briser les philosophes de notre époque moderne qui osent contredire tout ce que leur raison ne saurait comprendre sur les affaires de Dieu.

C’est une maxime ridicule, dit Saint Jérôme, d’affirmer qu’il faut débattre sur la foi avant de croire. Plusieurs voies conduisent à la connaissance de la vérité, dit Saint Augustin :la première est l’humilité, la seconde et l’humilité et la troisième est l’humilité….Je suis devenu fidèle disait-il, en voyant ce que je ne comprends pas. Je deviens savant en découvrant que j’ignore ce que je ne fais pas. C’est ainsi que s’expliquaient ces grands hommes sur la soumission que nous devons à la foi. Ne cherchons point à devenir plus savants, de peur de devenir plus présomptueux. Quand Dieu parle, la raison n’a d’autre partie à prendre que celui de la soumission. 

Malheur au curieux en matière de foi ! Il ne peut manquer de s’égarer ; mais ne confondons pas le curieux avec le studieux. Le premier dit Saint-Augustin, veut savoir ce qui ne le regarde pas ; l’autre cherche à s’instruire de ce qu’il lui importe de connaître. Le philosophe qui ose pénétrer dans l’obscurité de nos mystères, est un curieux ; on ne demande pas de lui qu’il les comprenne, mais qu’il les croie. Le Théologien catholique, qui s’applique à ramasser les preuves de l’existence des mystères, dans les Ecritures et la Tradition de l’Eglise, pour les défendre contre les adversaires de la foi, est un studieux ; il fait ce qu’il doit faire. La curiosité est un vice de l’esprit, et l’étude une occupation louable.

La Foi, c’est croire sans vouloir tout comprendre.

La voie la plus sûre, pour parvenir à la connaissance de Dieu et de la religion est de les croire sans vouloir les comprendre. La foi est la santé de l’âme qui n’est saine que lorsqu’elle est soumise. C’est la présomptueuse curiosité qui la jette dans l’égarement.

Nous ne devons croire que ce qui nous parait démontré nous disent les scientifiques. Examinons l’étendue de ce principe, beau en apparence : Certains hommes de sciences affirment : La Providence et la vie future ne me sont point démontrées ; donc je ne dois pas les croire : Le matérialiste dit : la distinction de l’esprit d’avec la matière, et la création ne me sont point démontrées; donc je ne dois pas les admettre. Or, dit l’Athée, l’existence de Dieu n’est point démontrée, donc je dois la nier….Arrêtons nous là face au danger d’un tel principe qui favorise les plus grands excès. 

Nous pouvons démontrer d’une manière positive la possibilité de nos mystères tandis que les incroyants ne peuvent en démontrer l’impossibilité car les mystères ne sont point dans l’ordre des vérités philosophiques, qui sont du ressort de la raison. D’autres trouvent, sans pouvoir le prouver des contradictions dans les mystères. Pour démontrer une opposition entre deux choses, il faut en avoir des idées claires et distinctes : Or, les idées des dogmes et des mystères ne sont pas claires et distinctes n’étant point au niveau, mais au-dessus de notre raison. 

Il y a dans la religion chrétienne des vérités qui nous paraissent incompatibles. Par exemple : Dieu est immuable, Dieu es libre. Second exemple : Tous ceux qui sont sauvés, sont sauvés par la grâce de Jésus-Christ. Tous ceux qui périssent, périssent par leur libre arbitre. Le lien qui unit ces vérités nous est inconnu. Suspendons notre curiosité, pour adorer la profondeur de ces mystères. 

Il ne faut pas rejeter ce qui est solidement prouvé mais qui nous est incompréhensible. L’homme raisonnable ne rejette pas les phénomènes de la nature qu’il connaît par les sens, quoique la manière dont ces phénomènes sont opérés soit incompréhensible pour lui. Ce qu’il y trouve d’obscur, ne l’empêche pas d’y reconnaître ce qui est clair. Je ne dois pas, par la même raison, rejeter l’existence d’un Dieu en trois personnes, qui m’est prouvée par le témoignage des Ecritures, parce que je ne saurais comprendre comment cela peut être.  L’ignorance de la manière ne doit pas m’empêcher de croire l’existence de la chose, quand elle m’est démontrée par des preuves auxquelles ma raison ne peut se refuser.

Si la raison doit se taire sur la profondeur des mystères, dit l’incroyant, il faut donc croire sans raison et il ajoute : une croyance dénuée de raison, est une croyance d’imbécile. Oui, redisons-le, la raison doit se taire et s’humilier devant la profondeur des mystères chrétiens : mais il ne s’ensuit pas qu’on doive croire sans raison. Distinguons la « raison de foi » d’avec la « raison d’intelligence ». Combien de phénomènes dans la nature sont attestés par le témoignage des sens et qui cependant nous sont incompréhensibles, parce qu’ils ne peuvent être expliqués d’une manière satisfaisante pour l’esprit ? Il en est de même de nos mystères : quoique nous ne puissions les comprendre, nous avons cependant, à leur égard, la raison de foi la plus enthousiasmante. La foi chrétienne n’est pas celle d’un imbécile mais la foi fondée sur des raisons de croire.

La Foi en des vérités et des mystères s’appuyant sur des miracles.

Dieu, en imposant aux hommes le joug de la foi, n’a pas voulu anéantir la raison. Il a lié les vérités incompréhensibles aux hommes, à des vérités dont ils peuvent s’instruire par les voies les plus connues. Ces vérités sont manifestes par des faits sur lesquels il n’y a pas discussions. Tels sont les miracles de Moïse, de Jésus-Christ, des Apôtres, des Martyrs et de toute l’Eglise, auquel la Religion Chrétienne est attachée comme elle l’est à ses preuves. On ne saurait contester ces faits puisque les païens mêmes, ne pouvant en nier l’évidence, se sont bornés pendant trois siècles à les attribuer à la magie. La vérité de la Religion Chrétienne démontrée par les prodiges, emporte avec elle la vérité des mystères, quelques incompréhensibles qu’ils soient. Une vraie Religion ne saurait enseigner l’erreur. Jésus-Christ, dit Saint-Augustin, a demandé la foi aux hommes ; mais, avant de la demander, il l’a mérité par les miracles.

Le Veilleur de Ninive

mercredi 4 janvier 2012

Une religion juste et équilibrée déclare inséparables la foi, la raison et la domination des passions.

Dans les disputes, chaque partie entend avoir raison et pense que la raison est de son côté. La raison est une lumière répandue dans l’âme par le « Créateur ». Il existe deux sortes de raison, la « raison passive ou réceptive » et la « raison active ou volontaire ».

La « raison passive », celle qui est « reçue », est formée d’un ensemble limité de principes dont Dieu nous a gratifiés et qu’Il a imprimé dans notre âme comme une image de sa raison souveraine. Elle est une « émanation de la Vérité » et ne peut nous conduire à l’erreur. Elle est « un soleil qui ne se couche jamais » et qui brille dans l’âme de tous les hommes sans distinction. Mais ce soleil peut être obscurci par le tumulte des passions humaines. 

C’est par le recours aux principes contenus dans la raison passive que nous jugeons de la vérité des opinions. Nous jugeons, par exemple, que l'opinion qui soutient la permissivité du vol ou de la malhonnêteté est fausse par son opposition avec le principe : « Ne faites point à autrui ce que vous ne voulez point qu’on vous fasse ». 

La raison active, « volontaire », est la faculté d'apercevoir, de combiner et d'appliquer les principes de la raison passive et d’en suivre le fil de leurs conséquences. Cette faculté est bonne parce qu’elle est également une grâce, un don du Créateur ; mais elle est sujette à l'erreur en raison de notre faiblesse et de nos passions qui fréquemment la conduisent et la brouillent.

L’homme ne peut nier l’importance de la raison et sa place dans le jugement humain; il ne peut non plus s’y opposer car être contre la raison, c’est être opposé aux principes de la raison passive. De même, être au-dessus de la raison, c’est être hors du niveau des mêmes principes, comme sont les mystères de la religion chrétienne. 

Le rôle des raisons [1] passive et active dans la foi

La foi dit-on, est obscure ; cela est vrai ; mais cette obscurité ne regarde que son objet, et non pas le motif qui nous porte à croire. Je ne puis concevoir l'existence de Dieu en trois personnes : ce dogme est obscur pour moi, mais la raison me dit que je ne puis me refuser à la Révélation qui l’enseigne, parce qu’elle conçoit que Dieu ne peut pas nous induire en erreur. 

La foi humilie la raison en l'obligeant à croire ce qu'elle ne peut comprendre ; mais c’est la raison elle-même qui exige de nous ce sacrifice en nous en faisant sentir la nécessité. 

Le but de la raison, en matière de foi, n'est pas de rendre évident ce que nous devons croire, mais de nous convaincre que nous ne pouvons nous dispenser de croire, sans devenir déraisonnables.

La raison contribue à nous faire apercevoir les nécessités de la Révélation en nous invitant à peser les preuves et en nous faisant sentir toute la force de celles-ci pour nous obliger à nous soumettre à leur évidence.

La raison a pour particularité de nous donner la facilité de connaître le vrai sens des Ecritures et de la Tradition et de discerner, par ce moyen, ce qui est révélé avec ce qui ne l’est pas, afin de ne point confondre la parole de l'homme avec celle de Dieu.

La raison participe au développement des articles de foi pour en tirer des conséquences justes, en concluant parfois sur une troisième vérité qui découle des deux propositions révélées. Par exemple : Il est de soi que Jésus-Christ est Dieu et il est de soi que Jésus-Christ est homme ; donc il est Dieu et homme tout ensemble.

Les abus de la raison

Le rôle de la raison n’est pas sans limites puisque la raison est normalement limitée, sous sa forme passive, aux principes que le Créateur a mis dans notre âme ; seule une opposition apparente peut se produire entre la raison et la foi car dans ce cas ce n'est pas la raison qui s'oppose à la foi mais l'orgueil de l'homme qui abuse de la raison. Nous rencontrons fréquemment de telles situations dans la vie courante, notamment.

- Ne vouloir croire que ce qu'on conçoit clairement (l’abus dans lequel est tombé Saint Thomas, Apôtre).

- Essayer de prouver par la raison des vérités que nous ne pouvons connaître que par la révélation en omettant de recourir au témoignage pour aboutir à la preuve (Tel est le risque dans lequel tombent les hérétiques).

- Raisonner avec un excès de subtilité sur les dogmes de la foi en cherchant à les expliquer par les principes de la philosophie. Saint Paul en s’adressant aux romains, nous avait mis en garde contre un manque de modération : « Rien n'est plus contraire à la raison que de vouloir, pas la raison même, s'élever au-dessus de la raison (le péché auquel a succombé l’approche historiciste de la vie de Jésus).

- Former et traiter quantité de questions étrangères ou inutiles à l’instruction ou à l'édification de soi et des autres, comme le suggère constamment la pensée libérale, en poursuivant une vaine curiosité avec le risque d’être conduit vers le « précipice » et la négation des vérités révélées ; (risque très répandu dans les sociétés occidentales contemporaines).

La raison doit dominer nos passions

La raison sert en premier la foi mais son rôle est inachevé si elle ne domine pas les passions. Lorsqu’on consulte la raison sur des questions de religion et de mœurs, le silence des passions s’impose car ces dernières sont la plupart du temps pour ne pas dire toujours en opposition avec la raison ; les passions n’aimant que ce qui les flatte et la raison ne les flatte pas.

C’est une dérive de l'esprit de prétendre connaître par les sens ce que la raison peut concevoir par elle-même, c’est également une illusion de vouloir comprendre par la raison ce que le témoignage nous fait connaître. 

Entre la raison et les sens, le rapport n’est pas indépendant car la raison corrige les erreurs des sens. Elle nous apprend que les couleurs, les sons et les odeurs que nous recevons ne sont que différentes sensations de notre âme. 

Pour soutenir la foi, la raison doit dominer les passions et se tourner vers un objectif de vérité sachant qu’il existe des vérités de différents ordres : les vérités surnaturelles auxquelles on accède par la foi, les vérités testimoniales qui s’acquièrent par le témoignage, les vérités naturelles et intellectuelles qui se découvrent par la raion; enfin les vérités sensibles qui se connaissent par les sens.

Foi et raison sont inséparables

La foi et la raison sont inséparables. La foi n’exclue pas la raison mais la suppose. N’admettre que la raison en matière de religion, c’est détruire la foi dont le propre est de nous faire croire ce que nous ne comprenons pas. Ne rien accorder à la raison, c’est un autre extrême. La vérité se trouve au milieu. L’homme, en devenant chrétien, ne cesse pas d’être raisonnable. En tout, il doit avoir des raisons de parler et d’agir mais aussi des raisons de croire. 

La foi est au dessus de la raison qui est au dessus des sens. Inversement les sens mènent à la raison et la raison conduit à la foi. Les sens se taisent quand la raison parle mais cette dernière fait silence lorsque la foi prononce. Telle est l’ordonnance convenable qui mène à la foi. 

La raison et la foi ne sont point ennemies. Elles se prêtent secours et s’entraident mutuellement. La foi éclaire la raison, et empêche les égarements. La raison dissipe les nuages que l’orgueil forme pour obscurcir la foi. 

La raison est complémentaire de la foi. Telle proposition, prise théologiquement, est véritable, dira-t-on ; mais elle est fausse prise philosophiquement : C’est une manière erronée de parler, puisqu’elle suppose des vérités contradictoires entre les vérités théologiques et les vérités philosophiques. La raison, qui est ou qui doit être le flambeau du philosophe ne saurait être contraire à la foi : Dieu, auteur de l'une et de l’autre, ne peut se contredire. 

Porter les questions devant le « bon tribunal »

Foi, raison et sens, ne remplissent leur fonction que si nous « adressons les bonnes questions au bon tribunal » qui doit en juger. C'est une folie de porter au « tribunal des sens », ce qui est du ressort de la raison ou de porter au « tribunal de la raison », ce qui est de la « juridiction du témoignage » ou de la « Révélation ». Il est dangereux de se tromper sur le choix du tribunal qui doit recevoir la délibération.

Ainsi pour que la religion chrétienne deviennent une religion juste et équilibrée, elle doit continuer à déclarer inséparables la foi, la raison et la domination des passions et rappeler à chacun de ses fils la nécessité de traiter chaque question devant le « tribunal » qui lui convient, porter au « tribunal des sens » ce qui relève des sens, au « tribunal de la raison » ce qui est du ressort de la raison et au « tribunal du témoignage » ce qui revient au témoignage seul, de trancher. Toujours les sens doivent être soumis à la raison ; celle-ci devant obéir à la foi qui se soumet au témoignage pour enfin atteindre la Révélation.

Le Veilleur de Ninive

[1] Désormais dans  le cours du texte, nous sous-entendrons par le terme raison l’une ou l’autre des significations étant donné que la raison passive est sollicitée par la raison active.
Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.