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vendredi 12 avril 2013

Syrie : Bilan d’une rébellion nationale-islamiste.

Dans la nuit sombre et lugubre de la guerre syrienne, de petites lueurs d’espoir pointent à l’horizon. En effet cette rébellion, née à Deraa, une ville du sud, où se situe une université islamique financée par l’Arabie-Saoudite, semble avoir accouché deux ans plus tard, d’une tentative de révolution nationale-islamiste avec laquelle les « démolicraties » Occidentales flirtent allègrement.

De cette comédie-tragique que nous font subir les « pan-islamistes » et leurs alliés régionaux et occidentaux, quel est le bilan ?

Militairement, nous ne sommes pas experts pour apprécier la situation ; nous nous appuyons sur les conclusions de plus connaisseurs que nous, pour dire que l’armée arabe syrienne commence à faire le siège de Damas et Alep, alors que les rebelles se trouvent à l’intérieur des deux villes.

Et pourtant, nous ne serions pas arrivés à ce stade du conflit, si l’une des offres de dialogue du Président Bachar Al-Assad avait été tentée par l’opposition islamiste et ses parrains, avant de s’obstiner dans la politique du refus.

Bien évidemment, nous ne sommes pas naïfs ; avec ou sans Bachar el-Assad, il semble que l’objectif des forces occultes était de détruire la Syrie. Il fallait aussi faire sortir du guet les terroristes en sommeil au Proche-Orient et en Europe pour qu'ils aient des chances d'être tués dans ce  nouveau foyer de guerre.

Deux ans après, l’image se révèle. Nous avons vu un enchaînement de violence accrue et une sauvagerie guerrière, nourrie par un blocage systématique de la part de la rébellion qui posait à chaque offre une condition inacceptable avant toute négociation et cette condition était le départ du Président Assad ; on ne pouvait mieux agir pour faire capoter les chances d'aboutir. L'erreur de l'opposition aura été de personnaliser le problème et de faire une fixation sur l’homme, alors que c’est l’appareil du Baath qui était à faire évoluer et à transformer. Personnaliser une problématique politique est toujours dangereux, car le risque est alors pris de transformer la victime en héro.

La poursuite de la lutte armée, à part le fait qu’elle a abouti à détruire le pays, ce qui semblait être un but en soi, aura entraîné la radicalisation des mouvements. Radicalisation de la lutte nationale-islamiste, côté rebelles, politique de la terre brûlée, côté gouvernement.

Le bilan qui nous dressons plus loin, donnera au lecteur un sentiment de parti pris de notre part ; pour être franc ; c’est un peu le cas car pour nous, le parlement et le dialogue doivent l’emporter sur la lutte armée ; notre option est de défendre les fragiles et les minoritaires. Or ces derniers ont tout à perdre dans la lutte armée.

Pour cette raison et sans vouloir gommer les abus passés du régime, notre analyse tente de montrer que la méthode utilisée par les rebelles ne pouvait avoir pour objectif « la démocratie », mais uniquement la destruction et le regroupement des extrémistes, en Syrie, pour y être détruits.

En partant de la situation des trois derniers jours, que constate-t-on ?

A Alep la recrudescence des bombardements de l’aviation syrienne passe à une autre échelle. Chez les rebelles, les luttes fratricides, sans doute dues à l’ambiguïté persistante sur les objectifs de cette guerre, mènent lentement à l’affaiblissement du mouvement à l'origine de la contestation. Les signes de cet affaiblissement se lisent, à l’inverse de ce qu’affirme une partie de la presse occidentale officielle, dans les retournements auxquels nous assistons, côté rébellion. Au sein de la population, de vrais sympathisants font plus que s’interroger sur le bien fondé de cette « révolution ».

Ceux qui avaient rejoint la rébellion espéraient trouver plus de liberté et moins de corruption, il découvre une insécurité persistance et croissante, des menaces imminentes et des brigands violant leurs filles et s’installant dans leurs propres maisons.

Ils aspiraient à sortir de la pauvreté, et voilà que le peuple est réduit à la misère, regrettant la pauvreté de naguère où les prix du marché étaient élevés alors que maintenant la loi du marché noir les prive de l’essentiel.

Ils rêvaient d’hôpitaux et de soins gratuits pour tous et de qualité, ils ont même perdu le système généreux qu’on leur avait bâti ; les soins n’étaient pas les meilleurs, mais ils étaient gratuits pour tous ceux qui étaient dans le besoin.

Ils se plaignaient de la répression policière, des moukhabarat *, des chabihhas **, sans doute à juste titre, mais que retrouvent-ils ? Des filles et des femmes enlevées et violées, des morts par dizaines de milliers ; des maisons et des usines pillées.

Le peuple avait peut-être été déçu de ne pas manger à sa faim et pourtant les silos à blés étaient pleins, mais voilà que ceux-ci ont été volé et vendu aux turcs par ces mêmes rebelles ; les premiers ayant remis ce même blé sur le marché syrien, à un prix au kilo, dix fois plus élevé. Aujourd’hui la population rurale est bien déçue, puisque même les bêtes meurent de faim ; elle ne bénéficie plus de la nourriture que l’Etat cédait autrefois aux fermiers à des prix dérisoires.

Avant la rébellion, la qualité des biens produits n’était peut-être pas du niveau des produits manufacturés ailleurs, dans d’autres pays, et tous les employés n’étaient pas riches comme le patron de l’usine, mais que constate-t-on, suite à la guerre poursuivie par les rebelles et leurs alliés ? Un millier d’usines détruites ou volées ; presque tous le tissu industriel d’Alep et le principal tissu manufacturier de Syrie est anéanti. Contre l’injustice, dont la population pouvait se plaindre, la rébellion a donné en échange le chômage. Permettez la boutade : Si le Qatar avait investi en Syrie quelques pourcentages de son budget, pour rendre la Syrie  prospère au lieu de financer la guerre, il aurait embelli le visage de ce beau pays.

Les rebelles en massacrant sauvagement les membres de l’armée arabe syrienne et des fonctionnaires prétendaient sans doute offrir la sécurité à leur place. Ils auraient du "balayer devant leur porte poussiéreuse", avant de prétendre. Non seulement, il s’agit de bandes anarchiques, chacune menant sa politique, mais encore immorales, vivant de viols, de rapines, de barbarie gratuite, sans la moindre notion de justice et de surcroît dont les objectifs sont extrêmement opaques.

La prétention à la sécurité des rebelles, ce sont des dizaines de milliers d’habitations détruites et des réfugiés par centaines de milliers échappés dans les pays voisins, mais dont la situation n’est guère plus enviable que ceux restés dans le pays.

La méthode policière des rebelles ce sont les voitures piégées, comme celles qui ont explosé face à l’université d’Alep ou à Damas au centre-ville ou encore près de l’Université. Ce type d’attentat est le meilleur catalyseur pour un retournement de la population, car même le partisan le plus inflexible pourrait, lui ou les siens, se trouver dans le souffle de l’explosion. Au fond, au temps du régime régnant, il n’y avait pas de voitures piégées ; la sécurité n’était-elle pas plus sûre ?

La « réussite de la rébellion » est d’avoir permis une perte générale de contrôle du pays ; les méfaits ont même dépassé les frontières puisque l’on estime à près de 400 jeunes filles celles qui furent violées, à ce jour, par des soldats turcs. En Jordanie et en Egypte, les jeunes syriennes sont vendues dans de « faux mariage » dit Zawaj Soutra, à de riches vieillards pour une modique somme de 100 ou 150 dollars.

Les villageois syriens sont peut-être devenus misérables, mais ils ne sont pas dénués de bon sens ; ils ont compris que si la Syrie avait besoin d’un changement au niveau de la gestion publique, celui-ci ne pouvait passer par l’annihilation. Ils demandent à présent aux rebelles d'abandonner les villages.

En conséquence, le regard des musulmans sur les chrétiens commencerait à changer. N’allons pas trop vite.... Disons seulement que la population, en général, établit un parallèle entre l’attitude des rebelles sunnites qui cherchent à éliminer tout ce qui n’est pas de leur religion et les chrétiens avec leurs organismes de bienfaisance et leurs hôpitaux qui aident sans discrimination... La population musulmane ressentirait-elle aussi le remord d’avoir manqué à la protection des minorités, gens du livre, que demande le Coran ?

Des habitants du village de Deir Hafer, lequel vit actuellement des combats féroces entre rebelles et armée arabe syrienne, ont reconnu, devant nous, avoir été trompés par la rébellion et leurs alliés. Ils affirment ne plus vouloir leur présence et particulièrement celle du Front al-Nosra qui, en dépit de toutes les destructions et souffrances évoquées plus haut, a interdit aux femmes de travailler, aux hommes de fumer, aux enfants, et surtout aux filles, d'aller à l'école ; ils ont même demandé aux familles d'accepter de marier, sans dot, gratuitement disons, leurs fillettes de 14 ans au chef de Front al-Nosra. En revanche, ce mouvement accepte qu'on tue, qu'on égorge, qu'on coupe les têtes....et même les têtes des Imams qui ne pensent pas comme eux. 

Les misères que nous avons rapportées ne sont certes pas l’œuvre unique des rebelles. Les bombardements aériens, décidés par le régime, ont tout autant contribué aux destructions et aux dizaines de milliers de victimes innocentes.

Chaque partie a ses responsabilités ; pour cela, si l’objectif de la rébellion n’est pas la destruction de la Syrie et l’élimination de tous les terroristes sortis du guet européen et moyen-oriental, qu’elle déclare une trêve et se mette à la table des négociations sans condition pour énoncer ses aspirations et se faire entendre objectivement. En revanche, si elle poursuit le combat, nous aurons le signe, presque la preuve, que l’objectif de cette rébellion n’a jamais été la « démocratie ». Les démocrates « parlementent au parlement » et non dans les batailles de rues.

Espérons qu’à présent, l’Occident, qui est soutien et pilier, de cette opposition nationale-islamiste, prendra conscience de son rôle immoral, car sa politique étrangère inacceptable se traduit par un soutien à des bandes dangereusement nationalistes, expansionnistes, immatures, manipulées, vengeresses et barbares ; elle mène à des effets qui sont hors de toutes normes morales. En politique, comme dans la vie individuelle, l’abus de dispositions non soumises à la morale, conduit à l’autodestruction. « Qui sème le vent, récolte la tempête ».

En encourageant le mouvement national-islamiste, l’Occident a exagérément exacerbé les rapports confessionnels entre les populations locales. Les accents de la rébellion à Alep sont ceux de la purification religieuse; Est-il trop tard pour l'Occident, de se dessaisir de cette politique et de la modifier ? Certes, si les politiques ont tardé, il n'est jamais trop tard : Une conférence régionale regroupant les pays du Maschrek sous l’égide de l’ONU redonnerait des responsabilités à tous les gouvernements en place et aux minorités inquiètes. Par le dialogue, on préserve et renforce la sécurité des peuples, la justice, la condition économique et sociale, la paix entre les Etats et surtout le rêve car en Orient où le cœur aiguille la raison, le rêve fait partie du programme gouvernemental. Donner du rêve, un rêve de paix et de prospérité à la population syrienne, irakienne, libanaise, égyptienne et israélienne, voilà qui a plus de chances d’aboutir à la démocratie que les intrigues des chancelleries ou la politique machiavélique du diviser pour régner.

Le Veilleur de Ninive.

* services secrets
** milice civile

samedi 29 septembre 2012

Alep : Au coeur de la violence, des gestes de courage et d'humanité

Au milieu de la violence et de la désorganisation, des haines et des mensonges, des pleurs et des désespérances, Alep offre toujours à ses habitants des gestes d’espoir.

Un obus tombe le 27 Septembre dans l’appartement d’une famille chrétienne, belle, paisible, en pleine jeunesse. Nous vous parlons de Raymond, de Marie et de Joelle leur fille ; ils ont un petit garçon qui est sorti pour acheter des sucreries ; durant ces quelques minutes d’absence du petit, un obus les frappe dans leur appartement. Ils sont atteints. Marie l’épouse et Joëlle leur fille tombent et ne se relèvent pas ; elles décèdent sur le coup. Raymond grièvement blessé doit être immédiatement emmené à l’hôpital. Qui va le faire ? Ce sont leurs voisins musulmans qui se dévouent.

Au premier hôpital visité, le Médecin-Chef refuse de recevoir le blessé. Scandale ! mais sans réfléchir, les ambulanciers de circonstances repartent avec le blessé pour « l’hôpital national ». A l’arrivée une dizaine de volontaires se précipitent pour donner leur sang afin de sauver le malheureux ; aucun chirurgien n’ose apparaître à l’exception d’un seul qui se propose d’intervenir en catimini [car les chirurgiens craignent d’être saisis de force pour soigner les combattants]. A Alep, le système d’assurances sociales ne fonctionnant plus, ce sont les mêmes voisins, ambulanciers et musulmans qui prennent sur eux les frais de médicaments. Ils ne s’arrêtent pas à ce geste puisqu’ils repartent en direction du premier hôpital pour y faire mettre le chirurgien indigne à la porte.

Cet autre récit concerne un homme, qui a fait parti des services secrets. A présent, il est reconverti dans la production de pain ; il en fabrique pour aider. Il en produit une trentaine de kilo par jour ; il y a lieu de dire que le pain étant très prisé, il faut parfois attendre entre 5 et 8 heures pour acheter un kilo de cette denrée. Un voisin musulman lui achète sa production pour la faire distribuer gratuitement aux pauvres chrétiens.  

Laisser nous vous relater ce fait. En l'absence du Croissant rouge, paralysé, une petit équipe composé d'un moine-prêtre et d’un Imam accompagnés de jeunes garçons et filles volontaires traversent sous le feu, les quartiers de « Midan » et « Sulaimanieh » pour aller aider, sauver, et rendre visite aux détenus des prisons ou pour porter à manger à ceux qui ne veulent pas laisser leur maison par crainte de vols.

On ne vous a pas encore parlé du Frère Georges Sabeh, un Frère Mariste qui a ouvert son couvent pour recevoir les familles réfugiées provenant des quartiers chrétiens. On ne vous a pas mentionné le Couvent des Jésuites, Saint Vartan ou celui des Franciscains et même encore les Mosquées qui sont ouvertes à tous pauvres dans le besoin. Le bon samaritain de l’Evangile avait-il fait la distinction entre la religion, l’ethnie ou la couleur ?

Toujours fidèles, toujours nobles et fiers, les bédouins de Deir Hafer qui se trouvent dans le rif-Est d’Alep, n’hésitent pas à traverser plusieurs barrages de l’ASL, en risquant leur vie, pour venir porter blé, légumes, olives et moutons aux réfugiés chrétiens.

Nous devons une pensée particulière à tous ces soldats de l’armée syrienne tombés en portant secours aux civils.  

Mais enfin seriez-vous autant touché que votre rapporteur par cette invitation de l’Imam de la Mosquée du quartier qui a invité un chrétien à donner son témoignage sur la Vierge mais aussi sur l’Islam tel que perçu par un chrétien ? Oui. Cette rencontre aura lieu lundi prochain 1er Octobre 2012 à la Mosquée même, à Alep.

Témoignage et exemple du dialogue des civilisations et des religions qui est vécu ici en Syrie, de manière profonde et qui forme la particularité de ce pays. Si le Liban est un message de convivialité islamo-chrétienne, la Syrie est un modèle de dialogue authentique et profond entre l’islam et le christianisme.

vendredi 21 septembre 2012

Alep : périls et consolations.

Durant les sept semaines écoulées, Halab [Alep], une des cités les plus anciennes de notre histoire, est restée sans communications. Quelle misère ce fut....Le peuple et les autorités étaient persuadés que la ville serait pacifiée en une semaine car nul ne s'attendait à voir surgir autant d’éléments armés et autant de truands étrangers. On avance le chiffre de 60.000, dont 80% seraient venus d’autres pays et un grand nombre se reconnaissant salafistes de la mouvance d'al-Qaïda.

Si au début de la bataille, qui porte son nom, la majorité de la population d’Alep avait montré de la sympathie à l'égard du régime, une petite partie, dans certains quartiers, ne s'était pas privée de soutenir l’Armée Syrienne « libre ». Mais aujourd’hui, ceux-là même qui avaient espéré dans la "démocratie" promise,  regrettent amèrement leur choix initial car ils ont pu voir de leurs yeux les crimes et les destructions occasionnés par ces bandes armées. Comment ont-ils pu espérer à l'avènement d'une démocratie au bout du fusil promise, avec l'appui de leurs parrains, par ces éléments armés plus formés à détruire qu'à construire : "Oui, la fin ne justifie pas les moyens"; la démocratie ne peut supporter tant de crimes et de destructions commis en son nom.

Sur le terrain, l’ASL avait réussi à pénétrer le quartier des services de sécurité à Alep. Les habitants de la ville ont alors assisté à des batailles presque confraternelles ; que d’argent déversé aux "rebelles" de l’ASL pour que leurs bandes tuent leurs "collègues" de la sécurité ?

Dans les premières semaines de la bataille, l’ASL avait pu également profiter de la présence d'observateurs de l'ONU pour pénétrer les vieux quartiers, pensant que l'armée syrienne ne pourrait les en déloger de peur de porter atteinte aux bâtiments et aux familles de ces quartiers.

Actuellement, la bataille fait rage, mais cette fois les unités d’élite de l’armée syrienne sont venues renforcer les troupes déjà présentes sur place.

On estime qu’à la caserne de Hanano, l’Armée Syrienne « Libre » a perdu plus que 2000 hommes mais curieusement elle semble continuellement alimentée en effectifs.

La plupart des églises du quartier de Jdeideh ont été bombardées et saccagées par les bandes armées. La brutalité de ces dernières, n’empêche pas l’armée syrienne de progresser sur le terrain toutefois la progression est très lente.

Lorsque l’ASL est entrée dans le quartier à majorité chrétienne de Midan, de nombreuses familles ont pris peur et sont allées se réfugier auprès de proches dans d’autres parties de la ville ou encore dans des villages proches d’Alep, Qnaeh et Ya’coubieh. En revanche, les familles aisées ont pour la plupart quitté le pays en direction du Liban, de la Jordanie ou même de l’Europe. Dans l’ensemble, on estime à 35% les chrétiens qui ont quitté la vile d’Alep.

Les sorties d'Alep ne sont plus possibles ; la route de l’aéroport est contrôlée par l’ASL qui n’hésite pas à enlever les jeunes gens dans le but de les incorporer à leur troupe ou pour obtenir des rançons en échange de leur liberté.

Pour les chrétiens, rester sur place comporte des risques :
  • économiques dus à l’absence de travail ; les usines étant fermées faute d’activité.
  • d'être contraints de vendre les quelques biens de famille restants afin de continuer à vivre.
  • d'être pris en otage par les salafistes déambulant dans les rues avec leur drapeau noir et déclarant ouvertement « il n’y a pas de place pour les alaouites et les chrétiens ».
  •  le risque de dhimitude à l’égal de ce qui s’est produit dans d’autres pays ; l’Egypte n’y est-elle pas en voie ?
Quant aux lignes de front, elles n’ont pas beaucoup bougé. Les positions des belligérants sont plutôt stables et pour les deux protagonistes, la bataille d'Alep demeure décisive du sort de la Syrie ; cela explique la détermination des deux parties. Le bruit court que l’ASL se cramponne à Alep car elle aurait reçu des instructions du Qatar et d’Arabie-Saoudite de ne quitter la ville qu’une fois celle-ci détruite.

Désormais, chrétiens et musulmans, sont forcés d’espérer la victoire de l’armée syrienne dans cette bataille d'Alep car bien peu de citoyens se reconnaissent dans ces bandes armées.

Alep, il faut le dire, est coupé du reste du monde. Bien peu de marchandises rentrent dans la ville qui jusqu’à peu était un des nerfs commerciaux de la Syrie.

[Ici, notre correspondant a du interrompre son témoignage car l’heure de la coupure d’électricité était arrivée. Il a renvoyé la suite le lendemain.]

Cela fait bientôt deux mois que nous sommes sans « Mazout ». Les stations d'essence ont été fermées par l'armée syrienne pour dégager les routes et raréfier l’approvisionnement des bandes armées. Le gaz nous vient d’autres villes ; il est vendu au marché-noir. Le prix de la bouteille est passé de 300 livres (€3,44) à 5500 livres syriennes (€53). Quant à l’essence, son prix se situe à 300 livres (€3,44) alors qu’il était il y a quelques mois à 50 livres syriennes (€0,57).

Au cours des dernières semaines, nous avons connu une coupure d’électricité qui a duré une semaine et des interruptions dans la distribution de l'eau durant de longues heures quotidiennement, en raison du bombardement par l’ASL des centres de distribution.

En dépit de cette tourmente et des francs-tireurs postés au haut des immeubles, les églises sont pleines de fidèles. Même les plus récalcitrants d'autrefois se déplacent pour la « Maison de Dieu », pour appeler le secours du Très-Haut. A l’entrée des églises se tiennent désormais des « comités populaires en armes » ; ils sont soutenus et financés par l’armée et leur rôle est de protéger la population. Malheureusement beaucoup d’entre-eux ont été abattus par les éléments armées de l’ASL.

Quant aux écoles d’Alep, près de 20 % ont été détruites alors que 60% des bâtiments scolaires sont occupés par les refugies qui proviennent des quartiers détruits ; il faut dire que même les écoles privées sont menacées par l'Armée Syrienne « libre »; aussi la reprise scolaire n’a-t-elle pas eu lieu à Alep.

L’Université est également close. Les examens de l’année dernière ne se sont pas tenus et les cours de cette année ne sont pas près de reprendre.

A Hanano, les bureaux du recrutement pour le service militaire ont été détruits. Les banques sont dans l’incapacité d’ouvrir leurs portes en raison des menaces constantes émanant des bandes armées à l’affut des mauvais coups. La police est inexistante, le non-respect du code de la route est indescriptible. Des milliers de maisons sont construites de manière illégale, un peu partout dans le pays.

Les familles sont divisées et nous assistons à des situations dramatiques puisque dans une même famille des membres se rangent avec le régime, d’autres avec l’ASL. Les frères s’entretuent parfois et font sauter la maison de l’autre, des autres. A Midan comme à Salah-Eddine, les agents de l'ASL se font les serviteurs des bandes de voleurs qui leur donnent 100.000 livres syriennes (€1200) pour vider un immeuble pour leur compte. Les magasins aussi sont vidés. Un souk de receleurs a vu le jour ; il est communément appelé « al-Souk el Haramiyyeh ». On y vend des machines domestiques, réfrigérateurs, télévisions et autres équipements…à des prix très modiques.

Toutes ces violences n’ont pas nécessairement affecté les relations islamo-chrétiennes. Celles-ci demeurent normales entre les familles ; toutefois les salafistes sèment la terreur. Au contraire et paradoxalement, les familles se sont rapprochées ; tous les soirs, on les voit se réunir sur les terrasses des immeubles partageant la soirée jusqu’à une heure avancée de la nuit.

C’est ainsi que dans notre immeuble, une quinzaine de familles chrétiennes, musulmanes, kurdes, alaouites, arméniennes, passent la soirée ensemble ; elles partagent le pain et plus généralement le repas du soir, s’entraidant pour les funérailles de l’un ou de l’autre et allant jusqu’à prier ensemble chacun à sa manière selon ce que lui enseigne sa religion.

On reconnait là, la Syrie de la tolérance que nous avons toujours connue. Ces moments multiconfessionnels sont une vraie consolation.

Chrétiens et musulmans ensemble, nous voici unis à aider les familles réfugiées qui sont entassées dans les classes des écoles à se pourvoir en nourriture ; les soldats de l’armée syrienne y sont bien accueillis ; ils sont reçus et reçoivent une aide morale des familles.

Des médecins chrétiens et musulmans, solidaires au milieu de ce drame, donnent leur temps et se dévouent gratuitement.

Peut-on terminer ce message au monde, soucieux de justice et de compassion sans évoquer la visite de Benoit XVI au Liban ; peut-on passer sous silence ses messages (espérance, foi et attachement à la terre) en direction de la Syrie qui ont mis du baume dans le cœur des chrétiens et des musulmans.

jeudi 5 juillet 2012

Syrie : Des actes généreux au coeur de la violence.

Evoquons un peu les gestes de générosité dont le peuple syrien est toujours capable. 

Un chrétien nous signale la bonté et les largesses de ses amis bédouins sédentarisés. Ils viennent spontanément lui rendre visite apportant avec eux fruits, légumes et blé concassé un ingrédient que les orientaux connaissent bien car il est essentiel à la cuisine de leurs pays. « Ces mêmes bédouins répètent à qui veut les entendre que les chrétiens font partie des leurs, de leur tribus ». 

Un autre chrétien, médecin-chirurgien celui-là, nous signale que les bédouins malades et surtout leurs filles se font traiter et opérer par lui ; les bédouins me confient normalement pas leur filles à des médecins du sexe masculin ; ils le font exceptionnellement lorsqu'ils ont une grande confiance en la personne. Ici c'est le cas, et notre témoin d'ajouter : « Ils me considèrent comme leur papa ».

Un autre chrétien, prêtre cette fois, nous rappelle qu'en 1982, il y eut des tensions à Alep avec les frères musulmans et que ce sont les bédouins qui ont protégé l'Eglise dont il avait la charge. 

En Syrie, aujourd'hui, au milieu de l'inquiétude et de la peur, les « bons samaritains » existent encore; les rapports entre chrétiens et musulmans ne se sont pas partout détériorés. Toutefois, les salafistes et autres terroristes qui s'emparent d'otages et tuent sans scrupules sont indifférents à la revendication initiale de démocratie; ils ne se sentent concernés ni par le devenir du régime actuel ni par les objectifs des opposants. Voilà des bandes organisées venues d'Irak qui essayent de susciter la division entre les communautés. Elles y parviennent surtout dans les quartiers pauvres où les chrétiens sont pris pour cibles non seulement par les bandes mais par les Imams eux-mêmes, qui se mettent à appeler au renvoi des chrétiens qui soutiennent le régime. C'est malheureusement la justice de l'arbitraire qui règne contre ceux qui se montrent disciplinés aux injonctions du régime et qui resteront disciplinés face à n'importe quel régime que les musulmans se seraient donnés. C'est la fidélité et la loyauté du citoyen que ces bandes terroristes méprisent.

A l'intérieur de la ville, l'armée, la police et les milices tiennent toujours. Leur maintien est essentiel pour la minorité chrétienne et indépendamment du regard porté par elle sur le régime. A vrai dire les chrétiens n'ont pas les moyens de prendre position sur l'aboutissement de ce conflit. Ils se rangent forcément avec le pouvoir en place car ils sont en réalité neutres. Leur neutralité se justifie par le fait qu'appartenant à une confession minoritaire, ils ne peuvent prétendre au pouvoir mais uniquement à une participation auxiliaire. En outre, ils se rendent bien compte du jeu des puissances étrangères qui mettent le flou sur les parties en présence et empêchent tous jugements neutres et sûrs. Le contrôle de la ville par la force publique n'empêche pourtant pas l'Armée Syrienne Libre (ASL) de commettre des assassinats, d'abattre les cerveaux ou de dresser des barrages. La tension persiste et monte progressivement car dans les quartiers sunnites de la ville, les habitants frayent et même sympathisent avec les insurgés et les extrémistes. Si la ville est toujours sous le contrôle des forces de l'ordre, les délits individuels ne sont plus punis ou maîtrisés, puisque la police craint d'intervenir par peur des criminels.

L'autorité municipale est toujours présente à Alep mais elle est débordée et surtout impuissante face aux milliers de maisons, d'étages ou de magasins construits illégalement. Récemment, un immeuble s'est écroulé sous la pression des trois étages supplémentaires qui avaient été ajoutés dans l'illégalité aux trois étages autorisés. 

On peut dire qu'Alep est épargnée comparée à Homs qui fait toujours parler d'elle et où les chrétiens de la ville ont tout perdu. A Qamichli, dans la Djézireh, les familles chrétiennes ont du abandonner leurs terres cultivées en céréales et laisser leurs maisons à tout venant pour se rendre à Alep, en attendant un départ plus lointain vers la Suède par exemple où se sont regroupés de nombreux syriaques originaires de cette région.

A leur arrivée à Alep, les uns logent dans des Couvents ou des Eglises, d'autres descendent chez des parents ou amis vivant à plusieurs, dans deux ou trois chambres. Les témoignages de ces réfugiés sont très poignants.

Parmi les personnes décidées au départ pour l'étranger, on trouve ceux qui vendent leurs maisons à des prix très bas et d'autres qui préfèrent les conserver en attendant des jours meilleurs, laissant sur place l'un des leurs pour surveiller.

Pour partir, des visas sont nécessaires et à Alep, il n'existe plus de consulats étrangers actifs comme ce fut le cas autrefois mais uniquement trois consulats ceux de Turquie, de Russie et d'Arménie. Ce dernier accorde des visas de départ, avec une certaine facilité, pour la somme de $400 le visa. 

Désormais, le seul moyen de quitter le territoire syrien est l'avion car les routes ne sont plus sûres. Les voies en direction du Liban, de la Turquie ou de la Jordanie  ne sont plus praticables.

Ceux qui quittent la Syrie ne prennent heureusement pas toute la générosité dans leurs valises. Il reste et il restera toujours sur place des personnes nombreuses à même de cicatriser les blessures, le jour où la folie des puissances actives dans le pays se décidera à laisser le peuple vivre en paix.

mardi 12 juin 2012

La solidarité envers les chrétiens syriens vue de Syrie.

Nous avons rassemblé pour nos lecteurs des éléments, provenant de Syrie même, qui leur donnent une idée de l'état de l'aide et de la solidarité inter-chrétienne en Syrie, aujourd'hui. Sur place, les âmes généreuses s'activent pour faire face  à la misère, mais les besoins sont très importants. Chaque chrétien que nous sommes, est invité à poser un petit geste, aussi modeste soit-il, pour aider. La violence sur place ne doit être qu'un mauvais épisode de l'histoire syrienne et non pas un enfer qui désespère. Rappelons-nous que si la politique divise, l'aide réunit. Allons-donc pour l'aide....

On peut dire qu’au sein de la communauté chrétienne de Syrie, la solidarité inter-chrétienne se manifeste actuellement à deux niveaux puisqu'on constate que :

a – la solidarité familiale est vive; les frères et les cousins s’entraident pour faire face à la perte d’emploi de l’un ou l’autre des membres de la famille et à l'élévation du coût de la vie qui n’épargne personne.

b – la solidarité ecclésiale se met progressivement en place, puisque les Eglises viennent de former des « cellules d’urgence » afin de pallier les dépenses essentielles des familles : (Mazout/Fuel, Gaz, nourriture pour les plus démunis). Par ailleurs, les sociétés de bienfaisance interviennent de plus en plus dans les situations d’urgence et de détresse.

La solidarité islamo-chrétienne, de moindre importance, existe également. Des syriens riches, de confession musulmane fournissent des aides ponctuelles aux chrétiens, pour la simple conviction que l’aide à un non-musulman équivaut à un double don envers Dieu. Des témoignages nous sont parvenus de dons de blé et de légumes effectués par des bédouins à l'un des organismes caritatifs actifs sur place, dans le but de faire distribuer les denrées à des familles chrétiennes pauvres. Les Mufti d’Alep et de Syrie ont également proposé de l’aide.

En ce qui concerne l’aide urgente, il y a un manque criant de médicaments, de lait en poudre, mais aussi d’argent pour le règlement des loyers. Cela n'étonnera personne que les plus pauvres ressemblent aux pauvres des autres pays : ils partagent à plusieurs, de petites maisons construites illégalement qui sont de surcroît constamment menacées de destruction.

Le phénomène nouveau dans la Syrie d’aujourd’hui est le suicide. Dans la région d’Alep, huit tentatives ont été empêchées dans les deux derniers mois.

A Alep toujours, où se trouvent regroupés un grand nombre de chrétiens, les organismes de bienfaisance et de secours les plus actifs sont :

a – Caritas, à l’origine établi sur place pour secourir la population chrétienne irakienne nouvellement arrivée. L’Organisme est présidé par Monseigneur Audo (l’Evêque Chaldéen).
b – La Croix-Rouge qui fait parvenir au Croissant-Rouge des aides en faveur des enfants principalement.
c – Le Services du Vatican.

Enfin, nous trouvons en Syrie des Chrétiens de rite latin. On les rencontre en particulier dans le village de Qnayeh où l’aide est organisée par le curé qui reçoit le soutien du Vicaire apostolique de Syrie, Mgr Joseph Nazzaro, du Nonce apostolique et de l’'ordre des Pères Franciscains.

samedi 21 mai 2011

Pourquoi se désintéresse-t-on du Christianisme oriental et quel espoir pour lui ?

Ceux qui sont sensibles au devenir du Christianisme d'Orient s'interrogent presque quotidiennement sur les risques et les dangers qui le menacent mais surtout sur les solutions et les chemins à emprunter pour sauvegarder ce que les Chrétiens d'Orient ont représenté à travers le temps.

Il est clair aujourd'hui que la survie de ces communautés minoritaires des pays arabes ne peut plus seulement reposer sur le soutien des grands pays d'Occident. Le monde a changé; les puissances et les centres de pouvoir se sont déplacés; la philosophie, la religion et les valeurs des anciens pays protecteurs ont elles-mêmes muées.

Désormais, les pensées dominantes qui gouvernent les pays d'Occident sont surtout des pensées économiques et matérialistes, fruit de l'individualisme qui atteint son paroxysme au XXIe siècle.  

Dans la nouvelle logique du monde présent, les dirigeants, qui s'interrogent sur les enjeux géopolitiques de la planète et sur leurs propres enjeux, n'ont plus de raisons de placer le christianisme d'Orient dans leurs priorités car ce dernier représente très souvent un obstacle à l'avancée de leurs stratégies au Moyen-Orient, plus qu'une force montante ou une richesse à envier sur laquelle il faut s'appuyer ou dont il faille s'accaparer. De surcroit les stratégies nouvelles qu'elles soient mondialistes ou régionales, si elles tolèrent la guerre économique, évitent autant que possible les risques militaires entre grands, à l'exception de quelques conflits multilatéraux localisés contre des pays isolés et beaucoup plus faibles militairement. En dépit de menaces régulières, les nouvelles stratégies des puissances de ce monde sont plutôt pacifistes et économiques. 

Même pour la France, la puissance autrefois protectrice des minorités, il n'est plus question d'intervenir pour les protéger. En outre les interventions sont désormais multilatérales rendant les initiatives plus difficiles encore ; l'avenir du Christianisme d'Orient ne dépend plus que du bon vouloir des majorités islamiques qui les entourent.

Les Chrétiens d'Orient qui furent les protégés de la France sont livrés à eux-mêmes. L'ancien protecteur est en recherche d'une nouvelle identité dans un monde ouvert à des intégrations incertaines. Sur les plans économiques et mêmes philosophiques, la France est en quête d'un nouveau positionnement au sein d'un nouveau monde. 

Sur place, dans les pays arabes, dans l'entourage des chrétiens d'Orient, il y a certes les terroristes dissimulés et les risques lâches et illégitimes qu'ils représentent, mais il y a aussi l'immense masse de populations musulmanes en lutte avec les problèmes quotidiens d'ordre économiques, techniques et d'organisation où la justice et la liberté sont des enjeux non négligeables mais où l'islam dominant n'est pas en cause et son avenir n'est guère menacé.

Pour les Chrétiens d'Orient, n'y a t-il pas un rôle particulier et prometteur qui leur reviendrait au milieu des inquiétudes et des mouvements qui traversent les pays arabes ? Ce rôle ne pourrait-il pas être, dans l'ordre économique et éducatif, le même que celui recherché par les puissances occidentales et asiatiques non-musulmanes ou celui qu'elles jouent parfois avec succès dans les pays à dominante musulmane ? Pourquoi les Chrétiens d'Orient, dont on dit qu'ils sont menacés malgré l'absence de menaces qu'eux-mêmes représentent, ne pourraient-il être des facteurs d'assistance économique, technique et organisationelle dont les arabes ont besoin ?

L'instruction et l'éducation en sont la clef. Développer l'instruction  locale avec l'aide de l'Occident et l'ouvrir aux populations musulmanes peut devenir l'atout des chrétiens d'Orient. Faire une alliance stratégique avec les populations musulmanes pour les aider à surmonter les difficultés qui créent en elle frustrations et désespoirs qui au bout du compte, forment la matière sur laquelle s'appuient les groupes terroristes pour recruter. Une telle approche ne serait-elle pas celle de la sagesse, de la modération et de la neutralité ?

Seul l'union fait la force ; la coopération intellectuelle entre maronites, coptes, grecs, syrien catholiques et orthodoxes, permettrait une plus grande visibilité et une optimisation des moyens. Certes, chaque communauté a besoin d'avoir ses institutions culturelles et educatives; chaque confession ressent la nécessité de cultiver son propre patrimoine et sa propre spiritualité, mais n'y a t-il pas des pans entiers de savoir qui sont communs à toutes les communautés. Pour ces domaines communs du savoir, la dispersion des Institutions éducatives ne se justifie pas. Une université chrétienne orientale pour tous les pays arabes avec des filiales dans les villes capitales du Moyen-Orient où elles sont acceptées. Quelles aubaines pour les chrétiens d'Orient d'optimiser les moyens et de mieux servir leur frères musulmans.

L'Union fut toujours quelque peu un rêve dans les pays arabes. Si ce rêve n'est que très lointain, si la coopération économique a du mal à évoluer vers une économie commune, ne serait-ce au niveau de branches d'activités, la coopération éducative entre Institutions Chrétiennes orientales peut venir favoriser et nourrir cette coopération économique entre entreprises chrétiennes orientales déjà, mais pour un meilleur développement et au service du monde musulman. Les peuples musulmans doivent être à même de découvrir tout l'intérêt de ces minorités qu'ils abritent. Le Prophète Mohammed lui-même n'avait-il pas toléré ces minorités non-musulmanes qui représentaient pour lui un atout dans le travail de l'agriculture?

Oui! La situation du Christianisme d'Orient n'est pas désespérée en Pays d'Islam. Elle est seulement en panne. Les Chétiens d'Orient doivent croire à nouveau dans le dynamisme pour aider le monde islamique à traverser les épineux problèmes auquel il est confronté. Les chrétiens d'Orient doivent mieux se former pour se constituer en un source de valeur morale, économique, technique et organisationnelle pour le monde arabe qui les entoure. En empruntant un tel chemin, non seulement le désespoir s'estompe mais l'espoir d'une nouvelle Nahda (renaissance) dépassant le stade de la littérature et de la culture devient permis.

mercredi 2 février 2011

Deux « symboles d’espérance » en Irak : un hôpital et une université

ROME, Mercredi 2 février 2011 (ZENIT.org- Les projets de construction d'un hôpital et d'une université à Ankawa, dans la banlieue d'Erbil, la capitale du Kurdistan irakien, veulent être des « symboles d'espérance » pour les chrétiens du pays, une aide pour eux à construire un avenir loin de la violence et des intimidations qui ont obligé tant de fidèles à fuir le pays.

Les deux bâtiments, souligne l'association internationale Aide à l'Eglise en Détresse (AED), seront érigés sur deux terrains que le gouvernement a promis de leur donner, soit près de 30.000 mètres carrés pour l'université et 8.000 mètres carrés pour l'hôpital, situé juste à côté, qui aura 100 lits et 8 salles d'opération.

En annonçant les deux projets à l'AED, l'archevêque d'Erbil, Mgr Bashar Warda a précisé que ceux-ci fourniront des postes de travail, de formation, et d'autres opportunités aux milliers de chrétiens venus se réfugier dans la région, relativement plus sûre, du Kurdistan, pour échapper à la violence religieuse qui touche surtout Bagdad et Mossoul.

Le projet de ces deux constructions, a-t-il ajouté, est « une réponse à la conscience accrue que parmi les chrétiens arrivés en masse dans la région, figurent beaucoup de personnes qualifiées, dans des secteurs professionnels comme l'instruction et la médecine surtout ».

Dans une région qui ne peut faire face aux demandes d'une population croissante, le fait que « les gens qui arrivent ici se proposent eux-mêmes » est une bonne chose, mais cela peut aussi aider à éviter « un nouvel exode de chrétiens d'Irak ».

L'hôpital et l'université, qui pourraient ouvrir dans trois ans, seront gérés par l'Eglise, mais tout le monde pourra y avoir accès, indépendamment de leur appartenance religieuse ou politique.
Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.