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jeudi 7 novembre 2013

Syrie, L'émigration des chrétiens de l'antique ville de Raqqa

Raqqa - le 07 novembre 2013 - De notre correspondant - Les Chrétiens ne sont pas épargnés par les attaques à Raqqa.

1° La première attaque sur la ville a eu lieu en mai dernier, lorsque des éléments du Front al-Nosra se sont portés sur la récolte d’orge des terres d’Aga Yaacoub Saghtilian dans la ville de Tell-Abiad.

2° Il y a quelques jours, le corps d’un jeune chrétien a été trouvé allongé sur la route de Tabqa après qu’il eut été enlevé dans la ville elle-même.

Ces événements ont conduit les habitants de Raqqa, qui se considèrent intégrés au tissu social, à la contestation. Un certain nombre d'entre eux ont même participé au mouvement d'opposition pacifique contre le régime. Le Capitaine dissident Toni Mallouhi, Directeur de la Zone de Mansourah, a livré sa zone aux phalanges de l’Armée Syrienne Libre, au début du mois de Février, avant l’entrée des éléments armés dans la ville. Les forces du régime ont alors perquisitionné son village de Jouar al-Afs qui se trouve près de Homs et l’ont arrêté ; elles l’ont ensuite transporté à l’aéroport militaire de Raqqa pour le remettre par la suite à la section de la sécurité criminelle de Raqqa, avant que des combattants des Brigades de Nasser Salah Eddine, ne le prennent en otage, lors de leur entrée dans la ville et ne le livrent à « l’Armée Islamique de l’Irak et du Levant » «داعش» après leur allégeance à leur général.

C’est alors que l’exécution de Mallouhi a été décidée mais après l’intervention de quelques notables, le capitaine dissident fut gardé en vie suite à sa conversion à l'islam et après avoir pris le nom de Mohamed Nour Mallouhi.

Cet incident a été suivi de la destruction, par des inconnus, de la Croix placée face à l'Eglise de Notre-Dame de l’Annonciation située au Centre-ville de Raqqa. Des civils militants ont alors protesté et appelé à des manifestations pour réclamer la protection des églises. Des hommes armés masqués ont alors démonté les cloches et les croix qui se trouvaient sur le clocher de l’Eglise des martyrs et ont détruit tout ce qu’elle contenait avant de brûler la bibliothèque des deux églises. A la place des deux croix, ils ont élevé le drapeau de l’Armée Islamique de l’Irak et du Levant.

Le militant Youssef, de confession musulmane, rapporte que « la situation était difficile. Nous ne pouvions défendre nos frères avec lesquels nous vivions depuis de longues années. Notre souffrance est grande et nous ressentons de la honte et de l’impuissance. Les Chrétiens font partie de notre histoire depuis des décennies. Ils ont habité parmi nous et nous n’avons eu que des lamentations en voyant les flammes et les colonnes de fumée s’élever.

Les chrétiens ont quitté Raqqa alors qu’ils y étaient arrivés, selon des sources historiques, depuis des décennies et la dernière immigration à l’époque contemporaine, remonte à l’arrivée de quelques dizaines de familles arméniennes qui avaient fuit les massacres de 1915 que les Turcs/Ottomans avaient commis.

La peur domine les gens et personne n'ose la critique. Se plaindre de la situation en général, est devenu un tabou. Le nouvel Etat espionne et s’informe sur chaque maison, ruelle par ruelle. On cite l’exemple de personnes qui ont disparu pour avoir critiqué une décision ou exprimé du ressentiment à l’égard d’un comportement particulier. Le Conseil de la Charia qui avait été mis en place pour garantir les droits des personnes est incapable de se protéger lui-même. Son Président, Abdullah Al-Assef a été enlevé, le troisième jour de la fête d’al-Adha. Depuis, nous n’avons aucun signe de lui. Le Conseil est incapable de protéger quiconque et de conduire les affaires de la ville ; il est dans la même situation que le Conseil local dont certains des membres avaient, auparavant, été arrêtés par les brigades.

Traduit de l'arabe par le Veilleur de Ninive.

jeudi 14 mars 2013

Guerre de Syrie, Quelles conséquences ?

Alep - 14 mars 2013 - La guerre est un désastre général. En parler, n’est autre qu’égrainer un cortège de conséquences dramatiques et fatales ; et pourtant, la vie nous fut donnée pour la vivre et la vivre pleinement, non pas dans la solitude exposés à la mort, mais avec les autres, ceux qui pensent, qui vivent, qui croient et qui aiment différemment de nous. Lorsque nous nous présenterons devant la face du Très Haut, Il nous interrogera sur le nombre de ses enfants, éloignés de Lui, que nous Lui aurons ramenés et non pas sur le nombre d’infidèles tués.

Noircir une feuille de papier avec les misères de la guerre de Syrie est singulièrement désolant ; la désolation sera plus grande encore, lorsque le conflit prendra fin ; tous les protagonistes se feront alors la réflexion : « A quoi bon cette guerre » ? Telle est peut-être la question la plus redoutable, qu’il revient à chaque dirigeant d'un grand pays de se poser rapidement, sans quoi cette interrogation viendra plus tard, les frapper de plein fouet et ils éprouveront alors tous, coupables et innocents, le remords et la tristesse de n'avoir pas su épargner au peuple syrien les conséquences de cette terrible tragédie.

Un être normalement constitué et instruit, ne peut éluder cette interrogation qui est un effort de l’esprit certes, mais aussi et surtout une réaction d'émergence au milieu de l’indifférence. Dans le court-terme d'une guerre, les assassins sont illusionnés ; ils ne perçoivent pas les conséquences de leurs méfaits ; leurs amis preneurs d’otages, leurs cousins trafiquants, leurs voisins spéculateurs, leurs oncles sponsors sont dans le même état d’esprit mais à long-terme, les conséquences se révéleront à leurs yeux, comme la photographie sous l'effet du révélateur ; la guerre libanaise nous a montré l’échec, sur toute la ligne, d’une guerre interne ; tout comme le Liban, la Syrie était belle, elle se réveillera défigurée. L’environnement s’améliorait, il sera méconnaissable. Le voisinage était familier, il deviendra étranger. Les personnes instruites qui enrichissaient le peuple de leur savoir et élevaient les humbles de leur vertus, laissent la place à des ignorants qui ne connaissent que le toucher de l’argent. Ceux qui auront quitté le pays, dans l’espoir de trouver une terre d’accueil, réaliseront leur appartenance à une minorité culturelle qu’ils auront adoptée, en échange de la minorité confessionnelle à laquelle ils appartenaient chez eux, en Syrie ; ce pays désormais déboussolé et déséquilibré par le départ de ses minorités, se retrouvera dans des mains incultes et grossières.

Dans la réalité quotidienne de ce calvaire syrien, à quoi assiste-t-on nous présentement ?

Nous assistons à une misère matérielle galopante bien naturellement : Le passage de la pauvreté à la misère a poussé les filles de certaines familles à la prostitution. Pour ces familles-là, la location du corps, est la seule source de revenus possible. Quel drame !

Nous assistons à l’émigration et au départ d’un pays aimé, vers un pays inconnu, pour aller découvrir un ailleurs où l'étranger est toléré, quand il ne récolte pas l'indifférence froide, voire glaciale. On parle déjà d’un million de réfugiés syriens ; on dit que le Liban est submergé par ses réfugiés.

Nous assistons à la naissance d’une caste médiocre et mécréante de trafiquants, de rôdeurs en chasse, d’éléments armés qui, après un premier crime deviennent des criminels professionnels, dont les actes nous sont présentés comme la traduction d’une recherche de liberté, d’une insurrection contre la dictature, d’une défense de la patrie ; chaque bord arborant des slogans idéaux et abstraits, mais en attendant, chaque partie bafoue la dignité de l’autre, retire l’espoir de vivre et décime des familles entières. Quelle aubaine pour ces criminels !

Nous assistons à l’inquiétude croissante des familles chrétiennes, empêchées de fuir le pays à cause de la pauvreté et forcées d’inciter leurs jeunes gens à rejoindre les « comités populaires » constitués pour défendre les zones à forte population chrétienne.

Nous assistons au réflexe de défense d’autres jeunes gens, allés renforcer les « phalanges » du parti Baath, afin de soutenir l’armée arabe syrienne, contre une modique somme de 12.000 livres syriennes (100€).

Nous assistons aux conséquences fatales pour cette jeunesse chrétienne qui, toutes les semaines, perd cinq à six de ses frères dans l’un des deux secteurs chrétiens d’Alep.

Nous assistons à des suicides de pères de familles chrétiennes qui franchissent le pas du désespoir faute de pouvoir nourrir les leurs. Six cas sont déjà connus à Alep. Au fil de la détérioration, la mort prend pour certains, les traits d’un mirage de liberté, aspirant des personnes totalement démunies et sans ressources.

Nous assistons à l'abus d’alcool ; une mort plus lente que le suicide, qui passe par l’appauvrissement de l’âme sous l’exaltation des sens. C’est ce qui arrive à des jeunes syriens chrétiens, qui ne trouvent plus la manière de faire connaître leur détresse. Ils se révoltent contre la patrie et la religion puis tombent sous l’emprise de l’alcool.

Nous assistons à l’aventure inconsciente et au dénouement fatal pour des jeunes gens, qui ont préféré s’embarquer clandestinement sur des bateaux amarrés dans les ports turcs, espérant rejoindre la Grèce ou l’Italie, mais dont le sort ne fut pas plus heureux qu’en Syrie, car la traversée ne fut que de courte durée. Les fourgons, dans lesquels ils avaient trouvé refuge, ayant été jetés à la mer.

Nous assistons à la division au sein de la famille entre sympathisants du régime et partisans des rebelles.

Nous assistons à la division conjugale qui suit la ruine du père et la perte de l’emploi ; la fierté des syriens, les empêchant de tendre la main aux organisations caritatives, des couples préfèrent la division et le divorce, au choix de solliciter une association charitable ; dans bien des cas, la mort naturelle, par infarctus de l’époux, apporte la solution.

La société syrienne qui était si friande de visites familiales et amicales, s’est émiettée en deux ans. Les combats et les risques imprévisibles ont réduit sensiblement les mouvements des habitants hors de chez eux. Après le repas de midi, les rues se vident et les rares taxis qui circulent, ont décuplé leurs tarifs.  

Nous pouvons poursuivre le chapelet de misères, car les conséquences de cette guerre sont sans mesure. Conséquences psychologiques et pathologiques, conséquences d’autres natures aussi, mais imaginons seulement un pays qui manque de façon criante de médicaments et de médecins. Telle est la Syrie d'aujourd'hui qui connaît une mortalité infantile dramatique faute de soins, et une espérance de vie en chute sensible. Dans la seule ville d’Alep, le nombre de médecins spécialistes, rattachés à l’hôpital, est passé de 290 à 40.

Dans leur hargne à tuer, les combattants empêchent même les vivants d’enterrer les morts. Les musulmans ne parviennent plus à mettre en terre les leurs, car les cimetières musulmans sont sous le contrôle de l'Armée Syrienne "Libre" ; aussi réquisitionnent-ils les petits jardins de quartiers pour y déposer les corps.

Quant aux chrétiens, privés des prêtres, qui furent contraints à prendre la fuite, pour éviter les menaces des terroristes, les voici inhumant leurs morts sans célébrant ; un laïc récite une simple prière et les avis sont publiés sur facebook.

En évoquant les conséquences du conflit syrien, nous avons traversé un tunnel lugubre d’actes sombres et négatifs que les acteurs du cette tragédie projettent sur les innocents et leur entourage ; mais l’espoir, dit-on, est au bout du tunnel et en Syrie, le sourire vient de ces gestes qui étonnent et émeuvent, des familles qui, malgré la détresse, se montrent à chaque instant solidaires ; de ces portes de maisons encore préservées, qui s’ouvrent, de cette tendresse et de ces larmes qui volent au secours des faibles et des fragiles, des réfugiés et des souffrants. Le peu qui reste est partagé.

En définitive, l’espoir ce sont les hommes et les femmes qui vivent et se nourrissent de la foi. Ces prêtres, ces moines et ces laïcs qui mettent en commun, leur énergie et leurs biens pour venir au secours des familles, sans penser aux risques et sans attendre des moyens importants.

L’espérance pour la Syrie ce sont ces Eglises devenues lieux de charité et d’amour envers les chrétiens et les musulmans.

Le Veilleur de Ninive

samedi 2 mars 2013

L'exil silencieux des chrétiens de Syrie

Samedi 2 mars 2013 - Forte de 2 millions d’âmes, la communauté chrétienne de Syrie, présente sur place depuis 2 000 ans, est victime de ce qu’un patriarche libanais a qualifié de « grand exil qui se déroule en silence ». Chaque semaine, des centaines de chrétiens syriens se réfugient au Liban voisin – le nombre total de Syriens réfugiés au Liban serait de plus de 920 000. Des villages entiers de chrétiens ont été vidés de leurs habitants, soit parce qu’ils en ont été chassés par les milices islamistes soit pour fuir leur arrivée annoncée. C’est le moment qu’a choisi le gouvernement Obama pour renforcer son aide financière à l’opposition syrienne : le nouveau secrétaire d’État, John Kerry, vient d’annoncer à Rome une aide financière complémentaire de 60 millions de $ à une “révolution” en grande partie désormais aux mains des milices islamistes – il y aura plus de 60 000 djihadistes combattant sur le sol syrien – au même moment où le gouvernement américain est budgétairement aux abois… L’“exemple” américain pourrait être bientôt suivi par les gouvernements européens : une aide inespérée pour les islamistes…

Daniel Hamiche

dimanche 20 janvier 2013

Familles Chrétiennes de Syrie : Attention aux faussaires en visas....


Alep - Dimanche 20 Janvier 2013 - Statut-Quo à Alep, bien que le désespoir de retrouver la paix et la reprise du dialogue s'accroît. La pénurie des produits de nécessité augmente continuellement, notamment celle relatives aux médicaments et au carburant. Des victimes innocentes tombent tous les jours. Les universitaires n'osent plus reprendre les examens après l'attentat de la semaine dernière. De plus des francs-tireurs sévissent dans la vieille-ville, occupée par l'Armée Syrienne "Libre" et Forsat Al-Nousra. Trois jeunes universitaires de la faculté d'Economie ont été tués hier samedi.

Familles chrétiennes de Syrie : "Alerte aux faussaires en visas"...

Un nouveau phénomène touche les familles chrétiennes ; plus de 113 d'entre-elles ont été recensées qui ont vendu leurs biens pour émigrer, en passant par des société faussaires qui leur offraient des visas pour la Suède au tarif de L.S. 800.000 (environ $10.000) par personne. Certaines familles se sont ainsi retrouvées coincées à Istanbul ou Beyrouth ; d'autres furent emprisonnées, par les autorités des pays de transit, Turquie et Liban, en raison du fait que leur visas étaient falsifiés. 

Pour ces familles, la situation est dramatique. Celles qui se trouvent à Istanbul, Beyrouth ou Amman ne peuvent plus revenir en Syrie et celles qui sont en prison, n'ont plus les moyens de payer un avocat. On dénote même parmi elles des médecins avec leur famille. 


Le Veilleur de Ninive



jeudi 20 décembre 2012

La Syrie, la Russie et la France.


"La Russie, qui est le principal obstacle pour une intervention efficace afin d'arrêter les combats et les meurtres, est en train de perdre".

Ces propos absolument stupéfiants sont ceux tenus par Bernard Kouchner, l’ancien ministre des Affaires Etrangères françaises, dans une interview sur Europe 1 le 13 décembre dernier. Celui-ci rajoutera dans l’interview qu’il aurait: "préféré une intervention militaire" et que "les français sont avec les anglais le moteur politique pour le départ du dictateur Assad".

Cette déclaration intervient alors qu’une fois de plus le mainstream médiatique a complètement occulté la réalité pour tenter de faire porter à la Russie une responsabilité qui n’est pas la sienne. Les grands médias se sont en effet jetés sur une annonce qui n’en était pas une pour affirmer que la Russie "lâchait Bashar", "abandonnait Bashar", "envisageait la défaite de Bashar", "perdait confiance", "envisageait une victoire de l’opposition" quand elle ne faisait pas simplement "marche arrière". Les médias se basaient sur une déclaration faite par le vice-ministre des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov aurait reconnu la "possibilité d'une victoire de l'opposition syrienne". Malheureusement la seconde partie de la phrase a été oubliée (volontairement sans doute) par les correspondants du mainstream médiatique et cette seconde partie était: "… Si elle est soutenue de l’extérieur", ce qui on en conviendra change le sens de la phrase.

Ce n’est pas la première fois que la Russie est prise à partie dans cette guerre médiatique contre la Syrie et c’est la seconde fois que Michael Bogdanov est pris à partie par des medias. En aout dernier, un journal Algérien avait en effet affirmé que celui-ci émettait des doutes sur l’avenir du président Assad, ce qui avait été démenti de la même façon: le vice ministre n’avait donné aucune interview. Un mois plus tôt, c’est l’ambassadeur de Russie en France Alexandre Orlov qui s’était vu attribuer une phrase totalement sortie de son contexte et qui avait été démentie tant par le ministère syrien de l’information que par l’ambassadeur lui même.
Il n’a pas fallu 24 heures pour que le Ministère des affaires étrangères russe clarifie la situation et rappelle de nouveau les journalistes à la réalité et aux faits: "nous voudrions noter que monsieur Bogdanov n'a fait dernièrement aucune déclaration officielle ni donné d'interviews spéciales aux journalistes". Pas de chance donc pour les journalistes français, qui se sont une énième fois totalement trompés : la Russie ne compte pas infléchir sa position sur la Syrie. La position de la Russie reste ferme en plus elle vient de recevoir le soutien du Brésil, qui consolide un regroupement diplomatique Russie/Chine (BRIC) opposé a une intervention militaire, et qui cette fois ne devrait vraisemblablement pas laisser se répéter le scenario Libyen.

Il est difficile d’imaginer les futurs développements en Syrie. La pression sur le régime Syrien n’a jamais été aussi forte, pendant que le front intérieur s’est inexorablement déplacé vers le centre politique du pays, tout en tournant de plus en plus à l’affrontement anarchique entre communautés. Pourtant, si la montée en puissance des groupes Islamistes radicaux et des mercenaires Djihadistes étrangers est évidente au sein de l’opposition, le recours croissant au terrorisme prouve sans nul doute leur impuissance face à l'armée syrienne qui a remporté tous les affrontements urbains d’Alep à Damas.

On peut quand même se demander ce qui pourrait se passer si ces affiliés d’Al-Qaïda venaient à bénéficier d’un affaiblissement majeur, voire total du pouvoir Syrien, et à s’emparer de sites chimiques ou d’une quantité d’armes importantes, que l’on pourrait retrouver impliquées dans des actes terroristes contre des pays européens. Les images des islamistes du Front Al Nosra en train de faire des tests chimiques sur des animaux après la prise d’un centre de recherche (serait ce celui de la base Souleimane?) devrait faire réfléchir les commentateurs, analyses et décideurs occidentaux. Que dire de cette interview de leur commandant qui présente ses recrues étrangères et dit être prêt au Djihad contre les pays de l’Ouest y compris et l’Amérique?

De nombreux radicaux islamistes qui combattent en Syrie (et ont capturé la journaliste Ukrainienne Anhar Kotchneva qu’ils menacent d’exécuter) viennent en outre officiellement d’appeler à "ce qu’aucun citoyen russe, Ukrainien ou Iranien ne sorte vivant de Syrie" et à des attaques contre les ambassades de l’Ukraine et la Russie. Une déclaration de guerre contre la Russie qui fait suite aux récents appels hostiles de leaders Islamistes radicaux contre la Russie, qui vont dans le sens des discours prononcés par les tenants de cet Islam radical en Turquie, lors de la visite de Vladimir Poutine le mois dernier, ou encore de ceux des nombreux islamistes étrangers qui combattent en Syrie.

Dans ce contexte on peut se demander si les propos de Bernard Kouchner ont une quelconque utilité. Pour l’instant l’Armée Syrienne empêche la situation de virer à un chaos dont on peut se demander ce qu’il pourrait amener dans la région et même au delà. Si en Syrie certains se battent pour le départ d’Assad, d’autres se battent pour l’établissement d’un émirat Islamique (sur le modèle des Talibans comme expliqué ici) et près de la moitie de la population se bat simplement pour la survie des minorités. Michael Bogdanov ajoutait dans sa déclaration que "La lutte va devenir de plus en plus intense et la Syrie va perdre des dizaines – peut-être des centaines – de milliers de civils". Alors que l’Onu parle elle d’envoyer 10.000 hommes sur le terrain, une chose semble aujourd’hui certaine si la situation internationale reste en l’état: cette guerre ne fait peut être que commencer.


L’opinion exprimee dans cet article ne coïncide pas forcement avec la position de la redaction, l'auteur étant extérieur à RIA Novosti.

Alexandre Latsa est un journaliste français qui vit en Russie et anime le site DISSONANCE, destiné à donner un "autre regard sur la Russie".

L'effrayante émigration des Chrétiens d'Orient

Dimanche - 17 Décembre 2012 - En Egypte le nombre des coptes était de 21 millions de chrétiens orthodoxes ; aujourd'hui ils ne sont plus que 9 millions, en dépit du fait que le taux de natalité chez eux est identique à celui des familles musulmanes ; l'émigration des coptes vers les Etats Unis, l'Australie et le Canada a entraîné 13 millions d'entre-eux à quitter l'Egypte et la raison revient à la persécution dont souffre la religion chrétienne dans ce pays qui se considère en premier lieu un pays islamique et que les chrétiens sont considérés des citoyens de seconde zone.

Le Roi Hussein, sous l'influence de son frère le Prince Hassan, avait élevé une Eglise maronite à Amman destinée à accueillir 350 chrétiens maronites qui disposaient de la nationalité jordanienne, mais ce geste fut peine perdue ; le Kuwait, à son tour, inaugurait une Eglise maronite pour la communauté chrétienne mais dans ce pays, il n'y a rien qui justifie l'attachement à la terre, au travail et l'installation sur place d'une manière définitive.

En Palestine, les chrétiens ont été poussés à partir par les Israéliens dans une proportion de 90% tandis que les 10% restant était mis à la porte par le mouvement Hamas ; aujourd'hui, le nombre de chrétiens en Palestine occupée est de 1%.

Lorsque la guerre d’Irak fut déclenchée, le nombre de Chrétiens atteignait le chiffre de 3 millions entre Chaldéens, Assyriens et Syriaques. Désormais, il ne reste plus que 130.000 qui ont décidé de partir pour le Kurdistan et la région d’Irbil et d'y rester, car il n'y avait plus aucune sécurité pour eux à Bagdad et dans les régions où ils se trouvaient. Mentionnons que l'Archevêché grec-orthodoxe de Mossoul fut le plus important du Moyen Orient ; il disposait même d'un musée qui attirait des touristes de tous les coins du monde. L'ancien président Saddam l'avait visité 4 ou 5 fois ; et par la suite, voilà que les trois millions se sont volatilisés pour se retrouver en Suède, Norvège et Danemark et il ne reste que 130.000 chrétiens.

La Syrie comptait deux millions de chrétiens. A Homs, les intégristes ont frappé aux portes des maisons chrétiennes et ont demandé aux habitants de quitter. A Alep, sur une distance qui sépare la place Al-Midane jusqu'à la rue Saïf Al-Dawla, les intégristes ont également frappé aux portes puis ont inscrit des expressions telle que : "Quittez cette terre musulmane".  Cela s'est produit dans la plupart des régions. Précisément les chrétiens commencèrent alors à venir au Liban et de là tentèrent de prendre une autre destination, sans aucun dédommagement pour leurs biens laissés sur place et sans avoir la moindre idée de ce que serait leur futur mode de vie.

Enfin, nous arrivons au Liban où 40% du nord du pays était chrétien ; leur pourcentage est tombé à 20% ; au Sud, leur nombre tournait autour de 35% et 40%, ils ne sont plus que 10%. Dans la Bekaa, ils atteignaient le pourcentage 35%, aujourd'hui ils ne sont plus qu’entre 10% à 15 %.

Les Chrétiens émigrent, C'était le plan.

Et s'il y a encore au Liban un million et demi d’entre-eux, leur existence reposait sur les pouvoirs du Président de la république. Ici ce ne sont pas la totalité des libanais qui sont partis mais la moitié d'entre-eux uniquement, tandis que les pouvoirs du Président de la République émigraient totalement avec la Constitution de Taef, sur laquelle le Patriarche Sfeir et Samir Geagea ont donné leur accord.

Charles Ayoub

mercredi 23 mai 2012

Les chrétiens syriens « poussés vers la sortie »...

Source de l'article publié le 25 mars 2012  - Nous devons à la vigilance militante de nos amis Cécilia et Bwane de pouvoir relayer ici ce cri d’indignation, douloureuse pour le coup, de dignitaires chrétiens de Syrie. Les patriarches Ignatius IV et Zakka 1er, respectivement chefs des Églises chrétiennes grecque orthodoxe d’Antioche et orthodoxe syrienne, accusent en effet plusieurs gouvernements occidentaux, dont celui de la France, d’avoir prescrit à leurs ambassadeurs à Damas d’accorder très libéralement aux Syriens de confession chrétienne des visas pour l’Europe ou le Canada, sans restriction de durée du séjour. Autrement dit, les Occidentaux seraient sur le point d’encourager l’émigration hors de Syrie de la minorité chrétienne, pas assez « CNS-compatible » !

Une accusation grave, dont on peut penser que ces éminents dignitaires religieux ne l’auraient pas formulée s’ils n’avaient des éléments objectifs en leur possession. Ce sont des sources émanant du patriarcat orthodoxe qui ont donné l’information au site al Hakika (« La Vérité »), proche de l’opposition syrienne, mais au moins aussi opposé au CNS qu’à Bachar. Les dignitaires auraient découvert la chose en février.

La valise ou le cercueil

On rappellera à ce sujet que les 5 et 6 septembre derniers, le patriarche de l’Eglise maronite du Liban et de Syrie, Mgr Bechara Raï, en visite officielle à Paris, s’était entendu dire par Nicolas Sarkozy puis Alain Juppé que « le régime de Bachar al-Assad (était) fini » et qu’en conséquence les chrétiens syriens devaient sans tarder prendre langue avec l’opposition sunnite radicale – mais quand même « modérée » assuraient Sarkozy/Juppé – et donc se désolidariser du régime actuel, sous peine d’en subir les imminentes et graves conséquences. On sait que Mgr Raï ne s’en était pas laissé compter et avait publiquement fustigé dans les médias français, notamment le quotidien chrétien La Croix, l’attitude criminelle, irresponsable des dirigeants français. On sait aussi que, depuis, Juppé a publiquement déploré le soutien persistant de la communauté chrétienne à Bachar. Puis, plus récemment, et plus discrètement, il a regretté le manque d’ouverture de son cher CNS aux chrétiens (voir notre article « Juppé très, très déçu de l’opposition syrienne », mis en ligne le 16 mars).

Selon le site al Hakika, les responsables religieux ont évidemment souhaité obtenir des explications des diplomates occidentaux, et une altercation particulièrement violente aurait d’ailleurs éclaté entre Mgr Ignatius et l’ambassadeur français Eric Chevalier, le premier accusant le second et ses supérieurs de vouloir faire subir aux chrétiens de Syrie le sort des esclaves africains déportés en Amérique !

Quoiqu’il en soit, le régime syrien étant plus que jamais en place, six mois et demi après les prédictions sarkozyennes sur la chute imminente du dit régime, et les chrétiens continuant globalement de bouder le CNS et l’ASL, il semble que les Occidentaux essayent donc de faire pression sur cette minorité en jouant sur les peurs. C’est un peu, mutadis mutandis, la réactualisation de la formule « La valise ou le cercueil » du FLN à destination des Pieds noirs d’Algérie. Sauf qu’il va vraiment falloir délivrer beaucoup de visas dans les ambassades : aux quelques 2 millions de chrétiens syriens s’ajouteront forcément les centaines de milliers de leurs coreligionnaires irakiens réfugiés depuis la chute de Saddam en Syrie. En attendant, qui sait, d’ouvrir les portes aux coptes d’Egypte et, un peu plus tard aux chrétiens libanais, qu’ils en tiennent pour Michel Aoun ou Samir Geagea, une fois qu’avec l’aide de la France, Séoudiens, Qataris et Turcs auront imposé le nouvel ordre Frères musulmans-wahhabite à toute la région. Heureusement ce scénario catastrophe ressort toujours, en dépit des efforts des gouvernements français et européen, à la politique fiction. Mais si ce plan de nettoyage ethnique diplomatique était confirmé, il donnerait la mesure de l’abjection morale des gouvernements européens, et de leur capitulation devant ce fondamentalisme, cet extrémisme religieux qu’ils prétendent bruyamment combattre, et qui vient de frapper en France.

Dans la dernière partie de l’article, il est fait état d’une lettre adressée par l’Église orthodoxe syrienne au Vatican, et qui traite de l’épuration ethnique dont les 200 000 chrétiens de Homs ont été victimes de la part des extrémistes islamistes à l’oeuvre à Homs et dans d’autres quartiers. Beaucoup, nous l’avons écrit, ont dû fuir la ville, et, symboliquement, les insurgés ont détruit la plus ancienne église chrétienne de Homs, et de toute la Syrie, celle de Oum al Znard dans le quartier chrétien d’al-Hamidiyeh (voir notre article « Homs, les journalistes occidentaux et les chrétiens locaux… », mis en ligne le 29 février).

Le Vatican a pour l’heure réagi avec la prudence qu’on lui connait, mais le vicaire apostolique d’Alep, une voix romaine autorisée, les déclare très crédibles et dénonce la violence des groupes islamistes et, implicitement, la désinformation occidentale à ce sujet.

Pour finir nous mettons en ligne, grâce à notre ami Vilistia, un reportage de la chaîne d’information russe anglophone RT sur les chrétiens du bourg de Maaloula, jusqu’à présent épargné par les troubles : on voit, dans ce village du centre de la Syrie, situé à une cinquantaine de kilomètres a nord-est de Damas dans une région montagneuse, un des derniers endroits où l’on parle l’araméen, la langue du Christ, une communauté assez soudée autour de son gouvernement, et pour qui les opposants armés chers aux journalistes d’I-Télé et de Libération ne sont que de terroristes, dont ils espèrent l’écrasement prochain, pour le bien de tous les Syriens, chrétiens ou non. Et l’on retiendra ce que dit un jeune homme interrogé : « Bachar al-Assad est devenu plus que le seul chef de l’Etat, c’est une sorte de symbole international de cette lutte pour nos vies ».

Des Églises accusent la France de vouloir vider la Syrie de ses chrétiens

Le patriarche Ignatius IV Hazim : un face à face farouche oppose en Syrie des Églises orientales chrétiennes aux ambassades occidentales, ont révélé des sources proches du patriarcat orthodoxe au site de l’opposition syrien Al-Hakika (La vérité).

Des visas attribués aux Chrétiens seulement

Les patriarches Agnatius IV et Zakka Ier ont découvert un plan ourdi par certaines ambassades occidentales à Damas, en l’occurrence celle de France, pour vider la Syrie de ses chrétiens.

L’affaire a été découverte par le patriarcat le mois dernier. Ainsi, les ministères des Affaires étrangères français, canadiens, suédois, et allemands ont donné l’ordre à leurs représentations diplomatiques dans la capitale syrienne d’accorder à tout Syrien de confession chrétienne un visa, sans exiger des garanties ou l’assurance qu’il rentrera au pays dès son expiration.

Des offres de visas

En même temps, révèle le patriarcat, ces ministères ont contacté par téléphone les ressortissants de ces églises et patriarcats syriens dans leur territoire leur demandant de mettre au point les listes de leur proches et fidèles de leurs églises en Syrie, surtout ceux qui veulent la quitter, pour que les ambassades les appellent et leur accordent un visas ouvert ou de leur demander de se rendre aux ambassades pour obtenir ces visas.

Selon cette source, les demandeurs de visas devraient présenter dans leur dossier une attestation de leur église certifiant qu’ils sont bel et bien chrétiens.

« Les églises syriennes ont vu des dizaines de ces demandes d’attestations de citoyens syriens qui se sont rendus à l’ambassade de Suède pour une demande de visas et furent surpris de voir que le consulat leur réclamaient une attestation de leur église » précise cette source.

L’enquête menée par les patriarches a révélé que ces Etats, et en particulier la France, veulent vider la Syrie de ses chrétiens, et ce de concert avec les États qui parrainent les organisations islamistes terroristes en Syrie, en l’occurrence l’Arabie saoudite et le Qatar.

Ces patriarches ont alors contacté ces missions diplomatiques occidentales et les ont sommées de cesser ces actes.

Le retour du négoce d’esclaves

Selon cette source, l’altercation la plus violente a eu lieu entre le patriarche Ignatius IV Hazim qui est le patriarche d’Antioche et de tout l’Orient pour les Chrétiens orthodoxes et l’ambassadeur de France en Syrien Eric Chevalier deux jours avant son départ.

Le haut-religieux avait alors accusé les ambassades occidentales et en particulier française de ressusciter le négoce des esclaves, lorsque des commerçants transportaient comme du bétail les Africains sur le continent américain pour les faire travailler dans les fermes américaines !
Selon cette source, certaines églises syriennes, en l’occurrence les catholiques, sont impliquées dans ce projet, surtout en France, alors que les autres églises notamment au Suède l’ont critiqué avec fougue et se sont dressées contre lui.

Ces églises ont même eu recours aux autorités syriennes, leur demandant de déployer leurs efforts pour empêcher le départ des chrétiens, en refusant entre autres de leur livrer des passeports, ou des visas de sortie pour ceux qui en ont déjà.

« Nettoyage ethnique » à Homs

Jeudi, une note de l’Église orthodoxe syrienne qui regroupe 60% des chrétiens de Syrie, adressée au Vatican et rapportée par l’agence Vides a fait état d’un « nettoyage ethnique » à l’encontre des chrétiens dans la ville syrienne de Homs. Elle serait menée par la « Brigade Al-Farouk » de l’Armée syrienne libre (ASL), des éléments armés d’al Qaïda et par différents groupes wahhabites. L’ASL compterait dans ses rangs des mercenaires provenant de Libye et d’Irak.

« Des militants islamiques armés, sont parvenus à expulser 90% des chrétiens de Homs, et par la force, ont placé leurs maisons sous séquestre » affirme cette note de l’Eglise orthodoxe.

Selon des sources du Métropolite orthodoxe, les militants se sont rendus de maison en maison obligeant les chrétiens à s’enfuir, sans leur donner le temps de prendre quoi que ce soit avec eux.

La presse étrangère ne dit pas toute la vérité

Le vicaire apostolique d’Alep, Mgr Giuseppe Nazzaro, s’exprime en ces termes: « Nous ne disposons pas de sources permettant de confirmer directement ces informations, mais on peut dire que de tels rapports commencent à faire s’écrouler le mur de silence jusqu’ici construit par la presse dans le monde entier. Dans cette situation, les mouvements islamistes et terroristes commencent à s’imposer. »

Signé : Louis Denghien,

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