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mercredi 9 janvier 2013

La Syrie saignée à blanc dans un grand tour de passe-passe.

Ankara – Selon le dictionnaire, le mot « politicide » peut être utilisé pour décrire la destruction d'un gouvernement ou d'un groupe socio-politique spécifique, comme les Palestiniens, dans un sens plus large que « génocide » (perpétré pour des motifs ethniques, raciaux ou culturels, ndt). On peut l'appliquer à un état, un système et un pays. Saddam Hussein a tenté de commettre un politicide en effaçant le Koweït de la carte. Dans les années 1930, les fascistes ont commis un politicide en détruisant le gouvernement espagnol. Territorialement le pays n'a pas changé. Il a simplement été vidé de son contenu idéologique et transformé en autre chose.

La destruction de gouvernements, leaders ou valeurs qui contrecarrent les intérêts de gouvernements puissants est monnaie courante. Depuis la seconde guerre mondiale, les assassins ont souvent été des gouvernements démocratiques de style libéral. Il n'y a aucun endroit du monde qui a échappé à leur attention. Rien que dans les 11 dernières années, l'Irak et la Libye ont été, au Moyen-Orient, les victimes d'un politicide. Leurs gouvernements, leur système de valeurs et leurs leaders avaient peut-être grand besoin de changer, mais le changement n'est pas venu de leur peuple mais de gouvernements étrangers. Maintenant c'est la Syrie qui retient leur attention. Comme en Irak et en Libye, la justification brandie pour les massacres en Syrie des 20 derniers mois est « le dictateur » et « le régime ». Mais en fait ce qu'ils veulent c'est le pays lui-même. Comme Saddam et Kadhafi, le « dictateur » sert de diversion au magicien pour que les spectateurs ne voient pas ce qu'il est réellement en train de faire.

Comme les gangs armés ne parviennent pas à renverser le gouvernement de Damas, il semble que la menace d'une intervention militaire se précise. Les Etats-Unis, l'Allemagne et la Hollande ont fourni à la Turquie six batteries de missiles Patriotes qui doivent être installés à la frontière avec la Syrie. Environ 2000 soldats étrangers vont être envoyés en Turquie pour opérer et protéger les batteries de missiles et assister un nombre inconnu de soldats turcs. Les Patriotes seront situés dans trois provinces du sud-est qui sont majoritairement sunnites, les provinces de Gaziantep, Adana et Kahramanmaras. Pour de raisons de sécurité, elles ne seront pas placées dans la province de Hatay, où plus de la moitié de la population est Alevi (Alawi), et profondément opposée à l'intervention de la Turquie en Syrie ni dans celle de Diyarbakir qui est majoritairement Kurde et hostile au gouvernement pour d'autres raisons.

Le jour qui a suivi la fourniture par l'OTAN de missiles Patriotes à la Turquie, la Russie a répondu en envoyant des missiles Iskander à l'armée syrienne. Ces armes hypersoniques volent à plus de 2 km seconde et les experts en armement affirment qu'elles sont plus performantes que les Patriotes. Pour donner de la consistance au spectre de la Turquie menacée par la Syrie, les portes parole de l'OTAN prétendent que l'armée syrienne utilise déjà des missiles Scud et se prépare à utiliser des armes chimiques mais ces deux affirmations ne sont que de la propagande guerrière. Anders Fogh Rasmussen, le Secrétaire Général de l'OTAN condamne l'utilisation de missiles Scud – sans apporter la moindre preuve qu'ils aient été tirés – mais pas les attentats à la bombe, bien réels ceux-là, perpétrés au coeur des villes par les groupes armés que lui et les membres de son organisation soutiennent.

La Turquie prétend que les Patriots sont uniquement défensifs, mais on peut se demander quelle attaque au juste elle craint: Une attaque gratuite de la Syrie tout à fait improbable ou une attaque de l'OTAN à partir du sol turc ? Bien que la cible évidente semble être la Syrie, le commentateur Abdel Bari Atwan pense que les missiles ont été mis en place en vue d'une attaque contre l'Iran. Si les Etats-Unis décidaient de se servir de la base aérienne d'Incirlik dans la province d'Adana où se trouvent des milliers de soldats pour attaquer l'Iran, la Turquie serait exposée à des frappes de représailles. C'est pourquoi elle a besoin non seulement des Patriots mais aussi des radars anti-missiles installés dans la province de Malatya plus tôt dans l'année, et qui sont aussi considérés par la Russie comme une dangereuse extension du bouclier de 'défense' anti-missile européen de l'OTAN.

Même si c'était Israël qui attaquait, l'Iran considérerait que les Etats-Unis sont partie prenante et il rétorquerait en attaquant les bases Etasuno/OTAN de Turquie et du Golfe. L'Iran pense que l'installation des Patriots en Turquie fait partie des préparatifs de guerre de l'OTAN dans la région, avec comme cible lui-même et la Syrie. Le fait de savoir si les Etats-Unis et/ou d'Israël finiront pas attaquer ou non l'Iran qu'ils menacent depuis des années, continue, bien sûr, à faire l'objet d'intenses spéculations.

Si la cible est la Syrie, l'OTAN interviendra probablement derrière l'écran d'une « zone d'exclusion aérienne », qui s'étendra sans doute jusqu'à Alep pour pouvoir placer toute la ville sous le contrôle des groupes armés et en faire la « capitale » des territoires « libérés ». Sans l'accord du Conseil de Sécurité de l'ONU, la mise en place unilatérale d'une « zone d'exclusion aérienne » n'aurait pas le moindre semblant de légalité. Dans une telle situation, abattre un avion syrien dans l'espace aérien syrien serait un acte de guerre. Les conséquences seraient si graves qu'on a du mal à imaginer l'OTAN s'avancer sur ce terrain là sans l'accord tacite de la Chine et de la Russie.

Ils ne semblent pas prêts de le donner. L'enjeu est d'importance pour la Russie et si ses positions sur la Syrie ont évolué, ce serait plutôt dans le sens d'un durcissement. Malgré les interprétations aussi mensongères que   malveillantes de tout ce qui sort de Moscou par les médias occidentaux, la Russie n'est pas revenue sur ses engagements. Elle a dit tout au long que son principal souci était l'intégrité de la Syrie et non le sort de tel ou tel gouvernement. Elle ne s'est jamais engagée à maintenir le « régime d'Assad » en tant que tel. Depuis le début, elle souligne que le droit de choisir revient au peuple syrien et pas aux groupes armés ni à leur sponsors étrangers.

La Russie a affirmé tout au long, qu'elle ne laisserait pas l'OTAN faire de la Syrie une seconde Libye. La semaine prochaine, des unités russes de la mer Noire, la Baltique et la mer du Nord se rassembleront pour des manoeuvres militaires au large des côtes syriennes. Les navires de guerre étasuniens sont aussi présents à l'est de la mer Méditerranée, ce qui laisse présager l'éventualité d'une confrontation maritime dans le style de Cuba dont la Syrie serait l'enjeu si l'OTAN intervenait.

On peut se demander si l'OTAN a vraiment l'intention d'intervenir en Syrie ou si l'installation des missiles en Turquie fait partie d'une guerre psychologique à base de propagande.

Donner des missiles à la Turquie est une chose. Attaquer la Syrie est une autre paire de manches. On ne peut pas entièrement rejeter cette possibilité mais on voit mal comment les membres de l'OTAN pourraient le faire, à moins qu'ils ne parviennent à neutraliser la Russie et la Chine, ce qui changerait la donne. Et pourtant, sans intervention directe, les groupes armés ne semblent pas capables de renverser le gouvernement syrien.

On dirait que l'OTAN se retrouve dans une impasse mais seulement si l'on assume que le renversement du régime syrien est vraiment le but premier de l'intervention en Syrie. Pour Hasan Nasrallah, le but des Etats-Unis et de ses alliés est de sortir la Syrie de « l'équation régionale ». Cela peut se faire en renversant le gouvernement mais on peut aussi y arriver en semant le chaos en Syrie. C'est ainsi que l'Irak et la Libye ont été sortis de « l'équation régionale ». Dans les deux cas, le « dictateur » a été utilisé comme prétexte à l'intervention. En Irak les Etasuniens ont choisi de laisser Saddam en place parce qu'on pouvait compter sur lui pour maintenir l'Irak à genoux. C'est seulement quand les sanctions ont perdu de leur impact et que l'Irak menaçait de se reconstruire que la décision a été prise de le renverser. Bashar est utilisé de la même manière, mais cela ne signifie pas que les Etats-Unis et leurs alliés veulent le remplacer par les groupes armés. Ils poursuivent leurs propres objectifs en s'adaptant à la réalité du terrain.

Dans le journal Al Akhbar, le vice-président syrien, Faruq al Shar'a, a proposé récemment une solution politique pour sortir de l'impasse. Il faut dire ici que si les soi-disant « amis de la Syrie » se souciaient le moins du monde du peuple syrien, ils auraient depuis longtemps trouvé une solution politique au lieu de bloquer, saboter et rejeter à priori toute tentative de négociation. la lecture de l'article ne permet pas de penser que Monsieur Shara'a ait le moindre espoir que les sponsors des groupes armés acceptent une solution politique. De fait, si l'on convient avec Hasan Nasrallah que le principal objectif des Etats-Unis et de leurs alliés est de sortir la Syrie de « équation régionale », alors les 20 mois de destruction auxquels on vient d'assister prennent tout leur sens. Le moment viendra peut-être où ces gouvernements s'intéresseront à une solution politique mais pour le moment la Syrie peut continuer de perdre son sang.

Pour que ces gouvernements se trouvent finalement obligés de venir à la table des négociations, il faudrait, par exemple, que les groupes armés parviennent à remplir leur contrat, c'est à dire à renverser le gouvernement de Damas. Si les gangs armés étaient sur le point de prendre la relève, leurs sponsors occidentaux pourraient changer de tactique en interrompant leur approvisionnement en argent et en armes (par des pressions sur l'Arabie Saoudite et le Qatar) et en réclamant une intervention et des négociations immédiates qui leur permettraient de mettre en place leur protégés 'modérés' Mu'iz al Khatib et le Conseil de Doha.

Ou à l'opposé, il faudrait que l'armée syrienne réussisse à mettre en déroute les gangs armés. Cela pourrait aussi susciter un intérêt soudain pour une solution négociée qui permettrait de contrôler le processus de transition politique. Il y a un sérieux problème qui inquiète de plus en plus les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux, c'est le « retour de bâton ». La plupart de ces groupes armés détestent « l'Occident » autant que le gouvernement de Damas. Les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux qui n'ont pas oublié ce qui s'est passé en Afghanistan, ne veulent que la Syrie se transforme en une nouvelle base takfiri agissant contre les intérêts des Occidentaux et de leurs alliés dans la région. Bien sûr, rien n'est certain, mais une Syrie très affaiblie avec Bashar toujours en place – comme l'Irak de Saddam après 1991 – pendant un processus de transition pourrait leur sembler préférable. En filigrane de tous ces développements, il y a toujours la possibilité que la Syrie n'implose et que les acteurs étrangers qui ont tout fait pour l'amener au point de non retour, en perdent le contrôle.

La dégradation de la Syrie donne un avantage incontestable aux Etats-Unis et à Israël. Inutile d'ajouter que ce qui est bon pour les Etats-Unis et Israël est toujours mauvais pour les Palestiniens. La Syrie a été l'ennemi viscéral d'Israël depuis le début. Depuis sa création, Israël a comme stratégie de faire éclater les états arabes sur des lignes sectaires et rien ne pourrait mieux lui convenir que l'explosion de l'état syrien en petites enclaves ethno-religieuses querelleuses. Quoi qu'Israël fasse au Moyen-Orient, la Palestine est le centre de gravité de sa stratégie.

Le problème central des Etats-Unis et de leurs alliés est la gestion de ce qui va suivre en Syrie. A moment donné le chaos cessera de servir leurs intérêts. Dans l'abstrait, un état islamique ne leur pose aucun problème. L'Arabie saoudite, le Qatar, le Barhein sont gouvernés selon la loi islamique et sont des piliers des intérêts occidentaux au Moyen-Orient. Le gouvernement des Frères Musulmans d'Egypte a montré qu'il n'avait nulle intention de malmener le navire occidental. Le Conseil de Doha est majoritairement Frère Musulman. Cependant, bien qu'il soit présenté par ses sponsors comme le prochain gouvernement syrien, le Conseil de Doha a peu d'espoir de s'installer dans les bureaux du gouvernement de Damas, du moins dans ce qu'il en reste. Après avoir utilisé les gangs armés comme fer de lance, leurs soutiens étrangers, en tous cas les Etats-Unis, l'Angleterre, et la France sinon l'Arabie Saoudite et le Qatar, n'ont aucune envie de les laisser prendre le pouvoir pour les voir se disputer le butin. Lakhdar Brahimi a souligné que la Syrie pourrait finir comme la Somalie. Une autre possibilité est un gouvernement de style Taliban au coeur du Moyen-Orient. Mais aucune de ces alternatives ne garantirait avec certitude les intérêts des Etats-Unis et de leurs alliés occidentaux.

La ligne rouge que les Etats-Unis et leurs alliés européens ont tracée entre les groupes armés « extrémistes » et « modérés » est artificielle. Quand Obama a mis Jabhat an Nusra sur la liste des organisations terroristes affiliées à Al Qaida, le chef du Conseil de Doha, Mu'iz al Khatib, a demandé qu'elle en soit enlevée parce que son rôle dans la lutte armée était crucial. Ses atrocités ne le dérangeaient pas. Si égorger des prisonniers est une acte terroriste alors Jabhat al Nusra est sans nul doute une organisation terroriste mais d'autres groupes font exactement la même chose, y compris l'Armée Libre Syrienne. Les gangs armés les plus importants ont rejeté l'autorité du Conseil de Doha et exprimé leur solidarité avec Jabhat al Nusra. Certains s'affairent déjà à poser les fondations d'un état islamique sans concession. On brandit partout le drapeau noir d'Al Qaida. Mais des « modérés », on n'en voit nulle part.

Il y a plus d'un an, la Syrie a été délibérément plongée dans une longue guerre contre des gangs armés. Depuis, la situation a métastasé bien au-delà de l'équation gouvernement autoritaire contre mouvement de protestation légitime, ou de l'équation crimes du « régime » contre crimes des gangs armés. Dans cette guerre par procuration impulsée par des gouvernements étrangers, le bien être de la population syrienne ne pèse pas lourd. Si le peuple syrien avait la moindre importance aux yeux de ces gouvernements étrangers, ils se conduiraient différemment.

Ceux qui ont soutenu activement ou tacitement la lutte armée au nom d'une transition politique démocratique ne peuvent espérer rien de plus qu'une victoire à la Pyrrhus. La Syrie ne jouera plus aucun rôle sur la scène arabe, elle est en train d'être ruinée et détruite sous nos yeux par l'Occident et sa tactique : diviser pour régner, qui lui réussit si bien depuis 200 ans.

Jeremy Salt professeur adjoint d'histoire et politique du Moyen-Orient de l'université Bilkent d'Ankara, en Turquie. Pour consulter l'original : c'est ici.

Tiré de Conflits / par La rédaction / dans 24 décembre 2012 à 15 h 20 min / par Jeremy Salt.

jeudi 6 septembre 2012

Les ministres français sont-ils mal conseillés ou naïfs sur la Syrie ?

Je vous propose une analyse d'Alain Chouet, ancien haut-responsable de la DGSE, et spécialiste de la Syrie, pays où il se rend depuis 40 ans. Une analyse iconoclaste sur les évènements dramatiques qui se déroulent sur le terrain depuis un an et demi, et plus largement sur les acteurs qui tirent les ficelles dans les coulisses des révoltes arabes en cours. On peut ne pas être d'accord, mais son point de vue argumenté et étayé est à verser au débat. 

L'expression "printemps arabe" est censée faire référence au « Printemps des peuples » de 1848. Depuis la révolte de Sidi Bouzid, le 17 décembre 2010, la contagion s'est étendue de la Tunisie successivement à l'Égypte, à la Libye, à Bahrein, au Yémen et enfin en Syrie. 

Contrairement à ce qui a pu être dit, ces contestations populaires, d'une ampleur et d'une intensité très variables, n'ont pas été le fait des "réseaux sociaux", dans des pays où l'accès à Internet est réduit à une minorité de personnes "branchées" et où les moyens de blocage du Net sont très développés. Même si les aspirations de ces divers peuples visaient à chasser des dirigeants corrompus pour favoriser l'instauration d'une démocratie, les manifestants en reprenant le slogan « Dégage ! » (« Erhal » en arabe) entendaient réclamer un meilleur partage des richesses pour améliorer leurs conditions de vie, obtenir des emplois et retrouver une certaine dignité (« karama » en arabe). 

En fait, ces révoltes, révolutions ou encore « réveil arabe » ont en commun d'avoir été financées par le Qatar et d'autres monarchies du Golfe et d'avoir été encadrées par les Frères musulmans. Le résultat ne s'est pas fait attendre : on en voit déjà les effets en Tunisie, en Libye et bientôt en Égypte. 

La question que l'on est en droit de se poser est : par quel miracle, les Européens ont-ils pu soutenir à ce point des mouvements qui vont à la fois à l'encontre des intérêts mêmes de ces populations et aussi des nôtres. Si la démocratisation de ces pays ne nous laisse pas indifférent, les voir retomber dans une nouvelle forme de soumission plus insidieuse n'augure rien de bon pour l'avenir. Depuis plus d'un an, ce printemps arabe n'en finit pas. 

La Syrie est le dernier pays à avoir été pris dans une tourmente qui a mis le pays à feu et à sang. Les pires conjectures formulées au premier semestre 2011 concernant les mouvements de révolte arabes deviennent aujourd’hui réalité. Je les avais largement exposées dans divers ouvrages et revues à contre courant d’une opinion occidentale généralement enthousiaste et surtout naïve. Car il fallait tout de même être naïf pour croire que, dans des pays soumis depuis un demi-siècle à des dictatures qui avaient éliminé toute forme d’opposition libérale et pluraliste, la démocratie et la liberté allaient jaillir comme le génie de la lampe par la seule vertu d’un Internet auquel n’a accès qu’une infime minorité de privilégiés de ces sociétés. Une fois passé le bouillonnement libertaire et l'agitation des adeptes de Facebook, il a bien fallu se rendre à l'évidence. Le pouvoir est tombé dans les mains des seules forces politiques structurées qui avaient survécu aux dictatures nationalistes parce que soutenues financièrement par les pétromonarchies théocratiques dont elles partagent les valeurs et politiquement par les Occidentaux parce qu'elles constituaient un bouclier contre l'influence du bloc de l'Est : les forces religieuses fondamentalistes. Et le « printemps arabe » n'a mis que six mois à se transformer en « hiver islamiste ». 

En Tunisie et en Égypte, les partis islamistes, Frères musulmans et extrémistes salafistes se partagent de confortables majorités dans les Parlements issus des révoltes populaires. Ils cogèrent la situation avec les commandements militaires dont ils sont bien contraints de respecter le rôle d'acteurs économiques dominants mais s'éloignent insidieusement des revendications populaires qui les ont amenés au pouvoir. 

Constants dans leur pratique du double langage, ils font exactement le contraire de ce qu’ils proclament. En, Égypte, après avoir affirmé sur la Place Tahrir au printemps 2011 qu'ils n'aspiraient nullement au pouvoir, ils revendiquent aujourd'hui la présidence de la République, la majorité parlementaire et l'intégralité du pouvoir politique. En Tunisie, et après avoir officiellement renoncé à inclure la charia dans la constitution, ils organisent dans les provinces et les villes de moyenne importance, loin de l'attention des médias occidentaux, des comités de vigilance religieux pour faire appliquer des règlements inspirés de la charia. 

Ce mouvement gagne progressivement les villes de plus grande importance et même les capitales où se multiplient les mesures d'interdiction en tous genres, la censure des spectacles et de la presse, la mise sous le boisseau des libertés fondamentales et, bien sûr, des droits des femmes et des minorités non sunnites. Et ces forces politiques réactionnaires n'ont rien à craindre des prochaines échéances électorales. 

Largement financées par l'Arabie et le Qatar pour lesquels elles constituent un gage de soumission dans le monde arabe, elles ont tous les moyens d’acheter les consciences et de se constituer la clientèle qui perpétuera leur domination face à un paysage politique démocratique morcelé, sans moyens, dont il sera facile de dénoncer l'inspiration étrangère et donc impie. La Libye et le Yémen ont sombré dans la confusion. Après que les forces de l'OTAN, outrepassant largement le mandat qui leur avait été confié par l'ONU, ont détruit le régime du peu recommandable Colonel Kadhafi, le pays se retrouve livré aux appétits de bandes et tribus rivales bien décidées à défendre par les armes leur pré carré local et leur accès à la rente. L'éphémère « Conseil National de transition » porté aux nues par l'ineffable Bernard Henri Lévy est en train de se dissoudre sous les coups de boutoir de chefs de gangs islamistes, dont plusieurs anciens adeptes d'Al-Qaïda, soutenus et financés par le Qatar qui entend bien avoir son mot à dire dans tout règlement de la question et prendre sa part dans l’exploitation des ressources du pays en hydrocarbures.

Au Yémen, le départ sans gloire du Président Ali Abdallah Saleh rouvre la porte aux forces centrifuges qui n'ont pas cessé d'agiter ce pays dont l'unité proclamée en 1990 entre le nord et le sud n'a jamais été bien digérée, surtout par l'Arabie Séoudite qui s'inquiétait des foucades de ce turbulent voisin et n'a eu de cesse d'y alimenter la subversion fondamentaliste. Aujourd'hui, les chefs de tribus sunnites du sud et de l'est du pays, dont certains se réclament d'Al-Qaïda et tous du salafisme, entretiennent un désordre sans fin aux portes de la capitale, Sanaa, fief d'une classe politique traditionnelle zaydite – branche dissidente du chiisme – insupportable pour la légitimité de la famille séoudienne. Seul le régime syrien résiste à ce mouvement généralisé d'islamisation au prix d'une incompréhension généralisée et de l'opprobre internationale. 

Avant de développer ce sujet, je crois devoir faire une mise au point puisque d'aucuns croient déceler dans mes propos et prises de positions des relents d'extrême droite et de complaisance pour les dictatures. Je me rends régulièrement en Syrie depuis 45 ans et y ai résidé pendant plusieurs années. Je ne prétends pas connaître intimement ce pays mais je pense quand même mieux le connaître que certains de ces journalistes qui en reviennent pleins de certitudes après un voyage de trois ou quatre jours.

Mes activités m'ont amené à devoir fréquenter à divers titres les responsables des services de sécurité civils et militaires syriens depuis la fin des années 70. J'ai pu constater qu'ils ne font ni dans la dentelle ni dans la poésie et se comportent avec une absolue sauvagerie. Ce n'est pas qu'ils ont une conception différente des droits de l'homme de la nôtre. C'est qu'ils n'ont aucune conception des droits de l'homme… 

Leur histoire explique en grande partie cette absence. D'abord, ils puisent leur manière d'être dans quatre siècles d'occupation par les Turcs ottomans, grands experts du pal, de l'écorchage vif et du découpage raffiné. Ensuite, ils ont été créés sous la houlette des troupes coloniales françaises pendant le mandat de 1920 à 1943, et, dès l'indépendance du pays, conseillés techniquement par d'anciens nazis réfugiés, de 1945 jusqu'au milieu des années 50, et ensuite par des experts du KGB jusqu'en 1990. Tout ceci n'a guère contribué à développer chez eux le sens de la douceur, de la tolérance et du respect humain. 

Quant au régime syrien lui-même, il ne fait aucun doute dans mon esprit que c'est un régime autoritaire, brutal et fermé. Mais le régime syrien n’est pas la dictature d'un homme seul, ni même d'une famille, comme l'étaient les régimes tunisien, égyptien, libyen ou irakien. Tout comme son père, Bashar el-Assad n'est que la partie visible d'un iceberg communautaire complexe et son éventuel départ ne changerait strictement rien à la réalité des rapports de pouvoir et de force dans le pays. Il y a derrière lui 2 millions d'Alaouites encore plus résolus que lui à se battre pour leur survie et plusieurs millions de minoritaires qui ont tout à perdre d'une mainmise islamiste sur le pouvoir, seule évolution politique que l'Occident semble encourager et promouvoir dans la région. 

Quand je suis allé pour la première fois en Syrie en 1966, le pays était encore politiquement dominé par sa majorité musulmane sunnite qui en détenait tous les leviers économiques et sociaux. Et les bourgeois sunnites achetaient encore – parfois par contrat notarié – des jeunes gens et de jeunes filles de la communauté alaouite dont ils faisaient de véritables esclaves à vie, manouvriers agricoles ou du bâtiment pour les garçons, bonnes à tout faire pour les filles. 

Les Alaouites sont une communauté sociale et religieuse persécutée depuis plus de mille ans. Je vous en donne ici une description rapide et schématique qui ferait sans doute hurler les experts mais le temps nous manque pour en faire un exposé exhaustif. Issus au Xè siècle aux frontières de l'empire arabe et de l'empire byzantin d'une lointaine scission du chiisme, ils pratiquent une sorte de syncrétisme mystique compliqué entre des éléments du chiisme, des éléments de panthéisme hellénistique, de mazdéisme persan et de christianisme byzantin. Ils se désignent eux mêmes sous le nom d’Alaouites – c'est à dire de partisans d'Ali, le gendre du prophète - quand ils veulent qu’on les prenne pour des Musulmans et sous le nom de Nosaïris – du nom de Ibn Nosaïr, le mystique chiite qui a fondé leur courant – quand ils veulent se distinguer des Musulmans. Et – de fait – ils sont aussi éloignés de l'Islam que peuvent l'être les chamanistes de Sibérie. Et cela ne leur a pas porté bonheur…. 

Pour toutes les religions monothéistes révélées, il n’y a pas pire crime que l'apostasie. Les Alaouites sont considérés par l'Islam sunnite comme les pires des apostats. Cela leur a valu au XIVè siècle une fatwa du jurisconsulte salafiste Ibn Taymiyya, l'ancêtre du wahhabisme actuel, prescrivant leur persécution systématique et leur génocide. Bien que Ibn Taymiyyah soit considéré comme un exégète non autorisé, sa fatwa n'a jamais été remise en cause et est toujours d'actualité, notamment chez les salafistes, les wahhabites et les Frères musulmans. 

Pourchassés et persécutés, les Alaouites ont dû se réfugier dans les montagnes côtières arides entre le Liban et l'actuelle Turquie tout en donnant à leurs croyances un côté hermétique et ésotérique, s'autorisant la dissimulation et le mensonge pour échapper à leurs tortionnaires. Il leur a fallu attendre le milieu du XXè siècle pour prendre leur revanche. Soumis aux occupations militaires étrangères depuis des siècles, les bourgeois musulmans sunnites de Syrie ont commis l'erreur classique des parvenus lors de l'indépendance de leur pays en 1943. 

Considérant que le métier des armes était peu rémunérateur et que l'institution militaire n'était qu'un médiocre instrument de promotion sociale, ils n'ont pas voulu y envoyer leurs fils. Résultat : ils ont laissé l'encadrement de l'armée de leur tout jeune pays aux pauvres, c'est à dire les minorités : Chrétiens, Ismaéliens, Druzes, Chiites et surtout Alaouites. Et quand vous donnez le contrôle des armes aux pauvres et aux persécutés, vous prenez le risque à peu près certain qu'ils s'en servent pour voler les riches et se venger d'eux. C'est bien ce qui s'est produit en Syrie à partir des années 60. 

Dans les années 70, Hafez el-Assad, issu d'une des plus modestes familles de la communauté alaouite, devenu chef de l'armée de l'air puis ministre de la défense, s'est emparé du pouvoir par la force pour assurer la revanche et la protection de la minorité à laquelle sa famille appartient et des minorités alliées – Chrétiens et Druzes - qui l'ont assisté dans sa marche au pouvoir. Ils s'est ensuite employé méthodiquement à assurer à ces minorités – et en particulier à la sienne - le contrôle de tous les leviers politiques, économiques et sociaux du pays selon des moyens et méthodes autoritaires dont vous pourrez trouver la description détaillée dans un article paru il y maintenant près de vingt ans.

Face à la montée du fondamentalisme qui progresse à la faveur de tous les bouleversements actuels du monde arabe, son successeur se retrouve comme les Juifs en Israël, le dos à la mer avec le seul choix de vaincre ou mourir. Les Alaouites ont été rejoints dans leur résistance par les autres minorités religieuses de Syrie, Druzes, Chiites, Ismaéliens et surtout par les Chrétiens de toutes obédiences instruits du sort de leurs frères d'Irak et des Coptes d'Égypte. 

Car, contrairement à la litanie que colportent les bien-pensants qui affirment que « si l'on n'intervient pas en Syrie, le pays sombrera dans la guerre civile »…. eh bien non, le pays ne sombrera pas dans la guerre civile. La guerre civile, le pays est dedans depuis 1980 quand un commando de Frères musulmans s'est introduit dans l'école des cadets de l'armée de terre d'Alep, a soigneusement fait le tri des élèves officiers sunnites et des alaouites et a massacré 80 cadets alaouites au couteau et au fusil d'assaut en application de la fatwa d'Ibn Taymiyya. 

Les Frères l'ont payé cher en 1982 à Hama – fief de la confrérie - que l'oncle de l'actuel président a méthodiquement rasée en y faisant entre 10 et 20.000 morts. Mais les violences intercommunautaires n'ont jamais cessé depuis, même si le régime a tout fait pour les dissimuler. Alors, proposer aux Alaouites et aux autres minorités non arabes ou non sunnites de Syrie d'accepter des réformes qui amèneraient les islamistes salafistes au pouvoir revient très exactement à proposer aux Afro-américains de revenir au statu quo antérieur à la guerre de sécession. Ils se battront, et avec sauvagerie, contre une telle perspective. 

Peu habitué à la communication, le régime syrien en a laissé le monopole à l'opposition. Mais pas à n'importe quelle opposition. Car il existe en Syrie d'authentiques démocrates libéraux ouverts sur le monde, qui s'accommodent mal de l'autoritarisme du régime et qui espéraient de Bashar el-Assad une ouverture politique. Ils n'ont obtenu de lui que des espaces de liberté économique en échange d'un renoncement à des revendications de réformes libérales parfaitement justifiées. 

Mais ceux-là, sont trop dispersés, sans moyens et sans soutiens. Ils n'ont pas la parole et sont considérés comme inaudibles par les médias occidentaux car, en majorité, ils ne sont pas de ceux qui réclament le lynchage médiatisé du « dictateur » comme cela a été fait en Libye. Si vous vous vous informez sur la Syrie par les médias écrits et audiovisuels, en particulier en France, vous n'aurez pas manqué de constater que toutes les informations concernant la situation sont sourcées « Observatoire syrien des droits de l'homme » (OSDH) ou plus laconiquement « ONG », ce qui revient au même, l'ONG en question étant toujours l''Observatoire syrien des droits de l'homme. L'observatoire syrien des droits de l'homme, c'est une dénomination qui sonne bien aux oreilles occidentales dont il est devenu la source d'information privilégiée voire unique. Il n'a pourtant rien à voir avec la respectable Ligue internationale des droits de l'homme. C'est en fait une émanation de l'Association des Frères musulmans et il est dirigé par des militants islamistes dont certains ont été autrefois condamnés pour activisme violent, en particulier son fondateur et premier Président, Monsieur Ryadh el-Maleh. L'Osdh s’est installé à la fin des années 80 à Londres sous la houlette bienveillante des services anglo-saxons et fonctionne en quasi-totalité sur fonds séoudiens et maintenant qataris. 

Je ne prétends nullement que les informations émanant de l'OSDH soient fausses, mais, compte tenu de la genèse et de l'orientation partisane de cet organisme, je suis tout de même surpris que les médias occidentaux et en particulier français l'utilisent comme source unique sans jamais chercher à recouper ce qui en émane. 

Second favori des médias et des politiques occidentaux, le Conseil National Syrien, créé en 2011 à Istanbul sur le modèle du CNT libyen et à l'initiative non de l'État turc mais du parti islamiste AKP. Censé fédérer toutes les forces d'opposition au régime, le CNS a rapidement annoncé la couleur. Au sens propre du terme…. Le drapeau national syrien est composé de trois bandes horizontales. L'une de couleur noire qui était la couleur de la dynastie des Abbassides qui a régné sur le monde arabe du 9è au 13è siècle. L'autre de couleur blanche pour rappeler la dynastie des Omeyyades qui a régné au 7è et 8è siècle. Enfin, la troisième, de couleur rouge, censée représenter les aspirations socialisantes du régime. Dès sa création, le CNS a remplacé la bande rouge par la bande verte de l'islamisme comme vous pouvez le constater lors des manifestations anti-régime où l'on entend plutôt hurler « Allahou akbar ! » que des slogans démocratiques. Cela dit, la place prédominante faite aux Frères musulmans au sein du CNS par l'AKP turc et le Département d'État américain a fini par exaspérer à peu près tout le monde. 

La Syrie n'est pas la Libye et les minorités qui représentent un bon quart de la population entendent avoir leur mot à dire, même au sein de l'opposition. Lors d'une visite d'une délégation d'opposants kurdes syriens à Washington en avril dernier, les choses se sont très mal passées. Les Kurdes sont musulmans sunnites mais pas Arabes. Et en tant que non-arabes, ils sont voués à un statut d’infériorité par les Frères. Venus se plaindre auprès du Département d'État de leur marginalisation au sein du CNS, ils se sont entendus répondre qu'ils devaient se soumettre à l'autorité des Frères ou se débrouiller tout seuls. Rentrés à Istanbul très fâchés, ils se sont joints à d'autres opposants minoritaires pour démettre le président du CNS, Bourhan Ghalioun, totalement inféodé aux Frères, et le remplacer par un Kurde, Abdelbassett Saïda qui fera ce qu'il pourra – c'est à dire pas grand chose - pour ne perdre ni l'hospitalité des islamistes turcs, ni l'appui politique des néo-conservateurs Américains, ni, surtout, l'appui financier des Séoudiens et des Qataris. 

Tout cela fait désordre, bien sûr, mais est surtout révélateur de l'orientation que les États islamistes appuyés par les néo-conservateurs américains entendent donner aux mouvements de contestation dans le monde arabe. Ce ne sont évidemment pas ces constatations qui vont rassurer les minorités de Syrie et les inciter à la conciliation ou à la retenue. Les minorités de Syrie – en particulier, les Alaouites qui sont en possession des appareils de contrainte de l'État – sont des minorités inquiètes pour leur survie qu'elles défendront par la violence. Faire sortir le président syrien du jeu peut à la rigueur avoir une portée symbolique mais ne changera rien au problème. Ce n'est pas lui qui est visé, ce n'est pas lui qui est en cause, c'est l'ensemble de sa communauté qui se montrera encore plus violente et agressive si elle perd ses repères et ses chefs. Plus le temps passe, plus la communauté internationale entendra exercer des pressions sur les minorités menacées, plus les choses empireront sur le modèle de la guerre civile libanaise qui a ensanglanté ce pays de 1975 à 1990. 

Il aurait peut être été possible à la communauté internationale de changer la donne il y a un an en exigeant du pouvoir syrien des réformes libérales en échange d'une protection internationale assurée aux minorités menacées. Et puisque l’Arabie et la Qatar – deux monarchies théocratiques se réclamant du wahhabisme – sont théoriquement nos amies et nos alliées, nous aurions pu leur demander de déclarer la fatwa d'Ibn Taymiyyah obsolète, nulle et non avenue afin de calmer le jeu. Il n'en a rien été. 

À ces minorités syriennes menacées, l'Occident, France en tête, n'a opposé que la condamnation sans appel et l'anathème parfois hystérique tout en provoquant partout – politiquement et parfois militairement – l'accession des intégristes islamistes au pouvoir et la suprématie des États théocratiques soutenant le salafisme politique. Débarrassés des ténors sans doute peu vertueux du nationalisme arabe, de Saddam Hussein, de Ben Ali, de Moubarak, de Kadhafi, à l'abri des critiques de l'Irak, de l'Algérie et de la Syrie englués dans leurs conflits internes, les théocraties pétrolières n'ont eu aucun mal à prendre avec leurs pétrodollars le contrôle de la Ligue Arabe et d'en faire un instrument de pression sur la communauté internationale et l'ONU en faveur des mouvements politiques fondamentalistes qui confortent leur légitimité et les mettent à l'abri de toute forme de contestation démocratique. 

Que les monarchies réactionnaires défendent leurs intérêts et que les forces politiques fondamentalistes cherchent à s'emparer d'un pouvoir qu'elles guignent depuis près d'un siècle n'a rien de particulièrement surprenant. Plus étrange apparaît en revanche l'empressement des Occidentaux à favoriser partout les entreprises intégristes encore moins démocratiques que les dictatures auxquelles elles se substituent et à vouer aux gémonies ceux qui leur résistent. Prompt à condamner l'islamisme chez lui, l'Occident se retrouve à en encourager les manoeuvres dans le monde arabe et musulman. 

La France, qui n’a pas hésité à engager toute sa force militaire pour éliminer Kadhafi au profit des djihadistes et à appeler la communauté internationale à en faire autant avec Bashar el-Assad, assiste, l'arme au pied, au dépeçage du Mali par des hordes criminelles qui se disent islamistes parce que leurs rivaux politiques ne le sont pas. De même les médias et les politiques occidentaux ont assisté sans broncher à la répression sanglante par les chars séoudiens et émiratis des contestataires du Bahraïn, pays à majorité chiite gouverné par un autocrate réactionnaire sunnite. De même les massacres répétés de Chrétiens nigérians par les milices du Boko Haram ne suscitent guère l'intérêt des médias et encore moins la condamnation par nos politiques. Quant à l'enlèvement et la séquestration durable de quatre membres de la Cour Pénale Internationale par des « révolutionnaires » libyens, elle est traitée en mode mineur et passe à peu près inaperçue dans nos médias dont on imagine l'indignation explosive si cet enlèvement avait été le fait des autorités syriennes, algériennes ou de tel autre pays non encore « rentré dans le rang » des « démocratures », ces dictatures islamistes sorties des urnes. 

À défaut de logique, la morale et la raison nous invitent tout de même à nous interroger sur cette curieuse schizophrénie de nos politiques et nos médias. L'avenir dira si notre fascination infantile pour le néo-populisme véhiculé par Internet et si les investissements massifs du Qatar et de l'Arabie dans nos économies en crise valaient notre complaisance face à la montée d'une barbarie dont nous aurions tort de croire que nous sommes à l'abri.


lundi 20 août 2012

La Vérité sur la Syrie commence-t-elle à émerger ?

En raison de l'importance des débats tenus au cours du mois d'Août sur la situation syrienne, nous diffusons ces videos comme une rétrospective des échanges tenus sur les ondes françaises.  

Dans la logique des deux émissions présentées, nous espérons que la vérité sur les faits qui se déroulent en Syrie s'imposera dans les medias français et que la politique du gouvernement actuel se muera en une politique de vérité qui doit encourager le dialogue entre les parties en conflit. Pour éviter les ingrédients d'une nouvelle guerre à venir, tout changement de pouvoir en Syrie ne doit se produire qu'à l'issue du dialogue.  

La dictature ce ne sont pas seulement l'emprisonnement et la torture physique mais aussi la manipulation des consciences par les medias et la pratique du mensonge en politique. 

Syrie : attention aux barbus - Bassam Tahhan - Porte-Parole du Collectif pour la Syrie (non-membre du Conseil National Syrien ou des Amis de la Syrie)... par FranceInfo - 20/08/2012 



Réveil des Consciences à Propos de la Syrie sur RMC! 03/08/2012
    



dimanche 19 août 2012

L'Archevêque d'Alep à l'Occident : Ne vendez pas d'armes à l'opposition et ne payez pas les combattants...

L'archevêque grec melkite d'Alep, Mgr Jean-Clément Jeanbart a demandé aux gouvernements européens de ne pas envoyer d’armes à l'opposition syrienne, et a confirmé que les Eglises de son diocèse avaient interdit aux fidèles d’entrer dans la lutte armée.

Dans un entretien à Radio Vatican datant du 17 Août 2012, Mgr Jeanbart a déclaré : « Nous aimerions voir les pays européens et occidentaux essayer de ne pas vendre d’armes et de ne pas payer des personnes pour se battre, mais plutôt d’encourager ces personnes à s’asseoir à la même table pour trouver une solution par le dialogue ». Il a en outre ajouté que « le dialogue est le moyen unique d'arrêter cette guerre fraternelle dans laquelle meurent des personnes en vain, pour atteindre des objectifs qu’on ne comprends pas ».

Il s'est dit « préoccupé de constater la présence de combattants étrangers et d’organisations djihadistes à Alep, ajoutant que des fondamentalistes étaient venus de Libye, de Jordanie, d'Egypte et de bien d’autres pays tel que l'Afghanistan ou même de Turquie ».

Il a poursuivit en ajoutant : «  Dieu merci que la communauté chrétienne ait été jusqu'à présent épargnée par les événements. Les membres de notre diocèse ne sont pas armés et interdiction leur est faite de porter des armes. Nous avons été clair en proclamant à tous que nous ne serons pas partie prenante des affrontements.  Je rappelle à tous que nous avons vécu des centaines d'années durant, avec les musulmans et que nous avons entretenus de part et d'autres de bonnes relations mutuelles ».

L’Archevêque Jeanbart a par ailleurs affirmé que les combattants étrangers ne connaissaient pas l'histoire de ces relations, qu’ils percevaient avec suspicion et pensaient que de telles relations n’étaient pas une bonne chose. Ces combattants font erreur. Parfois, ils peuvent tuer des chrétiens mais, Dieu merci, jusqu'à présent il n’est pas tombé beaucoup de victimes chrétiennes.

Il a souligné que les chrétiens ont vécu durant deux millénaires en Syrie disant : «Nous avons un devoir, mais aussi une occasion de vivre en bonne entente que nous ne devons perdre ; nous devons être des citoyens à part entière, totalement dévoué à la Syrie, pour être des témoins de Dieu dans ce pays où les chrétiens ont fait leurs premiers pas."

Il s'est toutefois dit préoccupé par l'exode des chrétiens, dus aux évènements, vers le Liban et vers des pays plus lointain comme le Canada.

samedi 21 juillet 2012

Point de vue...

Samedi 21 Juillet 2012 - Suite à l'attentat qui a visé le QG de la Sécurité nationale syrienne, mercredi 18 Juillet 2012, à Damas, nous livrons à nos lecteurs ce point de vue.

"Nous avons ce matin un aperçu de ce que sera la "révolution islamiste" orchestrée par les Etats-Unis, Israël, la France et l'Angleterre, l'Arabie-Saoudite, le Qatar, la Turquie.

Que lit-on dans la presse du Jeudi 19 juillet ? Nous apprenons la jubilation des fanatiques et l'exaltation de la "bataille de la libération de Damas" lancée par les éléments armés de l'Armée Syrienne "Libre" (ASL).

En revanche, on nous tait les projets destructeurs qui permettraient aux bandes de fanatiques incultes formant les milices de l'ASL de prendre le pouvoir en Syrie. On ne nous dit rient des « tyrans » de demain que l'Occident, aveuglé par le désir d'une "sécurité militarisée" pour Israël, veut installer au pouvoir à Damas en échange d'un état de non-guerre avec l'Etat Juif (*); les américains ont financé et soutenu Al-Qaïda, pourquoi n'accepteraient-ils pas d'installer des bandes de mercenaires à la tête de la Syrie ? Ce serait le meilleur moyen de maintenir la Syrie et le Liban ensuite dans quelques siècles de déclin comme les mamelouks, esclaves incultes, rebellés contre leur maîtres fatimides, avaient placé le monde arabe dans quelques siècles de décadence, ce qui avait permis à la Turquie Ottomane de prendre le dessus.

Que lit-on dans la presse française du Jeudi 19 Juillet 2012 ?

« L'annonce de l'attentat a été saluée dans plusieurs fiefs rebelles ».
« Allah akbar! ».
« Des célébrations ont eu aussi lieu au Liban voisin, où un enfant a été tué par des tirs à Tripoli ». 
« Au Caire, la police a fait usage de gaz lacrymogènes contre des manifestants qui tentaient d'arracher le drapeau du bâtiment de l'ambassade de Syrie ».
- « La première d'une série de grandes opérations visant à faire chuter Assad et l'ensemble des piliers et symboles du régime ».
« L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), la mort du général Chawkat est un coup sévère pour le régime car il assumait le tout premier rôle dans les opérations pour écraser la révolution ». 

Et voilà "l'Observatoire Syrien des droits de l'Homme" avec son parti pris qui révèle un détournement des droits de l'homme pour une finalité guerrière. L'OSDH parle d'une "révolution"; mais on croyait que ce qui se passait en Syrie n'était tout simplement qu'une révolte contre un pouvoir oppresseur...C'est une révolution, nous dit-on, et de plus orchestrée et armée par les puissances occidentales alliées de l'Arabie Saoudite et du Qatar.

Mais qu'est-ce qu'une révolution ? C'est avant tout une modification du pouvoir par le remplacement d'un autre pouvoir; La question à se poser est alors : Le nouveau pouvoir sera t-il meilleur que le précédent ? Jugeons par les méthodes du prétendant. Compte-tenu de la violence et de la brutalité des éléments armés de l'ASL, il n'y a pas l'ombre d'un doute que le nouveau pouvoir sera celui des "razzias du désert" qui aura, avec l'aide de l'Occident, précipité le départ du parti baath (Parti de la Renaissance), lequel a commis l'impardonnable erreur de ne pas s'en tenir à la philosophie "humaniste" qui avait justifié sa fondation par Michel Aflak et Salah Ed-dine al-Bitar en 1943.

Il eut été préférable de travailler avec le gouvernement syrien pour rapprocher le régime baathiste des principes qui avaient amené la fondation du parti baath, plutôt que de lui envoyer des hordes barbares détruire la Syrie sous le slogan d'une "révolution démocratique".

Le message de l'Occident sur la Syrie inspire forts doutes et soupçons ; C'est un Occident de plus en plus insensible à la justice, car il pratique le mensonge pour parvenir à des fins très contestables. La vérité seule mène à la justice car la non-vérité est en soi une injustice. Quand à Israël, sa sécurité ne lui viendra que par l'encouragement des modérés du monde arabe et non pas des fanatiques, et par l'appui qu'il saura apporter aux courants arabes en recherche d'autonomie, d'identité et de respect des religions.

Si l'Occident mène cette politique guerrière contre le régime syrien en connaissance de cause, nous disons alors que Dieu nous préserve de son mensonge et de son injustice. Si c'est l'ignorance de ses dirigeants qui motivent leur prises de position actuelles, demandons alors à Dieu de nous préserver de leur grave incompétence."

(*) Au passage, la sécurité pour Israël que l'Occident, et en particulier l'Europe, cherche sur le dos des Syriens et des Libanais a pour but de compenser leurs propres crimes sur les Juifs. Les Syriens et les libanais n'y avaient pas participé et n'ont rien à se reprocher à ce sujet. 

Autre éclairage de Frédéric Pichon sur le site "Atlantico" (Un vent nouveau sur l'info) : Syrie : comment l’attitude des Occidentaux vis-à-visd’el-Assad prépare des lendemains encore plus sombres que la dictature actuelle

vendredi 29 juin 2012

Je ne comprends pas….

Que de questions la politique actuelle des Etats soulève. Face au drame syrien tant d’hésitations, tant de prudence, tant d’interrogations…au point que la suspicion finit par accompagner chaque pas, chaque pensée, chaque commentaire....Autant dire que je ne comprends pas....

Si je comprends que la dictature use de la force car c’est le propre d’une dictature, je ne comprends pas qu’un mouvement de contestation se disant spontané et démocratique devienne, en quelques mois, une force militaire aussi redoutable que la dictature qu'elle combat.

Si je comprends qu’il faille transformer la dictature syrienne en démocratie, je ne comprends pas pourquoi il faille la remplacer par la dictature salafiste.

Si je comprends qu’il faille se méfier de la politique nationaliste, je ne comprends pas pourquoi il faille lui préférer l’expansionnisme salafiste encouragé par l’alliance impérialiste qui a fait la guerre de Libye.  

Si je comprends qu’il faille faire rentrer la Syrie dans plus de modernité, je ne comprends pas pourquoi l’Arabie et ses alliés qataries, américains, israéliens et européens doivent reconquérir la Syrie comme au moyen-âge du temps du Prophète.

Si je comprends que les Etats aient à s’ouvrir à l’universel en conservant la diversité, je ne comprends pas comment l’idéal maçonnique de mondialisation s'accorde avec le mondialisme salafiste qui vise à islamiser à outrance les gouvernements et les territoires sous son emprise.

Si je comprends que les gouvernements en place aient obligation à pratiquer la justice envers tous les citoyens quels que soient leurs particularités, je ne comprends pas pourquoi le pouvoir doit changer de mains en fonction de la majorité confessionnelle.

Si je comprends que les peuples aient le droit d’exprimer leurs insatisfactions, je ne comprends pas pourquoi les Etats étrangers sont autorisés à encourager l’insatisfaction locale pour faire renverser les régimes en place. Autrefois cela s'appelait l’impérialisme...Aujourd'hui, nous pouvons dire « impérialisme par tiers interposé ».

Si je comprends que les pays aient à pratiquer une certaine ouverture en matière de politique d’immigration, je ne comprends pas pourquoi les musulmans revendiquent le pouvoir dès qu’ils deviennent majoritaires dans un pays.

Si j’ai compris que les européens athées (nazi) ont persécuté les juifs, je ne comprends pas pourquoi ces mêmes européens athées font payer aux palestiniens par leur politique inique exclusivement favorable à Israël, la réparation de leur crimes.

Si je comprends que les Etats anciennement colonialistes cherchent à racheter leurs emprises naguère sur les populations musulmanes, je ne comprends pas pourquoi ils sacrifient les chrétiens d’Orient en favorisant l’extrême islam.

Si je comprends que les Chrétiens d’Orient aient des craintes et soient prudents face à « l’islam absolu », car l’histoire montre qu’ils ont souvent soufferts des fanatiques, je ne comprends pas pourquoi, en pays d’islam on ne les protège pas plus, continuant à les maltraiter alors qu’ils ne sont guère un danger pour les musulmans.

Si je comprends que le gouvernement français puisse recevoir des membres du Conseil National Syrien, je ne comprends pas pourquoi il ne réserve pas le même traitement aux officiels du gouvernement de Damas.

Si je comprends toujours pourquoi le gouvernement français veut rencontrer une des parties en conflit, je ne comprends pas pour quelles raisons il cautionne un mouvement qui cherche à s’emparer du pouvoir par la violence comme firent naguère les nazis de leurs Institutions.

Si je comprends que les Occidentaux contestent la « dynastie » Assad, je ne comprends pas pourquoi ils ne contestent pas les dynasties saoudienne et qatarie.

Si je comprends qu’en France l’on ne veuille pas revenir au nationalisme allemand, je ne comprends pas pourquoi on favorise et encourage le nationalisme bouillonnant que constitue l’Islam dans une société multiconfessionnelle.

Si je comprends que dans cette même France, des personnes ne soutiennent pas le front dit national, je ne comprends pas comment ces mêmes politiciens n’élèvent guère de cris face aux dangers du nationalisme islamique, salafiste et mondialiste.

Si vous êtes comme moi et que vous ne comprenez pas le mensonge, mettez-vous sur un chemin de vérité. On y arrive par la formation aux écritures saintes, la pratique des sacrements, la charité envers toutes personnes et la rupture avec les comportements, les instruments et les structures de mensonge.

Le Veilleur de Ninive

mercredi 27 juin 2012

Un regard chrétien sur les évènements de Syrie.

Sur cette page nous avions communiqué un texte de Monsieur C.C. dans son intégralité sans la moindre modification. L'auteur, suite à une polémique sans doute sévère, nous a demandé de retirer le texte ce que nous avons fait. Toutefois, nous conservons la réponse qui lui fut faite par un chrétien syrien sur notre blog.  

Il se peut que la réponse au texte de Monsieur C.C. ne soit pas tout à fait compréhensible. Nous serons gré aux lecteurs de bien vouloir nous comprendre. 

Le contexte émotionnel et le brouillard pesant sur les informations relatives à la situation syrienne  peuvent entraîner des erreurs de jugement. Un grande humilité est nécessaire dans ces circonstances.

J'ai lu avec attention le document de Monsieur C.C. que vous avez publié avant de le retirer à la demande de son auteur. Ce qui m'a le plus surpris, ce sont les positions et déclarations rapportées de Monseigneur Zenari, Nonce Apostolique en Syrie.

Avant de communiquer ma réponse ici bas, j'assure n'être en rien un soutien du parti Baath et de son Président au pouvoir en Syrie. Je fais partie de la majorité silencieuse syrienne qui aspire à la paix, à la sécurité et à la cohabitation sincère et harmonieuse entre musulmans et chrétiens. 

Je dirais ensuite que nous chrétiens de Syrie, nous sommes prêts à nous « priver de liberté et de démocratie   » si toutes deux doivent être « accordées aux Salafistes » au prix de la disparition des chrétiens de Syrie. 

Tout d'abord selon les termes de C.C., Monseigneur Zenari qui défendrait « les bonnes dispositions de l'opposition syrienne à l'égard des chrétiens » semble ne pas s'attarder sur le cas de l'Egypte d'où j'ai reçu plusieurs messages de prêtres qui témoignaient d'une grande inquiétude face aux islamistes et aux frères musulmans. Nos prises de position en Syrie sont très influencées par le sort qui fut réservé aux chrétiens d'Irak qui continuent à chercher l'exil.

Dans mon argumentation, je me réfère aux positions de Monseigneur J. Nazaro, l'Evêque Latin de Syrie, qui s'est vu, à plusieurs reprises, refuser la publication de messages adressés à la presse italienne. Il était alors le premier à vouloir évoquer la présence de salafistes en Syrie qui se disaient désireux de « purifier la terre de l'islam » de la présence des infidèles.

Je me réfère également aux fatwa des Imams saoudiens appelant à la « guerre sainte contre les infidèles » et proclamant qu'il ne pouvait y avoir en Orient qu'une seule religion et que les chrétiens devaient se convertir a l'Islam qui reconnait les religions du « livre ».

Il est certain qu'il y a de bons musulmans, sincèrement « tolérants » ; nous en connaissons tous mais le courant salafiste sème  la haine, cultive la rancune, recherche les disputes et considère les chrétiens comme des traîtres à la solde de l'Occident"; on les considère les complices des anciens « Croisés » qui voulaient envahir la terre d'islam.

Il serait bon, pour le nonce apostolique en Syrie, d'effectuer un tour dans la campagne syrienne et de se mettre à l'écoute de certaines mosquées d'Alep notamment les mosquées du quartier de Salah-Eddine et de bien entendre les prédications des Imams appelant lors de la prêche du Vendredi à la « guerre sainte ».

Rappelons seulement au nonce les slogans des islamistes au début de la rébellion : « El alawi fi taboutt wal al-massihi fi Bairut » (L'alaouite dans le cercueil et le chrétien à Beyrouth).

A Alep, nous commençons même à entendre des appels lancés en direction des propriétaires musulmans d'entreprises pour qu'ils chassent les chrétiens; ces appels soutenant que c'est un devoir de Foi de le faire. A Idlib, les Salafistes ont menacé les institutrices d'écoles tout en leur donnant le choix entre se convertir à l'Islam ou quitter la ville. En plus de cette appel, ils ont imposé le voile aux chrétiennes.

Ces arguments tout à fait justifiés ne nous dispensent pas de rappeler la corruption considérable qui affecte  la société syrienne ou encore les problèmes économiques que l'on peut attribuer à diverses causes dont la polygamie, les familles très nombreuses avec plus de 10 enfants, l'état de guerre sans fin (depuis 1967), la corruption des dirigeants du parti, qui sont toutes des raisons valables auxquelles viennent s'ajouter les sanctions récentes contre le régime et qui ne touchent que le peuple.

Même les non-défenseurs du régime, parmi lesquels je me place, doivent reconnaître que des reformes sont en cours qui peuvent changer et améliorer la situation.

Aujourd'hui l'Occident s'en prend à la Syrie; pourquoi ne fait-il pas de même avec le régime saoudien ou qatari dont on connait l'intégrisme et le fanatisme et leur financement de la rébellion syrienne. 

Ici personne ne croit que l'Occident, par ses prises de position, cherche le bien du peuple syrien. Nous avons vu les Occidentaux agir en Libye et en Irak. L'Occident ne veut que détruire la Syrie.

Pourquoi refuse t-on, dans les média occidentaux, des communications écrites ou orales qui soient tant soit peu neutres ou d'un avis différent de la politique des Etats ? Un journaliste français de notre connaissance fut accusé d'avoir  « attrapé le virus de Bashar » après avoir essuyé un refus de publication.

Certes Monseigneur Zenari peut ne pas partager les positions du Patriarche Grégoire III et celles de Monseigneur Jeambart, respectivement Patriarche et Evêque d'Alep pour les Grecs Melkites Catholiques mais il ne dit pas ce qu'il pense des déclarations du patriarche Maronite Monseigneur Raï qui, à la suite de sa nomination, avait déclaré que si le régime syrien n'était pas démocratique, il était le plus tolérant des régimes envers les chrétiens de Syrie. 

Auparavant en Syrie, c'était comme en Egypte; on ne pouvait construire des églises. A présent, nous chrétiens, avons les droits de tous les citoyens. Avec les salafistes, ce ne sont pas seulement les chrétiens qui seraient menacés mais, également , les grandes figures de l'Islam éclairé comme le Grand Mufti de Syrie.

Mgr Zenari n'est pas sans ignorer l'histoire des chrétiens syriens qui nous fait remonter à des évènements violents passés : le génocide arménien et syriaque par les ottomans, les massacres de Damas et d'Alep en 1860; les persécutions des chrétiens par les Mamelouks et les Seldjoukides sans omettre les tragiques conséquences des croisades sur les chrétiens de nos pays...

Concernant le Père Paolo Dal-Oglio; il a tout mon respect pour ce qu'il a réalisé mais a-t-il le droit de s'en prendre à ceux qui lui ont offert l'hospitalité ? Il a tendance à vivre dans un monde abstrait et à se nourrir d'un amour « platonique » entre chrétiens et musulmans. A cause de cela, il s'est heurté aux chrétiens syriaques, il a été la cause du départ de Monseigneur Batikha, ancien évêque de Homs. Certes, il a innové par l'institution d'un ordre monastique mixte en Syrie mais est-ce réaliste d'avoir des moines et des moniales vivants sur un même lieu ? Par ses gestes, le Père Paolo a eu prétention à connaître la Syrie mieux que les syriens. Ses projets ont été très identifiés à sa personne mais que restera-t-il de ses projets après son départ ? 

Je crains que la position de Monseigneur Zenari soit de nature plus diplomatique qu'humaine. Il ménage l'opposition et l'avenir....sans garanties toutefois. Nous qui vivons le quotidien de la guerre rebelle-répressive de Syrie, nous lançons un appel aux Occidentaux pour qu'ils  ouvrent les yeux. Qu'ils ne prennent pas le risque d'être les témoins silencieux de l'extinction du christianisme en Orient. En Orient, il y a des situations  où nous ne pouvons nous payer le luxe de ménager les uns et les autres...nous avons urgemment besoin de garanties. 

On nous a dit que l'Occident moderniste a une grande faculté à renier le passé.  Par quelques lois, les Occidentaux parviennent à effacer l'essentiel de leur passé religieux, culturel, voire économique alors que leurs pays furent, dans le passé, si grands et si généreux. Désormais, voilà les pays occidentaux oublieux de leurs racines chrétiennes et des engagements de leurs ancêtres à l'égard des chrétiens de Syrie et de Terre-Sainte; les voilà totalement abandonnés à un objectif abstrait qu'il est convenu d'appeler la « mondialisation ». Est-ce vrai ?
Un chrétien Syrien qui a demandé l'anonymat.

lundi 31 octobre 2011

Non au "Laissez-faire, Laissez-déchristianiser" !

(France) - Deux informations.

1 - L'Agenda européen ne mentionne plus la fête de Noël dans son calendrier. Ecoutons attentivement Monseigneur Di-Falco réagir à ce méfait.


A présent, Chrétiens et frères en Christ, posons-nous la question : Qu'apporte, au Christianisme, l'abdication de l'Europe face aux marchés ? Que fournit l'organisation européenne au message du Christ ? Notre Foi, notre Espérance et notre Charité se sont-elles trouvées grandies par la signature des traités européens et par l'ouverture tous azimuts des frontières ? Les populations pauvres d'Afrique et d'Asie vivent-elles désormais mieux grâce à la création de l'Europe marchande ? La faim dans le monde a t-elle régressé ? Les peuples différents s'aiment-ils plus qu'auparavant ? Les risques de conflits s'éloignent-ils ?

Ici, maintenant, en Europe, pensons à ce qui s'est produit depuis 20 ans par la "grâce" des "Traités de Lisbonne et surtout de Maastricht". Est-il désormais plus facile de porter la parole évangélique ? Est-il plus aisé de maintenir un enseignement chrétien dans les écoles chrétiennes ? La tolérance à l'égard de  notre foi et des manifestations de la vie chrétienne est-elle en croissance ? Pour ceux parmi vous qui pensent qu'il y aurait un recul de la Foi, ce recul émanerait-il d'un scepticisme accru des personnes vis à vis du message évangélique ou bien est-il le résultat d'une déchristianisation orchestrée par des pouvoirs opaques qui grossissent des détails parfois négatifs des Eglises et insinuent des méfaits ?

Le Veilleur de Ninive s'est posté en Mésopotamie, terre d'Abraham et du début de la civilisation judéo-chrétienne. Il refuse le "laisser-faire laisser-déchristianiser" qu'imposent aux peuples européens ces philosophies opaques et ces pensées obscures qui ne disent pas leurs noms et qui sont aussi invisibles que Satan dans les méandres de notre vie quotidienne; ces philosophies qui combattent les chrétiens et leur Foi, l'Espérance et la Charité qu'ils véhiculent. Chacun, là où il se trouve, est appelé au refus du "négativisme athée et païen" par des ruptures avec les "pouvoirs hostiles et abusifs" et leurs instruments qui ne disent pas leurs noms.

"Hors de l'attachement au Christ, point de Salut"; Tout le reste est vanité et n'a qu'une durée éphémère. Ensemble, exigeons que soient respectés les "descendants spirituels" que nous sommmes, des Pères et des Saints Chrétiens qui ont forgé l'Europe ; ils ont su répandre un "esprit européen" avec force et persévérance et grâce à leur courage. Ils ont su dégager un amour abondant imprégné de charité et de renoncements des plaisirs éphémères pour semer un esprit dont nous avons hérité ; cet esprit qui est aujourd'hui détourné et retourné vers des fins qui nous sont hostiles.

2 - Deuxième information, le "salon international du monde musulman" avait été initialement fixé les 23-25 décembre à Paris!...Il a fallu des pressions pour faire modifier la date....Que l'on ne nous dise plus que les "prières de rues" et la fixation "d'un salon du monde musulman en pleine fête chrétienne" sont des actes pûrement spirituels.

Chrétiens...N'ayons ni honte, ni peur! La honte engendre la honte et la peur paralyse; ni l'une ni l'autre ne sont source de salut mais uniquement "illusion de salut".

Notre timidité, nos peurs, nos complicités ont entrainé notre abandon par Dieu qui nous a laissé au milieu de notre corruption....

Prions-le d'accompagner à nouveau, notre "mouvement de redressement spirituel" ; prouvons notre amour à son égard ! Il le faut! Renonçons, dès à présent, à tous les pouvoirs qui ne nous portent pas dans leurs projets.

Que ceux qui croient que la paix confessionnelle s'achète à coups d'abdications se détrompent...

La paix confessionnelle est le fruit d'un "esprit ferme" qui dégage une position claire et d'un "coeur tendre" qui privilégie le dialogue. L'inverse, un "esprit mou" et un "coeur dur", nourrit l'hypocrisie et le mensonge qui, un jour, deviennent intolérables et font éclater un conflit armé.

Soyons donc "fort et ferme dans la foi" pour savoir dire avec fermeté notre refus du "Laissez-faire, Laissez-déchristianiser"; combattons les groupes hostiles avec les armes du Christ que sont le renoncement à son rang divin et le courage de l'affrontement; faisons plier les actions et le mal propagés par des idéologies et des religions sournoises; elles visent des objectifs "négationistes du message chrétien" et "destructeurs de son héritage".

Chrétiens d'Europe! Chrétiens du Monde, mettons-nous debout l'esprit ferme et le coeur tendre et soyons vigilants!

dimanche 2 janvier 2011

Absence d'information sur l'attentat dans le Progrès Egyptien.


Nous sommes revenus plusieurs fois sur les numéros des 1 et 2 Janvier  2011 de la version  en-ligne de l'unique quotidien francophone égyptien, le Progrès Egyptien. En vain, nous n'avons pu trouver la moindre allusion à l'attentat qui a atteint l'Eglise Al Qidissin d'Alexandrie le 31 décembre 2010. Y a t-il des termes pour qualifier un tel manque ?

Lorsqu'on se targue d'être un journal fondé en 1893, l'absence d'une information si importante n'est pas autorisé; l'omission est manipulation. On déduit que rien n'a changé en Egypte depuis des décennies.

En conséquence, le Veilleur de Ninive demande à la direction du Progrès Egyptien de s'expliquer....le Blog diffusera son explication.
                                                                                               Le Veilleur de Ninive

Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.