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mercredi 13 novembre 2013

Syrie, le taux de change du dollar est-il un bon baromètre de la position américaine sur l'échiquier ?

En Syrie, le taux de change du dollar ne serait-il pas le reflet des victoires et des revers des Etats-Unis ? Très élevé durant les deux premières années de la guerre syrienne, le dollar connaît, depuis quelques temps, une pente qu'il semble avoir du mal à freiner. 

Après avoir atteint des sommets avec 1$ pour 350 livres syriennes, on l'échange aujourd'hui au taux de 1$ pour 145 livres syriennes. 

Mais quelles explications peuvent être données au phénomène ?

Il y en aurait plusieurs : 

1° L'aide de l'Iran qu'on dit de 5 milliards de $ à la Banque de Syrie.
2° L'aide financière accordée par la Russie. 
3° La mise sous contrôle et la fermeture de bureaux des changes qui faisaient circuler des rumeurs négatives sur la livre syrienne, lui annonçant le même avenir de dégringolade que la livre libanaise avait connu durant sa guerre.
4° Les victoires de l'armée syrienne qui reprend du terrain sur plusieurs fronts.
5° La « frappe américaine » avortée.
6° Le moral des syriens qui aperçoit des lueurs d'espoir, par-ci par-là.

Ces explications auraient eu pour effet de pousser les citoyens à acheter des livres syriennes. Les bureaux de changes eux-mêmes semble faire de même. Cette dégringolade du dollar n'est, toutefois, pas sans conséquences négatives pour des personnes qui avaient trouvé refuge dans la monnaie américaine et avaient transformé leurs avoirs en dollars.

Sur les prix, la chute du dollar aura pour effet une baisse de 10% en moyenne, à l'exception des biens qui se vendent au marché-noir, viandes rouges et blanches, fromages, etc....

De notre correspondant à Alep

jeudi 18 juillet 2013

Face à l'arrivée de vivres, Alep esquisse un léger sourire

Alep - le 18 juillet 2013 - La protestation de la population d'Alep aurait-elle donné quelques fruits ? Le vrai appel à la démocratie, que les rebelles spolient depuis plus de deux ans, viendrait-il enfin de la majorité silencieuse ? 

Le geste auquel ont assisté les alépins aujourd'hui suscite un mince espoir et laisse percevoir qu'un rôle accru, accordé à la majorité silencieuse, donnerait de bien meilleurs résultats à la Syrie démocratique que l'usage des armes et de la violence. 

La majorité silencieuse a peut-être eu raison de la corruption ambiante et du silence des autorités locales, ne serait-ce que durant 24 heures. En effet, le Président Bachar-el-Assad aurait donné l'ordre de "sauver" Alep et d'ouvrir le blocus qui pèse depuis des semaines voire des mois sur les quartiers de la ville sous contrôle de l'armée arabe syrienne. Des dizaines de camions escortés par l'armée, transportant légumes, farine et carburant sont entrés dans la ville. 

L'effet fut immédiat sur le niveau des prix, même si toute la population ne peut accéder aux vivres, en raison du déséquilibre de la demande par rapport à l'offre. 

Les boulangeries ont rouvert leurs portes, même s'il est nécessaire d'attendre cinq ou six heures pour obtenir deux kilogrammes de pain. Les stations d'essence ont repris la vente, accordant vingt litres par mois, et même si les queues demandent une patience d'anges. 

Les vivres manquantes sont encore la viande, le fromage et la volaille qu'on ne trouve que dans le secteur contrôlés par les rebelles qui en filtrent la circulation pour en privilégier les leurs. 

Des dires de promesses circulent affirmant que l'armée fournira prochainement du gaz aux familles. Plus positif encore, est l'interdiction faite par l'armée aux "comités populaires" de s'approcher des boulangeries et des camions d'approvisionnement, afin que ses membres armés ne s'emparent pas, sous la menace des armes, des arrivages alimentaires achetés à bas prix et revendus au marché-noir. 

Aujourd'hui pour la première fois depuis bien longtemps, le dollar qui avait dépassé la barre des 360 livres syriennes, s'est échangé à seulement 176 livres. 

Si les alépins n'osent encore trop y croire, leur moral s'est légèrement ressaisi. La paix est à portée, si chaque camp, parrains étrangers surtout, y contribuent.

mardi 16 juillet 2013

A Alep, les habitants, surtout chrétiens, risquent leur vie pour du pain...

Comme dans les quartiers chrétiens d’Alep, il ne se trouve plus de pain, de viande ou même de boîtes de conserve, des amis kurdes et musulmans, ont insisté pour m'associer à eux dans une escapade à Bustan al-Kasr, secteur de la ville d’Alep, actuellement contrôlée par Djabhat al-Nosra, dans le but de m'approvisionner en produits qui se vendent dans leur zone, à des prix plus "normaux" que dans les quartiers hors de leur contrôle.

Après des hésitations et des prières personnelles, surtout en raison du fait que nous abritons à la maison une personne âgée et que le reste de la famille manque de tout, j'ai accepté de m'associer au voyage, après que mes amis m'eurent garanti de rester à mes côtés tout au long du périple. Je prenais au préalable deux précautions en retirant la croix que je porte habituellement autour du cou, et en me séparant de mon téléphone portable.

Pour nous y rendre, nous primes un minibus qui devait nous laisser à près de 700 mètres du barrage contrôlant l'accès au marché. A l’approche on apercevait déjà des centaines de personnes âgées, hommes, femmes et enfants qui attendaient leur tour. Pas de jeunes dans les rangs, par crainte d'être embrigadés dans les milices.  

En avançant, nous nous sommes vite trouvés pris sous les menaces d'un franc-tireur de l'armée arabe syrienne posté sur la terrasse du Governorat d'Alep et sous celles d'un milicien de Djabhat al-Nosra positionné sur une autre hauteur. Les personnes courraient dans tous les sens, afin d'éviter d'être pris pour cible par ces criminels.

Parvenus au barrage, nous nous retrouvions, avec inquiétude, face à de jeunes miliciens de Djabhat el-Nosra en armes et, parmi eux, un tchétchène qui prononçait quelques mots d'arabe littéraire, pour demander aux personnes interrogées, de prononcer la "Fatiha" afin de s'assurer qu'elles étaient bien de confession musulmane. 

Grâce à mes amis musulmans, nous parvenions à pénétrer dans le marché où se trouvaient les marchandises à des prix bien différents de ceux pratiqués au marché-noir dans notre quartier : la bouteille de gaz était à 1.400 livres syriennes au lieu de 15.000 L.S.. L'essence était annoncé à 200 livres syriennes au lieu des 2.000 L.S. auquel il nous est vendu. Les légumes, devenus rares chez nous, s'échangeaient ici à 60 L.S. le kilo pour la tomate, au lieu des 500 L.S. pour la même quantité dans notre secteur ; la pomme de terre était 40 livres syriennes au lieu des 400 livres qui nous sont demandées dans notre quartier. La viande était vendu à 700 livres contre 3.000 chez nous. Le pain était ici vendu à seulement 25 livres le kilo contre 500 livres syriennes pour le kilo dans notre zone. Le fromage était offert à 200 contre 1.500 livres syriennes le kilogramme.

Attroupement à Alep pour se procurer du pain

Comparativement à d'autres secteurs de la  ville, le marché, sous contrôle de Djabhat al-Nosra, offre un large éventail de biens, mais l'essentiel des produits, à l'exception des tomates, des concombres, des pommes de terre et du pain, ne peut être emporté, sans que l'acheteur n'ait au préalable insulté le Président Bachar El-Assad et loué le Front Al-Nosra devant les caméras.

Sous mes propres yeux, les miliciens ont arrêté un homme qui avait caché de la viande sous sa chemise; ils l'ont déshabillé avant de l'agresser avec la viande. Une femme entièrement voilée était de même arrêtée pour avoir emporté du fromage sous ses habits. Mes amis kurdes viennent presque tous les jours ici. Ils m'ont raconté que le vendredi précédent, tous les acheteurs devaient prier Allah dans la rue. Les chrétiens présents parmi les acheteurs, avaient du faire semblant de prier, afin de ne pas être reconnus comme non-musulmans.

La sortie du marché est une autre grande épreuve; les acheteurs doivent passer un barrage de jeunes miliciens barbus et armés, tenant des banderoles noires avec comme inscription لا اله الا الله محمد رسول الله , "il n'y a d'Allah qu'Allah et Mohamed est son prophète"; cette exigence s'accompagne d'humiliations et d'insultes, "vous êtes les porcs de Bashar" ou d'invectives, "allez chez Bashar pour qu'il vous donne à manger" ou encore, "bientôt Alep sera libérée et la Chari'a sera appliquée avec la Jizya aux non-sunnites (chrétiens, Druzes, Alaouites....).  

Voilà les hommes que l'Occident a préparés pour la Syrie, ceux qu'il a financés et armés, ceux qui ont enlevé les deux évêques orthodoxes, ceux qui ont détruit les églises de Deir Zor, de Homs et d'Alep, ceux qui récemment ont coupé la tête de la Statut de la Vierge à Qnayyeh et tiré sur son cœur. Ceux-là, "takfiristes", enfants de l'Occident, n'auront un jour aucun scrupule à se retourner contre leur maîtres d'Europe et d'Amérique, de la même manière qu'un jour passé, les "mamelouks" se sont retournés contre les "fatimides" leurs maîtres, qui les avaient armés. 

Témoin dont l'identité est tenue anonyme.

vendredi 12 avril 2013

Syrie : Bilan d’une rébellion nationale-islamiste.

Dans la nuit sombre et lugubre de la guerre syrienne, de petites lueurs d’espoir pointent à l’horizon. En effet cette rébellion, née à Deraa, une ville du sud, où se situe une université islamique financée par l’Arabie-Saoudite, semble avoir accouché deux ans plus tard, d’une tentative de révolution nationale-islamiste avec laquelle les « démolicraties » Occidentales flirtent allègrement.

De cette comédie-tragique que nous font subir les « pan-islamistes » et leurs alliés régionaux et occidentaux, quel est le bilan ?

Militairement, nous ne sommes pas experts pour apprécier la situation ; nous nous appuyons sur les conclusions de plus connaisseurs que nous, pour dire que l’armée arabe syrienne commence à faire le siège de Damas et Alep, alors que les rebelles se trouvent à l’intérieur des deux villes.

Et pourtant, nous ne serions pas arrivés à ce stade du conflit, si l’une des offres de dialogue du Président Bachar Al-Assad avait été tentée par l’opposition islamiste et ses parrains, avant de s’obstiner dans la politique du refus.

Bien évidemment, nous ne sommes pas naïfs ; avec ou sans Bachar el-Assad, il semble que l’objectif des forces occultes était de détruire la Syrie. Il fallait aussi faire sortir du guet les terroristes en sommeil au Proche-Orient et en Europe pour qu'ils aient des chances d'être tués dans ce  nouveau foyer de guerre.

Deux ans après, l’image se révèle. Nous avons vu un enchaînement de violence accrue et une sauvagerie guerrière, nourrie par un blocage systématique de la part de la rébellion qui posait à chaque offre une condition inacceptable avant toute négociation et cette condition était le départ du Président Assad ; on ne pouvait mieux agir pour faire capoter les chances d'aboutir. L'erreur de l'opposition aura été de personnaliser le problème et de faire une fixation sur l’homme, alors que c’est l’appareil du Baath qui était à faire évoluer et à transformer. Personnaliser une problématique politique est toujours dangereux, car le risque est alors pris de transformer la victime en héro.

La poursuite de la lutte armée, à part le fait qu’elle a abouti à détruire le pays, ce qui semblait être un but en soi, aura entraîné la radicalisation des mouvements. Radicalisation de la lutte nationale-islamiste, côté rebelles, politique de la terre brûlée, côté gouvernement.

Le bilan qui nous dressons plus loin, donnera au lecteur un sentiment de parti pris de notre part ; pour être franc ; c’est un peu le cas car pour nous, le parlement et le dialogue doivent l’emporter sur la lutte armée ; notre option est de défendre les fragiles et les minoritaires. Or ces derniers ont tout à perdre dans la lutte armée.

Pour cette raison et sans vouloir gommer les abus passés du régime, notre analyse tente de montrer que la méthode utilisée par les rebelles ne pouvait avoir pour objectif « la démocratie », mais uniquement la destruction et le regroupement des extrémistes, en Syrie, pour y être détruits.

En partant de la situation des trois derniers jours, que constate-t-on ?

A Alep la recrudescence des bombardements de l’aviation syrienne passe à une autre échelle. Chez les rebelles, les luttes fratricides, sans doute dues à l’ambiguïté persistante sur les objectifs de cette guerre, mènent lentement à l’affaiblissement du mouvement à l'origine de la contestation. Les signes de cet affaiblissement se lisent, à l’inverse de ce qu’affirme une partie de la presse occidentale officielle, dans les retournements auxquels nous assistons, côté rébellion. Au sein de la population, de vrais sympathisants font plus que s’interroger sur le bien fondé de cette « révolution ».

Ceux qui avaient rejoint la rébellion espéraient trouver plus de liberté et moins de corruption, il découvre une insécurité persistance et croissante, des menaces imminentes et des brigands violant leurs filles et s’installant dans leurs propres maisons.

Ils aspiraient à sortir de la pauvreté, et voilà que le peuple est réduit à la misère, regrettant la pauvreté de naguère où les prix du marché étaient élevés alors que maintenant la loi du marché noir les prive de l’essentiel.

Ils rêvaient d’hôpitaux et de soins gratuits pour tous et de qualité, ils ont même perdu le système généreux qu’on leur avait bâti ; les soins n’étaient pas les meilleurs, mais ils étaient gratuits pour tous ceux qui étaient dans le besoin.

Ils se plaignaient de la répression policière, des moukhabarat *, des chabihhas **, sans doute à juste titre, mais que retrouvent-ils ? Des filles et des femmes enlevées et violées, des morts par dizaines de milliers ; des maisons et des usines pillées.

Le peuple avait peut-être été déçu de ne pas manger à sa faim et pourtant les silos à blés étaient pleins, mais voilà que ceux-ci ont été volé et vendu aux turcs par ces mêmes rebelles ; les premiers ayant remis ce même blé sur le marché syrien, à un prix au kilo, dix fois plus élevé. Aujourd’hui la population rurale est bien déçue, puisque même les bêtes meurent de faim ; elle ne bénéficie plus de la nourriture que l’Etat cédait autrefois aux fermiers à des prix dérisoires.

Avant la rébellion, la qualité des biens produits n’était peut-être pas du niveau des produits manufacturés ailleurs, dans d’autres pays, et tous les employés n’étaient pas riches comme le patron de l’usine, mais que constate-t-on, suite à la guerre poursuivie par les rebelles et leurs alliés ? Un millier d’usines détruites ou volées ; presque tous le tissu industriel d’Alep et le principal tissu manufacturier de Syrie est anéanti. Contre l’injustice, dont la population pouvait se plaindre, la rébellion a donné en échange le chômage. Permettez la boutade : Si le Qatar avait investi en Syrie quelques pourcentages de son budget, pour rendre la Syrie  prospère au lieu de financer la guerre, il aurait embelli le visage de ce beau pays.

Les rebelles en massacrant sauvagement les membres de l’armée arabe syrienne et des fonctionnaires prétendaient sans doute offrir la sécurité à leur place. Ils auraient du "balayer devant leur porte poussiéreuse", avant de prétendre. Non seulement, il s’agit de bandes anarchiques, chacune menant sa politique, mais encore immorales, vivant de viols, de rapines, de barbarie gratuite, sans la moindre notion de justice et de surcroît dont les objectifs sont extrêmement opaques.

La prétention à la sécurité des rebelles, ce sont des dizaines de milliers d’habitations détruites et des réfugiés par centaines de milliers échappés dans les pays voisins, mais dont la situation n’est guère plus enviable que ceux restés dans le pays.

La méthode policière des rebelles ce sont les voitures piégées, comme celles qui ont explosé face à l’université d’Alep ou à Damas au centre-ville ou encore près de l’Université. Ce type d’attentat est le meilleur catalyseur pour un retournement de la population, car même le partisan le plus inflexible pourrait, lui ou les siens, se trouver dans le souffle de l’explosion. Au fond, au temps du régime régnant, il n’y avait pas de voitures piégées ; la sécurité n’était-elle pas plus sûre ?

La « réussite de la rébellion » est d’avoir permis une perte générale de contrôle du pays ; les méfaits ont même dépassé les frontières puisque l’on estime à près de 400 jeunes filles celles qui furent violées, à ce jour, par des soldats turcs. En Jordanie et en Egypte, les jeunes syriennes sont vendues dans de « faux mariage » dit Zawaj Soutra, à de riches vieillards pour une modique somme de 100 ou 150 dollars.

Les villageois syriens sont peut-être devenus misérables, mais ils ne sont pas dénués de bon sens ; ils ont compris que si la Syrie avait besoin d’un changement au niveau de la gestion publique, celui-ci ne pouvait passer par l’annihilation. Ils demandent à présent aux rebelles d'abandonner les villages.

En conséquence, le regard des musulmans sur les chrétiens commencerait à changer. N’allons pas trop vite.... Disons seulement que la population, en général, établit un parallèle entre l’attitude des rebelles sunnites qui cherchent à éliminer tout ce qui n’est pas de leur religion et les chrétiens avec leurs organismes de bienfaisance et leurs hôpitaux qui aident sans discrimination... La population musulmane ressentirait-elle aussi le remord d’avoir manqué à la protection des minorités, gens du livre, que demande le Coran ?

Des habitants du village de Deir Hafer, lequel vit actuellement des combats féroces entre rebelles et armée arabe syrienne, ont reconnu, devant nous, avoir été trompés par la rébellion et leurs alliés. Ils affirment ne plus vouloir leur présence et particulièrement celle du Front al-Nosra qui, en dépit de toutes les destructions et souffrances évoquées plus haut, a interdit aux femmes de travailler, aux hommes de fumer, aux enfants, et surtout aux filles, d'aller à l'école ; ils ont même demandé aux familles d'accepter de marier, sans dot, gratuitement disons, leurs fillettes de 14 ans au chef de Front al-Nosra. En revanche, ce mouvement accepte qu'on tue, qu'on égorge, qu'on coupe les têtes....et même les têtes des Imams qui ne pensent pas comme eux. 

Les misères que nous avons rapportées ne sont certes pas l’œuvre unique des rebelles. Les bombardements aériens, décidés par le régime, ont tout autant contribué aux destructions et aux dizaines de milliers de victimes innocentes.

Chaque partie a ses responsabilités ; pour cela, si l’objectif de la rébellion n’est pas la destruction de la Syrie et l’élimination de tous les terroristes sortis du guet européen et moyen-oriental, qu’elle déclare une trêve et se mette à la table des négociations sans condition pour énoncer ses aspirations et se faire entendre objectivement. En revanche, si elle poursuit le combat, nous aurons le signe, presque la preuve, que l’objectif de cette rébellion n’a jamais été la « démocratie ». Les démocrates « parlementent au parlement » et non dans les batailles de rues.

Espérons qu’à présent, l’Occident, qui est soutien et pilier, de cette opposition nationale-islamiste, prendra conscience de son rôle immoral, car sa politique étrangère inacceptable se traduit par un soutien à des bandes dangereusement nationalistes, expansionnistes, immatures, manipulées, vengeresses et barbares ; elle mène à des effets qui sont hors de toutes normes morales. En politique, comme dans la vie individuelle, l’abus de dispositions non soumises à la morale, conduit à l’autodestruction. « Qui sème le vent, récolte la tempête ».

En encourageant le mouvement national-islamiste, l’Occident a exagérément exacerbé les rapports confessionnels entre les populations locales. Les accents de la rébellion à Alep sont ceux de la purification religieuse; Est-il trop tard pour l'Occident, de se dessaisir de cette politique et de la modifier ? Certes, si les politiques ont tardé, il n'est jamais trop tard : Une conférence régionale regroupant les pays du Maschrek sous l’égide de l’ONU redonnerait des responsabilités à tous les gouvernements en place et aux minorités inquiètes. Par le dialogue, on préserve et renforce la sécurité des peuples, la justice, la condition économique et sociale, la paix entre les Etats et surtout le rêve car en Orient où le cœur aiguille la raison, le rêve fait partie du programme gouvernemental. Donner du rêve, un rêve de paix et de prospérité à la population syrienne, irakienne, libanaise, égyptienne et israélienne, voilà qui a plus de chances d’aboutir à la démocratie que les intrigues des chancelleries ou la politique machiavélique du diviser pour régner.

Le Veilleur de Ninive.

* services secrets
** milice civile

mercredi 21 novembre 2012

Ne pas oublier Alep....

En Syrie, la population commence à perdre espoir sur la fin proche du conflit. La mort n'est plus seulement un fait de la vie, elle est dans le quotidien,; familière, proche, presque imminente; la population se prend à la défier ; la mort ne fait plus peur ; les habitants sont devenus moins craintifs mais paradoxalement le désir de vivre est moins vif. Il arrive bien à ceux qui sont toujours à Alep, Homs, Harasta, de se dire qu'il vaut peut-être mieux mourir que de vivre sans abris, sans pain, sans dignité humaine.

Les enfants eux ne se posent pas si crûment la question de la mort. En revanche, ils flirtent avec elle, en jouant à se faire peur dans les quartiers chrétiens d’Alep. Dans leurs jeux, ils se regroupent en soldats de l’Armée arabe syrienne et en combattants de l’Armée Syrienne Libre. Ils se fabriquent de fausses armes, mais y mettent parfois du vrai en se maltraitant.

On dit qu'un tiers de la population d'Alep a quitté la ville. Les citoyens restés sur place, font partie de la catégorie sociale qualifiée autrefois de moyenne  mais aujourd'hui sensiblement appauvrie au point qu'elle n'a plus les moyens de sortir de Syrie. En revanche, ses membres espèrent et attendent l’aide qui arrive avec parcimonie, laissant de nombreuses familles en détresse. Les familles qui ont laissé la ville d'Alep et y sont revenues ne sont pas mieux loties; certaines, par exemple, ont fait le voyage de l'Arménie, pour n'y trouver qu'un pays n'offrant pas de travail, où la corruption est presque aussi répandue qu’en Syrie.

L'émigration ne réussit pas à tous, notamment à ceux qui ont fait le choix de laisser la Syrie pour le Liban et qui n’ont même plus les moyens d’y revenir car, dans le pays voisin, la vie est très chère et les a dépouillés. Mais quel dilemme pour la population chrétienne alépine tentée par le départ ou la demeure sur place, surtout après les dernières déclarations des partis « djihadistes » qui appellent à fonder une République Islamique de Syrie. Que faire ?

Dans le quotidien alépin, la vie est devenue insupportable. Les habitants ne sortent plus que pour acheter du pain. Il faut dire que cette sortie demande cinq heures de files d’attente. Le reste du temps, les sorties de chez soi, n'ont pour but que de visiter les proches. En revanche, avec la tombée du jour, tout le monde est terré chez soi car les quartiers contrôlés par l'armée sont quadrillés de barrages.

Les modifications du mode de vie et de l'environnement, dans les derniers mois, ont été impressionnants. A Alep et dans ses environs, près de six cents usines ont été pillées et volées. Des bandes armées provenant de Turquie se sont emparées de précieuses machines. Près de 60% de la ville d’Alep est détruite. Les fameux souks, si réputés jadis, sont détruits à hauteur de 50%. Alep viendrait en troisième place après Berlin et  Stalingrad dans le classement des villes les plus détruites. Près d’1,5 millions de personnes n’ont plus d’abris ou de maisons. La monnaie s’est considérablement dépréciée. Le dollar et l'euro atteignent des records ($1=L.S.88) et (€1=L.S.110). Les marchandises et denrées alimentaires de base ont vu leurs prix quintupler. De très nombreux médicaments restent introuvables après la destruction des usines pharmaceutiques.

Le pays avance dans l’hiver ; le mazout et le gaz manquent ; le chauffage au bois n’est pas courant dans le pays. Il n’y a plus que les réchauds électriques et les couvertures pour se chauffer. Heureusement et c’est la rançon du malheur, les rapports entre voisins restent bons, imprégnés d'attention et de solidarité. Pour les urgences, il ne reste plus d'ambulances, de police ou de pompiers. Les voitures piégées sont si destructrices ;  elles ne sont pas suffisantes, semble-t-il, puisqu'elles sont généralement suivies de tirs de fusée Hawn comme pour venir achever le mort.

Au fil des mois, la situation se dégrade ; c'est le pourrissement et le monde y assiste comme le sphinx dans le désert. A Alep, l’armée syrienne ne parvient pas à pénétrer dans la vieille ville tandis que d'autres quartiers, occupés par les djihadistes (Al Nasra), deviennent des sanctuaires islamistes.  

Les conscrits du service militaire restent terrés chez eux ; des soldats désertent ou collaborent avec l’Armée syrienne « Libre », par besoin d’argent ou par conviction. Au milieu de la désagrégation, il se trouve encore des personnes de bonne volonté qui prennent des risques pour se manifester à des amis et des proches ; quel courage ont ces bédouins qui ont traversé des barrages de l’ASL pour venir entourer une famille chrétienne éprouvée. La misère est présente, croissante, destructrice et avilissante sur tous les plans.

La jeunesse ? Son comportement est désormais conduit par le besoin de manger et de s’héberger. Des jeunes chrétiens de plus en plus nombreux s’enrôlent dans les comités populaires (Chabihas) pour soutenir l’armée. La solde qui leur est versée est de 15.000 livres syriennes (€200) par mois. D’autres tentent de vendre de l’essence en contrebande ou s’improvisent vendeurs de légumes ambulants ; enfin, il y a ceux qui essayent de quitter le pays par la Turquie. Quel vide ! Quel désastre spirituel, humain, matériel…. ! Que de jeunes sur la pente négative ! Le caractère des personnes change…les instincts dominent....; au plus grand désespoir des familles, des jeunes commencent à s’adonner à la drogue introduite par les salafistes tandis que les jeunes filles sont sous la menace constante du viol. La fatwa du renégat Qatari, le dénommé « al-Qurdawi » protège les violeurs en accordant le droit de violer les filles alaouites et chrétiennes avant de les tuer. Pourquoi la France qui entretient de si bon rapport avec le Qatar, ne demande t-elle pas qu'on le fasse taire ?

Et les écoles au milieu de cela ? Il faut dire que les deux tiers des écoles publiques abritent des réfugiés ; les autres établissements sont vides. Les écoles chrétiennes, situées hors de la ville ont, quant à elles, créé des classes au sein des Eglises et dans les paroisses pour assurer les cours, tandis que les universitaires semblent avoir perdu leur année.

La question du départ et de l'émigration revient sans cesse...le dilemme....Certaines familles cherchent à partir certes, mais tout n'est pas réglé par le départ. La question est pour quelle destination ? La Suède, le Venezuela, l'Australie ou le Canada ? Ce sont les pays les plus attirants ;  mais partir, ce peut-être se ruiner. A Alep aujourd'hui, tous logement laissé est un logement prisé par les réfugiés qui s’y installent sans intention de le rendre. Vendre son bien ? Impossible. Il n’y a plus d’autorité, plus d’administration, plus de justice pour permettre les transactions.

La question du retour, est celle que se posent des familles parties s’installer au Liban, en Arménie ou en Jordanie; elles reviennent au pays car la terre d’accueil est peu sûre. Le dernier attentat de Beyrouth qui a tué le chef des renseignements, W. Hassan, a dissuadé des chrétiens à rester sur place et puis le coût de la vie au Liban vient les déterminer à partir.

Mais quelle est la véritable situation sécuritaire à Alep ; quelle place occupe l’armée arabe syrienne ? On peut dire que cette dernière est présente surtout dans les quartiers chrétiens à travers la garde républicaine formée des soldats les plus fidèles au régime. Elle occupe 25% de la ville seulement mais s'appuie toujours sur l’aviation pour tenter de déloger les rebelles salafistes des quartiers de la ville.

Ailleurs hors d’Alep ? Pour les chrétiens, l’attention se porte sur la ville de Qamichli située dans le Nord-Est du pays, où très vraisemblablement, se prépare un scénario similaire à celui de Ras-El-Ain, avec ultimatum aux chrétiens pour quitter la ville et exécution de la menace, peu de temps après. Actuellement les habitants des villages chrétiens de la région, en particulier de ceux qui se trouvent sur le fleuve Khabour, trouvent refuge dans la ville de Hassakeh.

Des nouveaux acteurs dans le conflit ? Des intégristes de toutes sortes, des bandes armées diverses foisonnent et agissent pour le compte de parrains tenus secrets. Ils sèment la terreur et égorgent de simples et modestes citoyens au nom d’Allah. Nous revivons les premiers temps de l’Islam avec les ultimatums du prophète et de ses hommes appelant à la conversation sous menaces d’être passé par le fil de l’épée. La peur règne sur l’ensemble du territoire....L’histoire se répètera-t-elle ?

Dans cette mêlée, comment rester informés ? La population chrétienne s'accroche à certains media, dont le panorama a quelque peu changé : Elle s'informe auprès d'« Al Mayadine » qui est bien apprécié mais aussi par l'écoute de deux autres chaines « Ikhbarieh » et « Dounia ». A ces chaînes sympathiques aux chrétiens, sont venues se greffer des chaines "salafistes" « Al-Barada », « Al-Sharq », « Al-Jazira » et « Al-Arabia » ; Le Net prend une place de choix avec « Taht al-Mihjar » et « Akselser » mais aussi « Alep News » et « Akhbar as-Syrian » sans omettre les réseaux-sociaux tels que Facebook.

Pour conclure, quel constat faisons-nous ? Dans une guerre comme celle-ci, l’espoir est dans le détail, dans les gestes d'amitié, dans l’attention délicate, dans l'inconnu qui se présente et tend une main….L’espoir n’est ni auprès des gouvernements, ni dans les grands discours politiques, ni dans les ambitieux qui pointent leur nez dans les medias. Aucun d’eux n’a réussi en enrayer le conflit. Aucun Etat, aussi puissant qu’il ne prétend être n’a réussi à faire passer l'humain avant les considérations géostratégiques, et à stopper ainsi la marche vers la destruction de la Syrie.

mardi 5 juin 2012

Syrie : Une idée de l'inflation sur les biens essentiels.

Ici suivent les prix des biens de base tels que pratiqués en Syrie au début du mois de Juin 2012 au regard de ceux en vigueur en février 2011.  Les montants ont été convertis en € au taux du jour (1 Livre Syrienne = €0,0125789). 

Nous réitérons notre appel pour inciter à des collectes dans vos communautés afin de venir en aide aux miséreux et aux chrétiens en particulier, de ce pays dont l'instabilité politique, la lutte armée, l'embargo et la paralysie de la vie économique, commencent à peser très lourdement sur la population. Voici quatre organismes susceptibles de recevoir vos aides : Caritas Syrie, Oeuvre d'Orient, Secours Catholique, Aide à l'Eglise en Détresse (Pour ce dernier, choisir Moyen-Orient - Aide aux réfugiés).

Février 2011
Juin 2012
Augmentation moyenne mensuelle
Sucre
0,25
1,13
30%
Riz (1kg)
0,40
1,07
18%
Pain Populaire
0,19
0,38
13%
Courgette (1kg)
0,10
0,57
38%
Viande : Mouton (1kg)
3,14
8,81
19%
Viande : Veau (1kg)
2,52
8,18
22%
Poulet (1kg)
0,75
2,77
24%
Orange (1kg)
0,13
0,50
27%
Banane (1kg)
0,38
0,88
16%
Pomme (1kg)
0,31
1,13
24%
Lait en Poudre (1kg)
1,51
10,06
44%
Huile d'Olive (Bidon - 6l)
22,64
44,03
13%
Gaz (Bouteille)
3,02
25,16
56%
Mazout (1litre) - Introuvable
0,18
0,57
21%
Fromage de brebis
1,45
3,33
15%
Essence
0,50
0,63
8%
Maison (2ch+cuisine) à l'achat 
12579
37737
20%
Salaire moyen d'un fonctionnaire
188,68
188,68
7%

Notons par ailleurs que les transports ainsi que les prix des produits importés (beurre, margarine, café, véhicules, shampoing, etc...) ont vu leur prix tripler.     
Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.