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samedi 4 juin 2016

Catholiques de France : Du renoncement à l'engagement pour faire cesser la "Christianophobie".

Il n’est plus ignoré de quiconque que les actes de profanation en France à l’encontre de sanctuaires chrétiens vont croissant dans l’indifférence populaire et officielle. En vérité, qui ne dit mot consent…

Le Veilleur de Ninive condamne et fustige ces actes inadmissibles, irrespectueux, criminels et mortels à l’égard des lieux saints catholiques qui représentent bien plus que leur matérialité. Les auteurs de ces délits et ceux qui les soutiennent, ceux qui se taisent en connaissance de cause, n’auront jamais raison. Aucune violence n’aura jamais le "Droit" de son côté, face à la Divinité de Jésus-Christ et face aux sanctuaires sacrés qu’ont bâtis ses disciples, nos pères. Nous disons à nos adversaires : «Vos agissements sont peine perdue ; vos actions nous renforcent dans notre détermination ». Pensez que le peuple sous régime soviétique a pu se débarrasser de la chape athée et totalitaire.
Interrogeons-nous désormais sur la cause de tous ces sacrilèges. Sont-ils de la seule faute de voyous, de gens ignorants, malveillants, d'adversaires politiques, ou bien les chrétiens, les catholiques en particulier ont-ils leur part indirecte de responsabilité ? Tentons de l’étayer.

La part de responsabilité qu’auraient les catholiques pourrait se lire à travers les renoncements auxquels ils sont parvenus au cours des dernières décennies. Nous avons noté cinq abandons ; il y en a sûrement plus. Mais voici pourtant notre courte liste.

1° - renoncement à la morale chrétienne qui les aurait maintenu dans l'exigence en général, et dans celle de la pureté et de la vérité en particulier.

2° - renoncement au combat et aux choix de politiques motivés par un esprit chrétien. En effet, un engagement chrétien autonome, aurait annoncé plus de place à la liberté d'entreprendre, plus d’ efforts pour la réduction de taille de l'Etat-Pieuvre, plus d’actions en faveur de la multiplication des "corps intermédiaires", plus de respect à la morale politique et sociale fondée sur la garantie de besoins vitaux mieux contrôlés.
3° - renoncement à la langue liturgique du catholicisme romain, le latin, qui lui aurait conservé les clés de lecture, d'une église épanouie à Rome, de l'identité chrétienne élargie à l'Europe, du patrimoine séculaire à conserver, et d’une meilleure compréhension des messages communiqués par les siècles passés.
4° - renoncement à une liturgie solennelle et évocatrice du paradis, au profit de « célébrations » très simplifiées insistant sur notre humanité tiède et pauvre mais dont la pauvreté reflète plus la négligence que l’humilité.

5° - renoncement à l'éducation de leurs propres enfants désormais confiés à des inconnus : animateurs de télévision, enseignants sous idéologies, animatrices de crèches, camarades aux influences néfastes, médias menteurs, etc..., parmi-eux des païens, des matérialistes, des sectaires, des adeptes de croyances malveillantes.
 
Aujourd’hui, certains soulèvent la question de l’identité et de son « effacement » croissant. Mais qu’est-ce que la perte d'identité si ce ne sont les renoncements ? Certains crient que l'islam constitue un danger, d'autres l’annoncent comme la parousie. Il y a bien sûr un risque provenant d’une religion islamique qui deviendrait majoritaire en Europe, qui se fanatiserait et se radicaliserait par intermittence. Des pays ont bien connu cela, une alternance de trêves et de conflits. Mais la menace qui nous intéresse ici, la plus facile à traiter, proviendrait d’ailleurs ; elle est en nous, chrétiens et catholiques. 

Une partie du peuple français s’inquiète sur son avenir économique, mais plus important encore est son avenir identitaire qui lui donne confiance en ses capacités. C’est un fait que lorsqu'un peuple ne prend plus son destin en main, il devient une menace pour lui-même.
Pour rester sur ce thème, nous dirions que par ses renoncements, le peuple catholique français a mis la « lampe sous le boisseau » ; Il ne se reconnait plus…Il sait encore à peine ce que doit être un catholique. Dans ce monde d’uniformisation, l’espace qui le sépare des autres non-chrétiens s’est notablement réduit. Et à présent, il est soumis au chantage du racisme ou de classe dès qu’il développe une quelconque différence qui proviendrait de sa foi chrétienne. Dans les faits, comment se sont traduits ses renoncements ?

Les catholiques ont participé au développement de l'immoralité en faisant des concessions vitales aux partisans d’actions immorales ; ils se sont mis à divorcer comme les autres faisant oublier que la famille chrétienne ne tenait que par la grâce ; pris dans le jeu du relativisme, ils ont cédé aux discours idéologiques sur la contraception, l’avortement, les unions contre-nature, etc… Ils ont confondu dialogue avec l’autre, avec soumission à l’autre. Avec eux l’exigence morale s’est aussi affaiblie.  

Puis ils ont opté pour le confort à court-terme, renonçant au combat politique à long-terme. Ils ont baissé les bras, oubliant que les autres attendaient d’eux qu’ils soient le "sel de la terre" de France. Aujourd’hui, on peut s’interroger sur ce que les catholiques français apportent de particulier à leur pays. Certains pourraient nous rétorquer que la France serait dans un pire état sans les catholiques. Cette réplique contient sûrement du vrai, mais le danger étant aux portes, leur simple présence comme décor ne suffit plus, il est urgent qu'ils s'engagent pour orienter la  transformation du pays vers le message de l'Evangile en union avec la Sainte-Eglise. 

Dans la liturgie, ils ont préféré la langue vernaculaire d'accès immédiat, à un latin dont il suffisait d’apprendre de bons rudiments tout en s'aidant de traductions et missels, afin de permettre à l’église de rester ouverte sur l'univers. En ces temps de mondialisation, le latin, langue liturgique unique de l’Eglise d’Occident,  aurait trouvé sa place légitime. L'anglais comme langue de travail, le latin comme langue de prière. Grec, slaves et syriaques n'ont-ils pas conservé leur langue ancienne dans la liturgie ?
 
Tout en ayant lâché le latin, ils ont encouragé une liturgie humaine, si humaine que beaucoup se mirent à douter de la présence réelle de Dieu sur l'autel de la Consécration ; était-il juste de renoncer à une liturgie qui transportait les fidèles dans des « hauteurs presque célestes » où la présence réelle était sensible par la Foi ?

Enfin, ils ont fini par abdiquer sur le sens le plus précieux de leur vie terrestre, mettre au monde des enfants et les éduquer soi-même pour renouveler l’héritage reçu et conserver la foi ici-bas. Ils ont opté dans la majorité des cas, pour le mariage à l’essai quand ils ne sont pas demeurés dans l’essai de l’union ; les plus nombreux ont fait le choix de la contraception artificielle alors que la maîtrise naturelle fonctionnait très bien. Lorsqu’ils ont des enfants, ils ne les assument pas toujours pleinement préférant les confier à d’autres.

Le résultat est consternant. L’offensive laïque et athée ne se dissimule plus….La politique réductrice de l’homme à sa matérialité devient très agressive…mais le catholique a des ressorts insoupçonnés que lui donne l’Evangile révélé, le verbe de Dieu. Aussi les cinq renoncements que nous évoquions plus haut ne sont pas une fatalité. Le retournement est à portée de mains si les catholiques, armés du Credo, décidaient de substituer l’engagement au renoncement. A quoi pourrait-on alors s’attendre ?
1° - un recul des profanations.
2° - une France idéologique au ralenti.
3° - un Islam respectueux.
A présent Lecteur, penchez-vous sur la chronique qui a suscité notre réflexion. Prenez connaissance des dramatiques et inquiétantes informations sur les profanations de lieux sacrés en France. Ces éléments, nous les tenons d’un papier de M. Floris de Bonneville, journaliste et ancien directeur de rédaction de l’Agence Gamma, qui présente des données de 2015. 

Le Veilleur de Ninive

Quel beau pays brisé !!!  

104 églises profanées en 4 mois : et nos gouvernants parlent d’islamophobie ?
Du 1 janvier au 15 février, 45 églises ont été visitées par des infidèles indélicats. Une par jour.

Pauvres djihadistes français ! il faut les aider à vivre en France - Le minaret, oui. La Vierge Marie, non Le site www.gauchematuer.fr a relevé que, du 1er janvier au 15 février, 45 églises ont été visitées par des infidèles indélicats.

Une par jour. Cela va du tabernacle vandalisé à l’église incendiée, en passant par des tags démoniaques défigurant chœur et autel.

Le site propose « un panorama de cette christianophobie ordinaire ».

Mais il y a pire statistique encore. Sur un autre site spécialisé dans l’observation des actes de christianophobie, dirigé par Daniel Hamiche (www.christianophobie.fr), sont répertoriés l’ensemble des actes commis contre des églises, des lieux de culte, de dévotion, des écoles et des sites Internet chrétiens en France.
Et totalement ignorée du gouvernement et de ses complices les médias. Pendant les quatre premiers mois de l’année, ce sont 170 actes qui ont été relevés par cet observatoire, dont 104 concernent des églises ! Une interruption de messe aux cris de « Allahu Akbar », le caillassage de l’église de Lacanau, une sacristie incendiée, des tags anarchistes sur une église de Tours.

Car ces actes christianophobes ne sont pas toujours le fait des adorateurs d’Allah mais souvent, aussi, celui de jeunes satanistes ou de cette secte des antifas, les milices armées pour entretenir un certain désordre sur notre sol.

Alors islamistes radicaux, jeunes des cités désœuvrés, antifas : tous des déséquilibrés si l’on s’en réfère aux rapports de police ou aux juges.

Mais le gouvernement comme les médias n’ont qu’un mot au bout de leur plume : islamophobie ou "pas d'amalgame" La christianophobie, « connais pas »

Sur cette succession de faits gravissimes contre les signes de la catholicité et qui ne semble pas s’arrêter, peu de déclarations, aucune émotion.

Même le silence de M. Cazeneuve est intolérable, tant il est loquace dès qu’il s’agit d’une mosquée.

Le récent exemple de deux poids deux mesures est éloquent sur la mentalité de nos juges politisés à outrance : deux jeunes gens de Mâcon ont pris 30 mois de prison dont six mois ferme pour avoir tenté d’incendier une mosquée, alors que cette même justice relâchait un « jeune » qui avait lardé de 16 coups de couteau une prostituée car sa religion, a-t-il déclaré lors de son arrestation le mois dernier, ne tolère pas la location du corps.

Les églises de petites villes comme Le Teil en Ardèche, ou Orgelet dans le Jura, comme les abbatiales, telle celle de Saint-Pierre de Moissac, ou les calvaires et les cimetières ne sont pas épargnés par ces barbares qui défendent, les uns une laïcité outrancière, les autres certains versets d’un Coran peu tolérant. Une situation que les autorités laissent pourrir, sans doute au nom de la laïcité.   

Floris de Bonneville

jeudi 21 janvier 2016

Par la concorde et l'entente, le Liban retrouvera son rôle de modèle pour la région.

Le 21 Janvier 2016 - Alors que la concorde au Liban a souvent été fonction des équilibres et de l'entente au niveau régional, voire international, nous nous risquons ici à exprimer l'espoir d'un renversement des flux d'influences.

L'entente entre MM. Geagea et Aoun qui a été annoncé il y a deux jours, donne le ton. Elle orientera nécessairement les pourparlers et le dialogue national en direction d'une pacification étendue aux rapports inter-libanais, sunnites-chiites.

Certes, le Liban est un pays difficile à gouverner et sa société demeure très complexe ; toutefois si dans ses moeurs politiques, ses dirigeants décident d'adopter des démarches pacifiques, courageuses et radicales comme celle-ci, l'espoir devient permis qu'un jour nous voyons l'intérêt de ce pays et de sa population placé, au moins à la périphérie des décisions politiques de ses gouvernements successifs.

Une pax libanaise à l'intérieur de ses frontières, entre les tendances  qui s'affrontent dans le reste de la région, serait de bon augure pour les pays voisins car le Liban tant rêvé, symbole, modèle et exemple de démocratie et de respect entre les confessions, pourraient alors présenter les germes d'une réalité concrète.

Comment Chiites et Sunnites pourraient-ils encore s'affronter en Syrie et en Irak, entre l'Iran et l'Arabie, alors qu'ils ont trouvé un terrain d'entente commun au Liban ? Comment juifs et palestiniens pourraient-ils encore se faire du mal, tandis qu'ailleurs ceux qui s'étaient proclamés ennemis se rapprochent autour d'une plateforme commune ? Le Liban, de retour dans ses Institutions, dont le fonctionnement démocratique est sûrement à améliorer, serait la preuve que l'entente entre les parties en conflit est réaliste et possible. 

Un pays pacifié, équilibré au niveau de ses rapports interconfessionnels, remettant ses Institutions en marche, a toutes les chances d'améliorer sa situation socio-économique ; Il laisse espérer une certaine prospérité pour un plus grand nombre et, espérons-le, un recul de la corruption avec moins de corrompus.

Durant les décennies précédentes, le Liban aura expérimenté bien des situations négatives : La guerre qui a mené à l'échec pour tous, la division qui a conduit à l'irrespect de tous, la corruption qui entraîné la paralysie des Institutions, enfin une mer d'ordures qui a conduit à l'humiliation de tous les habitants.

Le pays des Cèdres connaîtra-t-il dans le futur une évolution positive ? Les prémices de l'entente chrétienne à laquelle nous venons d'assister favorisera la victoire de tous ; l'union progressive entre les libanais forcera obligatoirement le respect du reste du monde ; un sens accru du bien commun développé chez les dirigeants amènera inéluctablement une justice plus honnête et la prospérité pour un plus grand nombre ; une meilleure organisation de la vie publique et un environnement plus sain, redonnera immanquablement à plus de libanais la fierté de leurs cèdres et le goût de revivre dans le pays.

L'entente Geagea-Aoun, au cas où elle dissimulerait un accord privé entre les deux hommes, n'en reste pas moins une démarche positive et honorable ; elle ouvrirait la voie à une alternance de sensibilités et d'orientations politiques dans la Présidence du Liban et en conséquence à plus de tolérance. Que les autres candidats en lice, MM. Amine Gemayel, Sleiman Frangié et Henri Hélou ne s'en outragent pas ; la dynamique engagée doit pouvoir les intégrer dans un projet large et ambitieux, car si le Liban est un petit pays, les libanais peuvent former un grand Coeur, à même de prévoir une place pour tous. Leur réputation d'hospitalité s'étend très loin au-delà des frontières. 

Cela ne suffit pourtant pas. Encore faut-il que les Présidentiables admettent qu'ils ne seront jamais seuls à "sauver" le Liban ; ils ont tous besoin du peuple; ce sont, en fait, les libanais unis les uns aux autres qui, tous ensemble, formeront le « Héro » du pays et mériteront un jour, peut-être le prix Nobel de la paix.

Le Veilleur de Ninive 

dimanche 1 novembre 2015

Qui sont les chrétiens d’Europe partis aider leurs frères en Orient ?



Parallèlement à l’exode des chrétiens de Syrie, de plus en plus de chrétiens européens partent combattre les islamistes de Daesh entre l’Irak et la Syrie. « Une dizaine, peut-être une vingtaine de jeunes Européens partis défendre le peuple chrétien en Syrie » et qui ne sont « ni des mercenaires, ni des fanatiques », assure Besim Atbalgim du Centre culturel mésopotamien de Locarno, en Suisse. Ces jeunes n’ont, pour la plupart, jamais eu d’arme entre les mains, ni suivi un quelconque entraînement militaire.

Une promesse et un slogan pour les attirer

Ces chrétiens, comme les centaines d’autres bénévoles étrangers « fils d’émigrés chrétiens libanais et Syriens de la deuxième génération », issus pour la plupart d’Espagne, d’Argentine et du Brésil, partent rejoindre « les unités de mobilisation populaires », une coalition de milices majoritairement chiites qui leur a promis une formation militaire et humanitaire en échange d’une promesse : assurer avec eux la protection des chrétiens persécutés, sous le slogan : « Notre destin est commun et nous devons combattre ensemble » pour les convaincre à se rallier à eux.

Parmi ces milices, la plus prisée est l’organisation armée « Dwekh Nawsha » – expression araméenne qui signifie « futurs martyrs » – active surtout dans le Nord de l’Irak, qui appuie l’armée kurde et défend les villages chrétiens menacés par l’État islamique. L’association chrétienne dispense des conseils en recrutement sur sa page Facebook. Son ambition : recruter le plus de monde possible – anciens militaires, étudiants, militants d’associations chrétiennes ou de simples citoyens – pour multiplier les chances de stopper la folle expansion de Daesh et de briser ses plans d’extermination à l’encontre des populations chrétiennes, mais aussi kurdes et yézidies, et des musulmans chiites.

Un front hétérogène contre la barbarie

Difficile de distinguer la croix du « croissant de lune » chiite, reconnaissent les analystes. Mais la présence de ces combattants – trop souvent assimilés à une nouvelle génération de « croisés » fanatiques – doit être ramenée à sa juste dimension, estime Riad Yar Bkrli, membre du parti d’opposition turc Assyrian organization dans des propos rapportés par Milanopost, le quotidien online milanais d’information et de culture.

L’opposant accuse certains sites d’information turcs et occidentaux de vouloir impliquer les chrétiens dans la guerre en Syrie, alors que ces derniers cherchent à s’entraîner pour remplir – aux côtés de forces de protection comme la Force de protection  populaire (kurdes) – un rôle non pas « de guérilla » mais de « défense et protection » contre la barbarie de l’organisation État islamique (EI).

Le chrétien d‘origine turc Lahdu Obil lui fait écho : « Depuis 2 000 ans nous savons qu’au Moyen-Orient, pour survivre il faut se battre. Arrêtons de fuir. Nos gens se sont organisés pour se défendre avec l’aide de jeunes Européens provenant de Suisse, d’Allemagne, voire même de Suède ». Lahdu Obil est le président de l’Union syriaque européenne, à Bruxelles, mouvement formé d’une douzaine d’associations de chrétiens émigrés du Moyen-Orient.

Baiji, ville symbole de la résistance

Et commencent à filtrer surtout en Espagne et en Amérique du Sud – grâce aux réseaux sociaux – les témoignages de réels succès de guerre, comme à Baiji et ses environs, une petite localité très stratégique, à quelque 200 km au nord de Bagdad, « libérée des coupeurs de têtes », commente le Milanopost, grâce à l’armée régulière irakienne et à ces « Unités de mobilisation populaire », après plusieurs changements de main et de durs combats depuis l’offensive de l’EI en Irak en juin 2014.

La ville de Baiji se trouve dans la province centrale de Salahuddin, le fief de l’ancien président Saddam Hussein. Les forces irakiennes affirment y avoir découvert, début octobre, 19 fosses communes contenant les corps de 365 combattants de Daesh.

Neutraliser les djihadistes coûte que coûte

Face à l’extermination – 250 000 depuis 2011 – et l’expulsion des chrétiens du Moyen Orient – environ 30 000 de la seule plaine de Ninive, au Nord de l’Irak – ces chrétiens européens misent tous leurs espoirs sur cette grande coalition de défense armée pour neutraliser les djihadistes. « C’est notre dernière occasion : si on échoue ce sera la fin du christianisme en Irak », déclare John Michael, un citoyen britannique d’origine assyrienne, enrôlé dans ces milices.

Raison pour laquelle les chrétiens assyriens de la diaspora ne cessent d’organiser des campagnes de financement et de collecte de fonds, en particulier aux États-Unis, en Australie et en Suède, pour les chrétiens armés en Irak. Leur participation, est selon eux, le seul moyen pour – non pas « exacerber les tensions religieuses » en montant toute une armée contre l’EI, comme cela leur est souvent reproché – mais intervenir là où la communauté internationale a jusqu’à présent failli. 

« Fais le signe de croix et il ne t’arrivera rien. La Vierge nous protège », murmure un milicien, son chapelet autour du cou et un kalachnikov en bandoulière à l’entrée de Maaloula la martyre qui panse ses plaies, un an après sa libération des griffes de Daesh.


Isabelle Cousturier - Aleteia

lundi 16 juin 2014

Un chrétien libanais du village de Ras-Baalbeck toujours détenu par le mouvement rebelle "Front al-Nosra".

Les habitants de Ras Baalbeck, village grec-catholique des confins de la Békaa, ont observé un sit-in, hier, sur la place de la localité, pour réclamer la libération de Makhoul Mrad, enlevé la semaine dernière par des miliciens syriens du Front al-Nosra venus du jurd de Ersal.

Makhoul Mrad se trouvait dans une carrière du village avec une dizaine d'ouvriers syriens et turkmènes, qui ont, eux aussi, été enlevés puis relâchés.
Ont notamment pris part au sit-in l'évêque Élias Rahhal, le curé de la paroisse Éliano Nasrallah et le président du conseil municipal Hicham Arja.

Prenant la parole, Mgr Rahhal a réclamé « la libération immédiate de Makhoul Mrad qui est un homme âgé et malade. Nous ne sommes pas des dhimmis ». « Ces temps-là sont révolus depuis des siècles. Nous sommes ancrés dans notre terre qui est le berceau du christianisme », a-t-il dit.
De son côté, le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, a évoqué dans un entretien avec la presse l'enlèvement de Makhoul Mrad. « Les barbes, les prières et la charia de ses ravisseurs ne font pas d'eux des musulmans et ne leur donne pas le droit d'enlever un chrétien. » « Ces miliciens syriens qui se sont réfugiés à Ersal ont osé enlever un chrétien de Ras Baalbeck. Nous soutenons la révolution syrienne, mais en aucun cas aux dépens des Libanais », a-t-il poursuivi.

« J'avais quitté un jour le Liban pour fuir les pressions du régime syrien, mais j'ai aussi un problème avec ceux qui utilisent la religion comme base pour le terrorisme. Nous accueillons des réfugiés syriens, mais nous ne pouvons tolérer en aucun cas des attaques contre les habitants de Ras Baalbeck ou d'autres citoyens libanais parce qu'ils sont chrétiens. J'userai de tous les moyens pour libérer Makhoul Mrad », a-t-il encore dit.

De son côté, le secrétaire général du courant du Futur, Ahmad Hariri, a souligné que « les chrétiens ne sont en aucun cas des dhimmis, mais tout simplement des Libanais. L'islam est innocent de ces terroristes qui veulent semer la discorde entre les musulmans et les chrétiens dans la Békaa ».
Par ailleurs, trois miliciens venus de Syrie à bord d'un 4x4 ont franchi le barrage de l'armée dans la zone de Wadi Atta à Ersal. La troupe a tiré dans leur direction, ils ont alors pris la fuite à pied pour se réfugier ensuite dans le jurd de la région.
 
L'Orient-Le-Jour - 16 Juin 2014.

vendredi 29 novembre 2013

L'Occident a décidé de ne plus verser de larmes pour les pogroms....

Très Important, à diffuser! 
 
Les pogroms n'émeuvent plus l'Occident. Le 29 novembre dernier, 27 corps de chrétiens tués par les extrémistes étaient exhumés, mais ce fait n'avait même pas  suscité une déclaration de circonstances de la part des autorités occidentales. 

Depuis hier, le village de Maaloula est à nouveau attaqué ; 

Cela fait présage de la violence takifiriste et fanatique, qui risque de se dérouler durant la période de Noël.  Les Etats d'Occident, si mobilisés pour la destruction des armes chimiques en Syrie, vont-ils se ressaisir pour la protection des chrétiens et des autres minorités, à l'approche des fêtes de la Nativité de Noël ?

Quelques communiqués :
 
Maaloula - 1 décembre 2013 - Les rebelles occupent à nouveau Maaloula et se déchaînent contre le village. Ils ont occupé l'antique Couvent de Saint Thècle et s'attaquent aux vestiges qu'il abrite ; ils sèment la terreur autour d'eux et mettent le feu à toutes les maisons...Les autres Eglises et les Couvents ne sont pas épargnés. Nous ne connaissons pas le sort précis des religieuses qui se trouvent à l'intérieur du couvent...mais il semblerait qu'elles aient été enlevées par les takfiristes.

Alep - 29 novembre 2013 - Le terrorisme n'a pas de religion. Le correspondant de la télévision Al-Khabar rapporte que 27 corps de chrétiens, tués par des rebelles de l'opposition au régime syrien, ont été retrouvés près de l'Eglise dans le village de Deir Al-'Attiyeh après que le drapeau de la victoire du Front al-Nosra ait été hissé sur la coupole de l'Eglise. 

Alep - 28 novembre 2013 - A 11h du matin, l'Archevêché grec catholique qui se trouve dans la vieille ville d'Alep été la cible des fanatiques takfiristes qui s'en sont approchés. L'Armée arabe syrienne les en aurait repoussés. Celle-ci a demandé à tous les occupants de l'archevêché d'évacuer les lieux.


Raqa (non daté) - L'Eglise des Martyrs arméniens de Raqa a été transformée en Tribunal de la Charia de l'Etat de Raqa après fracture des Croix et le vol du contenu. 

Lire aussi : Syrie, la traque des chrétiens par les djihadistes se poursuit; Qara, Deir Attiyeh et à présent Nabak. 

Cours de djihad aux enfants et 
enseignement de la haine contre les chrétiens.

Idlib  - Un appel d'un chef salafiste et takfiriste, lâche comme il se doit puisqu'il tourne le dos à la caméra, appelle, dans une vidéo paru sur le réseau social, à haïr et égorger les chrétiens et les membres des autres religions. Cet homme, qui par cet acte proclame l'infériorité de l'Islam sur les autres religions, enseigne l'égorgement des partisans du Président Assad et des Chrétiens.

Messieurs OBAMA, HOLLANDE, FABIUS, CAMERON, quand les chrétiens entendent ces discours, avec qui doivent-ils se ranger ? Le Président Assad ou les rebelles ? Avec vous qui soutenez les rebelles ou contre vous ?


Syrie, la traque des chrétiens par les djihadistes se poursuit; Qara, Deir Attiyeh et à présent Nabak.

Syrie - (Qara) - 28 novembre 2013 - Selon un prêtre syrien, un exode massif des chrétiens a lieu de la ville de Qara, à la suite de l'invasion de la cité par des « djihadistes étrangers ».

Agence Fides - Nous apprenons d'un prêtre syrien que les villages chrétiens qui se trouvent au nord de Damas sont la cible des groupes djihadistes armés qui poursuivent leurs actions criminelles et de destructions.

Dans ses commentaires transmis, hier, à l'Agence Fides, le Père Georges Louis, Curé de l'Eglise de Saint-Michel l'Archange, de rite grec melkite catholique  qui fut détruite et incendiée à Qara, affirme que des éléments armés djihadistes ont suivi la méthode qui fut appliquée à Maaloula, à Sadnaya et Sadad. Il fut ainsi de même à Qara, Deir Al'Attiyeh et à présent à Nabak où ils visent les villages, qu'ils investissent et tuent leurs habitants avant de le détruire, rendant ainsi la vie toujours plus difficile pour les habitants chrétiens et les autres. Il note que les milices étrangères se comportent hors de toute emprise des syriens de l'Armée Syrienne libre (ASL) qui serait estimée de tous le monde. Ces étrangers ne voulant que la destruction du pays dans son entièreté, tandis que les membres de l'ASL sont malheureusement souvent contraints de se retirer devant les groupuscules armés étrangers. 

Le Père Louis a rappelé que l'équilibre s'est rompu dans la région, lorsque le 16 novembre dernier, plus de trois milles djihadistes sunnites ont investi le village d'Ersal, pénétrant en Syrie par le Liban. Ils ont pénétrés dans le village en le transformant en champ de bataille ; les éléments de l'ASL ont du se retirer car ils étaient minoritaires. Les habitants ont commencé à fuir. Ainsi près de 6000 personnes se sont immédiatement échappés en direction des villes et villages avoisinants tandis que les habitants chrétiens se regroupaient dans le centre historique de la cité. Ils refusèrent de se déplacer; les roquettes se mirent alors à pleuvoir sur les maisons ; près de 35 familles chrétiennes virent se réfugier à l'Eglise Notre-Dame; puis ce fut le tour de l'Eglise de subir dont la porte a été détruite par des miliciens armés et cagoulés, aux cheveux longs. Ils n'étaient pas syriens ; leur nationalité n'était pas claire. ils déclarèrent : « Nous voulons vous tuer tous chiens de chrétiens et brûler cet endroit païen ».

Puis le Père catholique a indiqué qu'à partir de ce moment, un des membres de la communauté melkite a entamé des pourparlers en langue arabe et a commencé à discuter hardiment avec le chef du groupe, témoignant de sa connaissance des versets du Coran, ajoutant que l'Islam respectait les chrétiens et les minorités ; l'homme armée indiqua alors qu'il allait demander à son supérieur de décider de notre sort puis il conduisit ses hommes hors du bâtiment. Dans ce laps de temps, nous avons laissé l'Eglise par une porte secondaire et nous nous sommes enfuis à travers les ruelles de la vieille ville. Nous nous sommes rendus à l'évidence que ces combattants extrémistes étaient des étrangers désireux de répandre la haine, la violence confessionnelle et la destruction sauvage. Ils avaient un véritable mépris des civils ; il ajouta nous ne sommes pas de l'Armée Syrienne Libre (ASL) et il ne vous reste plus que la prière. Le Père termina son commentaire à l'Agence Fides en disant : « Dans l'exil commun, nous avons expérimenté la solidarité et la belle affection entre chrétiens, catholiques et orthodoxes. »

Traduit de l'arabe par le Veilleur de Ninive

mardi 26 novembre 2013

Syrie, Deux photographies parlantes....

Un soldat de l'Armée Arabe Syrienne....M. François Hollande, qui portez un prénom qui nous est cher, la solution négociée n'était-elle pas possible avec cette armée pour éviter tant de morts ?

L'Eglise du village Deir Attieh, après le passage des rebelles et takfiristes.

samedi 9 novembre 2013

Alep, catastrophe humanitaire en cours : les gens courent dans les rues sous les bombardements à la recherche d'eau.

Urgentissime...Catastrophe humanitaire en cours.

09 Novembre 2013 - 13h17 - Communiqué lapidaire reçu ce matin d'Alep - L'Armée Islamique de l'Irak et du Levant occupe le centrale electique et de gaz de Harrarier. Alep est privée d'électricité et d'eau depuis 4 jours ; les affrontements sont féroces ; les bombardements aériens se mêlent aux affrontements ; les gens courent dans les rues à la recherche d'eau ; les hôpitaux et les boulangeries ont fermé. Une vraie catastrophe humanitaire se vit actuellement à Alep. 


SVP Lancez un SOS  

Images de la bataille autour de la centrale électrique

Témoignage et pensées d'un alépin
(texte arabe reçu ce matin et traduit par le Veilleur de Ninive)

« Alep! Alep! Combien de temps encore, Alep ?

Venez écouter les bombardements qui ont eu lieu sans interruption tout le long de la nuit. Le lance-roquettes se trouve près de la maison. Mon cher, tu devrais entendre le son impressionnant de cette arme. Viens écouter celui de la roquette qui se rapproche et le vol des avions qui piquent et dis-moi ce que tu penses.

Ne demande pas au sujet de l'électricité qui nous manque depuis quatre jours....Elle nous était accordée une heure quotidiennement, à présent plus du tout. Que sais-je sur les protagonistes ? J'ignore qui combat qui ? et qui est avec qui ? Qui frappe qui ? Tu ne peux comprendre ce qu'est le dégoût de la vie que nous ressentons.

Hier, il m'a été rapporté qu'une jeune femme et ses trois enfants ont été tués par une fusée qui est tombée sur la place Farhat. De mon ami, on ne sait pas encore le sort. Il a, semble-t-il, reçu une balle et non un éclat dans le cou, le jour où la fusée est tombée sur l'Eglise latine. 

Ces combattants ont réussi à chasser tous les vendeurs de légumes du quartier de Jamilieh [aujourd'hui souk, autrefois le quartier juif] qui se mettaient autour de la mosquée al-Rahmane ; personne ne sait pourquoi ils ont fait cela. Viens voir les prix qui s'envolent. Quand ma faim devient excessive, je prend un bout de pain que j'imbibe d'huile et de vinaigre afin de me rassasier. Voilà mon repas.

Cela fait cinq jours que je prends des cachets pour dormir et c'est à peine si je dors quatre heures. A d'autres heures, je ne parviens pas à fermer l'oeil ; à côté de chez moi se trouvent une vingtaine de générateurs.

Regarde, Que veulent-ils  ? Ils nous ont vendu, nous les alépins ; ils nous ont jeté comme des chiens. Les gens s'entretuent...c'est tout. Souhaites-moi une balle dans la tête où une fusée qui me retire de ce monde afin que je me repose et repose les autres ».

jeudi 7 novembre 2013

Syrie, L'émigration des chrétiens de l'antique ville de Raqqa

Raqqa - le 07 novembre 2013 - De notre correspondant - Les Chrétiens ne sont pas épargnés par les attaques à Raqqa.

1° La première attaque sur la ville a eu lieu en mai dernier, lorsque des éléments du Front al-Nosra se sont portés sur la récolte d’orge des terres d’Aga Yaacoub Saghtilian dans la ville de Tell-Abiad.

2° Il y a quelques jours, le corps d’un jeune chrétien a été trouvé allongé sur la route de Tabqa après qu’il eut été enlevé dans la ville elle-même.

Ces événements ont conduit les habitants de Raqqa, qui se considèrent intégrés au tissu social, à la contestation. Un certain nombre d'entre eux ont même participé au mouvement d'opposition pacifique contre le régime. Le Capitaine dissident Toni Mallouhi, Directeur de la Zone de Mansourah, a livré sa zone aux phalanges de l’Armée Syrienne Libre, au début du mois de Février, avant l’entrée des éléments armés dans la ville. Les forces du régime ont alors perquisitionné son village de Jouar al-Afs qui se trouve près de Homs et l’ont arrêté ; elles l’ont ensuite transporté à l’aéroport militaire de Raqqa pour le remettre par la suite à la section de la sécurité criminelle de Raqqa, avant que des combattants des Brigades de Nasser Salah Eddine, ne le prennent en otage, lors de leur entrée dans la ville et ne le livrent à « l’Armée Islamique de l’Irak et du Levant » «داعش» après leur allégeance à leur général.

C’est alors que l’exécution de Mallouhi a été décidée mais après l’intervention de quelques notables, le capitaine dissident fut gardé en vie suite à sa conversion à l'islam et après avoir pris le nom de Mohamed Nour Mallouhi.

Cet incident a été suivi de la destruction, par des inconnus, de la Croix placée face à l'Eglise de Notre-Dame de l’Annonciation située au Centre-ville de Raqqa. Des civils militants ont alors protesté et appelé à des manifestations pour réclamer la protection des églises. Des hommes armés masqués ont alors démonté les cloches et les croix qui se trouvaient sur le clocher de l’Eglise des martyrs et ont détruit tout ce qu’elle contenait avant de brûler la bibliothèque des deux églises. A la place des deux croix, ils ont élevé le drapeau de l’Armée Islamique de l’Irak et du Levant.

Le militant Youssef, de confession musulmane, rapporte que « la situation était difficile. Nous ne pouvions défendre nos frères avec lesquels nous vivions depuis de longues années. Notre souffrance est grande et nous ressentons de la honte et de l’impuissance. Les Chrétiens font partie de notre histoire depuis des décennies. Ils ont habité parmi nous et nous n’avons eu que des lamentations en voyant les flammes et les colonnes de fumée s’élever.

Les chrétiens ont quitté Raqqa alors qu’ils y étaient arrivés, selon des sources historiques, depuis des décennies et la dernière immigration à l’époque contemporaine, remonte à l’arrivée de quelques dizaines de familles arméniennes qui avaient fuit les massacres de 1915 que les Turcs/Ottomans avaient commis.

La peur domine les gens et personne n'ose la critique. Se plaindre de la situation en général, est devenu un tabou. Le nouvel Etat espionne et s’informe sur chaque maison, ruelle par ruelle. On cite l’exemple de personnes qui ont disparu pour avoir critiqué une décision ou exprimé du ressentiment à l’égard d’un comportement particulier. Le Conseil de la Charia qui avait été mis en place pour garantir les droits des personnes est incapable de se protéger lui-même. Son Président, Abdullah Al-Assef a été enlevé, le troisième jour de la fête d’al-Adha. Depuis, nous n’avons aucun signe de lui. Le Conseil est incapable de protéger quiconque et de conduire les affaires de la ville ; il est dans la même situation que le Conseil local dont certains des membres avaient, auparavant, été arrêtés par les brigades.

Traduit de l'arabe par le Veilleur de Ninive.

vendredi 18 octobre 2013

Arrive-t-on encore à voir des signes de Dieu dans "cet enfer qu'est devenu Alep" ?

Interview empruntée au site Fraternité Chrétienne Sarthe-Orient. - le 18 Octobre 2013.

1° - Comment voyez-vous l'issue pour les chrétiens d'Alep ?
J’ai l'impression que Dieu, en nous faisant naître sur cette terre de Syrie, avait un plan pour nous et sur nous ; il nous demandait ainsi de continuer à porter le flambeau de la foi que nous ont transmis nos ancêtres qui avaient du subir avant nous, les souffrances de la persécution.
J’apprends aujourd'hui que les chrétiens de « Yabroud » et de « Kalamoun » ont été forcés à payer une « jizya » mensuelle aux « takfiristes »[1].
Le danger qui nous menace est très grand, et les conseils de prudence nous poussent à nous éloigner des régions chaudes et même à laisser le pays en attendant une issue à la guerre.
 
Beaucoup de martyrs chrétiens sont tombés. Nos enfants, nos soldats, nos femmes ; presque toutes les familles sont atteintes. Par ailleurs, des centaines de familles chrétiennes ont perdu leurs maisons et se sont retrouvées dans la misère, prises par la faim ou entraînées dans la perdition.

En dépit de l’émigration de dizaines de milliers de chrétiens syriens, il y en aura toujours, nous le savons, qui resteront sur place et qui continueront à éclairer, par la vivacité de leur foi, la lumière du Christ.

2° - Pensez-vous que le sort des chrétiens d'Alep est différent de celui du reste de la Syrie ?
Je crois qu'Alep est la ville qui a le plus subi les méfaits de la guerre, par les destructions de plus de la moitié de la ville certes, mais également par la pénurie de nombreux biens essentiels à la vie quotidienne. Toutefois, d'autres villes comme Raqqa, Tabqa, Ya'coubieh et Ma'aloula, ont été vidées de toute présence chrétienne, par la destruction des églises et les massacres des familles chrétiennes…

Il faut reconnaître que la tentation de quitter la Syrie aujourd’hui reste grande. A Alep, des chrétiens pauvres mais aussi des membres de la bourgeoisie aisée, restent attachés à leur ville. Ceux qui demeurent sur place ne peuvent survivre qu’en comptant sur l'appui des musulmans avec lesquels ils partagent le quartier, la souffrance et le siège de la ville, mais encore et aussi sur celui des militaires de l’armée arabe syrienne.

3° - Quel est le sentiment qui vous anime alors que vous êtes assiégés à Alep ?
Le sentiment serait-il le même que celui qui a animé ma grand-mère en 1915, lorsque les Ottomans avaient égorgé trente-huit membres de sa famille à Mardin en Turquie ? A cette période des prêtres et des évêques arméniens étaient aussi tombés sous les lames des soldats turcs. Mon sentiment est un mélange d’inquiétude, de confiance en Dieu, de proximité avec les martyrs et notamment avec ceux des premiers temps du christianisme. On dirait que l’histoire se répète.

Alep assiégée, manquant de l’essentiel, nous rapproche des pays les plus pauvres, des populations déshéritées d’Afrique soumises aux aléas du climat, que l’on regardait, de chez nous, parfois avec indifférence. Désormais, je ne regarderai plus, de la même manière, ces peuples privés par la nature.
Cette crise que nous vivons au fond de nous, a fait remonter à la surface les bons moments de notre existence qui nous avions vécus avant les débuts de la guerre, mais dont nous nous plaignions à tort. Ces moments étaient finalement si doux.

4° - Parvenez-vous à prier au cœur de la violence ? Quelle prière dites-vous ?
Au cœur de cette violence et avec la disparition de notre fille bien-aimée, Pascale, la prière est devenue plus profonde, une vrai relation s’est développée avec Dieu qui nous donne la confiance et nous procure le repos intérieur ; Il est notre bouée dans cette mer de violence et de haine. Tous les jours, je me remets à l’écoute des chants qu’interprétaient ma fille, notamment la prière byzantine de l’hymne Acathiste et le Paraclicis de la Sainte-Vierge, Mère de Dieu.

5° - Arrive-t-on encore à voir des signes de Dieu dans "cet enfer qu'est devenu Alep" ?
Certainement on a vu des prêtres, des moines et des laïcs, plein de bonne volonté, organiser des programmes d'actions d'aide aux familles totalement démunies.

L’immobilité et la difficulté de sortir de chez soi, a amené une ouverture des cœurs. Les relations entre voisins se sont transformées. Voisins au sein du même immeuble, appartenant à la même religion ou membre d'une autre confession, nous avons fini par devenir une grande famille. « L’humanité divine », au milieu de la brutalité et de la bestialité, ressemble au retour de la nature dans une ville désertée ; elle revient en force et n’a alors plus peur de rien. A Alep, nous devons pouvoir dire que l’humanité divine se lit par exemple dans la solidarité, la sympathie et la fidélité des bédouins, cette catégorie sociale souvent considérée par certains comme non-civilisée, mais dont le courage et la valeur nous a édifié durant notre épreuve.

6° - Les jeunes ont-ils encore le goût pour la prière ?
Ce qui nous inquiète le plus, ce sont les jeunes sans travail qui n’ont plus d’avenir clair et qui vivent dans un vide spirituel. Désormais trop de jeunes se sont éloignés de la prière, préférant s’engager dans des voies qui ne sont qu’autant d’impasses humaines : milices combattantes, exil en ayant recours à des voies illégales, drogues etc.

Si la prière a perdu du terrain auprès de la jeunesse, les mouvements d’église ont en revanche trouvé un regain d’intérêt tel que le scoutisme,  la JEC et la JUC.

7° - A-t-on encore le cœur à chanter dans Alep ? A-t-on la force d'aimer ?
Même dans les moments difficiles durant les menaces franco-américaines de frapper la Syrie, alors que le monde craignait une troisième guerre mondiale, les syriens continuaient à vivre normalement. La vie continue et les instants de joie existent toujours aux occasions de mariages, de rencontres familiales ou amicales. Cela n’empêche pas l’inquiétude voire l’angoisse de continuer à régner dans les cœurs.

8° - Quelles prières conseillerez-vous aux amis des Chrétiens de Syrie, qui vivent loin de chez vous ?
Nous n'avons pas de prières précise à conseiller. L'important c'est de prier, même d’une prière simple.

9° - Pouvez-vous nous citer la prière que vous trouvez la plus belle dans chacun des rites grec-melkite catholique, grec orthodoxe, maronite, syrien catholique, syrien orthodoxe.
Chez les grecs melkites catholiques et les grecs orthodoxes, celle que l’on peut qualifier de plus belle prière, est l'incantation qu'ont récité les fidèles dans l’Eglise Sainte Sophie au moment où ils invoquaient la Sainte Vierge, à la veille du siège de Constantinople par les Ottomans نحن عبيدك يا والدة الأله: « O Mère de Dieu nous sommes tes serviteurs, nous demandons des signes de victoire, Ô protectrice invincible. Nous t'offrons nos remerciements comme sauveur des dangers. Mais comme tu es invincible, libères-nous de tout genre de dangers. Ainsi nous te crions, réjouis-toi, Ô épouse sans époux ». افرحي يا عروسة لا عريس لها".

Pour les maronites, « يا ام الله يا حنونة : Ô Mère de Dieu, Ô Tendre, Ô trésor de grâce et secours aie pitié de nous et de nos morts. Même si ton corps est loin, Ô Vierge notre Mère. Tes prières nous rassemblent et restent avec nous et nous protègent. Intercède auprès de ton fils pour nous pardonner nos péchés, par sa tendresse. Ne nous abandonne pas » …

Les Syriens [syriaques] catholiques et orthodoxes prient السهرانة: [Al Sahranah]  « La veilleuse » : « Ouvre nous la porte de tendresse, Ô Mère de Dieu bien bénite, car en comptant sur toi nous seront exaucés et sauvés de tout danger. Tu es le « sauveur » de tous les chrétiens »…

10° - Selon vous, dans l'histoire, qu'a apportée la prière à la Syrie et à son peuple ?
Les pères de l'Eglise d'Orient avec Saint-Ephrem, Romain le Mélode d'Emèse [Homs], Saint-Jean Damascène, Saint-Basile-le-Grand, Saint-Grégoire-de-Nysse, Saint-Jean-Chrysostome dit Bouche-d’Or, Saint-Marron, les moines, les ermites, les stylites avec St Siméon l’ancien et ceux qui l’on suivi, nous ont tous laissé des prières très belles et d’une grande richesse, hélas méconnues des fidèles eux-mêmes. Peut être que cette crise syrienne va-t-elle faire ouvrir les yeux des chrétiens sur leur patrimoine d’invocation et leur faire prendre conscience de la nécessité de mettre plus souvent la prière de leur père dans leur coeur et sur leur lèvres et celles de leurs enfants.

11° - A part la prière, quel type d'aide espérez-vous de l'extérieur ?
Nous espérons des peuples occidentaux qu’ils montrent à leurs dirigeants politiques les erreurs de jugement qu'ils ont comises. Les gouvernements occidentaux ont suivi une voie inique et inhumaine. Par leur politique déséquilibrée, ils ont tué la notion de justice ; comment voulez-vous que les peuples y croient encore ? Leur discours sur la protection des minorités en Occident s’est révélé un propagande fallacieuse. Soixante ans de communisme n’ont pas eu raison de la foi russe. Deux siècles de révolution française et d'erreurs philosophiques n’auront pas raison de la vocation chrétienne des peuples qui ne peuvent vivre sans un Dieu proche d’eux, consolateur et miséricordieux; la philosophie des lumières ne connait ni consolation, ni miséricorde dont le siège est le coeur. Elle n'a donné de place qu'à la raison sèche, un produit du cerveau. Nous les chrétiens du Proche-Orient, notre histoire a prouvé que notre raison était vivante car elle était soumise à la foi et pour cette raison nous ne sommes, nul autre qu’un membre de ce corps ecclésial tout entier.

Oui, nous demandons l'aide de nos frères d'Occident pour qu'ils secouent leur dirigeants mais dans l'urgence, nous avons aussi besoin d'un soutien matériel. Que peut un corps malade et fragile insuffisamment muni ? Autour de nous, il y a un pressant besoin du minimum vital. Soyez en sûrs, ce n’est pas le caprice alimentaire qui est en danger, mais la nourriture vitale qui manque. Si l’adulte peut mieux résister au manque, s’il est capable de trouver sa nourriture même dans l’adversité, serait-ce le cas de nourrissons, des vieillards, des femmes fragiles ?

Merci pour toutes les bonnes intentions.


[1] Ceux qui refusent toutes présences non-musulmanes en « terre d’Islam ».

samedi 24 août 2013

Syrie : D’une rébellion manipulée à une guerre existentielle.

En termes de démocratie, nous pouvons dire que depuis le 15 mars 2011, début des troubles en Syrie, la progression de la rébellion syrienne est quasi-nulle ; en outre, si la recherche de démocratie pour la Syrie, était l’objectif principal et unique de ce mouvement armé, l’échec est lamentable et en raison de ce résultat, le mouvement aurait du s’arrêter. C’est ainsi que cela fonctionne en démocratie : Les échecs sont reconnus et les dirigeants en cause cèdent la place…mais en Syrie, la revendication démocratique était une farce et l’on a vu la « démolicratie » l’emporter progressivement sur la « démocratie ».

L’orgueil humain, les ambitions sournoises, la cupidité des nations étant le pire ennemi de la paix, suite à l’échec, le mot d'ordre aurait-il été donné par les Etats-Unis et leurs alliés régionaux de mener une guerre plus ciblée sur la population syrienne pour l’émietter dans ses différentes composantes ? La tâche ne serait pas si simple, car plus le temps passe, plus les enjeux deviennent existentiels pour ces communautés, kurdes, alaouites, chrétiennes, etc… Dans un réflexe de survie, elles n’auront d’autres choix que de rester cimentées au régime, car aucune  assurance de protection et de non-agression ne leur fut donnée, en cas de neutralité dans le conflit.

Au sujet des chrétiens de Syrie, que disent les faits des derniers jours ?
  
1° -  le 16 août 2013, un massacre à l'arme blanche est entrepris par les rebelles contre 11 villageois de la minorité chrétienne dans la banlieue de Homs.

2° -  le 21 août 2013, alors qu'un massacre à l'arme chimique est fomenté contre la population de Damas, des obus de mortiers, sont envoyés par les mercenaires de la rébellion sur les quartiers chrétiens de Bab Touma [porte de Saint-Thomas] et de Qassaa' ; le jardin de Tichrine à Damas est aussi la cible ; à part les dégâts matériels, on enregistre deux blessés. A Bab Touma, l’obus arrive à proximité de l'église Latine. Il fait un blessé et cause des dégâts matériels dans une habitation ; trois voitures garées à proximité sont atteintes.

3° - Toujours dans le quartier chrétien de Qassaa' , on dénombre dix blessés par la chute d'obus de mortiers qui s’abattent à proximité de la maternité d'al-Zahrawi. Le bombardement cause également des dégâts matériels sur les bâtiments et les véhicules des environnements.

4° - le 21 Août 2013 toujours, deux obus de mortiers viennent s’abattre face à l'église de la Croix Sacré dans la zone de Abbassiyine et sur la place Qoussour, causant des dégâts matériels sur nombre de voitures.

5° - le 22 Août 2013, Deux martyrs tombent, par la chute d'obus de mortier dans les quartiers de  Abbassiyne et à Al-Tijarah et dans le secteur chrétien de Bab Charqi ; deux citoyens sont blessés ; deux obus s'abattent près de l'église de la Croix, dans le quartier chrétien d'al-Qassaa' à Damas.

Dans les quartiers chrétiens de Damas, une grande vigilance s’impose dans les jours qui viennent, car ces secteurs se sont révélés être une cible plus fréquente des terroristes, soutenus par l’Occident et les puissances régionales vassales.

samedi 2 mars 2013

L'exil silencieux des chrétiens de Syrie

Samedi 2 mars 2013 - Forte de 2 millions d’âmes, la communauté chrétienne de Syrie, présente sur place depuis 2 000 ans, est victime de ce qu’un patriarche libanais a qualifié de « grand exil qui se déroule en silence ». Chaque semaine, des centaines de chrétiens syriens se réfugient au Liban voisin – le nombre total de Syriens réfugiés au Liban serait de plus de 920 000. Des villages entiers de chrétiens ont été vidés de leurs habitants, soit parce qu’ils en ont été chassés par les milices islamistes soit pour fuir leur arrivée annoncée. C’est le moment qu’a choisi le gouvernement Obama pour renforcer son aide financière à l’opposition syrienne : le nouveau secrétaire d’État, John Kerry, vient d’annoncer à Rome une aide financière complémentaire de 60 millions de $ à une “révolution” en grande partie désormais aux mains des milices islamistes – il y aura plus de 60 000 djihadistes combattant sur le sol syrien – au même moment où le gouvernement américain est budgétairement aux abois… L’“exemple” américain pourrait être bientôt suivi par les gouvernements européens : une aide inespérée pour les islamistes…

Daniel Hamiche
Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.