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jeudi 26 décembre 2013

Alep : Pour la Nativité du Christ, les rebelles offrent un cadeau infernal aux chrétiens d'Alep.

Alep - le 25 décembre 2013 - Une journée encore plus infernale a traversé Alep, le 25 décembre 2013, le jour où les alépins devaient faire mémoire de la Nativité du Très Adoré Seigneur Jésus-Christ. Les quartiers chrétiens étaient la cible d'une pluie de roquettes. Heureusement que les célébrations de la Fête de la Nativité s’étaient déroulées à l’avance, le dimanche dernier 22 décembre, afin éviter l'exécution des menaces proférées par les takfiristes.

Ce jour-là, 25 décembre, les Églises étaient plutôt vides. Les tracts distribués par les extrémistes avaient fait pshitt…Mais le bilan est tout de même lourd autour des Églises ; les roquettes hawn projetées sur les zones résidentielles ont fait du mal, beaucoup de mal, mais peut-être pas autant que ne le souhaitaient les rebelles.

Plus d’une quarantaine de roquettes seraient tombées dans la journée.  Revoyons le fil de la journée, quartier par quartier :

- Souleymanieh et ‘Awjat al-Jab : 8 roquettes dont plus d’une, tombées sur l’Eglise Saint Georges faisant uniquement des dégâts matériels.

- Al-Midane : 8 roquettes.

- ‘Aziziyyeh : 1 roquette.

- Al-Jamiliyyeh : 5 roquettes tombées dans la zone définie par la descente al-Ram, la rue Baron, de la place  Saadallah Al-Jabiri et le jardin public.

- Quartier dit du Téléphone al-Hawai et Jabrieh : 3 roquettes tombées à quelques mètres de l’Eglise Saint-Dimitri durant la liturgie. Les quelques fidèles présents furent pris de panique et durent laisser l’Eglise précipitamment. Deux roquettes sont arrivées sur l'Eglise latine Saint-Antoine de Padoue qui se trouve dans le même quartier.

Dès les premières chutes de roquettes, on dénombrait trois victimes et une dizaine de blessés.

Par ailleurs des affrontements se sont déroulés près de l’Eglise Saint-Vartan à Sulaymanieh ; des tirs de blindés ont été entendus dans la soirée ; un jeune syrien d’origine arménienne, Ara Aramian a été tué. Il était élève en secondaire ainsi qu’un autre citoyen, le dénommé Ani Davidian.

Le Veilleur de Ninive
 

samedi 16 novembre 2013

Violence inouïe de la rébellion, surdité européenne et manques alimentaires sont les trois misères des Chrétiens de Syrie.

Alep - 14 Novembre 2013 - (22h) - A Alep, la situation se dégrade de jour en jour et peut-être même d’heure en heure. 

Dire et redire qu’à Alep rien ne va plus, est un bien triste refrain. Rappeler que la ville est privée d’électricité, d’eau, de médicaments, de viandes, de fromages est une bien inquiétante routine. Enfin, écrire que les réfrigérateurs dans les maisons d’Alep font désormais office d’armoires et de placards, voilà qui sort du commun, mais illustre de façon dramatique la détresse des alépins.

Ce qu’il y a de très grave c’est la surdité des dirigeants européens, incapables de dénoncer les massacres de chrétiens actuellement en cours en Syrie, notamment à Alep, Damas, Sadad, Tabqa, Wadi el-Nassara [la vallée des chrétiens] et à présent depuis peu, Mismieh dans la région de Soueida ; Surdité « assourdissante », elle fait ressortir avec acuité la politique lamentable menée par les gouvernements occidentaux vis à vis de la Syrie car ils tiennent des discours favorables aux minorités en Europe, mais reste muets, peut-être parce que complices, sur le massacre des minorités religieuses en Syrie.

L’Europe a souscrit à la guerre en Libye pour défendre un camp contre l’autre, mais elle assiste, placide, aux massacres des chrétiens syriens, des alaouites et des chiites dans ce pays. Elle n’a élevé la voix que pour combattre les armes chimiques, utilisées par les rebelles qu’elle appuie, car elles pouvaient par ailleurs menacer Israël.

Quel discrédit cette politique partisane et injuste jette-t-elle sur la politique européenne et des Etats qui compose l'Union. Comment désormais croire les discours moraux sur l’attitude à l’égard des minorités en Europe, alors que nous assistons à la passivité européenne, concernant les minorités syriennes. En vérité nous ne les croyons plus…Leur discours ne sont plus crédibles ? Nos oreilles se ferment lentement à leurs poncifs moraux et sectaires.

Les affrontements se font de plus en plus féroces sur tous les fronts à Alep. L’armée syrienne montre, non seulement de la résistance, mais progresse par encerclement des mercenaires ; le coût humain est toutefois très élevé. 

Dans leur rage à détruire, les rebelles alliés de l’Occident font feu de toutes armes. Depuis 5 jours, les missiles anti-aériens Hawn ainsi que des projectiles de gaz sont lancés sur les quartiers sous contrôle de l’armée, spécialement sur les quartiers à population majoritairement chrétienne : Azizieh , Salibeh, Villat, Midane et Syriane el-Jedideh. C’est à Azizieh que se trouvent les Eglises grecques, maronites et arméniennes et c’est sur ces Eglises que sont tombés les obus qui ont fait des morts et une centaine de blessés, sans évoquer les dégâts matériels importants. A cela s’ajoute le fait que dans l’obscurité de la nuit, le bruit des cannons se propageant à travers toute la ville, devient très impressionnant.

Vendredi après-midi, alors que nous faisions le tour du pâté d’immeubles, la stupeur était indescriptible à la vue de cadavres suspendus aux arbres sous l’effet de l’explosion qui a tué 20 personnes et fait une centaine de blessés devant une boulangerie de l’Etat. Dans la rue, des familles entières traînent sans couvertures, sans abris, attendant patiemment la fin des événements, au milieu d’une température en baisse avec l’arrivée de l’hiver. C’est une situation qui appelle une Mère Térésa.

Les nouvelles qui nous parviennent de l’hôpital universitaire d’Alep sont aussi dramatiques….Des centaines de malades et blessés gisent là dans un Centre hospitalier privé d'électricité, d’eau, et dépourvu de médicaments et de médecins. Est-ce encore un hôpital ? Un tel état de délabrement favorise les maladies. Des cas de polios, disparus de Syrie dans le passé, y sont réapparus.

Ce matin, du côté du palais municipal qui se trouve sur la ligne de démarcation, les tirs des canons, des francs-tireurs et des missiles anti-aériens hawn, sévissaient simultanément. Que va-t-il rester de ce palais municipal alors que celui de la justice, où se trouvaient tous les documents relatifs aux litiges et aux procès en cours, ont été brûlés ? Tous les registres de l’état-civil ont également disparu dans l’incendie qui a consumé le Palais de Justice. Du côté religieux, les actes de baptême, mariage, décès sont perdus pour des milliers de chrétiens de Raqqa, Tabqa, Homs, Yabroud  et Sadad car les Archevêchés ont été incendiés par les rebelles.

Dans les régions contrôlées par l’Armée Islamique de l’Irak et du Levant et l’Armée Syrienne Libre, le couvre-feu est instauré. Les mercenaires recherchent les jeunes âgés de 17 à 30 ans pour les enrôler dans leurs milices et exiger d’eux qu’ils tirent sur l’armée. Celui qui refuse est exécuté.

Beaucoup de personnes souffrent de dépression et souhaitent la mort. En dépit des risques aigus, les alépins doivent toujours sortir de chez eux pour trouver un minimum d’approvisionnement en nourriture et en eau dont le prix des bouteilles a atteint des niveaux inqualifiables. L’indifférence à la mort progresse dans les esprits car sa perspective semble devenir plus douce que le cauchemar qu’ils vivent, la misère, la peur, la panique, le manque, etc…

La situation à Damas n’est pas meilleure ; les quartiers chrétiens de Bab-Touma, Qassa’ et Germana... reçoivent également leur lot d’obus...

Tous les jours il se lit de nouveaux faire-parts nécrologiques de jeunes soldats tombés parmi les chrétiens.

Finalement, la violence inouïe de la rébellion, la surdité des gouvernements européens et le manque des besoins essentiels finiront pas avoir raison de notre présence sur la terre de Syrie. Faute de pays pour nous réfugier, quel sera notre sort ? Le génocide ? Nous savons que l'Europe et la Turquie en ont été capables...Vont-ils rééditer le phénomène par mercenaires interposés ?

jeudi 14 novembre 2013

Pluie d'obus sur Alep

Alep - 13 Novembre 2013 - (21h22) - Voici quelques données sur les obus de la «haine » et du « terrorisme » envoyés sur Alep le mercredi 13 novembre 2013.

  • Une roquette est tombée sur la rue Al-Filat ; elle a causé des dégâts matériels et blessé une personne.
  • Deux roquettes ont explosé sur le rond-point Al-Chifak, dans le quartier d’Alep Al-Jadideh ; elle a entraîné la mort de deux personnes et blessé quelques autres.
  • Deux roquettes se sont abattues sur le rond-point Al-Pulman qui a tué trois personnes et blessé d’autres.
  • Un missile de fabrication locale a explosé dans la journée dans le quartier de Al-Azizieh / Station Baghdad ;  Il a tué cinq personnes et blessé d’autres.
  • Deux roquettes ont explosé dans le voisinage de l’Académie.
  • Un missile de fabrication locale s’est écrasé à côté du dispensaire Al-Hayat dans la montée Al-Koura al-Ardiyyat.
  • Trois roquettes ont atteint Al-Moucharaka et Al-Fayd.
  • Trois missiles anti-aériens Hawn a Bab-Jinin dans le vieux Alep.
  • Un missile anti-aérien Hawn a explosé dans la quartier Al-Djamileh au dessus de l’immeuble Express mais n’a pas fait de victimes.
  • Trois roquettes sont tombées sur le camp Al-Nayrab durant les dernières 24 heures.
  • Un missile anti-aérien Hawn s’est abattu sur le quartier Al-‘Azizieh hier soir au niveau du confluent Al-Ourouba mais nous n’avons pas d’information sur des victimes.
  • Un missile anti-aérien Hawn est venu s’écraser dans le quartier Al-Boustan Al-Zahra en touchant de nombreuses personnes dont des enfants.
  • Plusieurs  missile anti-aérien Hawn sont tombés dans la région d’Al-Hamidieh et Sayeed ‘Ali ; des informations nous sont parvenues au sujet de personnes blessées.
  • Un missile de fabrication locale a atteint le rond-point Chihhan, hier soir.

mercredi 13 novembre 2013

Alep, les terroristes n'ont plus peur de leur lâcheté. Ils envoient des missiles anti-aériens sur deux Eglises.

Alep - 13 Novembre 2013 - Il y a deux jours les terroristes visaient les écoles des quartiers chrétiens de Damas; aujourd'hui les lâches envoient trois missiles anti-aériens Hawn qui se sont abattus sur les quartiers chrétiens d'Alep.

Deux missiles sont tombés sur le quartier d'Al-Filat l'un près de l'Eglise du Prophète Saint-Elie et l'autre en face de l'Eglise Chaldéenne. Le troisième missile est venu exploser sur la station Baghdad, près du fleuve, au coin de la rue Albissat; des informations font cas de blessés et de martyrs.

Les ambulances se sont précipitées vers les points de chute des missiles pour secourir les blessés et le transport des victimes.

De notre correspondant à Alep.

dimanche 10 novembre 2013

Alep pourrait rester sans électricité durant au moins six mois.

Alep - 10 Novembre 2013 - Un des ingénieurs, travaillant sur la centrale électrique de Harrarier à Alep et qui a pu s'échapper de la zone des combats, assure que la coupure d'électricité en cours à Alep va persister pour une période d'au moins 10 jours et si les affrontements se poursuivent autour de la centrale, la ville restera dans l'obscurité pour au moins 6 mois en raison des dégâts causés à la centrale.

La question de l'électricité à Alep est cruciale à l'extrême et la structure même des installations est exposée au pourrissement en raison des affrontements. Quant à la situation de l'eau, elle est liée à la pacification des centres de sécurité et gouvernementaux qui sont indépendants de la Centrale de Harrarier. 

En résumé, la situation de l'électricité à Alep va de mal en pis et la question de l'eau est identique. Telle est la réponse littéral que nous avons reçu de cet ingénieur.

Nous vous assurons que la situation est difficile et que tous les médias mentent au sujet de la réparation des dégâts causés à la station.

Alep vit un siège de l'électricité et des services d'un type nouveau.

Traduit de l'arabe par le Veilleur de Ninive.

samedi 9 novembre 2013

Alep, catastrophe humanitaire en cours : les gens courent dans les rues sous les bombardements à la recherche d'eau.

Urgentissime...Catastrophe humanitaire en cours.

09 Novembre 2013 - 13h17 - Communiqué lapidaire reçu ce matin d'Alep - L'Armée Islamique de l'Irak et du Levant occupe le centrale electique et de gaz de Harrarier. Alep est privée d'électricité et d'eau depuis 4 jours ; les affrontements sont féroces ; les bombardements aériens se mêlent aux affrontements ; les gens courent dans les rues à la recherche d'eau ; les hôpitaux et les boulangeries ont fermé. Une vraie catastrophe humanitaire se vit actuellement à Alep. 


SVP Lancez un SOS  

Images de la bataille autour de la centrale électrique

Témoignage et pensées d'un alépin
(texte arabe reçu ce matin et traduit par le Veilleur de Ninive)

« Alep! Alep! Combien de temps encore, Alep ?

Venez écouter les bombardements qui ont eu lieu sans interruption tout le long de la nuit. Le lance-roquettes se trouve près de la maison. Mon cher, tu devrais entendre le son impressionnant de cette arme. Viens écouter celui de la roquette qui se rapproche et le vol des avions qui piquent et dis-moi ce que tu penses.

Ne demande pas au sujet de l'électricité qui nous manque depuis quatre jours....Elle nous était accordée une heure quotidiennement, à présent plus du tout. Que sais-je sur les protagonistes ? J'ignore qui combat qui ? et qui est avec qui ? Qui frappe qui ? Tu ne peux comprendre ce qu'est le dégoût de la vie que nous ressentons.

Hier, il m'a été rapporté qu'une jeune femme et ses trois enfants ont été tués par une fusée qui est tombée sur la place Farhat. De mon ami, on ne sait pas encore le sort. Il a, semble-t-il, reçu une balle et non un éclat dans le cou, le jour où la fusée est tombée sur l'Eglise latine. 

Ces combattants ont réussi à chasser tous les vendeurs de légumes du quartier de Jamilieh [aujourd'hui souk, autrefois le quartier juif] qui se mettaient autour de la mosquée al-Rahmane ; personne ne sait pourquoi ils ont fait cela. Viens voir les prix qui s'envolent. Quand ma faim devient excessive, je prend un bout de pain que j'imbibe d'huile et de vinaigre afin de me rassasier. Voilà mon repas.

Cela fait cinq jours que je prends des cachets pour dormir et c'est à peine si je dors quatre heures. A d'autres heures, je ne parviens pas à fermer l'oeil ; à côté de chez moi se trouvent une vingtaine de générateurs.

Regarde, Que veulent-ils  ? Ils nous ont vendu, nous les alépins ; ils nous ont jeté comme des chiens. Les gens s'entretuent...c'est tout. Souhaites-moi une balle dans la tête où une fusée qui me retire de ce monde afin que je me repose et repose les autres ».

mercredi 6 novembre 2013

Très graves menaces d'explosion à la centrale électrique de Harrarieh près d'Alep.

Très Important & Urgent ! A diffuser très largement.

Alep - 6 Novembre 2013 - 17h heure locale - Une catastrophe de grande ampleur menace la ville d'Alep. 

Alors que la bataille fait rage entre les deux parties pour gagner du terrain à Alep, ce matin, « l'Armée Islamique de l'Irak et du Levant »  (داعش) a attaqué aux fusées Hawn et à la mitrailleuse lourde, par le côté résidentiel, la centrale d'électricité d'al-Harrarieh, qu'elle a pu assiéger et occuper. La centrale se trouve non loin du site archéologique de Sfiré. A l'heure où nous écrivons, la centrale se trouverait toujours dans les mains des forces de l'A.I.I.L..

Cette centrale utilise de l'hydrogène pour le refroidissement des eaux ; l'hydrogène est contenu dans des bouteilles qui sont regroupées dans des citernes.

Si ces bouteilles étaient touchées par les bombardements, une terrible explosion pourrait raser les lieux sur un rayon de 20 kms.

A une dizaine de kilomètres de Harrarieh, se trouve une fabrique de chlore qui conserve dans ses entrepôts des quantités très importantes de ce produit. Si les stocks étaient atteints par des obus, le gaz chlore (qui est un gaz lourd ne prenant pas de l'altitude) pourraient se répandre sous forme de nuages tuant tout être vivant sur son passage.

En dépit d'un accord officieux entre les parties de ne pas porter atteinte à des centres vitaux comme les barrages et les centrales d'électricité et de gaz, nous alertons la conscience internationale sur le danger en cours.

Ajoutons que pour l'heure, la ville d'Alep est totalement privée d'eau et d'électricité. Si la centrale électrique est touchée, la ville sera définitivement privée de cette énergie.

Nous implorons tous les Etats bienveillants pour qu'ils essayent d'obtenir la neutralisation de la Centrale électrique et de l'usine de Chlore.

Un citoyen de la ville d'Alep au nom de la population.

La Cathédrale Saint-Siméon-le-Stylite et les mosaïques exceptionnelles de Maaret al-No'man sont la cible des terroristes et d'archéologues véreux.

Couvent Mar Semaan (Alep) - le 05 Novembre 2013 - Les forces islamiques d’opposition au régime syrien ont commencé à prendre pour cible la Cathédrale Saint-Siméon-le-Stylite en détruisant les vestiges qui se trouvent à l’intérieur ; ils ont aussi volé les pièces importantes qu’elle contient en faisant usage de toutes les armes à leur disposition.

La chaîne satellitaire Ishtar a déclaré que les destructions en Syrie n'ont pas laissé une seule église ou mosquée intacte, et selon les statistiques, ce sont plus de dix mille sites et quarante musées archéologiques qui ont été atteints depuis le début des affrontements.

Il est à noter que les musulmans de Syrie appartiennent à différents rites qui s’affrontent entre-eux et détruisent leurs mosquées mutuelles, tandis que les chrétiens, qui ne combattent aucune des parties, voient leurs églises détruites également.

Informations sur le Couvent lui-même.

Le Couvent de Saint-Siméon-le-Stylite est considéré comme une des plus belles et des plus imposantes églises bâties dans le monde. Il date du IVe siècle, du vivant de Saint-Siméon et se situe au Nord de la ville d’Alep.

Le qualificatif de Stylite fut attribué à Saint-Siméon car il fut le premier à s’isoler en ermite sur une colonne de pierre devenant ainsi un modèle qui va se répandre à plusieurs cités de la Syrie du Nord et, de là, jusqu'en Europe.

La Cathédrale abrite la colonne du Saint qui attteint une hauteur de 15 mètres et se trouve au milieu du bâtiment qui présente un plan octogonal, au sein duquel se trouvent quatre églises de style basilical formant une croix. La surface totale de la Cathédrale s’élève à 5000 mètres carrés.

Du Couvent de Siméon-le-Stylite à Alep


Maaret el-No'man - le 05 Novembre 2013 - Des nouvelles tout aussi graves parviennent de Maaret el-No'man où il se confirme que des vols de trésors patrimoniaux sont en cours sous la houlette d'archéologues véreux.

Le Musée de Maaret el-No'man contient des mosaïques exceptionnelles du patrimoine mondial, notamment celle du Bon Pasteur, des baptistères et des portes tombales en basalte. Mais la plus grande catastrophe se produit par la destruction des mosaïques de Taybet Imam qui sont les plus étendues que nous connaissions avec plus de 600 m2.
Ci-contre la mosaïque du Bon Pasteur.
Publié par la F.C.S.O.

samedi 26 octobre 2013

Alep, Le Couvent Saint Vartan, des Jésuites, tombe dans les mains des takfristes au cours de féroces combats avec l'armée.

Alep - le 29 Octobre 2013 (14h15) 

Le Couvent des Père Jésuites à Alep est toujours dans les mains des takfiristes. L'Armée Arabe syrienne vient de débuter une opération de dégagement des lieux.

En direct d'Alep - le 26 Octobre 2013 à 9h30

Ce matin notre correspondant alépin nous communiquait à chaud, par téléphone, les informations sur en provenance d'Alep. Excusez seulement les 20 premières secondes de l'enregistrement dont la qualité sonore est un peu faible, mais le reste (près de 13 mns) devient ensuite très audible.


Couvent Saint Vartan - Alep - en 2012

Couvent de Saint Vartan - Alep - Aujourd'hui 
Alep - 26 Octobre 2013 (9h30) - La nouvelle vient de tomber! Le couvent Saint VARTAN des Jésuites dans le quartier de Midane à Alep a été attaqué hier soir ; il se trouve désormais dans les mains des Takfiristes dont le nombre engagé dans cette offensive est estimé à plus de deux milles.


Ce couvent est désormais la dernière ligne qui sépare les intégristes du quartier chrétien de Sulaymanieh. Il nous est rapporté que le "seul moyen de défense est l'armée syrienne qui emploie actuellement toutes les armes en sa possession notamment par voie aérienne pour nous défendre".

"Nous demandons encore vos prières pour que le Seigneur nous épargne le sort du village de Sadad. La panique est à nouveau très grande à Alep. La ville va t-elle tomber dans les mains des rebelles ? Serons- nous les otages de l'ASL et du Front al-Nosra et de tous ces étrangers, Tchechènes, Pakistanais, Afghans, Lybiens, Saoudiens, Emiratis, etc...."

Ce matin, à 9h, Alep était totalement dans le noir, sans d'électricité depuis six jours ; même les hôpitaux sont sans énergie. Notre correspondant nous rapporte : "A la maison, nous n'avons plus que quatre litres d'essence pour alimenter le petit générateur qui charge notre portable et maintien notre téléphone et quelques lampes actives".

Priez pour nous! Priez pour nous! Priez pour nous.

vendredi 18 octobre 2013

Arrive-t-on encore à voir des signes de Dieu dans "cet enfer qu'est devenu Alep" ?

Interview empruntée au site Fraternité Chrétienne Sarthe-Orient. - le 18 Octobre 2013.

1° - Comment voyez-vous l'issue pour les chrétiens d'Alep ?
J’ai l'impression que Dieu, en nous faisant naître sur cette terre de Syrie, avait un plan pour nous et sur nous ; il nous demandait ainsi de continuer à porter le flambeau de la foi que nous ont transmis nos ancêtres qui avaient du subir avant nous, les souffrances de la persécution.
J’apprends aujourd'hui que les chrétiens de « Yabroud » et de « Kalamoun » ont été forcés à payer une « jizya » mensuelle aux « takfiristes »[1].
Le danger qui nous menace est très grand, et les conseils de prudence nous poussent à nous éloigner des régions chaudes et même à laisser le pays en attendant une issue à la guerre.
 
Beaucoup de martyrs chrétiens sont tombés. Nos enfants, nos soldats, nos femmes ; presque toutes les familles sont atteintes. Par ailleurs, des centaines de familles chrétiennes ont perdu leurs maisons et se sont retrouvées dans la misère, prises par la faim ou entraînées dans la perdition.

En dépit de l’émigration de dizaines de milliers de chrétiens syriens, il y en aura toujours, nous le savons, qui resteront sur place et qui continueront à éclairer, par la vivacité de leur foi, la lumière du Christ.

2° - Pensez-vous que le sort des chrétiens d'Alep est différent de celui du reste de la Syrie ?
Je crois qu'Alep est la ville qui a le plus subi les méfaits de la guerre, par les destructions de plus de la moitié de la ville certes, mais également par la pénurie de nombreux biens essentiels à la vie quotidienne. Toutefois, d'autres villes comme Raqqa, Tabqa, Ya'coubieh et Ma'aloula, ont été vidées de toute présence chrétienne, par la destruction des églises et les massacres des familles chrétiennes…

Il faut reconnaître que la tentation de quitter la Syrie aujourd’hui reste grande. A Alep, des chrétiens pauvres mais aussi des membres de la bourgeoisie aisée, restent attachés à leur ville. Ceux qui demeurent sur place ne peuvent survivre qu’en comptant sur l'appui des musulmans avec lesquels ils partagent le quartier, la souffrance et le siège de la ville, mais encore et aussi sur celui des militaires de l’armée arabe syrienne.

3° - Quel est le sentiment qui vous anime alors que vous êtes assiégés à Alep ?
Le sentiment serait-il le même que celui qui a animé ma grand-mère en 1915, lorsque les Ottomans avaient égorgé trente-huit membres de sa famille à Mardin en Turquie ? A cette période des prêtres et des évêques arméniens étaient aussi tombés sous les lames des soldats turcs. Mon sentiment est un mélange d’inquiétude, de confiance en Dieu, de proximité avec les martyrs et notamment avec ceux des premiers temps du christianisme. On dirait que l’histoire se répète.

Alep assiégée, manquant de l’essentiel, nous rapproche des pays les plus pauvres, des populations déshéritées d’Afrique soumises aux aléas du climat, que l’on regardait, de chez nous, parfois avec indifférence. Désormais, je ne regarderai plus, de la même manière, ces peuples privés par la nature.
Cette crise que nous vivons au fond de nous, a fait remonter à la surface les bons moments de notre existence qui nous avions vécus avant les débuts de la guerre, mais dont nous nous plaignions à tort. Ces moments étaient finalement si doux.

4° - Parvenez-vous à prier au cœur de la violence ? Quelle prière dites-vous ?
Au cœur de cette violence et avec la disparition de notre fille bien-aimée, Pascale, la prière est devenue plus profonde, une vrai relation s’est développée avec Dieu qui nous donne la confiance et nous procure le repos intérieur ; Il est notre bouée dans cette mer de violence et de haine. Tous les jours, je me remets à l’écoute des chants qu’interprétaient ma fille, notamment la prière byzantine de l’hymne Acathiste et le Paraclicis de la Sainte-Vierge, Mère de Dieu.

5° - Arrive-t-on encore à voir des signes de Dieu dans "cet enfer qu'est devenu Alep" ?
Certainement on a vu des prêtres, des moines et des laïcs, plein de bonne volonté, organiser des programmes d'actions d'aide aux familles totalement démunies.

L’immobilité et la difficulté de sortir de chez soi, a amené une ouverture des cœurs. Les relations entre voisins se sont transformées. Voisins au sein du même immeuble, appartenant à la même religion ou membre d'une autre confession, nous avons fini par devenir une grande famille. « L’humanité divine », au milieu de la brutalité et de la bestialité, ressemble au retour de la nature dans une ville désertée ; elle revient en force et n’a alors plus peur de rien. A Alep, nous devons pouvoir dire que l’humanité divine se lit par exemple dans la solidarité, la sympathie et la fidélité des bédouins, cette catégorie sociale souvent considérée par certains comme non-civilisée, mais dont le courage et la valeur nous a édifié durant notre épreuve.

6° - Les jeunes ont-ils encore le goût pour la prière ?
Ce qui nous inquiète le plus, ce sont les jeunes sans travail qui n’ont plus d’avenir clair et qui vivent dans un vide spirituel. Désormais trop de jeunes se sont éloignés de la prière, préférant s’engager dans des voies qui ne sont qu’autant d’impasses humaines : milices combattantes, exil en ayant recours à des voies illégales, drogues etc.

Si la prière a perdu du terrain auprès de la jeunesse, les mouvements d’église ont en revanche trouvé un regain d’intérêt tel que le scoutisme,  la JEC et la JUC.

7° - A-t-on encore le cœur à chanter dans Alep ? A-t-on la force d'aimer ?
Même dans les moments difficiles durant les menaces franco-américaines de frapper la Syrie, alors que le monde craignait une troisième guerre mondiale, les syriens continuaient à vivre normalement. La vie continue et les instants de joie existent toujours aux occasions de mariages, de rencontres familiales ou amicales. Cela n’empêche pas l’inquiétude voire l’angoisse de continuer à régner dans les cœurs.

8° - Quelles prières conseillerez-vous aux amis des Chrétiens de Syrie, qui vivent loin de chez vous ?
Nous n'avons pas de prières précise à conseiller. L'important c'est de prier, même d’une prière simple.

9° - Pouvez-vous nous citer la prière que vous trouvez la plus belle dans chacun des rites grec-melkite catholique, grec orthodoxe, maronite, syrien catholique, syrien orthodoxe.
Chez les grecs melkites catholiques et les grecs orthodoxes, celle que l’on peut qualifier de plus belle prière, est l'incantation qu'ont récité les fidèles dans l’Eglise Sainte Sophie au moment où ils invoquaient la Sainte Vierge, à la veille du siège de Constantinople par les Ottomans نحن عبيدك يا والدة الأله: « O Mère de Dieu nous sommes tes serviteurs, nous demandons des signes de victoire, Ô protectrice invincible. Nous t'offrons nos remerciements comme sauveur des dangers. Mais comme tu es invincible, libères-nous de tout genre de dangers. Ainsi nous te crions, réjouis-toi, Ô épouse sans époux ». افرحي يا عروسة لا عريس لها".

Pour les maronites, « يا ام الله يا حنونة : Ô Mère de Dieu, Ô Tendre, Ô trésor de grâce et secours aie pitié de nous et de nos morts. Même si ton corps est loin, Ô Vierge notre Mère. Tes prières nous rassemblent et restent avec nous et nous protègent. Intercède auprès de ton fils pour nous pardonner nos péchés, par sa tendresse. Ne nous abandonne pas » …

Les Syriens [syriaques] catholiques et orthodoxes prient السهرانة: [Al Sahranah]  « La veilleuse » : « Ouvre nous la porte de tendresse, Ô Mère de Dieu bien bénite, car en comptant sur toi nous seront exaucés et sauvés de tout danger. Tu es le « sauveur » de tous les chrétiens »…

10° - Selon vous, dans l'histoire, qu'a apportée la prière à la Syrie et à son peuple ?
Les pères de l'Eglise d'Orient avec Saint-Ephrem, Romain le Mélode d'Emèse [Homs], Saint-Jean Damascène, Saint-Basile-le-Grand, Saint-Grégoire-de-Nysse, Saint-Jean-Chrysostome dit Bouche-d’Or, Saint-Marron, les moines, les ermites, les stylites avec St Siméon l’ancien et ceux qui l’on suivi, nous ont tous laissé des prières très belles et d’une grande richesse, hélas méconnues des fidèles eux-mêmes. Peut être que cette crise syrienne va-t-elle faire ouvrir les yeux des chrétiens sur leur patrimoine d’invocation et leur faire prendre conscience de la nécessité de mettre plus souvent la prière de leur père dans leur coeur et sur leur lèvres et celles de leurs enfants.

11° - A part la prière, quel type d'aide espérez-vous de l'extérieur ?
Nous espérons des peuples occidentaux qu’ils montrent à leurs dirigeants politiques les erreurs de jugement qu'ils ont comises. Les gouvernements occidentaux ont suivi une voie inique et inhumaine. Par leur politique déséquilibrée, ils ont tué la notion de justice ; comment voulez-vous que les peuples y croient encore ? Leur discours sur la protection des minorités en Occident s’est révélé un propagande fallacieuse. Soixante ans de communisme n’ont pas eu raison de la foi russe. Deux siècles de révolution française et d'erreurs philosophiques n’auront pas raison de la vocation chrétienne des peuples qui ne peuvent vivre sans un Dieu proche d’eux, consolateur et miséricordieux; la philosophie des lumières ne connait ni consolation, ni miséricorde dont le siège est le coeur. Elle n'a donné de place qu'à la raison sèche, un produit du cerveau. Nous les chrétiens du Proche-Orient, notre histoire a prouvé que notre raison était vivante car elle était soumise à la foi et pour cette raison nous ne sommes, nul autre qu’un membre de ce corps ecclésial tout entier.

Oui, nous demandons l'aide de nos frères d'Occident pour qu'ils secouent leur dirigeants mais dans l'urgence, nous avons aussi besoin d'un soutien matériel. Que peut un corps malade et fragile insuffisamment muni ? Autour de nous, il y a un pressant besoin du minimum vital. Soyez en sûrs, ce n’est pas le caprice alimentaire qui est en danger, mais la nourriture vitale qui manque. Si l’adulte peut mieux résister au manque, s’il est capable de trouver sa nourriture même dans l’adversité, serait-ce le cas de nourrissons, des vieillards, des femmes fragiles ?

Merci pour toutes les bonnes intentions.


[1] Ceux qui refusent toutes présences non-musulmanes en « terre d’Islam ».

mercredi 11 septembre 2013

Urgence! Les rebelles menacent les Chrétiens d'Alep du même sort que Maaloula.

La ville d'Alep est menacée
du sort de Maaloula

Jeudi 12 Septembre 2013 | En direct d'Alep | Ce matin les quartiers chrétiens d'Achrafieh et de Sirianne ont reçu quelques dizaines de fusées "hawn". 

Notre correspondant sur place qui est de confession chrétienne nous a rapporté que dans la matinée, il lui a fallu emmener à l'hopital du quartier, un jeune kurde de 13 ans, qui a été blessé par des éclats d'obus en se rendant à la recherche de pain. 

Le chemin de "Khanasser", la seule voie de liaison entre Alep et le monde extérieur, est toujours sous le contrôle des rebelles qui la rendent impraticable par les francs-tireurs qu'ils ont postés. A la situation d'Alep vient s'ajouter la confrontation persistante entre ASL et Kurdes du PKK.

L'isolement d'Alep a accru le marché-noir à un point inimaginable. La bouteille de gaz butane se vend à 18.000 livres syriennes, alors qu'elle s'échangeait à 300 livres avant le début de la guerre.

Plus loin dans la vallée chrétienne de Mar Marita, non loin du Crac des chevalier (Hosn al-Akrad), les francs-tireurs sévissent aussi sur les villages chrétiens. 

Toutes ces menaces accrues sur les chrétiens, ont poussé des dizaines et des centaines de jeunes baptisés à rejoindre les milices du régime pour protéger les lieux saints des sacrilèges que commettent les mercenaires rebelles. 

On peut dire que même à Alep, le moral de l'armée arabe syrienne est bon et se maintient en dépit de la présence de près de 80.000 rebelles appuyés par des conseillers turcs et israéliens. Il faut dire qu'Alep est la clé de la Syrie. 

Pour ceux qui souhaitent aider financièrement les chrétiens de Syrie, il y a des associations caritatives qui se dévouent à cela : OdOAEDCFCO, tandis que pour aider les syriens sans considération confessionnelle, il y a AFS.

Mercredi 11 Septembre 2013 | Nous vous faisons part d'une brève communication téléphonique avec notre correspondant qui se trouve à Alep qui est coupée du monde. Voici le message reçu :  

"Ca va très très mal ! Depuis deux ou trois jours, les rebelles lancent des roquettes sur les quartiers chrétiens. Nous n'avons pu dormir cette nuit, à cause des fusée "hawns". L'approvisionnement en électricité et eau est souvent coupé ; les communications téléphoniques et internet sont exceptionnelles. Nous sommes totalement assiégés par les rebelles. Nous ne savons pas comment cela va se terminer. 

L'armée a envoyé des renforts pour nous protéger. Les rebelles ont menacé directement les chrétiens et les Alaouites, leur promettant le même sort qu'à ceux de Maaloula. Les soldats sont prêts à se battre jusqu'au bout. 

Pour le moment, l'armée arabe syrienne arrive à éloigner les rebelles. Elle a dépêché des miliciens chrétiens pour protéger les églises.

Les aides ne parviennent plus; toutes les matières alimentaires se font rares. Nous nous nourrissons de riz et de bourghol et c'est tout. Il est cependant possible de trouver quelques légumes mais il n'y a plus ni viandes, de fromages". 

Cette vidéo a été tournée au coucher du soleil hier soir. Elle donne une idée de la manière dont la nuit s'est déroulée pour les malheureux habitants d'Alep. Vous remarquerez qu'aucun grand média ne traite de la situation sur place.


mercredi 21 août 2013

Lettre à Monsieur le Président du Parlement Européen.

Le 17 Janvier 2011, je vous avais adressé une lettre sur le massacre des chrétiens d’Orient, et  particulièrement sur celui des chaldéens d’Irak. L’horreur avait culminé dans une église syriaque de Bagdad, en Décembre 2010 faisant 50 victimes innocentes (enfants, femmes, vieillards dont 2 prêtres) sauvagement assassinées par des jeunes Jihadistes.…

Le 13 Avril de la même année, vous aviez la courtoisie de me répondre et je vous cite : «  L’Union européenne s’engage résolument en faveur des minorités religieuses. Le Conseil de l’Union Européenne vient d’adopter le 21 Février 2011 des conclusions qui confirment son action en faveur de la liberté de religion ou de conviction pour tous et partout, et appelle à renforcer son action extérieure en la matière en mobilisant ses instruments diplomatiques et son assistance aux pays tiers…. »

Pendant ce temps, la Révolution de Jasmin, suivie du Printemps arabe, poursuivaient leur contagion dans la ville de Deraa à 50 kilomètres de Damas avant de se propager dans toute la Syrie. Or à la même époque je naviguais entre Alep et Damas, ayant créé avec mon épouse un Institut Infirmier (IFSMB) à la française, à la demande de Monseigneur Jean Clément Jeanbart Archevêque Melkite d’Alep, pour le soutenir dans son projet « Bâtir pour rester », afin de limiter l’exode des chrétiens, bien avant ces événements imprévus, du mois de Mars 2011.

Mes origines et mon vécu communautaire entre la Syrie et la France d’une part, la conjoncture particulière qui nous a conduits à vivre 3 ans, en tant que professionnels de la Santé, au contact permanent de toutes les catégories sociales de ce pays d’autre part, me poussent aujourd’hui à vous lancer ce nouveau cri d’alarme en faveur des civils innocents de Syrie, après 27 mois de combats acharnés, 100.000 morts, autant d’handicapés, 5 millions de réfugiés et un exode sans précédent des chrétiens, (qui depuis 2000 ans et tant d’invasions, sont restés envers et contre tout sur la Terre de leurs ancêtres).

Ce désastre, ce chaos me laissent dubitatif sur l’esprit de la démarche européenne ; je vous cite : «... Telle est l’approche qui guide l’Union européenne dans ses relations avec les pays tiers, où nous travaillons avec acharnement pour rassembler un consensus de la Communauté Internationale pour lutter contre l’intolérance religieuse lors des sessions de l’Assemblée générale des Nations-Unies à New York et du Conseil des Droits de l’Homme à Genève… »

Je ne peux que déplorer l’impuissance du Parlement Européen qui sous votre Présidence, constate :
- Le carnage des civils syriens.

- Les enlèvements avec demandes de rançons qui de plus sont exorbitantes, de civils, d’enfants, de chefs d’entreprise.

- le saccage d’usines, d’entreprises environ  (2500) brulées par les insurgés.

- Le matériel coûteux pillé et vendu au marché noir avec la complicité des autorités turques.

- L’horreur des cœurs arrachés aux soldats de l’Armée Syrienne, exhibés aux Médias Internationaux.

- L’injonction d’Imams devenus célèbres pour leurs prêches du Vendredi dans les Mosquées du Caire, de Tunis, d’Istanbul ou d’ailleurs, de se débarrasser du sang des infidèles égorgés, comme celui des porcs, dans les caniveaux.

- Le viol des jeunes filles et des femmes, torturées sous les yeux de leur père, de leurs frères, de leurs époux, et étouffées avec le symbole même de leur foi, la croix du Christ plantée dans leurs gorges.

- La séquestration récente de deux Evêques, Monseigneur Yohanna Ibrahim et Paul Yazdgi connus pour leur charisme et leur intégrité de la Communauté Islamo-chrétienne de (Homs).

Qui rend compte de l’horreur, de la haine et de la barbarie en Europe ?

- La « Turquie » alliée de l’OTAN, qui arme, encourage et cautionne le pillage et la destruction de la Région industrielle d’Alep (principal poumon économique de la Syrie) ?

- L’ « Observatoire Syrien des Droits de l’Homme » (L’OSDH) et son bouffon de représentant à Londres qui alimente les réseaux sociaux ; un apatride à la solde des Services de Renseignements Anglais, et de l’argent Qatari ?

- L’ « Armée Syrienne Libre » (ASL) submergée par des insurgés qui s’infiltrent par les frontières de la Jordanie, du Liban de la Turquie, et de l’Irak ? Car toutes les nationalités « Islamistes » et islamisantes sont là, Tunisiens, Egyptiens, Saoudiens, Qataris, Libanais, Afghans, Tchétchènes, Libyens, Maliens, Turcs, Pakistanais, Yéménites, Koweitiens, Talibans, Belges et même Français,…Une armée de bric et de broc qui a même découragé le Président Hollande, acharné à reconnaître ce qu’il faut bien appeler aujourd’hui par son nom, une « Armée d’occupation » !

- « Al-Jazzera », la chaîne Qatari, fidèle à ses propriétaires, qui accable le Régime syrien de Bachar El Assad, filtre et dénature les informations, sans aucune nuance…

Ne sommes-nous pas en droit de nous étonner d’ailleurs que lors de sa dernière Conférence de presse, devant 400 journalistes accrédités, le Président de la République Française n’ait donné la parole, pour préciser la position de la politique étrangère de la France, qu’à deux médias, TF1 et ….Al-Jazzera, qui s’inquiète de la mise à l’écart discrète de la France et de l’Europe dans les discussions à venir à Genève pour la 2ème Conférence Internationale chapeautée par les U.S.A. et la Russie ?

Comment interpréter le silence des Médias à cette occasion ? Indifférence ou collusion ?

Monsieur le Président, bien des voix viennent s’éteindre aux portes de nos rédactions et de nos chancelleries.

Je le rappelais le 2 Janvier 2013 à l’Elysée dans l’entretien de 90 minutes que m’avait obligeamment accordé la Conseillère Diplomatique du Président François Hollande.

Je commençai par la voix du peuple syrien, en la personne de Nadia Khost, une écrivaine de Damas : «Prendre à cœur la défense du peuple syrien revient aussi à défendre non seulement la dignité de ce qu’il y a de plus noble en l’humanité, mais l’intelligence de chacun d’entre nous qui sommes impunément bafoués par les Médias internationaux…. »

Je continuai en lui rappelant qu’un « Collectif pour la Syrie » composé de dix Franco-syriens, avait adressé le 21 Mars 2012, une lettre ouverte aux Médias, aux élus et aux deux futurs candidats à la Présidence de la République Française, après avoir effectué 12 missions au cœur même de la Syrie, auprès des opposants et des soutiens du Régime. Je lui disais que leur voix était aussi importante que celle de ceux qui clandestinement effectuent auprès de l’ASL des visites guidées et soigneusement encadrées, au pied levé, dans une partialité absolue.

Dans mon dernier livre : «  Le Silence de Dieu » je donnais moi-même dans les annexes, la parole aux « Sans voix », ceux que nous ne lisons jamais dans nos journaux, que nous n’entendons guère sur nos radios et ne voyons jamais sur les écrans de  nos télévisions !

J’évoquais avec elle, Sa Béatitude Kiril I, Patriarche de Moscou et de toutes les Russies qui, en visite chez Monseigneur Béchara Raï, le Patriarche Maronite, avait osé parler d’un plan Occidental visant à expulser les chrétiens d’Orient de la Terre Sainte qui les a vus naître.

Ce même Patriarche Maronite d’ailleurs qui, au cours d’une rencontre avec le Président Sarkozy au printemps 2012, soulignait l’imprudence de certaines positions européennes et françaises radicales et demandait pour les chrétiens du Levant, « non pas des protections, mais des Droits fondamentaux…que les Accords de Taëf, qui avaient mis fin à la Guerre du Liban, n’avaient eu de cesse de rogner pour favoriser la domination sunnite du Liban ».

Enfin j’interrogeais la Conseillère Diplomatique sur les révélations du journal « Le Point » et du « Canard Enchaîné » concernant l’intervention courageuse du député PS François Loncle (Membre de la Commission des Affaires Etrangères de l’Assemblée Nationale) qui, dans une question écrite posée au Gouvernement Fillon, demandait ouvertement au Patron du Quai d’Orsay, Monsieur Alain Juppé « Si la France étudiait la préparation d’une opération militaire en Syrie au vu des appels à l’ingérence Internationale qu’elle émettait via l’Onu notamment la demande d’instauration de couloirs humanitaires contre l’avis des Nations Unies, et enfin  la reconnaissance du CNS (Conseil National Syrien) comme seul interlocuteur syrien légitime !

François Loncle demandait très clairement à Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, s’ils avaient l’intention de devenir les futurs G.W.Bush, et Rumsfeld de la Syrie…et de nous refaire le coup de la Libye ! Il allait même jusqu’à interpeller le Parlement en exigeant des éclaircissements sur «  le rôle exact joué par les agents du service de la DGSE et les officiers du Commandement des opérations spéciales dépêchés en Turquie et au Liban, auprès des militaires syriens ayant fait défection…et si l’objectif de la diplomatie française consistait à renverser le Régime syrien, au risque de provoquer l’éclatement du pays, voire l’embrasement de toute la région » !

Au mutisme d’Alain Juppé  s’abritant derrière le Secret Défense, le Général de corps d’armée Jean Salvan répondait sans détours que « depuis quelques jours, notre gouvernement n’ose plus pérorer au sujet de la Syrie. Peut-être a-t-il enfin compris ce qui se tramait là-bas, car l’activisme des Etats-Unis et du Qatar au Proche-Orient finissent par crever les yeux. Oui, il y a bien un complot, comme il y a en a eu en Irak pour contrôler un pays riche en pétrole, et simultanément répondre aux aspirations de l’Arabie Saoudite et des Sunnites en cassant la Syrie et l’Irak, deux Etats relativement laïcs.

La Russie détient en Europe des positions majoritaires sur le marché du gaz. On va donc s’attaquer aux exportations russes en ouvrant un gazoduc entre le Qatar, pays producteur, et des terminaux à Adana (Turquie), Tripoli (Liban), Haïfa (Israël) et Lattaquié (Syrie).

Ce gazoduc contournerait donc des pays comme l’Iran et l’Irak. Son centre de répartition se trouverait à Homs en Syrie, d’où partiraient les embranchements vers les ports méthaniers.  Bachar el-Assad ne souscrivant pas au projet, il fallait l’éliminer. Le bloc sunnite a donc fourni aux opposants syriens, instructeurs, conseillers, armes et argent, par l’intermédiaire de la Turquie.

Les dictatures théocratiques qatari et saoudienne ont trouvé sur place et en Europe les idiots utiles pour laisser croire qu’en Syrie on se battait pour la démocratie et non pour le gaz. Comme je le répète depuis plus de vingt ans, il y a de nombreuses ressemblances entre les Soviétiques et les islamistes. Les Occidentaux et surtout les Européens sont toujours prêts à leur vendre la corde pour être pendu ».

En quittant l’Elysée, suite à ma rencontre avec la Conseillère diplomatique, j’avais bien compris que le « changement » que l’on nous avait promis… n’était que  la continuité de la diplomatie française. !

J’avais bien saisi que cent mille chrétiens coptes qui avaient déjà quitté l’Egypte, que le million et demi de chrétiens chaldéens qui avaient fui l’Irak, que les Chrétiens Libanais, Palestiniens, et à présent Syriens, que les minorités musulmanes alaouites, kurdes, druzes, chiites et ismaïliens de Syrie étaient bien condamnés en Occident, selon des lois démocratiques à géométrie variable.

Nous anéantirons ces barbares jusqu’au dernier au Mali, les mêmes qui en Syrie sont considérés comme des résistants que l’on arme, que l’on soutient, que l’on forme…. Hélas, la rhétorique truquée d’un discours atlantiste basée sur une prétendue  défense des droits de l’homme, sert finalement d’analyse à la grande majorité de nos élus, droite et gauche confondus, sans aucune vision gaulliste de la politique des Affaires Etrangères.

Monsieur le Président du Parlement Européen, je prends la liberté de vous rappeler ce que Volney disait au XVIIIème siècle suite à son voyage en Syrie et en Egypte : « C’est bien dans ces contrées que sont nées la plupart des opinions qui nous gouvernent, d’où sont sorties ces idées religieuses qui ont influencé si puissamment notre morale publique, nos lois et notre état social … malgré toutes les diversités, tous les hommes sont frères et doivent porter à la perfection, les lois que la nature a posées en eux, pour les guider ».

C’est bien dans ces contrées que nous, européens, nous nous ingérons sans discernement, avec notre brutalité habituelle, en donneurs de leçons. Chaque jour qui passe voit le massacre de 150 familles innocentes de plus, de tous bords, de toutes confessions. Au diable les droits de l’homme, l’urgence c’est le droit de vivre !

En homme de décision et de pouvoir, Monsieur le Président, j’en appelle encore une fois à votre engagement« de mobilisation pour tous et partout, et d’assistance aux pays tiers… ». Je joins à ma prière et à ma lettre, quelques témoignages de citoyens ordinaires qui illustrent la tragédie syrienne. Je connais la plupart d’entre eux avec lesquels j’ai vécu ; musulmans ou chrétiens, ils sont restés héroïquement sur place dans l’horreur quotidienne. Leur courage prend racine dans leur foi vibrante, profonde et dans cette fraternité qui les unit à jamais.

Un jour, Monsieur le Président, les survivants parleront ; un jour les journalistes muselés aujourd’hui, témoigneront ; un jour, enfin, les Européens abusés et formatés comprendront.

Parce que ceux qui savaient, se sont tus (Alain Juppé, Hilary Clinton, Recype Erdogan, et bien d’autres), ceux qui pouvaient, se sont perdus en agitations dérisoires et stériles mais en attendant, une civilisation aura été anéantie sous un tapis de bombes américaines en Irak, sous une pluie de roquettes et de missiles russes en Syrie.

« Le sort des chrétiens d’Orient est exemplaire de ce qui se passe quand on nie la dimension spirituelle du monde…Entrez dans une Eglise d’Orient, vous y entendrez ce que les Eglises d’Occident vous cachent, le bruissement des Anges…C’est nous Européens qui, en ayant refusé d’inscrire dans la Constitution de l’Union, le caractère chrétien de nos racines, avons rendu possible l’éradication programmée et déjà effective…La mort des Chrétiens orientaux est le signe non seulement de notre honte mais de la mort de notre civilisation. Ils meurent silencieusement de ce que nous ne voulons êtres chrétiens ! » C’est ce qu’écrivait un philosophe contemporain (Richard Millet) en 2004.

Je suis cette voix dans le désert qui donne existence à ces sans voix que je vous supplie d’écouter.
Je vous remercie Monsieur le Président et je vous assure de ma respectueuse considération.

Jean Claude Antakli. 
Ecrivain-Biologiste. Ex-Correspondant de l’Est-Républicain.

dimanche 28 juillet 2013

Sortir du silence le massacre de la ville de Khan al-Assal.

Dimanche 28 juillet 2013 - Quel est le bilan du massacre de la ville de Khan al-Assal à Alep sur lequel la presse internationale est restée très silencieuse ?

Pour tout dire, hier, nous faisions une visite à l’hôpital gouvernemental d’Alep. Qu’a-t-on pu voir ? Un premier groupe de 160 cadavres de soldats enlevés et égorgés, au sens propre du terme, par les mercenaires du Front al-Nosra.

A la vue de cette violence, nous n’avons pu soutenir notre regard face aux atrocités dont ces mercenaires ont été capables : cranes vidés du cerveau, cœurs retranchés, mains et pieds coupés.

Des corps qui ne méritent que notre respect et la prière du monde entier, ont été transportés dans des camions poubelles sous l’emblème du Croissant-Rouge et de la Croix-Rouge. En revanche, quatre-vingt corps de civils qui ne purent encore être déplacés, seront amenés à l’hôpital ce matin.


Photo empruntée au site "Modern News" - Des soldats capturés en attendant leur massacre. L’un d’eux nargue les mercenaires en indiquant le V de la victoire.

Faut-il que nous spéculions sur la manière dont ces mercenaires, affidés d’Etats étrangers, ont agi ?

Une des hypothèses développées par le site « Modern News » est que les missiles de type « Milan », de fabrication franco-allemande, vendues à l’Arabie-Saoudite, seraient parvenus aux mains d’Al-Qaïda et du Front al-Nosra, grâce à un don financier saoudien et qatarien. La même source évoque aussi le rôle de la Turquie dans le passage de ces armes. Ces missiles [Cf. l'article du blog de Jacques Tourtaux], nous ne sommes déjà plus dans les armes létales promises par la France, seraient en usage en Syrie, depuis quelques mois déjà.

Une autre hypothèse reprise par le site « Modern News » fait mention de la trahison par le commandant et des officiers de la Division chargée de garder la ville de khan al-Assal au Nord d'Alep. La même source rapporte que les officiers furent corrompus pour déplacer les points de contrôle vers des emplacements moins stratégiques, afin de faciliter la prise du quartier par les mercenaires du Front al-Nosra. L’action avait également pour but de diviser et affaiblir la troupe, pour qu’elle soit attaquée plus facilement. Cela aurait donné le résultat que nous connaissons.

mercredi 24 juillet 2013

Urgent : Alep - Des dizaines de chrétiens arméniens non-armés sont la cible d'une attaque barbare et aveugle.

A diffuser Urbi & Orbi

Alep - le 24 Juillet 2013 - Nous venons d'apprendre de source sûre, avec images à l'appui, que des dizaines de chrétiens arméniens de la ville d'Alep ont été la cible d'une attaque de groupes armés appartenant à la mouvance de Djabhat al-Nosra, alors qu'ils tentaient de quitter la ville pour Damas par une route sous contrôle de l'armée arabe syrienne. 

Une dizaine de bus les transportant ont été l'objet de tirs aveugles par mitrailleuses et obus de la part des mercenaires du Front al-Nosra. On dénombre au moins cinq martyrs et de nombreux blessés qui se trouvent dans un état grave. 

La vidéo ci-dessous montre l'attaque des assassins tirant sur des victimes innocentes en clamant "Allahou Akbar" [Dieu est Grand]; pauvre Allah qui est instrumentalisé par ces mercenaires....

A présent, quelle pirouette les régimes occidentaux vont-ils trouver pour démontrer leur non-complicité avec l'opposition syrienne, ses actes terroristes, fanatiques et aveugles, contre l'humanité et contre toutes les règles de la guerre ? 


jeudi 18 juillet 2013

Face à l'arrivée de vivres, Alep esquisse un léger sourire

Alep - le 18 juillet 2013 - La protestation de la population d'Alep aurait-elle donné quelques fruits ? Le vrai appel à la démocratie, que les rebelles spolient depuis plus de deux ans, viendrait-il enfin de la majorité silencieuse ? 

Le geste auquel ont assisté les alépins aujourd'hui suscite un mince espoir et laisse percevoir qu'un rôle accru, accordé à la majorité silencieuse, donnerait de bien meilleurs résultats à la Syrie démocratique que l'usage des armes et de la violence. 

La majorité silencieuse a peut-être eu raison de la corruption ambiante et du silence des autorités locales, ne serait-ce que durant 24 heures. En effet, le Président Bachar-el-Assad aurait donné l'ordre de "sauver" Alep et d'ouvrir le blocus qui pèse depuis des semaines voire des mois sur les quartiers de la ville sous contrôle de l'armée arabe syrienne. Des dizaines de camions escortés par l'armée, transportant légumes, farine et carburant sont entrés dans la ville. 

L'effet fut immédiat sur le niveau des prix, même si toute la population ne peut accéder aux vivres, en raison du déséquilibre de la demande par rapport à l'offre. 

Les boulangeries ont rouvert leurs portes, même s'il est nécessaire d'attendre cinq ou six heures pour obtenir deux kilogrammes de pain. Les stations d'essence ont repris la vente, accordant vingt litres par mois, et même si les queues demandent une patience d'anges. 

Les vivres manquantes sont encore la viande, le fromage et la volaille qu'on ne trouve que dans le secteur contrôlés par les rebelles qui en filtrent la circulation pour en privilégier les leurs. 

Des dires de promesses circulent affirmant que l'armée fournira prochainement du gaz aux familles. Plus positif encore, est l'interdiction faite par l'armée aux "comités populaires" de s'approcher des boulangeries et des camions d'approvisionnement, afin que ses membres armés ne s'emparent pas, sous la menace des armes, des arrivages alimentaires achetés à bas prix et revendus au marché-noir. 

Aujourd'hui pour la première fois depuis bien longtemps, le dollar qui avait dépassé la barre des 360 livres syriennes, s'est échangé à seulement 176 livres. 

Si les alépins n'osent encore trop y croire, leur moral s'est légèrement ressaisi. La paix est à portée, si chaque camp, parrains étrangers surtout, y contribuent.

mardi 16 juillet 2013

A Alep, les habitants, surtout chrétiens, risquent leur vie pour du pain...

Comme dans les quartiers chrétiens d’Alep, il ne se trouve plus de pain, de viande ou même de boîtes de conserve, des amis kurdes et musulmans, ont insisté pour m'associer à eux dans une escapade à Bustan al-Kasr, secteur de la ville d’Alep, actuellement contrôlée par Djabhat al-Nosra, dans le but de m'approvisionner en produits qui se vendent dans leur zone, à des prix plus "normaux" que dans les quartiers hors de leur contrôle.

Après des hésitations et des prières personnelles, surtout en raison du fait que nous abritons à la maison une personne âgée et que le reste de la famille manque de tout, j'ai accepté de m'associer au voyage, après que mes amis m'eurent garanti de rester à mes côtés tout au long du périple. Je prenais au préalable deux précautions en retirant la croix que je porte habituellement autour du cou, et en me séparant de mon téléphone portable.

Pour nous y rendre, nous primes un minibus qui devait nous laisser à près de 700 mètres du barrage contrôlant l'accès au marché. A l’approche on apercevait déjà des centaines de personnes âgées, hommes, femmes et enfants qui attendaient leur tour. Pas de jeunes dans les rangs, par crainte d'être embrigadés dans les milices.  

En avançant, nous nous sommes vite trouvés pris sous les menaces d'un franc-tireur de l'armée arabe syrienne posté sur la terrasse du Governorat d'Alep et sous celles d'un milicien de Djabhat al-Nosra positionné sur une autre hauteur. Les personnes courraient dans tous les sens, afin d'éviter d'être pris pour cible par ces criminels.

Parvenus au barrage, nous nous retrouvions, avec inquiétude, face à de jeunes miliciens de Djabhat el-Nosra en armes et, parmi eux, un tchétchène qui prononçait quelques mots d'arabe littéraire, pour demander aux personnes interrogées, de prononcer la "Fatiha" afin de s'assurer qu'elles étaient bien de confession musulmane. 

Grâce à mes amis musulmans, nous parvenions à pénétrer dans le marché où se trouvaient les marchandises à des prix bien différents de ceux pratiqués au marché-noir dans notre quartier : la bouteille de gaz était à 1.400 livres syriennes au lieu de 15.000 L.S.. L'essence était annoncé à 200 livres syriennes au lieu des 2.000 L.S. auquel il nous est vendu. Les légumes, devenus rares chez nous, s'échangeaient ici à 60 L.S. le kilo pour la tomate, au lieu des 500 L.S. pour la même quantité dans notre secteur ; la pomme de terre était 40 livres syriennes au lieu des 400 livres qui nous sont demandées dans notre quartier. La viande était vendu à 700 livres contre 3.000 chez nous. Le pain était ici vendu à seulement 25 livres le kilo contre 500 livres syriennes pour le kilo dans notre zone. Le fromage était offert à 200 contre 1.500 livres syriennes le kilogramme.

Attroupement à Alep pour se procurer du pain

Comparativement à d'autres secteurs de la  ville, le marché, sous contrôle de Djabhat al-Nosra, offre un large éventail de biens, mais l'essentiel des produits, à l'exception des tomates, des concombres, des pommes de terre et du pain, ne peut être emporté, sans que l'acheteur n'ait au préalable insulté le Président Bachar El-Assad et loué le Front Al-Nosra devant les caméras.

Sous mes propres yeux, les miliciens ont arrêté un homme qui avait caché de la viande sous sa chemise; ils l'ont déshabillé avant de l'agresser avec la viande. Une femme entièrement voilée était de même arrêtée pour avoir emporté du fromage sous ses habits. Mes amis kurdes viennent presque tous les jours ici. Ils m'ont raconté que le vendredi précédent, tous les acheteurs devaient prier Allah dans la rue. Les chrétiens présents parmi les acheteurs, avaient du faire semblant de prier, afin de ne pas être reconnus comme non-musulmans.

La sortie du marché est une autre grande épreuve; les acheteurs doivent passer un barrage de jeunes miliciens barbus et armés, tenant des banderoles noires avec comme inscription لا اله الا الله محمد رسول الله , "il n'y a d'Allah qu'Allah et Mohamed est son prophète"; cette exigence s'accompagne d'humiliations et d'insultes, "vous êtes les porcs de Bashar" ou d'invectives, "allez chez Bashar pour qu'il vous donne à manger" ou encore, "bientôt Alep sera libérée et la Chari'a sera appliquée avec la Jizya aux non-sunnites (chrétiens, Druzes, Alaouites....).  

Voilà les hommes que l'Occident a préparés pour la Syrie, ceux qu'il a financés et armés, ceux qui ont enlevé les deux évêques orthodoxes, ceux qui ont détruit les églises de Deir Zor, de Homs et d'Alep, ceux qui récemment ont coupé la tête de la Statut de la Vierge à Qnayyeh et tiré sur son cœur. Ceux-là, "takfiristes", enfants de l'Occident, n'auront un jour aucun scrupule à se retourner contre leur maîtres d'Europe et d'Amérique, de la même manière qu'un jour passé, les "mamelouks" se sont retournés contre les "fatimides" leurs maîtres, qui les avaient armés. 

Témoin dont l'identité est tenue anonyme.

samedi 13 juillet 2013

Aidons Alep contre les forces et les milices de la mort.

Le 5 juillet dernier, nous informions de « l’étouffement » d’Alep. La nouvelle n’était pas exagérée car dans la ville, autrefois la plus commerçante et la plus industrielle de la Syrie, il n’est plus possible à présent de trouver du pain faute de farine, de viande, de légumes, de fruits, de fromages ou de lait faute d’approvisionnement. Il resterait nous dit-on, le « Borghol », blé concassé et du riz mais dont les prix au kilo dépassent les 500 livres syriennes. La bouteille de gaz est à 14000 livres syriennes, l’essence atteint 2000 livres.

Jusqu’à la semaine dernière,  la population souffrait principalement de restrictions dues à la hausse vertigineuse des prix. Aujourd’hui, les miliciens de l’Armée Syrienne Libre et Forsat al-Nosra en ont décidé autrement ;  ils empêchent tout simplement l’arrivée des vivres. Des marchandises, il en faut de très grandes quantités à Alep pour nourrir la population entière; il ne s’agit pas de donner à manger à une ou deux familles.

Pour les médicaments, l’approvisionnement se faisait par la Turquie contre de fortes sommes d’argent ; aujourd’hui l’argent de ne suffit plus car la marchandise n’est plus accessible.

Nous vous informions également de l’état dramatique de l’approvisionnement en électricité. La population n’a plus qu’une ou deux heures de courant quotidiennement. Quelle vie sans électricité lorsqu’il faut actionner les appareils médicaux ou les machines électriques pour des réparations urgentes ? L’Armée Syrienne Libre qui a occupé les bâtiments de la Compagnie des eaux menace d’en couper la fourniture, crime qui s’avérerait impardonnable en ce mois très chaud de Juillet. A propos, qu’est-ce que le crime contre l’humanité ?

La mort rôde et menace les rues et les ruelles d’Alep ; les bébés deviennent rachitiques, les mères sont éplorées. Les vaines promesses du gouverneur de la ville ne trouvent plus écho. Alep a besoin de justice, de la justice de tous, de tendresse, de la tendresse de tous, d’amitié, de l’amitié de tous. Il ne nous reste plus qu’à aider la population d’Alep pour nourrir la vie contre les forces et les milices de la mort.


La photographie prise le 12 Juillet 2013, montre la longue queue durant la distribution de sacs de pomme de terre par l’armée en échange de 2000 livres syrienne le sac.

Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.