mardi 25 octobre 2016

"Actuellement, pour l'Occident la fin justifie les moyens", nous dit le Président Assad.

Damas - le 26 octobre 2016 - Dans cette vidéo, le Président Assad, sur un ton très mesuré, à la tenue bien supérieure aux débats électoraux qui se déroulent aux Etats-Unis, nous donne son point de vue sur toutes les injusticces dont souffre la Syrie. Aux environs de la dix-huitième minutes il aborde la place de la morale en politique.

Ecoutons-le avec attention pour réaliser l'injustice flagrante et glaciale qu'imposent les pays occidentaux et leurs mercenaires en détruisant la Syrie.
 

samedi 22 octobre 2016

La coalition US aurait frappé une procession funéraire en Irak, des dizaines de morts.

Le 22 octobre 2016 -  Selon le site "Spoutnik", le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova est sûre que les statistiques comparatives sur le nombre de victimes civiles durant le régime de Saddam Hussein et les dix ans de présence militaire américaine ne sont pas favorables pour Washington.
 
Toujours selon le même site, l'aviation de la coalition dirigée par les États-Unis a frappé une procession funéraire dans la ville irakienne de Daquq située près de Kirkouk, l'ayant prise pour un rassemblement de terroristes, des dizaines de civils ont perdu la vie dans l'attaque, selon le ministère russe de la Défense.

Le groupe terroriste Daech n'est pas présent dans la région, où des dizaines d'Irakiens, dont des femmes et des enfants, ont été tués à la suite des frappes aériennes de la coalition internationale dirigée par les États-Unis, a fait remarquer le porte-parole du ministère russe de la Défense Igor Konachenkov.

« Le 21 octobre, la reconnaissance russe a détecté des frappes aériennes de deux avions de combat sur la ville de Daquq située près de Kirkouk, où aucun militant de Daech n'est présent, selon nos données. D'après les rapports des témoins, une procession funéraire a été prise par l'aviation de la coalition pour un groupe de militants. Des dizaines de civils irakiens, dont des femmes et des enfants, sont morts », a déclaré M. Konachenkov.
 
Selon lui, les frappes de la coalition sur des zones résidentielles constituent des « crimes de guerre ».

« Nous avons à plusieurs reprises noté que ces frappes mortelles sur les zones résidentielles, qui ressemblent beaucoup à des crimes de guerre, sont devenues presque une routine quotidienne pour l'aviation de la coalition internationale », a souligné le porte-parole de la Défense russe.
 
Le ministère de la Défense russe a également déclaré qu'il surveillait l'opération visant à reprendre Mossoul, ajoutant que les avions de la coalition internationale étaient sortis 22 fois et avaient effectué 19 frappes aériennes au cours des dernières 24 heures.
 
L'incident à Daquq, situé dans la province de Kirkouk (nord de l'Irak), a eu lieu vendredi et aurait fait quelque 20 morts et 45 blessés.
Auparavant, le ministère de la Défense russe avait déclaré que des erreurs de ciblage commises par la coalition internationale se produisaient trop souvent.

« Des mariages, des processions funéraires, des hôpitaux, des commissariats, des convois humanitaires et même des troupes syriennes luttant contre les terroristes de Daech près de Deir ez-Zor deviennent des cibles pour la coalition », a souligné M. Konachenkov.
Le 5 octobre, les milices irakiennes, qui se battent sous le drapeau de l'Irak dans la région de Kayara près de Mossoul, ont été frappées par la coalition internationale dirigée par Washington. Lors du raid, les combattants se battaient contre les islamistes de Daech, qui ont pu s'enfuir grâce aux actions de la coalition. Suite à la frappe, 21 combattants ont été tués.
 
Le 17 septembre, quatre avions de la coalition internationale dirigée par les États-Unis ont frappé l'armée gouvernementale syrienne faisant 62 morts et près de 100 blessés. Les terroristes ont lancé une offensive immédiatement après la frappe de la coalition.

vendredi 21 octobre 2016

Syrie, le témoignage d'une journaliste britannique sur Alep.

Le 20 Octobre 2016 - Dans le conflit syrien et jusqu'à l'entrée en action très active de la Russie pour soutenir le gouvernement officiel de Damas, les médias occidentaux détenaient le quasi-monopole des médias, télévisions et journaux. Le rapport s'est depuis quelque peu rééquilibré en faveur du gouvernement syrien, grâce aux soutiens de ses partenaires et des erreurs en communication de ses adversaires.

Les populations des Etats occidentaux, pour une large part, assez peu intéressées par la connaissance de la vérité, se sont appuyées sur les discours propagandistes de leurs médias assénés entre 2011 et 2012 : Elles étaient rassurées par des informations aux accents optimistes : "printemps arabe" qui ramènerait le soleil, "Armée syrienne libre" qui promettait la liberté, "Opposition modérée" force sage et équilibrée.

Aujourd'hui, nous sommes en 2016. On ne parle plus de printemps arabe, ni d'armée syrienne libre et à peine d'une opposition modérée. De la part des pays occidentaux qui soutiennent les mercenaires chargés de détruire la Syrie, c'est la fuite en avant. L'échec est retentissant et la tournure de la guerre les prend au dépourvu ; celle-ci n'est plus locale, comme la propagande occidentale avait voulu le faire croire ; elle est internationale. L'opposition syrienne et son armée n'a jamais été libre ou modérée ; si la modération les caractérisait, elle se serait traduite, chez elle, par la volonté ferme de négociation, même avec le gouvernement de Damas. L'armée syrienne libre (ASL) représente un conglomérat de groupuscules radicaux et fanatiques, des tueurs armés et financés par des puissances voisines, régionales et internationales, adversaires du gouvernement légitime de Damas.

En attendant, le peuple syrien souffre et souffrira durablement. Il vit une "catastrophe nationale, humaine, territoriale et spirituelle". Rappelons seulement que le terme catastrophe se dit en hébreux la "Shoa", terme réservé au peuple juif mais si ce vocable ne peut être utilisé pour les catastrophes des autres peuples, il  a son équivalent dans toutes les langues. En arabe, on parlera de la "Karitha", الكارثة. Le XXème siècle fut celui de la Shoa ; le XXIème sera celui de la "Karitha" des syriens.

Cette guerre de Syrie est bien une catastrophe car elle n'épargne personne sur le territoire et même dans les pays voisins. Elle décime, détruit, déconstruit, dégrade et pousse à l'émigration, comme la shoa avait poussé le peuple juif à laisser l'Europe pour fuir ses tortionnaires nazis.

En 1939-40, les peuples européens étaient restés ignorants des méfaits gravissimes causés par les nazis à l'encontre des juifs et des chrétiens allemands et des pays limitrophes ; En Syrie, entre 2011 et 2012, les peuples occidentaux étaient persuadés que le printemps arabe se poursuivait et que les rebelles qui se battaient sur place n'étaient que de gentils combattants, "faisant du bon boulot"; depuis, ils se sont révélés être des bourreaux impitoyables de la population syrienne et irakienne.
 
Désormais, en Occident, le temps passant, le peuple est de plus en plus suspicieux à l'égard des médias. Même si les populations européennes ne mettent pas ouvertement en cause les positions de leurs propres gouvernements; elles sont muselées par la culpabilité héritée de leurs pères qui furent, pour certains durant la deuxième guerre mondiale, acteurs dans la persécution des juifs. Actuellement peu de voix s'élèvent pour rappeler publiquement que cette guerre arrange l'Etat d'Israël ; celui-ci ne peut être un spectateur neutre du drame syrien; les mercenaires se battent pour lui puisqu'il bénéficie de la destruction de la Syrie; Israël compte parmi les auteurs de la radicalisation des esprits dans le monde arabe; il y travaille, au cours de cette guerre syrienne en s'abstenant de dénoncer les actes barbares des islamistes et ce silence le fait fortement soupçonner de complicité; il y a également travaillé dans le passé par sa politique d'annexion de territoires et le refus d'une négociation de paix globale qui aurait remis en cause son occupation et l'annexion des terres conquises sur ses voisins.

Heureusement, qu'Internet vient au secours des faibles et des minorités démunis de medias en mettant à leur disposition des moyens d'expression, et cela même si les médias alternatifs ne font pas le poids face aux "audimats" de la propagande télévisée, cet "opium du peuple".

Nos commentaires suffisent. Laissons plutôt la parole à un témoin : Vanessa BEELEY, journaliste et fille d'un précédent ambassadeur britannique au Proche-Orient. Elle parle, dans la video qui suit, de son voyage à Alep et de ce qu'elle a vu et constaté.

Ecoutons-là attentivement nous dire la fourberie, non pas celle du Scapin de Molière, mais des régimes occidentaux qui selon nous dissimulent la vérité sur la brutalité de leur politique : embargo total sur la Syrie, armement des "rebelles", blocage des négociations, mensonges médiatiques, dans le but, semble-t-il, de pousser les populations locales à émigrer vers d'autres cieux, loin des zones pétrolières et gazières, afin de s'assurer le contrôle des richesses, sous l'oeil bienveillant d'Israël qui pourrait peut-être, un jour, étendre son territoire.
 


Le Veilleur de Ninive

dimanche 18 septembre 2016

Courrier d'Alep : "Révolte et Compassion...".

Alep - 17 Septembre 2016 - La trêve négociée entre les russes et les américains est entrée en vigueur il y a maintenant 5 jours. Jusqu’à présent, elle est plutôt respectée. Les Alépins de confession musulmane ont pu fêter le Eid al Adha (la fête du sacrifice) dans les rues et les jardins publics sans avoir peur des mortiers et des bonbonnes de gaz pleines de clous et d’explosifs que les rebelles lançaient sur Alep depuis maintenant 4 ans et 2 mois faisant tous les jours de multiples victimes. Jusqu’à présent, il n’y a pas eu de carnage comme, il y a 70 jours, lors de la fête du Fitr, quand les mortiers lancés sur les quartiers civils, sur des rues pleines de familles en fête, ont fait des dizaines de mort, surtout des enfants. Mais les Alépins sont sur leurs gardes, ils sont sceptiques quant au respect prolongé de la trêve puisque celle-ci ne concerne pas les deux groupes reconnus comme terroristes par la communauté internationale, Daech et Al Nosra.
 
La situation est récemment devenue très compliquée. Il y a maintenant une internationalisation du conflit sur le terrain. D’une part, la Turquie, qui, pendant des années, a soutenu les terroristes en les laissant transiter par ses frontières et en les armant, est devenue un acteur direct sur le terrain. En effet, son armée est entrée en Syrie (sans l’accord de la Syrie, qui est un état souverain, membre fondateur de l’ONU) pour soi-disant combattre Daech mais c’est surtout pour combattre les milices Kurdes qui contrôlent plusieurs villes et villages de la bande frontalière, du côté syrien, du sud de la Turquie. Or, ces milices sont soutenues, conseillées et armées par les américains qui sont, en principe, les alliés de la Turquie. Quel imbroglio. D’autre part, les américains ont admis qu’ils avaient une base en Syrie avec des membres des forces spéciales du côté de Hassaké, à l’Est de la Syrie. Enfin, on n’évoque plus la reprise des négociations et les positions restent figées.
 
Alep, notre ville, souffre toujours. Les médias occidentaux en ont fait la vitrine médiatique du conflit. Les Alépins se seraient passés de cette renommée. Ils souffrent depuis plus de 4 ans et ont hâte que ce cauchemar cesse. Ils sont révoltés quand les médias ne parlent que des souffrances des civils des quartiers de l’Est de la ville contrôlés par les rebelles et les terroristes et qui comptent 250,000 habitants. Les souffrances du million et demi d’Alépins de la partie ouest de la d’Alep ne semblent pas compter; elles sont sont passées sous silence. Ils sont révoltés par les dizaines d’obus de mortiers, de fusées ou de bonbonnes de gaz qui tombent chaque jour sur les quartiers civils d’Alep sans que personne ne proteste. Ils sont révoltés par la coupure totale de l’électricité depuis longtemps, les centrales électriques se trouvant du côté rebelle. Ils sont révoltés par la coupure totale de l’eau pendant la canicule de l’été (40 degré à l’ombre), obligés d’utiliser l’eau des 300 puits forés en pleine ville ces 2 dernières années. Ils sont révoltés par le blocus qu’ils subissent chaque quelque temps et la pénurie qui s’en suit. Ils sont révoltés de constater qu'à chaque fois que l’armée syrienne avance un peu ou gagne une bataille pour desserrer l’étau que les terroristes ont imposé à Alep, les gouvernements et les médias crier au "crime contre l’humanité" et demande une trêve pour arrêter la progression de l’armée syrienne.
Les drames, que nous vivons ou observons, sont tellement nombreux que nous sommes sans cesse révoltés. En voici quelques exemples :

Mahmoud, un garçon de 6 ans, orphelin de père, est né sans bras. Il vivait avec sa maman, sa soeur et son oncle dans une petite ville du gouvernorat d’Alep sous le contrôle de Daech. Ce groupe ne laisse pas les habitants des villes qu’il contrôle quitter; il les garde comme boucliers humains. La famille, comme tant d’autres, a décidé de quitter la ville la nuit pour venir à Alep. Mahmoud était porté par son oncle quand une mine, posée par Daech, a explosé tuant l’oncle et abimant les jambes et les pieds de Mahmoud. On a dû l’amputer. Et voilà Mahmoud sans bras ni jambes. Révolte et Compassion....

Le projet immobilier 1070 est constitué de dizaines d’immeubles inachevés à cause de la guerre, sans murs, sans sanitaires, juste le sol et le toit. Ils étaient occupés par des centaines de familles déplacées. Elles avaient quitté leurs appartements en juillet 2012 quand les rebelles ont envahi leurs quartiers et se ont réfugiées à Alep sous contrôle de l’état syrien. Elles avaient d’abord logé dans des écoles publiques puis on les a transférées à « 1070 » où elles se sont installées avec des bâches comme murs, des bidons pour l’eau et des sceaux pour les sanitaires. Il y a un mois, 1070 a été la cible, plusieurs jours consécutifs, de tirs de mortiers et de fusées lancés par les terroristes de Al Nosra avant qu’ils n’envahissent le coin. Ces déplacés, pour la 3ème fois, ont abandonné leurs morts et blessés et le peu qu’ils avaient acquis en 4 ans de misère pour aller vivre sous des tentes plantées sur le terre-plein central en plein milieu du périphérique. Révolte et Compassion.

L’exode des habitants d’Alep, surtout des chrétiens, continue. Après l’Europe, puis le Canada, c’est le tour de l’Australie maintenant de délivrer des visas aux réfugiés syriens. Les chrétiens d’Alep ne sont plus que le quart de leur nombre d’avant la guerre.

Entre révolte et compassion, nous, les Maristes Bleus, continuons nos programmes en faveur des familles déplacées et des plus démunies.

Le programme « Les Maristes Bleus pour les déplacés » continue à distribuer des paniers alimentaires et sanitaires mensuelles à 850 familles. Nous les aidons aussi à payer le prix de l’abonnement de « 1 Ampère » aux générateurs privés pour allumer quelques ampoules le soir. Nous leur donnons une fois par mois de la viande ou du poulet. Nous leur louons des petits appartements pour se loger. Cette année encore, pour la rentrée scolaire, nous avons donné des fournitures scolaires à tous les enfants qui vont à l’école en plus de notre aide pour payer les frais de scolarité.

 
Le projet « Civils Blessés de Guerre » continue à soigner, gratuitement, les civils, de toutes confessions, blessés par des balles ou des éclats d’obus, à l’hôpital St Louis tenu par les Soeurs de St Joseph de l’Apparition.

Le « Projet Médical des Maristes Bleus » finance plus de 100 actes médicaux par mois pour aider les malades qui n’ont pas les moyens de payer le coût d’une opération chirurgicale, d’une hospitalisation, d’un scanner ou parfois même d’une consultation ou d’examens de labo. 4

Le projet « J’ai Soif » continue à distribuer l’eau, gratuitement, aux familles dont nous avons la charge. Nos 4 camionnettes, équipées de réservoirs, font la navette du matin au soir entre les puits et les appartements.

Le projet « Goutte de Lait » distribue chaque mois à presque 3000 enfants âgés de quelques jours à 10 ans des quantités de lait suffisantes pour un mois.

Au début de l’été, nous avons aménagé une partie de notre cour pour en faire un jardin avec des balançoires, des toboggans etc… Nous avons ainsi inauguré notre Espace-Eté de loisirs où nos familles viennent passer 5 après-midi par semaine dans un endroit plus sûr que leurs quartiers. Les enfants jouent sous la surveillance des monitrices et les adultes passent un moment de loisirs à jouer aux cartes, au tric trac ou tout simplement se détendent en sirotant un café, un thé ou un soda et en épluchant des graines. Nos 2 bus font la navette aller-retour entre notre local et les quartiers. Cette initiative a fait la joie de tout le monde et a constitué une bonne thérapie anti-stress.

Notre équipe de visite des déplacés s’est étoffée de plusieurs bénévoles, anciens maristes de la famille Champagnat. Elle rend régulièrement visite aux familles, chez elles, même quand elles habitent les quartiers périphériques les plus dangereux comme « 1070 », pour nouer des liens de solidarité, s’enquérir de leurs besoins et essayer d’y remédier.

Nos projets pédagogiques vont bon train. Les éducateurs (éducatrices) des 2 projets « Apprendre A Grandir » et « Je veux Apprendre » se réunissent, depuis début septembre, tous les matins pour des sessions de formation et d’apprentissage des programmes en attendant la rentrée scolaire. Celle-ci sera difficile vu le nombre record de demandes d’admission et de demandes acceptées malgré l’exiguïté des lieux. 5

Tous les enfants de « Je veux Apprendre » et qui n’allaient pas à l’école pour diverses raisons ont réussi cet été aux tests de niveau du ministère de l’éducation nationale et vont rejoindre le cursus scolaire sans commencer de zéro. C’est un sujet de fierté pour les enfants, leurs parents et pour nous.

« Skill School » continue à réunir les adolescents (tes). Leur nombre a atteint les 75, ce qui constitue le maximum de notre capacité.

Notre centre de formation des adultes, « le M.I.T. », en plus des sessions de 3 jours organisées depuis 3 ans plusieurs fois par mois, va inaugurer dans quelques jours une nouvelle formule. Une session de 100 heures étalée sur 8 semaines, 3 après-midi par semaine, pour permettre aux personnes qui travaillent d’y participer. Le thème est : « Comment entreprendre son propre projet ? ». Nous avons engagé les meilleurs experts d’Alep pour aider les jeunes adultes à entreprendre et réaliser un projet et gagner leur vie. Nous enseignerons, d’une façon pratique, aux participants comment trouver l’idée d’un projet, comment le réaliser, comment évaluer le coût du produit, comment faire un budget, comment établir un plan d’action, comment obtenir le financement, comment faire le marketing et la vente. A la fin de la session, les participants présenteront leurs projets au jury composé des experts et nous aiderons à financer les meilleurs projets réalisables.

Notre projet d’« Eradication de l’Analphabétisme » a terminé sa 1ère session de 40 participants. Tous ont présenté l’examen du ministère de la culture et ont reçu un certificat attestant qu’ils sont du niveau de la 4ème année élémentaire. Il faut voir le bonheur de ces grands adultes recevant leurs certificats et tous fiers de savoir lire et écrire. 6

Nous continuons à accompagner les familles, à être à leur écoute, à leur fournir un appui psychologique, à comprendre leurs besoins, à leur rendre leur dignité souvent bafouée, à leur donner un peu d’espoir et à leur faire sentir que nous sommes solidaires d’elles.

Révoltés par tout ce que nous subissons, voyons, entendons et sentons, oui, nous, les Maristes Bleus, sommes révoltés. Nous ne pouvons pas accepter l’inacceptable.

La compassion est une de nos valeurs. Nous partageons la souffrance de nos frères et soeurs, leur détresse, leur désespoir et leurs drames.

La Solidarité est notre façon de vivre la charité et l’amour avec eux et pour eux.

Nabil Antaki, pour les Maristes Bleus

Pour aider : Chèque à envoyer à l’ordre de l’œuvre d’Orient, 20 rue du Regard, 75278 Paris Cedex 06, en précisant bien : au profit des "Maristes Bleus". 
 
 

 

lundi 29 août 2016

Bataille d’Alep : Est-ce le commencement de la fin …?

Le 29 Août 2016 - « Un pays dont les forces armées ne peuvent survivre qu’en se battant avec l’énergie du désespoir est dit “mortel” pour l’envahisseur. » - Sun Tzu – XI-10-225.
 
Est-ce le commencement de la fin ?…
 
Du moins de la bataille d’Alep. Le contrôle total de cette ville, par leurs mercenaires, étant un objectif majeur des membres de l’OTAN ; sa perte : inconcevable pour eux.

Attaquer une Nation qui n’attaque personne
 
Se ruant depuis la Turquie, encadrées par les forces spéciales de l’OTAN, les milices occidentales avaient pu s’emparer à la suite d’un assaut massif, et par surprise, de tous les « quartiers Est », dès le début de la « guerre civile ». 
 
Mais, depuis six ans maintenant, les « quartiers Ouest » résistent aux assauts répétés des « égorgeurs » (2) qui reçoivent leur approvisionnement régulier, en hommes et matériels, de la Turquie frontalière. Malgré les bombardements aveugles auxquels ils se livrent avec leurs mortiers, pour faire plier la population et leurs défenseurs. Ecoles, hôpitaux, marchés, administrations, stations d’épuration, transformateurs électriques, casernes de pompiers, étant leurs cibles privilégiées. 

Rappelons-le : la ville d’Alep, siège de la province du même nom, était un fleuron de la Syrie. Depuis des siècles : haut lieu historique, culturel, spirituel, touristique, mais aussi économique. Avant le chaos organisé par l’OTAN,  peuplée de 2 millions d’habitants, Alep était une splendide réussite, dans le pays et au-delà, en termes de dynamisme de développement, avec de très nombreuses usines au matériel ultramoderne.

Toutes ces usines, quasiment, ont été démantelées. Tout ce qui était transportable a été expédié par camion en Turquie : machines, équipement électrique, bureautique, etc. Ce qui explique que la destruction et le pillage planifiés d’Alep avait pour premier objectif les quartiers industriels, essentiellement implantés à l’Est de la ville. Le visionnage des vidéos sur les combats dans la zone industrielle démontre le degré d’intensité de la razzia : les locaux industriels sont tous vides !… (3)

Depuis la mi-juillet  2016, un peu plus d’un mois à présent, les forces gouvernementales ont encerclé les « quartiers Est » pour couper l’approvisionnement des mercenaires, déjà fortement perturbé par les bombardements aériens, et faciliter ainsi la reprise de ces quartiers, immeuble par immeuble.
 
L’OTAN ne pouvait pas ne pas réagir : briser cet encerclement est devenu une priorité.

D’où cette partie d’échec entre la CPO (Coalition des Prédateurs Occidentaux) et le gouvernement syrien avec ses alliés. Son déroulé, avec les derniers évènements à la frontière Turque, est intéressant à suivre… 
 
Echec et Mat pour les égorgeurs de l’OTAN

Résumons les principales séquences, concomitantes ou successives, de cette dantesque confrontation :

1.  La CPO devait négocier une trêve afin de reconstituer les stocks d’armes, munitions, renforts, de ses mercenaires. Sur tous les fronts, y compris au sud, via la Jordanie sur les axes Palmyre et Deir-Ezzor. En vue de préparer une puissante contre-attaque sur Alep, ravitailler et renforcer les terroristes, en délivrant les conseillers des forces spéciales de l’OTAN assurant leur encadrement, pris au piège. 
 
2.  Contrairement à des analyses superficielles, s’étonnant de la «naïveté » ou de la « passivité » des Russes notamment, le gouvernement syrien et ses alliés avaient tout intérêt à implanter cette trêve et la faire durer !… Sachant qu’elle allait être utilisée en ce sens par les stratèges de la cohorte des envahisseurs… 
 
Deux raisons évidentes :
 
i)  Démontrer, sous les vociférations et coups tordus de la propagande occidentale, sa bonne foi et sa volonté d’apaisement dans ce conflit ; tout en ravitaillant les populations civiles otages de cette dramatique situation.
 
ii)  En bonne tactique : « faire sortir le loup du bois ». Autrement dit : attirer sur le territoire Syrien, en les vidant le plus possible, les «réserves » de la CPO en moyens humains et matériels ;  en transit ou en formation dans ses camps d’entrainement et centres logistiques, en Jordanie et en Turquie. Pour mieux les écraser…

3.  « Trêve acceptée » ne signifiait pas « inaction », du côté du gouvernement syrien et de ses alliés. Au contraire, elle a été l’occasion de redoubler d’efforts. Comme la partie adverse : reconstituer les effectifs et les moyens matériels. 
 
Surtout, établir une cartographie précise, méticuleuse, grâce aux puissants outils du renseignement de l’armée russe, de l’implantation des centres de stockage, dépôts de munitions, postes de commandement, nouveau véhicules et engins blindés, nouveaux effectifs, opérée durant la trêve, par la CPO. Sur l’ensemble du territoire syrien.
 
Outre le travail des satellites d’observation, et drones, est intervenu le nouvel avion russe de reconnaissance radiotechnique et optoélectronique, époustouflante démonstration de maîtrise technologique : le Tu-214R.
 
Capable, entre autres performances, de repérer les caches et bunkers souterrains, avec dimensions et profondeurs ; et des cibles au sol situées latéralement par rapport à la trajectoire de vol jusqu’à 400 km de distance…
  
4.  Identifier le mode opératoire de la contre-attaque de la CPO pour briser l’encerclement de ses mercenaires à Alep. 

Les écoutes et décryptages ont été fondamentaux pour repérer les centres de commandement et de coordination, connaître les axes d’attaques et de diversion. 

Stratégie classique : la CPO avait prévu de disperser, ou fragmenter, les forces armées syriennes avec leur aviation de soutien et de bombardement en l’obligeant à réagir à deux fortes attaques de diversion lancées dans le sud et l’est du pays. L’une, vers Palmyre (récemment libérée de l’occupation terroriste) ; l’autre, vers la ville de Deir Ezzor (défendue avec héroïsme par les troupes gouvernementales encerclées depuis de nombreux mois  par les mercenaires). Effectifs, matériels et munitions, provenant de Jordanie.

Il était impératif d’agir le plus vite possible, avant le déclenchement de ces attaques subsidiaires, pour concentrer l’essentiel des moyens sur Alep et ses environs. La Russie, en collaboration avec l’Iran, opta pour une opération « coup de poing », envoyant ses bombardiers lourds neutraliser les moyens humains et matériels destinés à ces attaques de diversion.

L’utilisation de la base aérienne de Hamadan, en Iran, permit de multiplier les rotations du fait de sa proximité de la Syrie (700 km au lieu de plus de 2000 km…), d’augmenter la charge de bombes (par allègement du carburant), de 4-5 tonnes par avion à 15-20 tonnes suivant le type de bombes. Ont été employées les plus puissantes, en capacité de pénétration et de déflagration, pour détruire les infrastructures souterraines.
 
Attaques écrasées dans l'œuf
Opération réussie : en une semaine, sous l’effet de ce colossal « coup de marteau », les attaques de diversion ont été écrasées dans l’œuf !…

5.  Préparer « l’accueil de l’attaque » sur Alep planifiée par les « troupes fraîches » des mercenaires, venant secourir leurs collègues encerclés… Plus de 10 000.
La meilleure tactique et d’en anticiper l’axe principal en l’offrant à l’envahisseur… Pour canaliser « la horde des égorgeurs », les Syriens et leurs alliés ont ainsi tendu un piège dans lequel la CPO a foncé tête baissée : ils ont dégarni d’immenses terrains militaires (Académie de l’Air, Ecole d’artillerie, etc.), en simulant une faible défense de ces installations. L’objectif étant, par cet « effet aspirateur », de concentrer les terroristes dans des zones non habitées par des civils.
 
L’atout des forces gouvernementales syriennes est d’avoir, en face d’elles, des mercenaires d’un médiocre niveau :
 
i)  Faible niveau d’encadrement, beaucoup de chefs mercenaires ont été tués ou blessés au combat. Notamment les meilleurs, ex-officiers des régiments d’élite de la Garde Républicaine de Saddam Hussein libérés des prisons US en Irak, contre leur engagement dans les milices du « Califat OTANesque ». (5) La « guerre d’usure » est valable dans les deux sens…
ii)  Faible niveau de ces nouvelles recrues, en termes de formation, trop hâtive pour des éléments au QI insignifiant, de potentiel et d’expérience. A part jouer les Rambo en tirant n’importe où et n’importe comment (énorme gaspillage en munitions…). Ce qui n’enlève rien de leur pouvoir de nuisance et volonté mortifère…
iii)  Faible niveau de motivation : étrangères à la Syrie, ces nouvelles recrues ne se battent pour aucune cause si ce n’est, comme tout mercenaire, pour une poignée de dollars. S’ils en sortent vivants…
Connaissant aujourd’hui, contrairement à leurs prédécesseurs dans l’invasion de la Syrie, l’engagement aussi implacable que ravageur des forces aériennes Russes, en soutien des forces armées du gouvernement légitime.
Autant dire que leur niveau d’enthousiasme et de courage combatifs est proportionnel à l’absorption quotidienne de leur pilule de «captagon ». (6)
Des vidéos, teintées d’humour malgré le tragique, circulent sur le Net, illustrant leur style « cow-boy de saloon »…
Exemple :
6.   Le piège a parfaitement fonctionné. Les nouveaux matériels (véhicules blindés ou véhicules légers équipés de canons à tir rapide), munitions et provisions (10 000 mercenaires à nourrir quotidiennement…), entreposés pendant la trêve dans des dépôts et centres de regroupement, dans la province d’Alep, ont été pulvérisés par les bombardements de l’aviation  russe et syrienne. Y compris les postes de commandement et de communication.

Tous les convois vers Alep ont été écrasés sous les bombes, ou réduits à l’état de ferraille (certains par d’audacieuses actions de commandos syriens sur les arrières de l’ennemi).

Tous les accès, d’entrée ou de sortie, sur Alep sont verrouillés par l’armée arabe syrienne.

La colonne vertébrale des milices de la CPO est brisée : matériellement et psychologiquement. L’opération « dératisation » des quartiers infestés par les terroristes a commencé, implacablement. Même la nuit, les miliciens ne peuvent dormir. L’armée arabe syrienne déployant ses tireurs d’élite, au matériel sophistiqué (ils dorment à l’arrière durant la journée) avec appareils de visée nocturne, prenant le relais des combattants de jour : 24h/24 -7j/7…

Les égorgeurs de l’OTAN sont en « Echec et Mat ».
7.  A Genève, face à la Russie, la CPO est en panique. Son représentant, Kerry, dans ses petits souliers…

Préoccupée moins par le sort de la piétaille qui lui sert de chair à canon que pour sauver les officiers des forces spéciales des membres de l’OTAN pris au piège dans Alep.
 
N’ayant plus de « réserve immédiate », elle jette dans la bataille les miliciens les mieux équipés, encadrés et expérimentés proches d’Alep, positionnés sur la frontière turque, notamment à Jarablus et ses environs.
 
D’où ce montage, dans un mouvement tactique dit du « roque » pour rester dans la métaphore du jeu d’échecs, avec les Turcs. Chassant, sans combat, les milices de Daesh de Jarablus et ses environs, pour y substituer des recrues en cours de formation en Turquie sous le label ASL (Armée Syrienne Libre…). Les Turcs en profitant pour limiter les ambitions territoriales kurdes en Syrie, pour ne pas faire tache d’huile sur son propre territoire.
Trois points à retenir de l’évolution en cours :

i)   Les contingents de Daesh se font laminer à l’approche d’Alep. C’est donc peine perdue pour la CPO qui ne peut faire basculer le rapport de force : « game over »…
 
ii)  Comme dans toute bonne négociation, Russes et Iraniens actuellement les meilleurs diplomates connaissent et appliquent ce principe, il convient de « sauver la face » de l’adversaire pour mieux l’apaiser. En laissant, plus particulièrement, les conseillers de l’OTAN (dont des français) être discrètement exfiltrés.
 
iii)  Les Turcs ne vont pas bouger de la zone frontalière, et, inéluctablement, retourneront dans leurs casernes.
 
Le moindre de leurs mouvements, en direction d’Alep, serait la porte ouverte à un élargissement d’une ampleur considérable du conflit : en 48h ils se retrouveraient face à des régiments d’élite des forces iraniennes. L’Iran sait que si la Syrie s’effondre, ce sera son tour prochain d’être attaqué…

8.  Suite et fin …

Le processus de résolution du chaos, instauré en Syrie par les Occidentaux, est en marche. Il connaîtra probablement d’autres soubresauts, mais il est irréversible. Trois vecteurs en sont porteurs :

i)   Accélération de l’émergence d’un monde multipolaire
 
Une certitude : le monde multipolaire, souhaité par tous les pays de la planète, émerge progressivement, trop lentement peut-être, mais avec force. La mainmise des Occidentaux sur le Moyen-Orient, son pillage des ressources énergétiques de la région, le niveau hallucinant de violences qu’ils lui infligent dans la bonne conscience hypocrite de l’instauration de la « Démocratie et des Droits de l’Homme », ne sont plus tolérables.
 
C’est inadmissible. Et, tout sera fait pour y mettre un terme.

Certes, les Occidentaux vont s’efforcer, s’acharner, pour prolonger le chaos en Syrie, même s’ils savent qu’ils n’ont plus la maîtrise de la situation comme, encore pour quelques temps, en Libye, en Afghanistan ou en Somalie.

Apparemment, l’oligarchie militaro-industrielle des USA ne se souvient pas du Vietnam, et de la pathétique fuite des forces d’occupation américaines avec leurs collabos, lors de la chute de Saigon, le 30 avril 1975… Si Hillary Clinton devient président des USA, il est à prévoir une montée en tension paroxystique. La Syrie et ses alliés s’y préparent. : «Les hurlements du vent ne font pas trembler la montagne », comme disent nos amis Chinois.
 
Signe fort : la Chine vient de signer des accords de coopération avec les forces armées syriennes.

Dans un premier temps, pour contribuer à la formation et l’équipement, compte tenu de l’urgence et l’immensité des besoins, dans le domaine médical et des soins spécialisés pour les dizaines de milliers de blessés, handicapés et traumatisés. Notre presse de la propagande s’en étrangle de dépit ridicule (« …l’armée pro-Assad… »). (7)
ii)  Naufrage du fanatisme néocolonial

Hors les frontières de leurs propres pays, les Occidentaux se croient exonérés des règles du Droit International (même embryonnaire), de la Justice et de l’Ethique. Ce culte de l’irresponsabilité et de la sauvagerie bien pensante trouve inexorablement ses limites. Même si, actuellement,  les nomenklaturas en Occident, corsetées dans leur «habitus » raciste, n’en acceptent pas l’évidence.

Le Moyen-Orient vit ce que des pays comme la Chine ont subi pendant des décennies : un climat de guerre civile artificiellement entretenu par les « grandes puissances » du moment, avec leurs « seigneurs de la guerre », leurs milices, leurs trafiquants d’armes, aussi corrompus que sanguinaires. Chacune instrumentalisant sa marionnette, au gré des alliances fugitives forgées dans les fourberies opportunistes.

Mais tôt ou tard, les prédateurs occidentaux devront quitter la région. Pour n’y revenir que dans un « rapport d’égal à égal ».

iii)  Renaissance annoncée

Hormis les satrapies vermoulues du Golfe Persique, à l’exemple des autres pays du Moyen-Orient, plus que d’autres certainement, la Syrie est en ruine.
 
Comme l’était la Chine en 1949, après un siècle de chaos entretenu par l’Occident, quand elle a pu enfin réaliser son union et s’ériger en république indépendante.
Comme l’était le Vietnam, au lendemain de 30 ans de luttes anticoloniales.

Magnifique exemple de résistance, la Syrie représente pour la région, au-delà de la bataille d’Alep, le Stalingrad sur lequel se brise la voracité prédatrice de l’Occident. En cendres, mais elle renaîtra de ses cendres encore plus forte et plus belle qu’elle ne l’a été.
Son peuple, dans toutes ses composantes ethniques et religieuses, solidaire, uni ; autour de son président et de son épouse, plus populaires que jamais, incarnant le courage inébranlable et la sereine dignité de la Nation Syrienne.

Par Georges Stanchy

Blog Stanchy

dimanche 21 août 2016

Grands médias sur la Syrie ? Méfiance, Vigilance, Méfiance...

Le 21 Août 2016 - Il n'est pas possible de garder le silence alors que les grands médias occidentaux trompent la malheureuse opinion publique qui ne sait plus qui croire au sujet du déroulement du conflit syrien. 

Dans la foulée d'autres médias alternatifs, le Veilleur de Ninive tente de vous révéler la vérité, car la vérité que nous chérissons, lorsqu'elle est soumise à l'ordre Divin, mène à la justice, la liberté, la fraternité, etc...Aussi, dans l'écrit qui suit, suffit-il au lecteur de suivre avec nous la démarche logique et picturale. La démonstration du mensonge médiatique se fait en six étapes.

1° - La presse internationale diffuse l'image d'un enfant recouvert de poussière et de sang qui aurait été secouru des décombres d'un bâtiment touché par un raid aérien à Alep.... L'image est diffusée par la "Syrian American Medical society" (curieusement proposée pour le Prix Nobel) ; celle-ci la transmet à Sophie McNeil de l'Agence ABC news liban. Elle fait la couverture des principaux journaux occidentaux.


2° - A présent, demandons-nous qui est le photographe à l'origine du cliché ? Nous découvrons qu'il s'agit d'un individu Mahmoud Rastan qui serait proche du mouvement Nour al-Dine al-Zenki à l'origine de la décapitation, le 19 juillet 2016, du petit Abdallah Issa, 12 ans.   
 

3° - Un exemple d'information travestie (plus grave que la désinformation), nous est donné par le Quotidien " The Sun" de Londres, qui annonce que Mahmoud Rastan a fondu en larmes au moment où il prenait la photo.


4° - Mahmoud Rastan est-il proche du mouvement Harakat Nour al-Dine al Zneki ? Regardons la photo du bas dans le quadrant; Mahmoud Rastan est en train de prendre la photo du petit Omrane. Cela a offert la possibilité à la télévision chinoise d'ironiser sur le sujet par ce commentaire, "Au lieu de poursuivre immédiatement des opérations de sauvetage, des gens ont préféré saisir une caméra".
 
Pour en revenir à Mahmoud Rastan, nous le reconnaissons, à sa chemise, dans les photos du haut aux côtés d'hommes armés qui ne sont autres que des commandants du groupe "Harakat Nour al-Dine al-Zenki"; par ailleurs sur la partie droite, deux d'entre-eux sont pris en photos, rire au visage, aux côtés du petit Abdallah en train d'être terrorisé avant décapitation.

 
 5° - Ci-dessous une preuve plus évidente encore de la proximité de Rastan et des assassins du petit Abdallah que l'on reconnait clairement sur le cliché. On revoit, entourant le petit Abdallah Issa, les deux énergumènes qui sont dans le cliché du haut en treillis avec Mahmoud Rastan.



 6° - Cette video (à ne visionner que par les plus 18 ans ; nous ne la diffusons que pour prouver l'authenticité de nos dires) montre bien que ces hommes que l'on aperçoit terrorisant le petit Abdallah sont ceux-là-mêmes qui vont le décapiter et qui sont proches de Mahmoud Rastan, qui est à l'origine de la photo.
 

La leçon de cette action de manipulation est que nous devons toujours et constamment rester vigilant à l'égard des grands médias, qui reprennent à répétition, les articles de leurs confrères qu'ils soient vrais ou faux. Leur but n'est guère la vérité car, ils ne sont pas soumis à une autorité morale supérieure qui incarne la Vérité. Les grands médias obéissent avant tout aux lobbies qui les maintiennent sous-oxygène par le financement, et aux gouvernements occidentaux qui gesticulent ici-bas en s'ingérant de plus en plus dans la liberté de la presse.
 
Le but des Etats occidentaux est toujours d'évincer le Président Bashar el-Assad pour obtenir l'affaiblissement du Hezbollah et l'isolement de l'Iran....La guerre de Syrie aura mis en exergue le rôle grossier et diabolique du mensonge au mépris de toute justice. 
 
Le Veilleur de Ninive 

dimanche 7 août 2016

Urgent ! L'ouest de la ville d'Alep est encerclée et soumise à un blocus.

Alep - 7 Août 2016 - L’armée syrienne avait, la semaine dernière, gagné une bataille en libérant le quartier de Bani Zeid qui surplombe la ville et d’où les rebelles-terroristes lançaient leurs mortiers et fusées sur les quartiers civils d’Alep depuis 4 ans. Et on nous promettait la libération prochaine des autres quartiers d’Alep occupés par les rebelles.
 
Hélas, les combats qui faisaient rage depuis 3 jours autour de la seule route qui relie Alep au reste du monde dans la région de Ramoussé (la plus proche banlieue d’Alep) ont permis aux terroristes de l'occuper ; en conséquence, cette voie est désormais coupée.
 
Percée fin 2013, ce passage est notre cordon ombilical ; Elle relie Alep à Homs (via Khanasser) et au reste du pays et du monde. Par elle, passe tout le ravitaillement de produits et d’aliments d’Alep. C’est elle qu’empruntaient les Alepins pour quitter ou revenir en ville.
 
Depuis Jeudi soir, le ravitaillement d’Alep est arrêté. La pénurie s’est installée. Il n’y a plus d’essence, de fioul, de produits frais (fruits, légumes et viandes) le pain est devenu rare. Et les Alepins sont très inquiets pour leur avenir immédiat.
 
Est-ce que les gouvernements occidentaux vont protester, s’indigner, menacer, présenter une résolution au conseil de sécurité pour demander la levée du blocus d’Alep (Ouest) qui compte 1.500.000 habitants comme ils l’avaient fait il y a 10 jours quand l’armée syrienne encerclait Alep-Est prétextant la survie des 250.000 habitants de cette région ?
 
Où sont maintenant les protestations de nos amis qui, tombant dans le piège du politiquement correct, demandaient, il y a 10 jours, la levée de l’encerclement des rebelles pour des raisons humanitaire ?
 
Déjà, l’eau et l’électricité étaient coupées depuis longtemps. L’électricité, on l’achetait des générateurs privés et l’eau, on la puisait des centaines de puits forés dans les 2 dernières années. Ce qui est grave, c’est que les générateurs privés et les pompes des puits d’eau ont besoin de fioul, et s’il n’y a plus de fioul, il n’y a plus d’eau. Avec 40 degré à l’ombre, c’est du plaisir…
 
Un million cinq cent Mille personnes sans eau, je me demande s’il faut le qualifier de crime de guerre ou de crime contre l’humanité !!!
 
Nabil Antaki
 

Pour aider : Chèque à envoyer à l’ordre de l’œuvre d’Orient, 20 rue du Regard, 75278 Paris Cedex 06, en précisant bien : au profit des "Maristes Bleus". 

mercredi 27 juillet 2016

Vaincre la haine christianophobe, en France et en Syrie

Le mercredi 27 juillet 2016 - Assassiner un prêtre catholique dans son église, c'est frapper cruellement la France, la tétaniser par l'horreur du crime commis. Mais c'est aussi la frapper au plus profond, la blesser, à travers la communauté catholique, dans une de ses traditions spirituelles les plus anciennes. Avec l'ignoble attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray, une France qui était déjà meurtrie le 14 juillet vient de subir de plein fouet la haine sectaire, antichrétienne, des émules de Daech.
 
Les chrétiens d'Orient en savent quelque chose : cette vindicte meurtrière ne fabrique pas ses ennemis au hasard. Au Moyen-Orient, les communautés religieuses minoritaires dressent un obstacle symbolique sur les pas du projet totalitaire mené sous l’emblème de la "charia" wahhabite. Le pseudo-califat de Mossoul y exige une sanglante épuration confessionnelle qui frappe les chrétiens, les yézidis, les chiites, mais aussi les Kurdes, dont le sunnisme d’inspiration soufie est également suspect à leurs yeux.
 
Si le djihadisme est (notamment) christianophobe, c'est parce que son idéologie sectaire de matrice saoudienne est circulaire : tous ceux qui, en raison de leur confession, sont naturellement enclins à la tiédeur envers l’entreprise purificatrice s’exposent à en faire les frais. Cette règle d'intolérance est valable partout, en France comme au Moyen-Orient. Elle est constitutive de l'entreprise d'asservissement dont Daech est l'avatar contemporain, et l'attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray, après tant d'autres, est l'application de cette doctrine mortifère.
 
Si les informations communiquées par les enquêteurs sont exactes, l'un des auteurs de ce meurtre, connu des services de police, aurait été refoulé par la Turquie à la fin de l'année 2015 lors d'une tentative de pénétration en Syrie. Ce candidat au "djihad" n'ayant pu exercer sa violence meurtrière au pays de Cham, il l'a donc déchaînée en France. Frustré de sa dose d'hémoglobine sur le théâtre syrien, il s'est offert une compensation à domicile. Difficile, une fois de plus, de nier le rapport entre la terreur qui s'abat sur nos têtes et la politique moyen-orientale de nos dirigeants.

Avec cet aller-retour France-Turquie, le crime du 26 juillet fournit une illustration saisissante de l'effet boomerang entretenu par une politique française particulièrement perverse. Car les petites frappes du djihad ont été encouragées par le discours officiel à mener leur sanglante équipée en Syrie, et elles y sont parties par centaines, la fleur au fusil, pour tuer en masse les partisans de "Bachar-le-boucher", pour reprendre l'expression de Jean-Pierre Filiu, principal conseiller du président français et ministre officieux de cette propagande de guerre contre un Etat souverain.

Ces desperados de la terreur, les Syriens de toutes confessions en subissent les exactions depuis 2011, et notamment les chrétiens du quartier de Bab Touma, à Damas, où les obus de mortier en provenance de la zone rebelle font régulièrement leur lot de victimes, jusque dans l'enceinte du Lycée français "Charles-de-Gaulle" ! Mais les "rebelles" de "l'armée de l'islam" font partie de l'opposition prétendument "modérée" reconnue par nos dirigeants, et ils bénéficient du précieux soutien de l'Arabie saoudite, ce pays allié de la France où le culte chrétien est rigoureusement interdit.

Cela n'empêchera pas un exécutif français complètement schizophrène, totalement cynique, ou les deux à la fois, de condamner le crime christianophobe en France au moment où il le cautionne en Syrie en déroulant le tapis rouge devant des chefs "rebelles" couverts de sang. Manifestement, il s'avère incapable de répondre à la crise gravissime que traverse notre pays autrement que par la persévérance dans une double absurdité, politique et militaire.

En diabolisant l'Etat syrien, le gouvernement français contribue à prolonger la prolifération du nid de serpents puisqu'il affaiblit la principale force qui l'affronte courageusement sur le terrain. Simultanément, il se livre à des bombardements aériens militairement ineptes qui ont pour principal effet, en tuant des civils, d'alimenter la haine de la France. Pour faire échouer cette tentative de déstabilisation de la société française, ni les discours compassionnels ni les mouvements de menton mussoliniens ne suffiront. Ce qu'il faut, c'est changer radicalement de politique et s'allier avec ceux qui combattent le terrorisme au lieu de distribuer des médailles à ceux qui le financent.

Bruno Guigue - source

jeudi 21 juillet 2016

"Pourquoi les Arabes ne veulent pas de nous en Syrie" ? Par Robert F. Kennedy

Par Robert F. Kennedy, Jr.
Mardi 19 juillet 2016 - Ils ne détestent pas « nos libertés ». Ils détestent que nous ayons trahi nos idéaux dans leurs propres pays – pour du pétrole.
En partie parce que mon père a été assassiné par un arabe, j’ai fait un effort pour comprendre l’impact de la politique américaine au Moyen-Orient, et particulièrement des facteurs qui motivent parfois des réponses sanguinaires de la part du monde islamique envers notre pays.
 
Tandis que nous nous concentrons sur l’émergence de l’État Islamique et recherchons l’origine de la barbarie qui a pris tellement de vies innocentes à Paris et San Bernardino, nous pourrions vouloir regarder au-delà des explications confortables relatives à la religion et l’idéologie. Nous devrions plutôt examiner les explications plus complexes de l’Histoire et du pétrole et comment elles pointent un doigt accusateur vers nos propres rivages.
Le peu glorieux registre d’interventions violentes américaines en Syrie, très peu connu des Américains mais cependant très bien connu des Syriens, a créé un terrain fertile à un djihadisme islamique violent qui complique toute réponse effective de nos gouvernements pour relever le défi de l’État Islamique.

Aussi longtemps que l’opinion publique américaine et les politiciens ignoreront ce passé, les interventions à venir vont vraisemblablement se limiter à empirer la crise. Le secrétaire d’État John Kerry a annoncé cette semaine un cessez-le-feu « provisoire » en Syrie. Mais comme les moyens et le prestige des É-U en Syrie sont très faibles – et que le cessez-le-feu ne concerne pas des belligérants importants comme l’ÉI et al-Nosra – il est condamné à se limiter au mieux à une fragile trêve.
De même, le renforcement de l’intervention militaire du président Obama en Libye – des frappes aériennes des É-U ont visé un camp d’entraînement de l’ÉI la semaine dernière – va probablement renforcer les radicaux au lieu de les affaiblir. Comme le New York Times l’a rapporté à la Une le 8 décembre 2015, les chefs politiques de l’ÉI et ses planificateurs stratégiques cherchent à provoquer une intervention militaire américaine. Ils savent d’expérience qu’elle inondera leurs rangs de combattants volontaires, asséchera les voix de la modération et unifiera le monde islamique contre l’Amérique.

Pour comprendre cette dynamique, nous devons regarder l’histoire dans la perspective des Syriens et particulièrement les sources du conflit actuel. Bien avant notre occupation de l’Irak en 2003 qui a déclenché la révolte sunnite, désormais devenue l’État Islamique, la CIA avait alimenté un djihadisme violent en l’utilisant comme une arme en période de guerre froide et mis à mal les relations diplomatiques entre les États-Unis et la Syrie.
Cela ne s’est pas passé sans controverse. En juillet 1957, après un coup d’État manqué en Syrie par la CIA, mon oncle, le sénateur John F. Kennedy exaspéra la Maison-Blanche d’Eisenhower, les dirigeants des deux partis politiques, et nos alliés européens, avec un discours d’anthologie soutenant le droit à un gouvernement indépendant dans le monde arabe, et appelant à mettre fin à l’ingérence impérialiste américaine dans les pays arabes. Tout au long de ma vie, et particulièrement durant mes fréquents voyages au Moyen-Orient, d’innombrables Arabes m’ont volontiers rappelé ce discours comme la plus claire expression d’idéalisme qu’ils attendaient des É-U.

Le discours de Kennedy était un appel pour que l’Amérique s’engage de nouveau dans les hautes valeurs que notre pays avait défendues dans la Charte Atlantique ; dont la promesse solennelle que toutes les anciennes colonies européennes auraient droit à l’autodétermination après la Seconde Guerre mondiale.
Franklin D. Roosevelt avait tordu le bras de Winston Churchill et des autres responsables alliés pour qu’ils signent la Charte Atlantique en 1941 comme précondition du soutien américain dans la guerre européenne contre le fascisme.

Mais en grande partie grâce à Allen Dulles et à la CIA, dont les intrigues en matière de politique étrangère étaient souvent en totale opposition avec les déclarations politiques de notre nation, le chemin idéaliste tracé dans la Charte Atlantique ne fut pas emprunté. En 1957, mon grand-père, l’ambassadeur Joseph P. Kennedy, fit partie d’une commission secrète chargée d’enquêter sur les coups foireux de la CIA au Moyen-Orient.
Le rapport dénommé « Rapport Bruce-Lovett », dont il fut signataire, décrivait les complots de coup d’État de la CIA en Jordanie, Syrie, Iran, Irak et Égypte, tous bien connus de la rue arabe, mais pratiquement ignorés du peuple américain qui prenait pour argent comptant les démentis de son gouvernement. Le rapport faisait grief à la CIA de l’anti-américanisme larvé qui était alors en train de s’enraciner mystérieusement « dans de nombreux pays du monde aujourd’hui. » Le rapport Bruce-Lovett soulignait que de telles interventions étaient contraires aux valeurs américaines et avaient compromis la prééminence américaine internationale et son autorité morale sans que le peuple américain n’en sache rien. Le rapport disait aussi que la CIA n’avait jamais envisagé comment faire face à de tels agissements si un gouvernement étranger en fomentait dans notre pays.

Telle est l’histoire sanglante que de modernes interventionnistes comme George W. Bush, Ted Cruz et Marco Rubio oublient quand ils récitent leur discours narcissique selon lequel les nationalistes du Moyen-Orient “nous détestent en raison de nos libertés.” Pour la plupart, c’est faux ; au lieu de cela, ils nous détestent pour la façon dont nous avons trahi ces libertés – notre propre idéal – à l’intérieur de leurs frontières.
* * *
Pour que les Américains comprennent réellement ce qui se passe, il importe de rappeler certains détails de cette histoire sordide mais méconnue. Pendant les années 50, le président Eisenhower et les frères Dulles – Allen Dulles, directeur de la CIA et John Foster Dulles, Secrétaire d’État– repoussèrent les propositions de traité soviétiques visant à faire du Moyen-Orient une zone neutre dans la guerre froide et laisser les Arabes gouverner l’Arabie. Au lieu de quoi, ils élaborèrent une guerre clandestine contre le nationalisme arabe – qu’Allen Dulles considérait comme du communisme – en particulier quand l’autogestion arabe menaçait les concessions pétrolifères. Ils fournirent une aide militaire américaine secrète aux tyrans en Arabie saoudite, en Jordanie, en Irak et au Liban, favorisant des marionnettes à l’idéologie djihadiste conservatrice qu’ils considéraient comme un antidote sûr au marxisme soviétique. Lors d’une réunion à la Maison-Blanche en septembre 1957 entre Frank Wisner, directeur des programmes de la CIA, et John Foster Dulles, Eisenhower conseilla à l’Agence : “Nous devrions faire tout ce qu’il est possible pour insister sur l’aspect ‘guerre sainte’,” selon une note prise par son secrétaire d’équipe, le général Andrew J. Goodpaster.

La CIA commença à intervenir activement en Syrie en 1949 – à peine un an après la création de l’Agence. Les patriotes syriens avaient déclaré la guerre aux nazis, expulsé les administrateurs coloniaux français du gouvernement de Vichy et élaboré une fragile démocratie laïque inspirée du modèle américain.
Mais en mars 1949, le président syrien démocratiquement élu, Shukri-al-Quwatli, hésita à donner son accord au pipeline trans-arabique, un projet américain destiné à relier les champs pétrolifères d’Arabie saoudite aux ports libanais via la Syrie.

Dans son livre, Legacy of Ashes [L’Héritage des Cendres], Tim Weiner, l’historien de la CIA, raconte que pour se venger du manque d’enthousiasme d’Al-Quwatli à l’égard du pipeline américain, la CIA mit au point un coup d’État qui remplaça Al-Quwatli par le dictateur qu’elle avait choisi, un escroc auparavant condamné du nom de Husni al-Za’im. Al-Za’im eut tout juste le temps de dissoudre le parlement et d’approuver le pipeline américain avant que ses concitoyens ne le destituent, après quatre mois et demi d’exercice.
A la suite de plusieurs contrecoups dans le pays fraîchement déstabilisé, le peuple syrien essaya une nouvelle fois la démocratie en 1955, élisant à nouveau Al-Quwatli et son Parti National. Al-Quwatli était toujours un tenant de la neutralité dans la guerre froide, mais, piqué au vif par l’implication américaine dans sa destitution, il se tourna à présent vers le camp soviétique.
Cette attitude poussa Dulles, le directeur de la CIA, à déclarer que “la Syrie est mûre pour un coup d’État” et à envoyer ses deux sorciers du coup d’État, Kim Roosevelt et Rocky Stone, à Damas.

Deux ans auparavant, Roosevelt et Stone avaient orchestré un coup d’État en Iran contre le président démocratiquement élu Mohammed Mossadegh, après que celui-ci eut tenté de renégocier les termes des contrats inéquitables que l’Iran avait passés avec le géant pétrolier britannique, la Compagnie Pétrolière Anglo-Iranienne (aujourd’hui BP). Mossadegh, premier dirigeant élu en 4 000 ans d’histoire iranienne, était un populaire champion de la démocratie dans le monde en voie de développement. Mossadegh avait expulsé tous les diplomates britanniques après la découverte d’une tentative de coup d’État émanant d’agents du renseignement du Royaume-Uni travaillant main dans la main avec BP. Mossadegh, cependant, commit l’erreur fatale de résister aux demandes de ses conseillers d’expulser également la CIA qui, comme ils l’en soupçonnaient avec raison, était complice du complot britannique. Mossadegh avait une vision idéaliste des É-U comme modèle pour la nouvelle démocratie iranienne, incapables de telles perfidies.
Malgré les pressions de Dulles, le président Harry Truman avait interdit à la CIA de se joindre aux conjurés pour renverser Mossadegh. Quand Eisenhower prit ses fonctions en janvier 1953, il libéra immédiatement Dulles de ses contraintes. Après avoir renversé Mossadegh au cours de l’Opération Ajax, Stone et Roosevelt installèrent le Shah Reza Pahlavi, favorable aux compagnies pétrolières des É-U mais dont les deux décennies de sauvagerie patronnée par la CIA à l’encontre de son propre peuple depuis le trône du Paon firent finalement exploser la révolution islamique de 1979 qui a miné notre politique étrangère depuis 35 ans.

Dans la foulée du « succès » de son opération Ajax en Iran, Stone arriva avec 3 millions de dollars à Damas en avril 1957 pour armer et inciter des militants islamiques, ainsi que, par la corruption, des officiers syriens et des hommes politiques, à renverser le régime laïque et démocratiquement élu de al-Quwatli, selon Safe for Democracy : The Secret Wars of the CIA (Sans Danger pour la Démocratie : les Guerres secrètes de la CIA), de John Prados.
Travaillant avec les Frères Musulmans et disposant de millions de dollars, Rocky Stone planifia l’assassinat du chef du renseignement syrien, du chef de son État-Major et du chef du parti communiste, et fomenta “des complots nationaux et diverses provocations” en Irak, au Liban et en Jordanie qui auraient pu être imputés aux baasistes syriens.

Tim Weiner explique dans Legacy of Ashes que le plan de la CIA consistait à déstabiliser le gouvernement syrien et créer un prétexte à une invasion par l’Irak et la Jordanie, dont les gouvernements étaient déjà sous contrôle de la CIA. Kim Roosevelt prévoyait que le nouveau gouvernement fantoche installé par la CIA “s’appuierait au premier chef sur des mesures de répression massives et un exercice arbitraire du pouvoir”, selon un document déclassifié de la CIA publié dans le journal The Guardian.
Mais tout cet argent de la CIA échoua à corrompre les officiers syriens. Les soldats firent part des tentatives de corruption par la CIA au régime baasiste. En réponse, l’armée syrienne envahit l’ambassade américaine, et fit prisonnier Stone. Après un rude interrogatoire, Stone confessa à la télévision son rôle dans le coup d’État iranien et la tentative avortée de la CIA de renverser le gouvernement légitime de la Syrie.

Les Syriens expulsèrent Stone et deux collaborateurs de l’ambassade des É-U – le premier diplomate du Département d’État américain à être banni d’un pays arabe. Hypocritement, la Maison-Blanche d’Eisenhower rejeta la confession de Stone comme une « invention » et une « calomnie », un déni entièrement gobé par la presse américaine conduite par le New York Times et auquel crut le peuple américain, qui partageait la vision idéaliste que Mossadegh avait de leur gouvernement.
La Syrie épura tous les politiciens favorables aux É-U et exécuta pour trahison tous les officiers impliqués dans le coup d’État. Pour se venger, les É-U amenèrent la Sixième Flotte en Méditerranée, menacèrent de guerre et incitèrent la Turquie à envahir la Syrie. Les Turcs massèrent 50 000 hommes à la frontière syrienne et ne firent machine arrière que face à l’opposition unanime de la Ligue Arabe, dont les dirigeants étaient furieux de l’intervention des É-U.

Même après avoir été expulsée, la CIA poursuivit ses efforts secrets pour renverser le gouvernement baasiste syrien démocratiquement élu. La CIA conspira avec le MI6 britannique pour créer un “Comité pour la Syrie Libre”, et fournit des armes aux Frères Musulmans pour assassiner trois membres du gouvernement syrien qui avaient contribué à rendre publique la conspiration américaine, selon ce qu’écrit Matthew Jones dans The ‘Preferred Plan’ : The Anglo-American Working Group Report on Covert Action in Syria, 1957 (Le ‘plan favori’ : rapport du groupe de travail anglo-américain sur l’action clandestine en Syrie, 1957). La bêtise malveillante de la CIA éloigna encore davantage la Syrie des É-U et la poussa à des alliances renouvelées avec la Russie et l’Égypte.
A la suite de la seconde tentative de coup d’État en Syrie, des émeutes anti-américaines éclatèrent au Moyen-Orient, du Liban à l’Algérie. Parmi ses retombées, il faut compter le coup d’État du 14 juillet 1958, mené par une nouvelle vague d’officiers anti-américains qui renversèrent le roi d’Irak favorable aux Américains, Nuri al-Said.

Les meneurs de ce coup d’État rendirent publics des documents gouvernementaux secrets révélant que Nuri al-Said était une marionnette grassement payée par la CIA. En réponse à la traîtrise américaine, le nouveau gouvernement irakien invita des diplomates et des conseillers économiques soviétiques et tourna le dos à l’Occident.
Ayant provoqué l’hostilité de l’Irak et de la Syrie, Kim Roosevelt quitta le Moyen-Orient pour travailler comme cadre dans l’industrie pétrolière qu’il avait si bien servie pendant sa carrière de fonctionnaire à la CIA. Son remplaçant comme chef de station à la CIA, James Critchfield, tenta un complot avorté pour assassiner le nouveau président irakien, en utilisant un mouchoir empoisonné, selon Weiner.

Cinq ans plus tard, la CIA réussit finalement à renverser le président irakien et à porter au pouvoir le parti Baas. Un jeune assassin charismatique du nom de Saddam Hussein était l’un des chefs distingués de l’équipe baasiste mise sur pied par la CIA. Le secrétaire du parti Baas, Ali Saleh Sa’adi, qui prit ses fonctions en même temps que Saddam Hussein, déclarera plus tard : « Nous sommes arrivés au pouvoir dans les bagages de la CIA », selon A Brutal Friendship : The West and the Arab Elite (Une amitié brutale : l’Occident et les élites arabes), de Said Aburish, journaliste et écrivain.
Aburish raconta que la CIA avait fourni à Saddam et ses copains une liste de personnes à assassiner qui « devaient être immédiatement éliminées pour garantir le succès. » Tim Weiner écrit que Critchfield reconnut plus tard que la CIA avait, de fait, « créé Saddam Hussein ».

Pendant les années Reagan, la CIA a fourni à Saddam Hussein pour plusieurs milliards de dollars d’entraînement, de soutien aux forces spéciales, d’armes et de renseignements opérationnels, en sachant qu’il utilisait du gaz moutarde, des gaz innervant et des armes biologiques – y compris de l’anthrax obtenu du gouvernement des É-U – dans sa guerre contre l’Iran.
Reagan ainsi que son directeur de la CIA, Bil Casey, considéraient Saddam comme un ami potentiel pour l’industrie pétrolière des É-U et un solide rempart contre l’expansion de la révolution islamique iranienne. Leur émissaire, Donald Rumsfeld, lui offrit des éperons de cowboy en or et un choix d’armes tant chimiques ou biologiques que conventionnelles lors d’un voyage à Bagdad en 1983.

Dans le même temps, la CIA fournissait illégalement à l’Iran, adversaire de Saddam, des milliers de missiles antichars et anti-aériens pour combattre l’Irak, un crime rendu célèbre par le scandale de l’Irangate. Des djihadistes de chaque camp retournèrent plus tard nombre de ces armes fournies par la CIA contre le peuple américain.
Alors même que l’Amérique assiste à une intervention violente de plus au Moyen-Orient, la plupart des Américains n’ont pas conscience de combien les « retours de flamme » des précédentes gaffes de la CIA ont contribué à la formation de la crise actuelle. Les échos de plusieurs décennies de manigances de la CIA continuent à résonner aujourd’hui à travers le Moyen-Orient dans les capitales, de mosquées en médersas, sur le paysage dévasté de la démocratie et de l’islam modéré que la CIA a contribué à anéantir.

Une flopée de dictateurs iraniens et syriens, parmi lesquels Bachar el-Assad et son père, ont utilisé l’histoire des coups sanglants de la CIA comme prétexte à leur gouvernement autoritaire, leurs tactiques répressives et leur besoin d’une alliance forte avec la Russie. Ces affaires sont donc bien connues des gens en Syrie et en Iran qui interprètent naturellement les rumeurs d’intervention des É-U à la lumière de cette histoire.
Alors que la presse conformiste américaine répète comme un perroquet que notre soutien à la rébellion syrienne est de nature purement humanitaire, de nombreux arabes considèrent la crise actuelle comme une simple guerre en sous-main de plus à propos de pipelines et de géopolitique. Avant de nous précipiter plus avant dans la conflagration, il serait sage de prendre en considération la masse de faits sur laquelle s’appuie cette perspective.

De leur point de vue, notre guerre contre Bachar el-Assad n’a pas commencé avec les manifestations civiles pacifiques du printemps arabe en 2011. Elle a bien plutôt commencé en 2000, quand le Qatar a proposé la construction, à travers l’Arabie saoudite, la Jordanie, la Syrie et la Turquie, d’un pipeline long de 1 500 kilomètres pour un coût de 10 milliards de dollars.
Le Qatar partage avec l’Iran les champs gaziers de South Pars/Noth Dome, la plus grande réserve de gaz naturel au monde. L’embargo commercial mondial interdisait à l’Iran jusqu’à récemment de vendre du gaz à l’étranger. Dans le même temps, le gaz qatari ne peut être livré sur les marchés européens que s’il est liquéfié et transporté par voie maritime, une route qui restreint les volumes et accroît considérablement les coûts.

Le pipeline envisagé aurait directement connecté le Qatar aux marchés d’énergie européens, via des terminaux de redistribution en Turquie, qui aurait empoché de grasses commissions de transit. Le pipeline turco-qatari aurait conféré aux royaumes sunnites du Golfe persique une prédominance décisive dans les marchés mondiaux du gaz naturel et renforcé le Qatar, le plus proche allié de l’Amérique dans le monde arabe. Le Qatar abrite deux énormes bases militaires américaines et le Haut commandement des É-U au Moyen-Orient.
L’UE, qui obtient 30 % de son gaz de la Russie, désirait elle aussi ardemment ce pipeline, qui aurait procuré à ses membres une énergie à bas coût et l’aurait soulagée de l’influence économique et politique étouffante de Vladimir Poutine.

La Turquie, deuxième plus gros client du gaz russe, avait particulièrement à cœur de mettre un terme à sa dépendance envers son ancienne rivale et d’occuper la lucrative position de hub transversal entre les énergies asiatiques et les marchés européens. Le pipeline qatari aurait profité à la monarchie sunnite conservatrice d’Arabie saoudite en lui permettant de prendre pied dans une Syrie dominée par les chiites.
L’objectif géopolitique des Saoudiens est de limiter le pouvoir économique et politique du principal adversaire du royaume, l’Iran, un État chiite et proche allié de Bachar el-Assad. La monarchie saoudienne considérait la prise de pouvoir des chiites en Irak, soutenue par les É-U (et plus récemment la fin de l’embargo commercial contre l’Iran) comme une rétrogradation de son statut de puissance régionale et était déjà engagée dans une guerre par procuration contre Téhéran au Yémen, mise en lumière par le génocide perpétré par les Saoudiens à l’encontre de la tribu Houthi soutenue par les Iraniens.

Bien entendu, les Russes, qui vendent 70 % de leurs exportations de gaz à l’Europe, considéraient le pipeline turco-qatari comme une menace existentielle. Du point de vue de Poutine, le pipeline du Qatar est un complot de l’OTAN pour modifier le statu quo, priver la Russie de sa seule implantation au Moyen-Orient, étrangler l’économie russe et mettre fin à l’influence qu’elle exerce sur le marché énergétique européen. En 2009, Assad annonça qu’il ne signerait pas l’accord permettant au pipeline de traverser la Syrie, « pour protéger les intérêts de notre allié russe. »
Assad rendit encore plus furieux les monarques sunnites du Golfe en adhérant à un « pipeline islamique » approuvé par les Russes, traversant la Syrie depuis le côté iranien du champ gazier jusqu’aux ports du Liban. Le pipeline islamique ferait de l’Iran chiite, et non du Qatar sunnite, le principal fournisseur du marché européen de l’énergie et augmenterait considérablement l’influence de Téhéran au Moyen-Orient et dans le monde. Israël était, de manière compréhensible, également déterminé à faire dérailler le projet de pipeline islamique, qui enrichirait l’Iran et la Syrie et renforcerait sans doute leurs sous-marins, le Hezbollah et le Hamas.
Des télégrammes confidentiels et des rapports des services de renseignement américain, saoudien et israélien montrent qu’à partir du moment où Assad a rejeté le pipeline qatari, les décideurs de l’armée et des renseignements se sont rapidement mis d’accord sur le fait que fomenter un soulèvement sunnite en Syrie pour renverser le peu coopératif Bachar el-Assad était un moyen viable d’atteindre l’objectif commun d’établir une liaison gazière entre le Qatar et la Turquie.
 
Selon Wikileaks, en 2009, peu après que Bachar el-Assad eut rejeté le pipeline qatari, la CIA a commencé à financer des groupes d’opposition en Syrie. Il est important de noter que c’était bien avant le soulèvement contre Assad, déclenché par le printemps arabe.

La famille de Bachar el-Assad est alaouite, d’un groupe musulman largement reconnu comme étant aligné sur les positions chiites. « Bachar el-Assad n’était pas censé devenir président », m’a dit le journaliste Seymour Hersh dans une interview.
« Son père l’a fait revenir de l’école de médecine à Londres quand son frère aîné, l’héritier supposé, fut tué dans un accident de la route. » Avant que la guerre commence, selon Hersh, Assad prenait des mesures pour libéraliser le pays. « Ils avaient internet et des journaux et des distributeurs de billets de banque et Assad voulait se rapprocher de l’Occident. Après le 11 septembre, il a donné à la CIA des milliers de dossiers inestimables concernant des djihadistes radicaux qu’il considérait comme des ennemis communs.

Le régime d’Assad était délibérément laïque et la Syrie était incroyablement diverse. Le gouvernement et l’armée syrienne par exemple étaient à 80% sunnites. Assad maintenait la paix entre les différentes populations grâce une armée forte, disciplinée et loyale à la famille Assad, une allégeance assurée par un corps d’officiers estimé de la nation et très bien rémunéré, un service de renseignement froidement efficace et un penchant pour la brutalité qui, avant la guerre, était plutôt modéré en comparaison avec ceux d’autres dirigeants du Moyen-Orient, dont nos alliés actuels. »
Selon Hersh, « il ne décapitait certainement pas des gens chaque vendredi comme le font les Saoudiens à la Mecque. »

Un autre journaliste chevronné, Bob Parry, fait écho à ce constat. « Personne dans la région n’a les mains propres, mais en matière de torture, de meurtres de masse, de [suppression des] libertés civiles et de support au terrorisme, Assad est bien meilleur que les Saoudiens. » Personne ne pensait que le régime serait susceptible d’être affecté par l’anarchie qui a déchiré l’Égypte, la Libye, le Yémen et la Tunisie.
Au printemps 2011, il y eut de petites manifestations pacifiques à Damas contre la répression par le régime d’Assad. C’était surtout des effluves du printemps arabe qui s’était répandu de manière virale dans les pays de la Ligue Arabe l’été précédent. Néanmoins, les dépêches de Wikileaks indiquent que la CIA était déjà sur le terrain en Syrie.

Mais les royaumes sunnites qui avaient énormément de pétrodollars en jeu voulaient une participation beaucoup plus importante des États-Unis. Le 4 septembre 2013, le secrétaire d’État John Kerry déclara durant une séance du congrès que les royaumes sunnites avaient offert de payer la facture d’une invasion américaine de la Syrie visant à évincer Assad. « En fait, certains ont dit que si les États-Unis étaient prêts à faire les choses en grand, comme nous l’avons déjà fait ailleurs [Irak], ils payeraient les coûts. » Kerry a réitéré l’offre à la Républicaine Ileana Ros-Lehtinen (Floride) : « A propos de l’offre des pays arabes d’assumer les coûts [d’une invasion américaine] pour renverser Assad, la réponse est absolument oui, ils l’ont proposée. L’offre est sur la table. »
Malgré la pression des Républicains, Barack Obama s’est refusé à engager de jeunes Américains pour aller mourir comme mercenaires à la solde d’un conglomérat du pipeline. Obama a sagement ignoré les Républicains réclamant à cor et à cri d’envoyer des troupes en Syrie ou de faire passer plus de fonds aux « insurgés modérés. » Mais fin 2011, la pression des Républicains et nos alliés sunnites ont poussé le gouvernement américain à entrer en lice.

Obama, Biden And Members Of Nat’l Governors Association Meet At White House
Le président des États-Unis Barack Obama | Mark Wilson/Getty Images
En 2011, les États-Unis ont rejoint la France, le Qatar, l’Arabie saoudite, la Turquie et le Royaume-Uni pour constituer les amis de la coalition syrienne “qui exigeait officiellement le départ d’Assad.

La CIA a fourni 6 millions de dollars à Barada, une chaîne de télévision britannique, pour produire des émissions exhortant à l’éviction d’Assad. Des documents des services de renseignement saoudiens, publiés par Wikileaks, montrent qu’en 2012, la Turquie, le Qatar et l’Arabie saoudite armaient, entraînaient et finançaient des combattants djihadistes sunnites radicaux de Syrie, d’Irak et d’ailleurs pour renverser le régime d’Assad allié des chiites.
Le Qatar, qui a le plus à gagner dans l’affaire, a investi 3 milliards dans la création de l’insurrection et a invité le Pentagone à entraîner les insurgés dans les bases américaines au Qatar. D’après un article de Seymour Hersh d’avril 2014, les livraisons d’armes de la CIA étaient financées par la Turquie, l’Arabie saoudite et le Qatar.

L’idée de fomenter une guerre civile sunnite-chiite pour affaiblir les régimes syrien et iranien dans le but de maintenir le contrôle sur les fournitures pétrochimiques de la région n’était pas une notion nouvelle dans la terminologie du Pentagone. Un rapport accablant de Rand financé par le Pentagone avait proposé en 2008 un plan précis de ce qui allait bientôt se passer. Ce rapport note que le contrôle du pétrole et du gaz du golfe Persique restera pour les États-Unis “une priorité stratégique” qui “a des liens étroits avec celle de poursuivre la guerre dans la durée.”
Rand recommande l’usage « d’actions clandestines, d’opérations d’information, de guerre non-conventionnelle » pour imposer une stratégie du « diviser pour mieux régner. » « Les États-Unis et leurs alliés locaux pourraient utiliser les nationalistes djihadistes pour lancer des campagnes par procuration” et “les dirigeants américains pourraient aussi choisir de tirer profit d’un conflit chiite-sunnite prolongé en prenant parti pour les régimes conservateurs sunnites contre les mouvements autonomistes chiites dans le monde musulman… éventuellement en soutenant les gouvernements sunnites autoritaires face à un Iran continuellement hostile. »

Comme prévu, la réaction excessive d’Assad à cette crise fomentée par des puissances étrangères – en larguant des barils d’explosifs sur les bastions sunnites et en tuant des civils – a polarisé la division sunnites/chiites et a permis aux dirigeants des É-U de vendre aux Américains l’idée que cette bataille des gazoducs était une guerre humanitaire.
Lorsque des soldats sunnites de l’armée syrienne commencèrent à déserter en 2013, la coalition occidentale arma l’Armée Syrienne Libre pour déstabiliser davantage la Syrie. Le portrait fait par la presse de l’ASL comme un bataillon soudé de Syriens modérés était délirant. Les unités dissoutes se regroupaient en des centaines de milices indépendantes, la plupart commandées par, ou alliées à des militaires djihadistes, qui étaient les combattants les plus engagés et les plus efficaces. Dans le même temps, les armées sunnites d’al-Qaïda en Irak franchissaient la frontière entre l’Irak et la Syrie et unissaient leurs forces aux bataillons de déserteurs de l’Armée Syrienne Libre, dont bon nombre étaient entraînés et armés par les É-U.

Malgré le portrait largement répandu dans les médias de l’Arabe modéré luttant contre le tyran Assad, les stratèges du renseignement des É-U savaient dès le départ que leurs agents pro-gazoduc étaient des djihadistes radicaux qui se tailleraient probablement un tout nouveau califat islamique dans les régions sunnites de la Syrie et de l’Irak.
Deux ans avant que les égorgeurs de l’ÉI ne montent sur scène, un rapport de sept pages, réalisé par l’US Defense Intelligence Agency et obtenu par le groupe de droite Judicial Watch, alertait sur le fait que grâce au soutien en cours des É-U et de la coalition sunnite aux djihadistes sunnites, « les salafistes, les Frères Musulmans et AQI (aujourd’hui l’ÉI) sont les forces majeures pilotant l’insurrection en Syrie. »

Utilisant les fonds des États du Golfe et des États-Unis, ces groupes ont détourné les protestations pacifiques contre Bachar el-Assad « dans une direction clairement sectaire (chiites vs. sunnites). »
La note indique que le conflit est devenu une guerre civile sectaire encouragée par les « pouvoirs politiques et religieux » sunnites. Le rapport décrit le conflit syrien comme une guerre globale pour le contrôle des ressources de la région avec « l’Occident, les pays du Golfe et la Turquie soutenant l’opposition [à Assad], tandis que la Russie, la Chine et l’Iran soutiennent le régime. »
 
Les auteurs de ce rapport de sept pages du Pentagone semblent avaliser l’avènement prévu d’un califat d’ISIS : “Si la situation se dégrade, il y a la possibilité que s’établisse une principauté salafiste déclarée ou non, dans l’est de la Syrie (Hassaké et Deïr ez Zor) et c’est précisément ce que veulent les puissances qui soutiennent l’opposition de façon à isoler le régime syrien.” Le rapport du Pentagone avertit que cette nouvelle principauté pourrait déborder la frontière irakienne vers Mossoul et Ramadi, et « proclamer un État Islamique en s’unissant à d’autres organisations terroristes en Irak et en Syrie. »

Et bien sûr, c’est précisément ce qui est arrivé. C’est tout sauf une coïncidence si les régions de Syrie qui sont occupées par l’ÉI incluent exactement le tracé proposé du pipeline qatari.
Mais voilà qu’en 2014, nos mercenaires sunnites ont horrifié le peuple américain en coupant des têtes, et en faisant fuir un million de réfugiés vers l’Europe. « Les stratégies fondées sur l’idée que l’ennemi de mon ennemi est mon ami peuvent s’avérer quelque peu illusoires », dit Tim Clemente, qui a dirigé de 2004 à 2008 la Task Force du FBI contre le terrorisme, et qui a assuré en Irak la liaison entre le FBI, la police nationale irakienne et l’armée américaine. « Nous avons commis la même erreur quand nous avons entraîné les moudjahidines en Afghanistan. Sitôt après le départ des Russes, nos supposés amis ont commencé à écrabouiller des antiquités, à réduire des femmes en esclavage, à découper des gens en morceaux et à nous tirer dessus, » m’a dit Clemente lors d’une interview.

Quand « Jihadi John » de l’ÉI commença à assassiner des prisonniers à la télévision, la Maison-Blanche a retourné sa veste, parlant moins de renverser Assad que de stabilité régionale. L’administration Obama mit un peu plus de distance entre elle et les insurgés que nous avions financés. La Maison-Blanche pointa un doigt accusateur sur nos alliés.
Le 3 octobre 2014, le vice-président Joe Biden dit à des étudiants du forum JF Kennedy Junior, à l’Institute of Politics de Harvard, que « notre plus grand problème en Syrie, c’est nos alliés. »

Il expliqua que la Turquie, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis étaient « si déterminés à renverser Assad » qu’ils avaient lancé « une guerre par procuration entre chiites et sunnites » en acheminant « des centaines de millions de dollars et des dizaines de milliers de tonnes d’armes vers quiconque accepterait de combattre Assad. Sauf que les gens qui recevaient ces armes, c’étaient al-Nosra et al-Qaïda » – les deux groupes qui ont fusionné en 2014 pour former l’ÉI. Biden semblait irrité de constater qu’on ne pouvait plus compter sur nos “amis” de confiance pour appliquer l’agenda américain.
Au Moyen-Orient, les leaders arabes accusent fréquemment les É-U d’avoir créé l’État Islamique. Pour la majorité des Américains, ces accusations semblent insensées. Pourtant, pour de nombreux Arabes, les preuves de la participation américaine sont si évidentes qu’ils concluent que notre soutien à l’État Islamique a dû être délibéré.

De fait, de nombreux combattants de l’État Islamique ainsi que leurs chefs sont à la fois les successeurs idéologiques et les héritiers des organisations djihadistes que la CIA a soutenues depuis plus de 30 ans, de la Syrie à l’Égypte en passant par l’Afghanistan et l’Irak.
Avant l’invasion américaine, al-Qaïda n’existait pas dans l’Irak de Saddam Hussein. Le président George W. Bush a détruit le gouvernement laïque de Saddam, et son “vice-roi”, Paul Bremer, dans un acte d’incompétence monumentale, a créé de manière effective l’Armée Sunnite, aujourd’hui appelée l’État Islamique.

Bremer installa les chiites au pouvoir et bannit le parti dirigeant Baas de Saddam, limogeant quelque 700 000 personnalités politiques et fonctionnaires, en majorité des sunnites, des ministres aux instituteurs. Il dispersa ensuite l’armée de 380 000 soldats, dont 80 % étaient sunnites. Les actions de Bremer déchurent un million de sunnites irakiens de leur rang, de leur possession, de leur richesse et de leurs pouvoirs ; abandonnant une sous-classe désespérée de sunnites furieux, éduqués, compétents, entraînés, lourdement armés et n’ayant plus grand-chose à perdre. L’insurrection sunnite se baptisa al-Qaïda en Irak (AQI). A partir de 2011, nos alliés financèrent l’invasion de la Syrie par les soldats d’AQI.
En avril 2013, une fois en Syrie, AQI changea son nom en ISIL. D’après Dexter Filkins du New Yorker, « ISIS est commandé par un conseil d’anciens généraux irakiens… Beaucoup d’entre eux sont des membres du parti laïque Baas de Saddam Hussein, qui se sont convertis à l’islam radical dans les prisons américaines. »
 
Les 500 millions de dollars d’aide militaire qu’Obama a envoyés en Syrie ont au final très certainement bénéficié à ces militants djihadistes.

Tim Clemente, l’ancien responsable de la Task Force du FBI, m’a rapporté que la différence entre les conflits en Irak et en Syrie réside dans les millions d’hommes en âge de combattre qui fuient le champ de bataille pour l’Europe, plutôt que de se battre pour leurs communautés.
L’explication évidente à ce phénomène est que les patriotes modérés fuient une guerre qui n’est pas la leur. Ils veulent simplement éviter d’être écrasés entre l’enclume de la tyrannie d’Assad soutenue par la Russie et le marteau des djihadistes cruels que nous tenions en main dans une bataille générale pour des gazoducs concurrents.

On ne peut pas blâmer la population syrienne de ne pas adhérer massivement à un plan national qui serait proposé soit par Washington soit par Moscou. Les superpuissances n’ont laissé aucune chance à un avenir idéal pour lequel les Syriens modérés pourraient se battre. Et personne ne veut mourir pour un gazoduc.
* * *
Quelle est la solution ? Si notre objectif est la paix à long terme au Moyen-Orient, des gouvernements indépendants pour les nations arabes et la sécurité nationale, nous devons envisager toute nouvelle intervention dans la région avec un regard sur l’Histoire et un intense désir d’en apprendre les leçons. C’est seulement une fois que nous, les Américains, aurons compris le contexte historique et politique de ce conflit, que nous observerons avec la vigilance appropriée les décisions de nos dirigeants.

Utilisant les mêmes images et le même langage qui ont justifié notre guerre contre Saddam Hussein en 2003, nos dirigeants politiques font croire aux Américains que notre intervention en Syrie est une guerre juste contre la tyrannie, le terrorisme et le fanatisme religieux. Nous avons tendance à rejeter comme pur cynisme le point de vue des Arabes qui considèrent la crise actuelle comme une reprise des vieilles intrigues pour les gazoducs et la géopolitique. Mais, si nous voulons avoir une politique étrangère efficace, nous devons reconnaître que le conflit syrien est une guerre pour le contrôle des ressources, qui n’est pas différente de la myriade de guerres du pétrole clandestines et cachées que nous avons menées depuis 65 ans au Moyen-Orient.
C’est seulement en envisageant ce conflit comme une guerre par procuration pour un gazoduc que les évènements deviennent compréhensibles. C’est le seul paradigme qui explique pourquoi le Parti Républicain au Capitole, et l’administration Obama sont toujours obnubilés par un changement de régime plutôt que par la stabilité régionale, pourquoi l’administration Obama ne trouve pas de Syriens modérés pour se battre dans cette guerre, pourquoi l’ÉI a fait exploser un avion de ligne russe, pourquoi les Saoudiens ont exécuté un influent dignitaire religieux chiite avec pour seul résultat de voir leur ambassade à Téhéran brûler, pourquoi les Russes bombardent les combattants ne faisant pas partie de l’ÉI et pourquoi la Turquie est allée jusqu’à se permettre d’abattre un avion de chasse russe. Les millions de réfugiés inondant l’Europe sont les réfugiés d’une guerre pétrolière et des bévues de la CIA.
Clemente compare l’ÉI aux FARC colombiennes – un cartel de la drogue avec une idéologie révolutionnaire afin d’inspirer ses fantassins. “Vous devez penser l’ÉI comme un cartel du pétrole,” affirme Clemente. “Au bout du compte, l’argent est le fondement de ce mouvement. L’idéologie religieuse est un outil qui inspire ses soldats afin qu’ils donnent leurs vies pour un cartel du pétrole.”
 
Une fois que l’on a décapé ce conflit de son vernis humanitaire et que l’on a compris que le conflit syrien est une guerre du pétrole, notre politique étrangère devient claire.
 
Comme les Syriens qui s’enfuient vers l’Europe, aucun Américain ne veut envoyer son enfant mourir pour un gazoduc. Notre priorité devrait plutôt être celle que personne ne mentionne jamais : nous devons virer nos compagnies pétrolières du Moyen-Orient – objectif de plus en plus réaliste à mesure que les É-U s’approchent de l’indépendance énergétique.

Ensuite, nous devons réduire drastiquement notre puissance militaire au Moyen-Orient et laisser les Arabes gouverner l’Arabie. Exceptés l’aide humanitaire et le fait de garantir la sécurité des frontières d’Israël, les É-U n’ont pas de rôle légitime dans ce conflit. Alors que les faits prouvent que nous avons joué un rôle dans l’émergence de cette crise, l’Histoire montre que nous n’avons que peu de pouvoirs pour la résoudre.
En réfléchissant à l’histoire, il est stupéfiant de constater l’étonnante cohérence avec laquelle pratiquement chaque intervention brutale de notre pays au Moyen-Orient depuis la Seconde Guerre mondiale a abouti à un lamentable échec et à des répercussions terriblement coûteuses. Un rapport de ministère de la Défense américain de 1997 a constaté que « les données montrent une forte corrélation entre l’engagement américain à l’étranger et une augmentation des attaques terroristes contre les États-Unis. »

Soyons réalistes, ce que nous appelons « la guerre contre le terrorisme » est en fait tout simplement une nouvelle guerre pétrolière. Nous avons gaspillé 6 000 milliards de dollars pour mener trois guerres à l’étranger et instaurer un état de sûreté nationale guerrière chez nous, depuis que le pétrolier Dick Cheney a déclaré « la longue guerre » en 2001.
Les seuls gagnants ont été les fournisseurs des armées et les compagnies pétrolières qui ont empoché des profits historiques, les services de renseignements dont le pouvoir et l’influence ont grandi exponentiellement au détriment de nos libertés et les djihadistes qui ont invariablement utilisé nos interventions comme leur outil de recrutement le plus efficace.

Nous avons mis en péril nos valeurs, massacré notre propre jeunesse, tué des centaines de milliers de personnes innocentes, mis à mal notre idéalisme et gaspillé nos trésors nationaux dans des aventures à l’étranger stériles et coûteuses. Dans ce processus, nous avons aidé nos pires ennemis et fait de l’Amérique, autrefois le phare mondial de la liberté, un État de surveillance policier et un paria moral aux yeux du monde.
Les pères fondateurs de l’Amérique ont mis en garde les Américains contre des armées permanentes, des embrouilles à l’étranger et, selon les mots de John Quincy Adam, « le départ à l’étranger à la recherche de monstres à détruire. » Ces hommes sages avaient compris que l’impérialisme à l’étranger est incompatible avec la démocratie et les droits civils à l’intérieur.

La Charte Atlantique a répercuté leur idéal américain fondateur que chaque nation devrait avoir le droit à l’autodétermination. Pendant les sept dernières décennies, les frères Dulles, la bande à Cheney, les néoconservateurs et leurs semblables ont détourné ce principe fondamental de l’idéalisme américain et ont déployé notre armée et notre dispositif de renseignement pour servir les intérêts mercantiles de grandes sociétés et, en particulier, des entreprises pétrolières et des fabricants d’armes qui s’en sont littéralement mis plein les poches dans ces conflits.
Il est temps pour les Américains de tourner le dos à ce nouvel impérialisme, et de reprendre le chemin des idéaux et de la démocratie. Laissons les Arabes gouverner l’Arabie, et consacrons notre énergie à ce grand projet : l’édification de notre propre nation. Il nous faut entamer ce processus, non pas en envahissant la Syrie, mais en mettant un terme à notre ruineuse dépendance à l’égard du pétrole, qui a perverti la politique étrangère américaine pendant un demi-siècle.

Robert F. Kennedy Jr est le président de Waterkeeper Alliance. Son livre le plus récent est Thimerosal : Let The Science Speak. C’est le fils de Robert Kennedy, assassiné en 1968.
Source : Politico, le 23/02/2016

Traduit par les lecteurs du site http://www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.



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