vendredi 6 décembre 2013

Profanations, destructions, incendies, pillages dans ce village où l'on ne trouve qu'histoire, religion et amour.

Beyrouth - Jeudi 5 Décembre 2013 - (As-Safir) – « Maaloula pleure! Qui vient à son secours ? Ainsi le Curé de Zahlé le Père Fadi... résume-t-il la situation en regardant son village natal qu’il a visité pour la dernière fois en août dernier avant qu’il ne fasse l’objet d’une attaque des mercenaires du Front al-Nosra durant la première semaine du mois de septembre.
 
Le Père Fadi confirme au journal que le Front Al-Nosra qui caresse l’idée de contrôler la région, se met à brûler les maisons ; le feu a commencé à atteindre la partie antique du village qui était habité par les chrétiens ; il souligne que les religieuses, qui furent enlevées par des hommes armés ont été conduites vers une destination inconnue. Le Père Fadi assure que les habitants de Maaloula, l’antique village chrétien, s'étaient déplacés à Damas et Zahlé au Liban, où le Patriarcat, dans la capitale syrienne, entreprend de les aider en payant le loyer des trois premiers mois d’un logement qu’ils loueront. 

Il souligne que les habitants ont quitté Maaloula avec les habits qu’ils avaient sur eux, après que les éléments armés les eussent pris par surprise ; après la première attaque et leur départ précipité, ils gardaient l’espoir d’un retour au foyer, sauf que tout rêve de revenir est devenu impossible à réaliser à la suite du pillage suivi de l’incendie des maisons, causé par la seconde attaque.

Avec chagrin, dit-il, « les habitants de Maaloula ne souhaitaient que la conservation de leurs Eglises. Maaloula, le village historique et araméen a désormais disparu. C’est terminé ! Il a vraiment disparu. Le Père affirme avec certitude que le départ des habitants de Maaloula fait partie d’un plan visant à mettre les chrétiens hors du Moyen-Orient ; il insiste sur le fait que les éléments armées ont ciblé Sadad, Deir Atiyyeh, Nabak et à présent Maaloula.

Voici les dernières nouvelles parvenues du village antique : « les éléments armées se sont jurés lors de la récente attaque du village, de le brûler avec lui tout ce qu’il abrite ». La visite des monastères est interdite depuis février dernier en raison de la présence constante d’hommes armés dans l’Hotel As-Safir ».

La première attaque, explique-t-il, s’est concentrée sur l’Eglise Mar Sarkis [Saint-Serge] ; les mercenaires y ont déposé les deux Croix placées sur les coupoles, avant de se déporter sur l’Eglise Sainte-Barbe et ensuite sur le monastère Mar Takla [Sainte-Thècle] ; Un grand nombre d’Icônes, de symboles religieux et historiques auraient au passage disparu.   

De son côté, une habitante de Maaloula arrivée au Liban depuis deux jours affirme au journal As-Safir, que le retour au village n’est plus qu’un rêve pour les habitants de la région, après que les terroristes eurent incendiés le village. Elle ajoute que lors de la première attaque, les terroristes avaient mis la main sur un certain nombre de maisons qu’ils ont détruites, comme ils s’en sont pris, dès le premier jour, aux Eglises et brisé la coupole de l’Eglise Mar Sarkis ; pourtant, les éléments armés avaient assuré qu’ils ne toucheraient pas aux sanctuaires, lors de leur entrée dans le village ; ils ont profané les autels dans les Eglises et ont détruits et fait des ravages tout autour d’eux.

Cette habitante a quitté Maaloula, pour Damas, après la première attaque, en raison du fait que son mari se faisait enlever et emmener dans une zone proche de la région d’Ersal ; il fut mis en liberté contre une rançon, 52 jours après son enlèvement.

Aujourd’hui, à partir de Zahlé au Liban, elle aide les déplacés syriens qui sont en provenance de  Maaloula, son village natal. La dernière attaque, dit-elle, a été commise par des centaines de terroristes qui ont assailli le village en proclamant « Dieu est Grand » et en répétant : « Où êtes-vous les adorateurs de la Croix ».

Cette personne qui souhaite conserver l’anonymat, a essuyé des larmes plus d’une fois en évoquant le cauchemar de l’attaque première attaque : « Il est impossible de revenir si peu de temps après la prise de contrôle du village par les insurgés ; les chars de l'armée syrienne, tout comme les Eglises, ont été la cible des obus et si la bataille n’a duré que trois jours, cela est du à la supériorité numérique des terroristes sur l’armée syrienne et sur les forces de défense nationale ».

En Outre, selon un prêtre de Maaloula, le village a subi nombres de profanations et de destructions ; il a souffert d’incendies et de pillages et pour tout dire, les habitants ont pour la plupart quitté les lieux le 7 septembre après la première attaque.

Cette même source s’interroge, alors qu’elle se trouve au Liban, sur le pourquoi du silence des dirigeants chrétiens libanais proches de l’opposition ? « Ces libanais se comportent comme si ce qui se produisait à Maaloula ne les concernait pas ». Il poursuit : « Mais où sont Georges Sabra et Michel Kilo ? Ne se sont-ils pas posés comme les représentants des chrétiens au sein de l’Opposition syrienne ? Pourquoi demeurent-ils silencieux ? Et dans quel hôtel vivent-ils aujourd’hui ? »

Il rappelle que le Pape François a levé le verbe fort, lorsqu’il a dit : « Nous ne permettrons pas que le Moyen-Orient soit vidé de ses chrétiens », espérant que la hiérarchie des Eglises élève de plus en plus la voix, spécialement après ce qui s’est produit à Maaloula.

Puis à l’adresse des responsables ecclésiastiques qui voyagent, il ajoute : « Ne parlez pas en notre nom en Europe et en Amérique ; Restez à nos côtés en ces circonstances. Parlez haut mais faites-le près de nous. Ne levez pas la voix à l’étranger car, là-bas, personne ne vous entendra ; faites-le ici et de grâce, jusqu’aux limites du ciel. Nous n’avons pas besoin de vous seulement durant les fêtes et les festivals, mais en ces moments difficiles où nous souffrons ».

Il évoque ensuite l'enlèvement de six jeunes, lors de la première attaque. Ils sont toujours portés disparus ; il mentionne le meurtre de trois jeunes gens qui ont refusé de se convertir car il n’imaginait pas appartenir à autre religion que la religion chrétienne.

Pour lui, l’attaque du village de Maaloula est une réaction et une action vengeresse pour les pertes subis par les éléments armés dans les différentes régions de Syrie et spécialement dans la région de Qalamoun. «  Les terroristes qui avaient attaqué Maaloula étaient des fugitifs de Sadad, de Deir Attiyeh, de Nabak et ils y sont venus en signe de représailles » ; il poursuit : « Ceux qui veulent se venger, de qui veulent-ils le faire ? Des Saints ? Du village historique ? d’une zone abandonnée par tous, à l’exception de quelques jeunes gens restés sur place, pour protéger les habitations contre le vol ? Que trouve-t-on à Maaloula autre que l’histoire, la religion, l’amour ? A Maaloula, il n’y a ni caserne militaire, ni roquette, ni armes chimiques ». « Que voulez-vous de Maaloula qui vivait en paix ? »

Pour cet ecclésiaste, le retour au village est loin d’être proche. Parlant de cette immense perte qu’est le village brûlé de Maaloula, il affirme : « Je reviendrai pour rechercher ma maison, les photographies des membres de ma famille décédés et mes souvenirs qui sont tous restés sur place ».

Sur un plan annexe, Jean X, Patriarche d'Antioche et de tout l'Orient pour les grecs orthodoxes a fait appel aux sentiments des ravisseurs, afin qu’ils libèrent les religieuses de Mar Takla prises en otages.

Dans un communiqué, le Patriarche lance un appel : « Nous appelons la conscience humaine et les personnes de bonne volonté pour libérer les sœurs et les orphelins détenus et nous faisons appel à la conscience, que Dieu a planté dans la tête et le cœurs de chaque être humain et même chez les ravisseurs, pour la libération saine et sauve de nos sœurs.

Notre appel s’adresse aussi à la Communauté internationale et aux gouvernements à travers le monde pour la libération des sœurs de Mar Takla qui sont en otages depuis hier ; «  la détention des religieuses est considérée comme une violation flagrante de la dignité des personnes, à la paix et à prière dans l'ensemble de la Syrie et du Levant ».
 
Traduit du quotidien As-Safir par le Veilleur de Ninive.

1 commentaire:

  1. Bonjour...

    A-t-on des nouvelles des religieuses de Maaloula ?
    Et encore Bravo pour votre Blog...

    Myriam Bloch

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