vendredi 5 juillet 2013

Alep étouffe

L’ASL et le Front al-Nosra, leurrés, semble-t-il, par une simulation d’offensive généralisée sur Alep pour les détourner de Homs, véritable cible de l’Armée arabe syrienne, tenteraient de punir la ville du nord en la frappant avec une violence inouïe, associant attaque militaire et privation de biens essentiels.

Depuis deux jours, une pluie d’obus « silencieux » s’abat sur Alep et ses quartiers causant des dégâts très importants et de nombreuses victimes qu’on ne peut soigner dans les hôpitaux désertés par les médecins, où les médicaments manquent de façon criante, où l’absence d’électricité paralyse les instruments de travail.  

C’est qu’Alep est en train d’étouffer militairement mais aussi économiquement. Depuis le temps que dure cette guerre, on trouve de moins en moins de produits frais : plus de viande, plus de pain et lorsque les boulangeries en produisent, le prix du pain atteint les 400 livres syriennes le kilo ; plus de poulets et plus d’œufs dont la trentaine frôle les 550 livres syriennes. Les fruits et légumes sont devenus un luxe.  L’électricité est fournie avec parcimonie. L’eau si vitale, ne parvient que durant une heure par jour.

Cette rareté créée par la barbarie des hommes a besoin de financement ; elle pèse comme une double sanction sur la population qu’elle prive des biens essentiels, en lui soutirant ses dernières piastres.

Les banques privées et même l’Institution officielle, ne disposent plus suffisamment de liquidités. La Banque nationale ne parvient plus à payer les salaires. 

Le fonds de la misère ne semblait pas encore atteint par la population syrienne puisque pour la première fois, on aperçoit des femmes en voile, veuves depuis peu, se mettre au métier de chauffeur de taxis : véhicules privés ou véhicules sans plaques, peu importe. D’autres femmes s’adonnent à la vente d’essence, actes inconcevables il y a peu, mais encore acceptables face à celles qui cherchent à offrir leur corps pour pouvoir manger. On en voit hélas la nuit à la recherche d’occasions.

Récemment, je croisais à l’hôpital universitaire, une femme voilée qui portait la misère sur son visage. Dans l’échange que nous avons eu, elle me demande si je veux bien prendre son nouveau-né pour  l’éduquer. Je n’ai pu retenir mes larmes et lui tendre un billet. Comment faire face au désespoir ?

Les chrétiens, dont on pensait qu’ils étaient à l’abri d’un tel déclin social, atteignent à Alep des niveaux de misère jamais égalés. La nuit, dans leurs quartiers, des familles n’hésitent pas à sortir pour faire les poubelles à la recherche de nourriture.  Comment le monde peut-il tolérer cela ?

La révolte gronde dans les cœurs des habitants de la ville. Même les partisans du régime menacent de descendre dans la rue pour y manifester l’insupportable condition que cette guerre barbare leur fait subir. Révolte contre le gouverneur et les autorités militaires d’Alep, qui ne font pas suffisamment cas de la population dans la vigueur de leurs réactions aux assauts de l’Armée Syrienne Libre et du Front al-Nosra. Mais cette menace de protestations peut-elle être mise en application ? N’y a-t-il pas assez de menaces, à Alep actuellement ? La seule action possible n'est pas une menace ; elle est un mouvement à contre courant dans le sens de la prière sincère, chez soi, dans son abri, car la prière c’est l’action de Dieu au milieu de notre désarroi et l’action de Dieu n’a jamais fait de mal.

Témoignage d’Alep.

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