jeudi 30 août 2012

Syrie : Comment une tentative d'échanges de prisonniers tourna au massacre.

Nous ne pouvions rester silencieux devant l'horrible massacre de Daraya (banlieue de Damas). Aussi publions-nous un article de Robert Fisk, grand Reporter pour le quotidien "The Independant". Il est traduit de l'anglais par les soins du Veilleur de Ninive. 

The Independant - Mercredi 29 Août 2012 (Source) - La ville massacrée de Daraya est un lieu pour les fantômes et les questions. Hier, elle faisait écho aux grondements des détonations de mortiers et aux crépitements des fusils mitrailleurs. Les quelques habitants revenus sur place, après le massacre, parlent de mort, d’assaillants, de terroristes étrangers et du cimetière qui a tenu lieu d’abattoir et qui est un lieu hanté par des tireurs embusqués.

Les hommes et les femmes auxquels nous pouvions parler, deux parmi elles ayant perdu, quatre jours plutôt, des êtres chers en ce jour infâme de Daraya, nous donnèrent une version différente de celle répétée à travers le monde ; la leur était une relation de prise d'otages par l’armée syrienne « libre » et de négociations désespérées autour de prisonniers, entre l’opposition armée et l’armée syrienne, avant que les forces du gouvernement du Président Bachar al-Assad ne fassent irruption dans la ville pour en reprendre le contrôle.

Officiellement, pas un mot de ces pourparlers entre ennemis ne fut évoquée. Mais des officiers syriens de hauts rangs ont déclaré au quotidien « The Independent » comment ils avaient épuisé toutes les possibilités de réconciliation avec les hommes armées qui contrôlaient la ville, tandis que les résidents de Daraya affirmaient qu’il y eut une tentative, par les deux parties, d’aboutir à un échange de civils et de militaires au repos – apparemment enlevés par les rebelles en raison de leur liens « familiaux » avec l’armée gouvernementale – et des soldats prisonniers dans l’exercice du devoir. Lorsque ces pourparlers furent rompus, l’armée progressa dans la ville de Daraya qui se trouve à une dizaine de kilomètres de Damas.

Etant, le premier témoin occidental à entrer dans la ville, hier, était aussi frustrant que dangereux. Les corps d'hommes, de femmes et d'enfants furent déplacés du cimetière où beaucoup d'entre eux furent trouvés, et quand nous parvinrent sur les lieux du cimetière musulman sunnite avec les troupes syriennes – séparé de Daraya par la route principale, des francs-tireurs se mirent à tirer sur les soldats, atteignant l’arrière du vieux véhicule blindé qui nous permis d’échapper. Pourtant nous purent parler aux civils hors de portée des oreilles d’officiels syriens – deux situations dans le cadre sécurisant de leur maisons – et leurs relations sur le massacre en série de Samedi dernier d’au moins 245 hommes, femmes et enfants, laissa penser que les atrocités furent bien plus étendues qu’on ne le suppose.

Une femme, qui se dénomma Lina dit qu’elle traversait la ville en voiture et qu’elle vit au moins 10 corps d’hommes couchés sur la chaussée près de leur domicile. « Nous continuèrent à rouler rapidement ; n’osant pas nous arrêter, nous purent seulement voir ces corps dans la rue, dit-elle, ajoutant que les troupes syriennes n’étaient pas encore entrées à Daraya.

Un autre homme affirma, bien qu’il ne vit pas les morts sur la chaussée, qu’il pensait que la plupart des victimes étaient liés à l’armée gouvernementale et que beaucoup étaient des conscrits au repos. Un des morts était un facteur – ils l’ont ajouté car il était fonctionnaire – dit l’homme. Si ces histoires sont vraies, les hommes armées qui portaient des cagoules, selon les termes d’une autre femme qui décrivit la manière avec laquelle ils firent irruption dans sa maison et comment elle les embrassa terrorisée pour les empêcher de tirer sur sa propre famille – étaient des insurgés en armes plutôt que des soldats de l’armée syrienne.

La maison de Cheikh Amer Rajab, un chauffeur de chariot élévateur, avait été prise, dit-il, par les hommes armés, pour en faire la base des troupes de « l’armée libre », expression utilisée par les civils pour désigner les rebelles. Ils brisèrent la vaisselle familiale et brûlèrent les tapis et les lits - la famille nous a montré les dégâts –mais ils arrachèrent également les puces de l’ordinateur portable et du poste de télévision de la maison pour, peut-être, fabriquer des bombes.

Sur une route à la lisière de Daraya, Khaled Yahya Zukari, un chauffeur de camion, sortait de la ville Samedi dans un minibus avec son épouse, Mushrine, âgée de 34 ans et leur petite fille de 7 mois.

« Nous étions en chemin pour la ville voisine de Senaya, quand, soudainement, nous furent la cible de tirs nourris, dit-il. Je dis à ma femme de se coucher au sol mais une balle pénétra dans le bus et traversa notre bébé avant d’aller atteindre ma femme. C’était la même balle. Tous deux moururent. Le tir provenait d’arbres, d’une zone verte. Peut-être était-ce des militants camouflés dans le sol ou derrière les arbres qui pensaient que nous étions un bus militaire ramenant des soldats ».

Toute enquête généralisée sur une tragédie de cette ampleur et dans ces circonstances était pratiquement impossible hier. A certains moments, en compagnie de forces armées syriennes, nous avons dû courir le long de rues vides avec des francs-tireurs anti-gouvernementaux aux intersections; beaucoup de familles étaient barricadés dans leurs maisons.

Même avant notre départ pour Daraya, de l’importante base militaire aérienne de Damas où sont gardés les hélicoptères d’attaque de fabrication russe et les chars T52 – un obus de mortier, probablement tiré de Daraya – percuta la piste à 300 m à peine de nous, entraînant le dégagement d’une colonne de fumée noire dans le ciel. Bien que les troupes syriennes continuèrent à prendre, nonchalamment, leurs douches en plein air, je commençais à éprouver une certaine sympathie pour les observateurs de cessez-le-feu des Nations-Unies qui ont quitté la Syrie la semaine dernière.

Peut-être que le récit le plus triste de tous, hier, parvint d’un jeune homme de 27 ans, Hamdi Khreitem, qui, était assis dans sa maison familiale avec son frère et sa sœur ; il nous raconta comment ses parents, Selim et Aisha, sortirent pour acheter du pain samedi : « Nous avions déjà vu les images du massacre à la télévision - les chaînes occidentales affirmaient que c'était l'armée syrienne, la télévision d'Etat déclarait que c’était « l'armée libre »- mais nous manquions de nourriture et papa et maman se rendirent en ville. Puis, nous reçurent un appel de leur téléphone mobile et c'était ma mère qui disait: «. Nous sommes morts »…Elle, ne l'était pas. « Elle était blessé à la poitrine et au bras. Mon père était mort, mais je ne sais pas où il fut atteint ou qui l'a tué. Nous l’avons retiré de l'hôpital, couvert et nous l'avons enterré hier » 

lundi 27 août 2012

Discours de M. Fabius à l'occasion de l'Iftar. Des affirmations contestables...


Nous publions, plus loin, le discours de M. Laurent Fabius, Ministre des Affaires-Etrangères français, qu'il a prononcé à l'occasion de l'Iftar de cette année offert en l'honneur des ambassadeurs des États membres de l’Organisation de la coopération islamique. Ses paroles appellent un certain nombre de remarques urgentes. Nous n'insisterons pas tant sur le fait que le Ministre invite au Quai d'Orsay les ambassadeurs des pays musulmans sans que nous ne voyons jamais d'invitations à l'adresse des Ambassadeurs des "pays chrétiens".

M. Le Ministre, dans votre discours vous avez de nombreuses fois abordé le thème de la laïcité. A cet égard, nous aimerions rappeler le passage d'un discours du Président des Etats-Unis, M. Ronald Reagan qui évoquait un jour l'article premier de la Constitution de son pays. Il affirmait, à ce propos, en des termes qui eurent été perçus, aujourd'hui, comme politiquement incorrect : "Encourager les gens à lire la bible ne revient pas à violer la constitution américaine, car l'article premier de la Constitution n'a pas été écrit pour protéger les citoyens et la loi, des valeurs religieuses, mais au contraire pour protéger ces mêmes valeurs de la tyrannie des gouvernements". Les français peuvent-ils dire autant de la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat; a t-elle eu pour but de protéger la religion contre les abus de l'Etat ?

En pays musulmans, il n'y a guère de séparation entre la Religion et l'Etat ; les peuples islamiques ne l'ont pas vraiment tenté, mis à part le peuple turque mais dans son cas, l'aboutissement est-il une réussite ?

En relisant le discours de M. Fabius, il est frappant de constater, dans ses termes, des imprécisions mais plus encore, des "erreurs". Qu'en est-il ?
(M. Fabius) : ...l'Islam qui enseigne la paix, la fraternité et la spiritualité... 
- concernant la "paix", pourquoi Mohamed a-t-il usé du glaive pour répandre sa prophétie ? M. Fabius parlait-il de cette paix qui serait précédée du glaive ?
- au sujet de la "fraternité", est-elle au coeur du message prophétique ? L'Islam ferait-il passer l'humanité des hommes avant la soumission à Allah. M. Fabius connaît-il beaucoup de pays musulmans où la fraternité humaine prime sur la théocratie ? Dans ce cas, le crime devrait-être condamné plus rigoureusement que le blasphème. Et le crime de tous hommes, de la même manière. Or l'Islam préconise des peines différentes selon la religion de la victime et selon celle de l'auteur du délit.
- Parlant de la spiritualité, l'Islam en a t-il ? On sait que la spiritualité est liée à la présence de l'Esprit ; nous savons aussi que l'Esprit donne le sens du Mystère. Mais l'Islam est-elle une religion du mystère ? D'où M. Fabius tire t-il cette affirmation ? Non! Monsieur le Ministre, l'Islam, ce sont des écoles coraniques et des préceptes à appliquer.
(M. Fabius)  Je salue aussi en l’islam la seconde religion de France. Nous avons des relations anciennes et étroites marquées par une longue proximité. C’est une réalité humaine, sociale, économique, intellectuelle majeure que nous n’oublions pas.
L'Islam seconde religion de France ? Oui mais elle le devient non par sa force de conviction mais par l'immigration voulue par vos politiques, par la démographie active et par la grave démission du peuple français qui a préféré opté pour l'athéisme et le paganisme au détriment de l'Esprit de leur baptême. Au passage ici, en quoi la laïcité aura-t-elle protégé le christianisme puisqu'il est dans sa vague de reflux ?

Par ailleurs M. Fabius fait référence aux "relations anciennes et étroites" entre la France et l'Islam. Essayons de les préciser car ces relations nous apparaissent bien floues surtout lorsque le Ministre les décrit comme marquées d'une "longue proximité". Quels sont les moments de l'histoire où la France s'est sentie en relation étroite et proche de l'Islam ? En creusant un peu, nous trouvons deux décennies du temps de Charlemagne; puis bien plus tard en nous rappelant les bonnes relations de François Ier avec le sultan Soleiman le Magnifique ; encore plus près de nous, du temps de Napoléon Bonaparte nous reconnaissons chez l'empereur un islamophile inaccoutumé dans l'histoire des hommes d'Etat français. Certes il y eut à notre époque les relations avec l'Algérie musulmane qui furent directes mais sans réelle proximité à vrai dire. 
(M. Fabius) : La France est une République laïque, disais-je, mais la laïcité n’est nullement hostile aux religions. Elle fournit au contraire le cadre partagé pour la coexistence des différentes expressions religieuses, ou leur absence, et pour le libre exercice des cultes.
Pourquoi affirmer que la laïcité fournit le cadre partagé pour la coexistence des différentes expressions religieuses....et pour le libre exercice des cultes....alors que les gouvernements français qui se sont succédés ces dernières années ne se sont jamais opposés au travail du dimanche pour protéger le libre exercice du culte chrétien, que les rythmes scolaires ont été remaniés sans tenir compte des nécessités de l'enseignement religieux et du catéchisme ou encore que les écoles catholiques sous contrats peuvent de moins en moins choisir les enseignants en fonction de critères religieux. 
(M. Fabius) : J’ajoute que la laïcité est un principe d’avenir dans un monde où la diversité des croyances et des références spirituelles va aller en s’accroissant.
La laïcité est un principe d'avenir dans le cas des religions fondées sur "l'expérience", comme le christianisme, où l'homme vit une expérience personnelle et peut exercer un libre arbitre. Elle ne peut être le principe d'une religion fondée sur "l'existence" où le fait d'exister détermine l'individu dans une religion déterminée. L'Islam reconnait deux catégories de personnes : les croyants et les infidèles. Tous regards qui n'est pas un regard islamique, sur une réalité qui doit être soumise à Allah, est un regard infidèle. L'Islam souffre très mal le vécu au milieu de la diversité des croyances, tout comme le  judaïsme d'ailleurs dont l'appartenance est fondée sur "l'essence", c'est-à-dire l'appartenance au peuple juif.
(M. Fabius) : Nous veillons et veillerons à ne pas stigmatiser les musulmans de France, mais au contraire à leur témoigner le respect qui leur est dû.
Comment le gouvernement français parviendra t-il à séparer la stigmatisation, des désaccords exprimés tout haut avec les principes théologiques de l'Islam ? Comment le christianisme pourrait-il se défendre du prosélytisme pratiqués par les groupuscules musulmans sans avoir à les affronter au moins théologiquement et rationnellement ? Or il n'est pas rare de constater que des musulmans, nos interlocteurs, considèrent toutes critiques à l'égard de la théologie musulmane comme une offense. 
(M. Fabius) : Pour lutter contre les formes de repli ou contre l’extrémisme, il faut un islam adapté aux réalités des musulmans de France, qui souhaitent leur pleine intégration au sein de notre société.
M. Fabius enseigne, semble-t-il, aux Musulmans que l'Islam peut s'adapter ? Et pourtant il n'est pas difficile de comprendre que ce n'est pas à l'Islam de s'adapter aux hommes mais à ces derniers de se soumettre à la religion islamique. Il n'y eut guère, il n'y a toujours pas et il n'y aura certainement pas dans le futur un islam adapté à la France. Non seulement, le Roi Hassan du Maroc, Commandeur des croyants, le reconnaissait dans une interview accordée, en 1982, à la télévision française, mais un simple regard sur les pays musulmans, autour de nous, montre que tous les Etats musulmans se sont fait islamisés à l'exception de l'Iran qui a su, en raison de la puissance de la religion zoroastre, "persanniser" l'islam qui l'a conquit. La "persannisation" de la religion musulmane n'empêche cependant pas l'Iran de connaître des périodes de radicalisme religieux exacerbant la tension au sein du binôme "croyants-infidèles".
(M. Fabius) : C’est pourquoi nous avons décidé de renforcer encore nos relations d’amitié et de coopération avec l’Organisation de la coopération islamique (OCI) et ses membres qui sont représentés ici.
L'Organisation de la coopération islamique est une Institution supranationale qui se réclame des racines islamiques. M. Fabius annonce le renforcement des relations de la France avec cette Organisation exclusivement islamique, alors que la France s'est précédemment opposée à proclamer les racines chrétiennes de l'Europe. Le gouvernement français accorde-t-il aux Etats musulmans la reconnaissance que la France refuse aux Etats européens d'origine judéo-chrétienne ?
(M. Fabius) : Notre politique, à l’extérieur, vise à soutenir les aspirations à la liberté, à la dignité et à la justice des peuples musulmans et, à l’intérieur, notre laïcité républicaine est une chance pour l’islam et évidemment pas une sanction.
M. Fabius expliquez-nous ce que signifie le fait que votre politique vise à soutenir les aspirations à la liberté, à la dignité et à la justice des peuples musulmans.

Traitant de la liberté, vous entendez "libres" de quelles contraintes ? Des dictateurs ? Qu'en est-il alors des dépendances économiques ? L'Egypte dépend à plus de 75% du blé américain. Dites-nous, quelle politique libre peut avoir l'Egypte avec une telle dépendance ? Aucun pays arabe n'a pu à ce jour assurer sa sécurité alimentaire : Seule la Syrie aurait pu la réaliser en améliorant sensiblement ses rendements car elle a disposé d'eau et de terres arables suffisantes avant que le Tigre et l'Euphrate ne s'assèchent comme cela est en cours. Eh voilà que l'on tente de détruire ce pays probablement en raison de ses aspirations à l'indépendance. M. le Ministre, de quelle liberté s'agit-il pour les Etats musulmans ?

Abordant la question de la dignité, de quelle dignité parlez-vous ? Celle de pouvoir travailler, de disposer du minimum personnel ? Mais pour ne citer que cela, que faites-vous alors de la condition des femmes, de la polygamie, du traitement des minorités non-musulmanes en pays d'Islam ? La France a-t-elle prétention à réformer le Coran, car pour progresser vers ces dignités, une réforme du Coran s'avérera certainement nécessaire ? L'Islam a eu des siècles derrière lui, sans que la réforme du texte prophétique n'ait pu être faite; aucun Commandeur des croyants n'a semble-t-il osé en modifier le moindre élément. Et pourtant le prophète disait bien, si je me trompe corrigez-moi.

Parlons enfin de la justice. Nous savons en France qu'il n'y a pas de Justice sans liberté et pas de liberté sans justice. Vous n'êtes pas sans ignorer M. le Ministre que la religion musulmane, sunnite, est constituée de "rites" qualifiés aussi d''écoles coraniques et que la justice dans ses principes fondamentaux est inscrite dans le Coran. Comment voulez-vous réconcilier la liberté d'avoir au plus quatre femmes avec la justice pour la femme d'avoir un traitement égal à l'homme et en conséquence au moins égal entre femmes ?

Si vous ne nous donnez pas plus d'explications sur vos déclarations, M. le Ministre, les français pourraient un jour se rendre compte que la laïcité qu'on leur présentait comme une chance pour l'Islam, n'était en réalité perçue, par les musulmans eux-mêmes, que comme un ennemi de l'Islam.
Discours
Iftar en l’honneur des ambassadeurs des États membres de l’Organisation de la coopération islamique - Discours de Laurent Fabius (23 juillet 2012) - Source
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, Messieurs les Présidents, chers amis,
C’est pour moi un honneur et un plaisir de vous recevoir ici, au Quai d’Orsay, à l’occasion de cet Iftar. Il s’agit d’une pratique que j’ai souhaitée reprendre, après une interruption de quelques années, car elle permet à la France de marquer, en ce début de Ramadan, notre intérêt et notre estime pour le monde musulman.
1) La France est, chacun le sait, une République laïque. Cela n’est nullement contradictoire avec le fait qu’elle éprouve respect et considération pour l’islam et pour les musulmans, bien au contraire.
Je veux saluer en l’islam une religion qui enseigne la paix, la fraternité et la spiritualité.
Je salue aussi en l’islam la seconde religion de France. Nous avons des relations anciennes et étroites marquées par une longue proximité. C’est une réalité humaine, sociale, économique, intellectuelle majeure que nous n’oublions pas.
2) La France est une République laïque, disais-je, mais la laïcité n’est nullement hostile aux religions. Elle fournit au contraire le cadre partagé pour la coexistence des différentes expressions religieuses, ou leur absence, et pour le libre exercice des cultes.
L’Etat laïc ne soutient, en effet, aucune religion et n’en désavantage aucune. Il respecte les croyances et il sait que la liberté de religion et de conviction est au cœur des libertés publiques. J’ajoute que la laïcité est un principe d’avenir dans un monde où la diversité des croyances et des références spirituelles va aller en s’accroissant.
Certes, je n’ignore pas que la laïcité est quelquefois détournée et transformée en principe d’exclusion. Mais c’est un contresens. Le gouvernement appliquera donc à la lettre la laïcité et condamnera toute instrumentalisation négative de celle-ci, notamment comme pseudo-justification du rejet de l’islam. Nous veillons et veillerons à ne pas stigmatiser les musulmans de France, mais au contraire à leur témoigner le respect qui leur est dû.
3) Ce message, je l’adresse notamment aux représentants de l’islam de France, en particulier M. Moussaoui, Président du Conseil français du culte musulman, et M. Boubakeur, Recteur de l’Institut musulman de la Mosquée de Paris.
L’émergence d’une structure unifiée représentant les musulmans pour aborder les questions de culte a constitué un progrès. Le gouvernement souhaite que toutes ses composantes puissent travailler ensemble avec les pouvoirs publics afin d’apporter aux croyants le cadre leur permettant de pratiquer leur religion dans de bonnes conditions. Pour lutter contre les formes de repli ou contre l’extrémisme, il faut un islam adapté aux réalités des musulmans de France, qui souhaitent leur pleine intégration au sein de notre société. Le Ministère des Affaires étrangères est, bien sûr, prêt à vous aider à traiter les dossiers internationaux de l’islam de France.
4) Au niveau international, la France entretient de longue date des rapports avec le monde islamique, en Méditerranée, en Afrique, en Europe et en Asie. C’est pourquoi nous avons décidé de renforcer encore nos relations d’amitié et de coopération avec l’Organisation de la coopération islamique (OCI) et ses membres qui sont représentés ici.
Nous sommes attentifs aux mutations qui affectent le monde musulman, riche de plus d’un milliard de femmes et d’hommes, bouleversements qui interviennent souvent dans notre voisinage immédiat. Comment ne pas penser en cet instant avec émotion et grande tristesse au drame syrien, avec son cortège de victimes, ainsi qu’à ses conséquences sur les pays voisins, violences dont nous souhaitons la cessation la plus rapide possible. Nous apprécions le rôle de l’OCI et nous saluons son approche ouverte pour accompagner les changements. Dans cet esprit, j’ai le plaisir de vous annoncer que j’ai désigné comme notre envoyé spécial auprès de l’OCI notre consul général à Djeddah, M. Louis Blin, ce qui portera notre représentation au niveau de celle de nos partenaires proches. La France souhaite en effet suivre vos travaux assidûment et accompagner le développement d’une organisation qui a su trouver sa place par le dialogue avec le reste du monde.
Le président de la République François Hollande sera heureux de confirmer ces orientations nouvelles au secrétaire général de l’OCI, M. IHSANOGLU, que nous souhaitons convier à effectuer une visite à Paris.
Messieurs les Ambassadeurs, Messieurs les Présidents, Chers amis,
Le gouvernement veut que la France reste fidèle à ce qui a toujours fait sa force : être un pays qui promeut les principes universels de la démocratie et des droits de l’Homme dans un esprit de dialogue et d’ouverture.
Dans le monde musulman d’aujourd’hui, peut-être certains s’interrogent-ils sur l’attitude de la France à l’égard de l’islam, probablement à cause de l’attitude de certains de nos prédécesseurs immédiats. Et bien, je veux vous dire clairement que la page est tournée. Notre politique, à l’extérieur, vise à soutenir les aspirations à la liberté, à la dignité et à la justice des peuples musulmans et, à l’intérieur, notre laïcité républicaine est une chance pour l’islam et évidemment pas une sanction.
Je vous souhaite à tous un bon mois de Ramadan, et je forme le vœu qu’il soit celui de l’amitié et de la confiance entre la France et l’islam.

jeudi 23 août 2012

Lettre à Feyrouz.

Nous publions ici une «  Lettre à Feyrouz »*, d'un auteur anonyme qui nous est parvenue en arabe et que nous avons avec audace tenté de traduire en français pour le visiteur. 

Elle rappelle la délicatesse de la «  Lettre à Elise » essayant de dire avec tact et compassion la vie quotidienne des syriens au milieu de la violence guerrière. Merci de la lire comme une prière.

Chère Feyrouz,

Je souhaitais vous informer qu'ils ont fait sauter le pont de Laouziyyet...

Et que les coups du vent se fissurent ... en raison des pneus enflammés.
Personne ne nous attend plus à la bifurcation de Darina ... car nous sommes retenus au barrage qui précède.
Et la route "des abeilles", plus personne n'ose l'emprunter de peur de quelque engin explosif qui l'atteigne... ou d'une grenade sonore.

Et le bus qui nous transportait du village de Hamlaya au village de Tannourine, le voilà qui part vide... car les gens sont terrorisés par le chemin du voyage.

Et plutôt que d'entendre, le son du moulin à café, battre le rythme, les coups des RPG, des hawns et des balles résonnent dans nos oreilles.

Les voitures ne roulent plus car nous n'avons plus le prix de l'essence.

Le café du coin s'est séparé de son personnel faute de clients.

Et l'époux d'Oum Soleiman n'est pas sorti manger des grenades dans son champs ...il a été pris en otage...Oum Soleiman a du vendre tout ce qu'elle possédait pour payer la rançon de sa libération.

Et après que Shadi fut perdu, Georges et Ahmed et Ali et Toni et Ismaïl et Omar et Hussein sont tombés martyrs.
Et tu ne peux même plus cueillir une seule rose car elles ont pali de honte devant les larmes des mères dont les fils sont tombés; ensuite, elles ont séché par le manque d'eau...qui comme le mazout et le gaz s'éloigne lentement de notre univers... 
Aussi ai-je décidé de prendre la flûte et de chanter...peut-être que les survivants se souviendront qu'ensemble nous avons grandi.

Auteur anonyme.

* Feyrouz est la célèbre chanteuse libanaise.

mardi 21 août 2012

A lire : Allah cet inconnu.

Mohamed Rahouma, né en Égypte en 1950, occupait le poste de doyen d'une faculté d'études islamiques à Menieh, dans le Delta du Nil. En 2002, réfugié aux Etats-Unis, il raconte toutes les étapes d'une vie qui va le conduire de l'islam au christianisme. Ce livre vient d'être traduit et a été publié en juin (1).
Encore un livre sur ce thème ?
Oui, en ce sens qu'on y retrouve les mêmes et pénibles cheminements (2) que dans des livres bien connus (3).
Non, à cause de l'originalité et de la richesse de ces "confessions" : vécu personnel et familial bien sûr, mais aussi expériences professionnelles et politiques liées à un haut niveau de responsabilités universitaires. Le chapitre intitulé "l'Arabie saoudite, terre des chagrins" est particulièrement roboratif, qui raconte trois années passées dans ce pays en réponse à une invitation officielle pour aller enseigner à l'université de Ryad.
Amour, paix intérieure, liberté, joie…
Ce sont les principales réponses auxquelles l'auteur aboutit. Il les explicite dans un post-scriptum particulièrement intéressant, écrit en juin 2011. Rappelons que, du fait de son cursus professionnel, il sait de quoi il parle.
"J'avais besoin de savourer l'amour divin que l'islam ne connaît pas. Le concept amour y demeure banni et suspect. Dès qu'un musulman entend  ce mot, aussitôt seul le commerce sexuel avec les femmes lui vient à l'esprit…
Par contre l'amour, dans le christianisme, se manifeste dans ses plus beaux aspects. C'est par amour que Dieu le Père a envoyé son Fils unique pour sauver le monde.
Les preuves de cet amour se révèlent notamment sur la croix où le crucifié s'est livré pour les pécheurs. Il est mort et ressuscité pour nous associer à sa gloire. Par cette mort, le Seigneur glorieux a ainsi vaincu le péché pour nous sauver.
J'avais également besoin de la paix intérieure que l'islam reste et demeure incapable de fournir. Ses adeptes clament qu'il est une religion de paix mais, en vérité, il s'agit d'une religion de sang, de rancune et de guerre…
Quant au christianisme, il annonce de manière explicite et sans aucune confusion qu'il donne la paix et favorise la tranquillité du cœur et de l'esprit
La liberté me manquait aussi en islam, incapable de l'accorder à ses adeptes. Il s'est propagé par la violence et par l'épée. Celui qui devient musulman deviendra esclave et prisonnier et n'aura plus le droit d'abandonner l'islam. S'il le fait, il sera traité comme apostat, donc banni et condamnable à mort…
Le christianisme, par contre, accorde la liberté totale à tout homme…
De même, la joie demeure inconnue en islam…
Le christianisme considère la vie comme une grâce du Seigneur et non point comme une malédiction…
Et aussi… l'engagement du Seigneur accorde au converti la sérénité et l'espérance… j'ai la profonde conviction que le Seigneur m'accorde le salut."
L'appel qui nous est adressé
Mohamed Rahouma nous demande de ne "pas laisser le converti dans l'embarras. Nous devons nous préparer afin de constituer une grande famille d'accueil pour celui qui a tout abandonné, y compris sa propre famille, afin de rejoindre celle du Christ. Les chrétiens ne doivent pas être exigeants à son égard, ni vouloir qu'il devienne un saint en un clin d'œil. Un converti a besoin d'accompagnement spirituel, de la prière de ses frères chrétiens, censés lui montrer la bonne voie qui mène immanquablement au Christ."

Infos et contacts : formations.i.c@orange.fr - Étienne Péléant - 21 août 2012 - Lettre CLAIR ET NET n°5.

(1) Mohamed Rahouma - Allah cet inconnu - (Éditions Qabel - juin 2012 - 240 pages - 17 €) - Préface de Gérard Leclerc. Commandes : http://www.qabel-editions.com/ - courriel : g.qabel@gmail.com
(3) Par exemple : Joseph Fadelle - Le prix à payer (Éditions de l'Œuvre - 2010 - 224 pages - 18 €)
Mark A. Gabriel - Jésus et Mahomet  (Éditions Ourania - 2007 - 318 pages - 5,70 €)

La cible des évènements syriens serait-elle le Caucase par transit Iranien ?

TRANSIT IRANIEN - Par Dmitry SEDOV*

La divulgation de l'annonce selon laquelle il y a quelques mois, le président Barack Obama a ordonné à la CIA d'aider l'opposition syrienne, n'a pas vraiment surpris. Les données relatives à l'allocation de 25 millions de dollars aux rebelles armés par le gouvernement américain, à l'envoi en Turquie d'instructeurs de la CIA pour la formation des combattants, etc. ont donné l'impression que c'est juste une partie de la vérité. Savoir qui assume les frais en totalité reste un mystère, même si on suppose que les principaux sponsors des bandes armés syriennes sont l'Arabie Saoudite et le Qatar. Quoi qu'il en soit, la préparation de ceux que l'on a désigné pour être responsables de l'organisation de la chute du gouvernement de Bachar al-Assad nécessite beaucoup d'argent. Cela coute bien plus 25 millions de dollars.

"Al-Qaïda" a été créée et s'est développée durant les années 80 grâce à la CIA. Puis, quand les talibans  ont  pris  le  pouvoir  en  Afghanistan,  les  trafiquants  de  drogue  américains  ont commencé à voir s'éloigner les milliards de dollars provenant de l'exportation de l'héroïne. Cela a provoqué la rupture entre la CIA et "Al-Qaïda". Ce fut l'une des principales raisons de la provocation du 11 septembre 2001, qui a ouvert la porte à l'intervention en Afghanistan et au retour des stupéfiants dans les mains des maîtres américains. Aujourd'hui les talibans sont prêts à revenir au pouvoir à Kaboul et les américains négocient avec eux les modalités de retrait de leurs troupes d'Afghanistan. Cette pacification ne constitue-t-elle pas la trame de fond du retour à l'ancienne pratique de la coopération avec "Al-Qaïda" : cette fois-ci en Syrie? Qui d'autre que la CIA est capable de mobiliser l'organisation terroriste pour des «mesures actives» dans la crise syrienne?

Les États-Unis sont un participant intéressé à la révolte syrienne, tout en poursuivant leurs objectifs. La tache primordiale de Washington est de changer, en sa faveur, l'équilibre géopolitique de la région élargie du Moyen-Orient. Mais il est aussi vrai que Barack Obama n'accélère pas les plans de guerre contre la Syrie, et pour cela il a des raisons. La raison principale n'est pas l'élection présidentielle aux États-Unis, qui, bien sûr, ne mérite pas d'être gâchée par des cercueils de marines américains. Le succès de la révolte en Libye a inspiré aux États-Unis une méthode sans effusion de sang et moins coûteux pour éliminer le régime indésirables. Les méthodes modernes de travail sur la psychologie  de masse et d'éclosion et de développement d'une opposition armée donnent, comme il se doit, les résultats souhaités. Plus la crise s'aggrave en Syrie, plus il devient clair que les USA ne programment pas d'intervention militaire directe là-bas. Washington a décidé que le sale  boulot  sera  fait  par les  indigènes  et  l'internationale  terroriste,  recrutée  à  travers  le monde.

Cette  situation  a  gravement  préoccupé  les  autorités  iraniennes.  Elles  ont  compris  que  dès maintenant,  quel  que  soit  le  résultat  de  la  confrontation  en  Syrie,  la  horde  terroriste,  ayant maintenant le goût du sang à la bouche, va se transformer en menace pour la République islamique.

Ici, nous ne pouvons absolument pas ne pas prêter attention à l'attitude inhabituelle du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei. Le guide iranien a tenu une réunion il y a quelques jours avec la direction militaire et politique, et y a déclaré que le pays doit être prêt pour une action militaire dans les toutes prochaines semaines. Ses remarques, formulées dans un perse ancien très ampoulé, ne laisse pas la possibilité de déterminer avec précision si l'Iran s'attend lui-même à une attaque par les États-Unis et Israël, ou si on envoie des unités spéciales   des « gardiens de la révolution » en Syrie, en cas d'intervention de la Turquie et d'autres intéressées dans ce pays. Avec l'approfondissement de l'impasse à l'ONU et à l'effusion de sang qui empire en Syrie, la probabilité d'une telle interférence augmente considérablement.

Pourquoi l'ayatollah Khamenei a si fortement réagit à une escalade du conflit en Syrie? Le fait est que le dénouement de la crise syrienne s'approche. Soit le président Assad rejette les rebelles hors de son pays, soit ils prendront le pouvoir à Damas. Dans le second cas, la préparation d'une révolte en Iran sur le modèle syrien commencera immédiatement. La défaite de ces rebelles en Syrie, réduira quand même la menace sur l'Iran, mais ne l'éliminera pas complètement, parce que l'armée des terroristes est devenue un facteur permanent dans la politique régionale et mondiale …

L'ayatollah Khamenei a fait comprendre à qui devait l'entendre : Nous savons dans quelle direction va être tourné le monstre de terreur, dévorant aujourd'hui la Syrie. Nous sommes conscients de combien il est dangereux. Dans notre pays, il y a des forces prêtes à le soutenir. Cependant, nous n'allons pas attendre que ces légions sanglantes se répandent à partir de notre frontière, pour tuer les honnêtes citoyens, et détruire notre État. Nous allons les repousser. Par conséquent, il ne s'agit pas de participation de l'Iran à la crise syrienne, mais de se prémunir d'une peste, en provenance du voisin, pouvant nous  contaminer.

Ce n'est pas une attaque des États-Unis et d'Israël, mais l'infiltration de groupes terroristes et le déclenchement d'une guerre civile dont l'Iran a le plus peur. Si Assad perd, la Syrie deviendra alors le «tête de pont révolutionnaire», sur laquelle des terroristes professionnels au chômage se prépareront à pénétrer en Iran. Si ces terroristes sont expulsés vers la Turquie, le Liban, la Jordanie, ils vont commencer à se préparer à l'infiltration en Iran depuis le territoire de ces pays. L'important est qu'ils se sont réunis dans une l'armée et qu'ils ne rendront pas leurs armes tant qu'ils seront payé pour cela. Et il y a des prétendants prêts à payer.

Les dirigeants russes sont bien conscient du danger menaçant l'Iran, et font tout ce qui est possible pour que la vague terroriste grossissant en Syrie soit coupée dans son élan. Aujourd'hui, cependant, l'équilibre des forces est en faveur de l'Occident. Plusieurs États ont investi dans la révolte contre le gouvernement Assad.  Le  nombre  de  mercenaires  armés  est  comparable  aux  unités  armées  du gouvernement, et le stock de réserves de l'ennemi beaucoup plus élevé.

Au cours des 12 derniers mois, le rial iranien a perdu la moitié de sa valeur par rapport au dollar à la suite du blocus économique et des sanctions bancaires. Cela a multiplié par deux le prix des biens importés dans le pays. Depuis le 1er Juillet, est entré en vigueur l'embargo européen sur le pétrole iranien, qui risque de compromettre sérieusement la vente de pétrole iranien vers l'Asie. La plupart expéditions  maritimes  sont  assurées  par  des  entreprises  européennes,  et  il  leur  est  interdit  de délivrer des licences d'assurance pour le transport de pétrole iranien vers n'importe quelle destination. La Corée du Sud a déjà annoncé qu'elle sera forcée de cesser complètement d'acheter du pétrole iranien.

Par conséquent l'espérance du gouvernement iranien selon laquelle il serait en mesure de compenser la perte due à l'embargo par le marché asiatique peut ne pas se réaliser. Gardant à l'esprit l'existence d'une  importante  diaspora  iranienne  en  Europe,  la  capacité  des  iraniens  à  sortir  librement  à l'étranger et l'accès de la population iranienne aux médias occidentaux à travers la télévision par satellite et internet, le traitement psychologique de la population iranienne peut être suffisant pour que les activités provocatrices des terroristes puissent tomber dans un sol fertile.

Les manifestations de jeunes à Téhéran en 2010 ont de plus montré que l'insatisfaction envers le régime des mollahs existe. Les vents du « printemps arabe » menacent de souffler dans l'Iran chiite.

Pour la Russie, l'établissement d'un régime pro-américain à Téhéran est le pire de tous les scénarios. Dans ce cas, l'Iran sera en terme de niveau d'instabilité sur le même plan que l'Irak et l'Afghanistan, ce qui en soi est lourd de débordements de violence à la frontière. Le plus dangereux est que la « horde révolutionnaire-terroriste », se déplaçant aujourd'hui de par l'orient arabe, remportant la perse, ne s'arrête pas. Voici le lieu pour se rappeler la déclaration du président Bill Clinton en 1997, selon laquelle la mer Caspienne est une « zone d'intérêts nationaux américains ». Les terroristes « démocratisateurs  » gérés en coulisse se tourneront vers cette «zone» avec le but de détacher le Caucase de la Russie, et de changer de régime au Kazakhstan et au Turkménistan. Ils ne porteront pas leur attention sur l'Azerbaïdjan, qui fait preuve aujourd'hui d'une fidélité maximum envers Washington.

L'épidémie de terrorisme qui a commencé en Libye et qui se jette sur la Syrie menace maintenant l'Iran, mais le « point de destination » des colporteurs de l'épidémie est constitué par la Russie et l'Asie centrale. Accessoirement, on peut rappeler le rêve des dirigeants britanniques, croyant dès le XIXe siècle que la clé pour la possession du monde est cachée dans le Caucase.

Il ne reste qu'à donner du crédit à la géopolitique américaine, qui, étape par étape, réalise ses buts.

*    Politologue, spécialiste de l'Iran à la fondation de la culture stratégique (Moscou).

Traduit du russe par Romain BESSONNET.


lundi 20 août 2012

La Vérité sur la Syrie commence-t-elle à émerger ?

En raison de l'importance des débats tenus au cours du mois d'Août sur la situation syrienne, nous diffusons ces videos comme une rétrospective des échanges tenus sur les ondes françaises.  

Dans la logique des deux émissions présentées, nous espérons que la vérité sur les faits qui se déroulent en Syrie s'imposera dans les medias français et que la politique du gouvernement actuel se muera en une politique de vérité qui doit encourager le dialogue entre les parties en conflit. Pour éviter les ingrédients d'une nouvelle guerre à venir, tout changement de pouvoir en Syrie ne doit se produire qu'à l'issue du dialogue.  

La dictature ce ne sont pas seulement l'emprisonnement et la torture physique mais aussi la manipulation des consciences par les medias et la pratique du mensonge en politique. 

Syrie : attention aux barbus - Bassam Tahhan - Porte-Parole du Collectif pour la Syrie (non-membre du Conseil National Syrien ou des Amis de la Syrie)... par FranceInfo - 20/08/2012 



Réveil des Consciences à Propos de la Syrie sur RMC! 03/08/2012
    



dimanche 19 août 2012

L'Archevêque d'Alep à l'Occident : Ne vendez pas d'armes à l'opposition et ne payez pas les combattants...

L'archevêque grec melkite d'Alep, Mgr Jean-Clément Jeanbart a demandé aux gouvernements européens de ne pas envoyer d’armes à l'opposition syrienne, et a confirmé que les Eglises de son diocèse avaient interdit aux fidèles d’entrer dans la lutte armée.

Dans un entretien à Radio Vatican datant du 17 Août 2012, Mgr Jeanbart a déclaré : « Nous aimerions voir les pays européens et occidentaux essayer de ne pas vendre d’armes et de ne pas payer des personnes pour se battre, mais plutôt d’encourager ces personnes à s’asseoir à la même table pour trouver une solution par le dialogue ». Il a en outre ajouté que « le dialogue est le moyen unique d'arrêter cette guerre fraternelle dans laquelle meurent des personnes en vain, pour atteindre des objectifs qu’on ne comprends pas ».

Il s'est dit « préoccupé de constater la présence de combattants étrangers et d’organisations djihadistes à Alep, ajoutant que des fondamentalistes étaient venus de Libye, de Jordanie, d'Egypte et de bien d’autres pays tel que l'Afghanistan ou même de Turquie ».

Il a poursuivit en ajoutant : «  Dieu merci que la communauté chrétienne ait été jusqu'à présent épargnée par les événements. Les membres de notre diocèse ne sont pas armés et interdiction leur est faite de porter des armes. Nous avons été clair en proclamant à tous que nous ne serons pas partie prenante des affrontements.  Je rappelle à tous que nous avons vécu des centaines d'années durant, avec les musulmans et que nous avons entretenus de part et d'autres de bonnes relations mutuelles ».

L’Archevêque Jeanbart a par ailleurs affirmé que les combattants étrangers ne connaissaient pas l'histoire de ces relations, qu’ils percevaient avec suspicion et pensaient que de telles relations n’étaient pas une bonne chose. Ces combattants font erreur. Parfois, ils peuvent tuer des chrétiens mais, Dieu merci, jusqu'à présent il n’est pas tombé beaucoup de victimes chrétiennes.

Il a souligné que les chrétiens ont vécu durant deux millénaires en Syrie disant : «Nous avons un devoir, mais aussi une occasion de vivre en bonne entente que nous ne devons perdre ; nous devons être des citoyens à part entière, totalement dévoué à la Syrie, pour être des témoins de Dieu dans ce pays où les chrétiens ont fait leurs premiers pas."

Il s'est toutefois dit préoccupé par l'exode des chrétiens, dus aux évènements, vers le Liban et vers des pays plus lointain comme le Canada.

Syrie : La coexistence des communautés en période de guerre.

Damas - Samedi 18 Août 2012 (Russia Al-Yawm) - La guerre en Syrie a semé la crainte au sein de la société civile d'une fissure confessionnelle qui ne semble pas avoir pris forme dans le pays d'une manière profonde. Les hommes de religion, musulmans et chrétiens appellent à l'entente nationale.

Bab Charki est l'un des quartiers chrétiens de la capitale syrienne. Le Patriarche des grecs orthodoxes Ignatios VI célèbre la Sainte Liturgie en son Eglise où se rassemblent des chrétiens venant de quartiers divers.

Le Patriarche n'aborde guère la question politique et déclare ne pas voir des raisons politiques ayant pu conduire à la crise syrienne actuelle.

Dans l'Eglise grecque catholique Notre-Dame de Damas, une autre liturgie est célébrée dans une atmosphère qui ne diffère pas beaucoup de celle qui règne au cours de la célébration orthodoxe où prêtres et fidèles  élèvent leurs prières pour le retour de la paix dans le pays.

video
Video en langue arabe.
Texte ci-dessus traduit de l'arabe par le Veilleur de Ninive.

samedi 11 août 2012

Dernières nouvelles des Chrétiens d’Alep.

Alep (Syrie) – Mercredi 15 Août 2012 (11:30 heure locale) - Les communications téléphoniques ont repris avec la ville d'Alep.

Alep (Syrie) – Dimanche 12 Août 2012 - Les communications avec Alep par lignes fixes, mobiles ou Internet sont interrompues depuis samedi soir 11 Août 2012.

Alep (Syrie) – Samedi 11 Août 2012 - Nous apprenons ce matin que des éléments armés de l'ASL ont lancé, hier soir vendredi, des obus contre la Cathédrale Arménienne orthodoxe des Martyrs, sur les habitations de deux prêtres grecs orthodoxes et sur l'archevêché grec catholique. L'obus tombé sur l'archevêché qui est situé à Salibeh dans l'ancien quartier chrétien n'a toutefois pas explosé.

Alep (Syrie) – Vendredi 10 Août 2012 (15:00 heure locale) - Les quartiers chauds d'Alep, Salah-Eddine, Ansari et Sukkari ont finalement été évacués par l’ASL dont les membres demeurés dans la vieille ville seraient actuellement  pourchassés.

Les réfugiés sont toujours à l'abri dans les écoles, les mosquées et les jardins publics qui ont été ouverts à cet effet. Durant les bombardements, la population se terre et éprouve une grande peur, surtout à la suite de la rupture d'approvisionnement en électricité réduit à quatre heures par jour en raison du dynamitage par l’ASL de la centrale électrique. La panique règne. Les gens courent dans les rues à la recherche de pain car dans la journée, ils ne voient aucune accalmie leur permettant de sortir pour s’approvisionner.

Les citoyens restés sur place auraient encore des provisions notamment de « bourghol » (blé concassé) et de fromages. Des vendeurs passent dans les maisons, au risque de leur vie, pour vendre des ingrédients au prix fort.

A la suite des accrochages qui eurent lieu récemment dans les quartiers syriaque et dans celui de Jalaa, les magasins des coopératives d’Etat ont été fracturés et volés ; les biens furent vendus à bas prix.

Dans le quartier syriaque, pour s’approvisionner, les chrétiens se rendent plutôt dans le secteur voisin d’Achrafieh dominé par les kurdes et protégé par leur parti (le PKK) ; parfois ils se font accompagner d’une connaissance kurde.

Avec l’aggravation de la situation, les Eglises offrent aux nécessiteux des paniers de vivres contenant fromage, huile et beurre. Des comités mixtes, constitués de chrétiens et de musulmans, rendent visite aux réfugiés regroupés dans des écoles ; ces comités nettoient aussi les rues, car depuis deux semaines les ordures ne sont pas ramassées.
 
La solidarité intra-chrétienne et islamo-chrétienne ne semble gère avoir été affectée par les évènements. Au contraire, elle se serait accrue. Une femme musulmane décédée dans le quartier syriaque s’est vue enterrée par un couple chrétien, sous les balles, avec l’aide de l’armée.

Les voisins se rendent visite sans considération confessionnelle. En cette période de Ramadan, l’Iftar est partagé par les chrétiens qui mangent avec les musulmans. La population a bien conscience qu’une guerre inter-religieuse est attisée. Elle cherche à faire barrage à ce « complot », consciente qu’un pourcentage élevé des rebelles est d’origine étrangère. On découvre aussi que la partie modeste de la population des quartiers chauds qui avait bien accueilli les rebelles à leur arrivée dans la ville, commencerait à le regretter.

Dans le quartier syriaque, les éléments de l’Armée Syrienne « Libre », se cachent et tentent de semer la terreur. Ils enlèvent les jeunes gens pour les échanger contre une rançon ou pour les forcer à combattre à leurs côtés ; aussi les familles évitent-elles de laisser les jeunes sortir de la maison. En revanche, ils n'inquiéteraient pas outre mesure adultes de confession chrétienne et les moins jeunes parmi eux.

Dans les témoignages que nous recevons il nous est dit que les éléments armés de l’ASL, barbus et porteurs de drapeaux noirs, sont incapables du moindre dialogue. « Ils sont absolutistes; tout doit être islamisé »,. Ces barbus fanatisés détiennent des listes de fonctionnaires, d’officiers ou de collaborateurs du régimes (les Chabihha) à faire mourir quelque soit leur religion.

Hier, dans le quartier mixte (arménien et kurde) de Boutan al-Bacha, des membres de l’ASL s’en sont pris à des arméniens âgés menaçant de les tuer si l’armée pénétrait dans le quartier qu'ils occupent.

Les blessés chrétiens sont actuellement soignés dans les dispensaires de l’Etat ou dans les hôpitaux privés. Hier jeudi, six chrétiens ont été tués en tentant de protéger leur quartier.

Tous ces dangers ont poussé la population à partir en dépit du prix extrêmement élevé du transport pour échapper. Les taxis demandent $150 pour atteindre l’aéroport. Les partants préfèrent tenter de se rendre à Beyrouth pour rejoindre l’Europe. Dans le quartier syriaque, des Kurdes ont rejoints leurs villages et des chrétiens ont préféré retourner dans leurs villages de Qnayeh, Gassanieh et Jdaydeh bien que dans ces localités les dangers sont plus grands en raison de la proximité de la frontière turque qui voit passer des centaines voire des milliers d’hommes armés

Les situations les plus désolantes sont celles des chrétiens miséreux qui n’ont plus de gaz pour cuisiner et qui sont sans travail. Leur unique espoir provient de leur foi dans le Christ qui ne peut les abandonner.

Oui ! L’espoir est là particulièrement ces derniers jours où la population espère le retour de l’armée qui depuis deux jours tente de ramener un peu d’ordre et d’organisation. Des quartiers détenus par l'ASL et la citadelle d’Alep viennent d'être reprises.

Unissons-nous à la prière de nos frères chrétiens d’Alep : « Ô Mère de Dieu, sauve ton esclave des dangers car il s’appuie sur toi. Regarde-nous avec compassion et prend pitié de nous, tes esclaves, Ô Mère de Dieu ».

mardi 7 août 2012

Alep : Les éléments de l'ASL sont désormais dans les quartiers chrétiens.


Alep (Syrie) - Le mardi 7 Août 2012 (18:05 heure locale) - Des éléments de la dite Armée Syrienne « Libre » ont donné ce matin aux habitants des quartiers chrétiens d'Alep l'injonction de quitter leurs maisons dans un délai de 2 heures. Ils ont ainsi procédé à l'identique de ce qui fut fait dans le quartier de Hamidieh à Homs.

En réponse à ces injonctions, quelques familles ont décidé de laisser leurs logements, tandis que les autres choisissaient de rester sur place.

Dans la matinée, des éléments de l'ASL ont cherché à occuper le centre du quartier de «  Jinayeh » ainsi qu'une  caserne de l'armée. Ils n'y sont pas parvenus en raison de bombardements de l'armée syrienne auxquels ils furent soumis. Les accrochages avaient commencé à l'aube vers 5h 30 et ne se sont arrêtés qu'à midi pour reprendre à 14h sans interruption. A l'heure où nous vous écrivons, les accrochages se poursuivent.

Alep (Syrie) - Le mardi 7 Août 2012 (7:19 heure locale) - Le pire est arrivé : Les éléments de la dite Armée Syrienne « Libre » encouragée et soutenue par les Etats-Unis, la France, l'Angleterre, la Turquie, Israël, l'Arabie-Saoudite et naturellement le Qatar se trouvent depuis cette nuit  dans les quartiers chrétiens d'Alep pour fuir les zones de combats de la nuit qui ont opposé l'armée officielle et les éléments de l'ASL. 

Les hélicoptères et les avions de type Sukhoï sont intervenus la nuit durant et poursuivent leurs actions à l'heure où nous écrivons. Les habitants des quartiers chrétiens ont très peur ; ils ne sont pas armés et donc sans défense. Ils demandent à l'Occident d'aider à leur sécurité plutôt que d'encourager les bandes sans contrôle de l'ASL; il est impossible de quitter les zones de combats. 

La prière ardente de la part de chaque lecteur est indispensable car seule la foi, et son expression par la prière demandant l'intervention du Très-Haut, peut venir au secours de nos frères.

La prière nous unira face à l'adversité et l'injustice des gouvernements qui soutiennent le Conseil National Syrien et la dite Armée Syrienne « Libre » .

dimanche 5 août 2012

Syrie : Le Patriarche Grégorios III Laham rejette tous recours aux armes par les chrétiens.

Monseigneur Grégorios III Laham

Grégorios III Laham, Patriarche d’Antioche, d’Alexandrie, de Jérusalem et de tout l'Orient pour les grecs melchites catholiques a rejeté les allusions et commentaires de certains médias relatifs à l’armement des chrétiens, en particulier à Damas.

Le Patriarche a expliqué la position de l’Eglise dans un communiqué, suite aux bruits qui ont été propagés autour de cette question. Il a ajouté qu’aucun responsable des autorités syriennes ne l’avait contacté concernant l’armement des chrétiens et que l’Eglise elle-même n’avait pris aucune initiative pour joindre ces mêmes responsables à ce sujet ; l’Institution ecclésiale grecque melchite catholique ne demandait nullement l’armement de ses fils et des paroissiens de Damas et de l’extérieur.

Le Patriarche a ajouté : « Nous considérons que toutes manœuvres, de quelque bord qu’il soit, pour armer les chrétiens, est une tentative de créer des dissensions confessionnelles exposant les vies de la minorité chrétienne à des actions hostiles et anonymes ».

Le Patriarche a poursuivi en affirmant : « Nous appelons l’ensemble des fils chrétiens de nos paroisses à rejeter toute proposition d’armement car le rôle des chrétiens est dans l’intermédiation et la réconciliation pour constituer un pont entre les fils de notre patrie unie, afin que leur rôle soit le plus beau message qu’ils puissent apporter en sauvant leur pays, la Syrie, et leurs frères de toutes les confessions.

Et le Patriarche de poursuivre : « C’est à cela que nous avons appelé et que nous ne cessons d’appeler depuis le début du conflit, en avril 2011. C’est le rôle de l’Eglise et de ses fidèles, du patriarche et des évêques, des prêtres, des religieux et des religieuses, des travailleurs engagés dans les diverses activités de l’Eglise. Nos églises, nos Institutions sont toutes des écoles de paix, de vertus, d’amour et de fidélité à la patrie et nos sociétés toutes entières sont des lieux d’apprentissage de l’amitié et de respect pour tous ».

Le Patriarche a terminé sa déclaration en s’adressant à Dieu afin qu’Il rétablisse et renouvelle l’amour dans les cœurs de tous les syriens, rejetant tous besoin de recours aux armes, de combat et d’usage de la violence afin que les syriens vivent comme les fils d’une même famille et d’une même nation, demandant au Seigneur d’accorder à la Syrie la foi et la paix.

samedi 4 août 2012

Témoignages en provenance des quartiers chrétiens d'Alep.

Nous publions ici les témoignages d'un chrétien vivant actuellement dans l'un des quartiers chrétiens d'Alep.

Alep (Quartier syriaque) - Dimanche 5 Août 2012 (00:30) - Notre quartier n'a pas été touché mais l'Armée Syrienne "Libre" envoie des hommes armés enlever tous fonctionnaires, officiers de l'armée, policiers, médecins ou les enfants des parents.

J'écris du quartier Syriaque "Jadideh" où toutes les écoles sont transformées en refuges pour les familles fuyant les quartiers chauds. A 100 mètres de chez moi se trouvent des bureaux des services de renseignements Jinayeh et Askariyeh qui furent plusieurs fois attaqués. Des Chrétiens bénévoles (Maristes, Legions, Scouts...) leur offrent de l'aide.

A l'heure où j'écris, l'offensive a repris; les avions de chasse, Sukhoï et Mig 21,... sont en action. Ce sont les mêmes avions qui ont liquidé les rebelles qui avaient tenté d'occuper la Radio-Télévision syrienne. Au cours de ces actions, il semble qu'il y ait eu une centaine de mort en majorité des salafistes, des afghans, des talibans, des libyens mais très peu syriens.

On dit que la vraie bataille n'a toutefois pas encore commencé.

Alep - Samedi 4 Août 2012 (08:41) - Dans la nuit l'offensive de l'armée syrienne sur Alep pour déloger les éléments armés de l'ASL a commencé; les Mig 21 n'ont pas cessé de survoler le ciel de la ville.

Alep - Vendredi 3 Août 2012 (15:40)- « Alep, c'est vraiment l'enfer et la situation rappelle celle de Beyrouth en 1976.  Les accrochages sont continuels et à présent étendus à l'ensemble des quartiers de la ville. Ils mettent aux prises l'armée syrienne et l'ASL d'une part, mais aussi d'autre-part, les tribus de « Bari » et de « Baggara » qui s'apprêtent à affronter cette même armée syrienne « libre » d'autre part. En effet, le massacre de 13 membres de la tribu de Bari par les bandes de l'ASL vont entraîner la réplique des premiers.

En effet, les tribus bédouines préparent des dizaines de milliers de combattants pour une prochaine bataille alors que l'ASL alliée au Parti kurde (PKK), se prépare dans les quartiers kurdes à la confrontation.

Les voleurs sont nombreux et les vols très frequents; ils forment des bandes qui profitent de l'anarchie. Les enlèvements sont quotidiens en raison de la paralysie des forces de sécurité et de police. En deux mots : C'est la pagaille et l'anarchie régnantes.

Les bombardements quant à eux ne cessent guère jour et nuit; depuis 10 jours nous n'avons plus de pain ni de carburant; les échoppes sont fermées et même les ambulances ne répondent plus à l'appel pour le transport des blessés. Nous passons les nuits dans les caves.

Les parties en présence considèrent la bataille d'Alep comme decisive. Si, à Dieu ne plaise, la ville tombe dans les mains de l'ASL, ce sera la fin du régime mais aussi de celle des minorités, en raison de l'aveuglement des éléments armés. Mes collègues à Damas m'ont assuré que les quartiers chrétiens de la Capitale, Bab Touma et Charqi sont également menacés. La situation est très sombre »; on s'attend au pire et à ce que l'affrontement dure longtemps. L'ASL occupe 75% d'Alep, tandis que l'armée syrienne fait le siège de la ville.

mercredi 1 août 2012

Syrie : Affrontements dans le quartier chrétien de Bab Touma.

Damas - 1 Août 2012 - La ville de Damas ne connait pas le repos. Ses habitants ne semblent pas connaître de sommeil sans le son des explosions.

En effet, il n’y a pas un jour qui passe sans que ne soient entendus les explosions et les coups de feu en différentes parties de la ville. C’était le cas dans la nuit de précédante dans les quartiers de Bazzet, Al-Qaboun, Rokn-eddine et Al-Chaghour.

Ces échanges de tirs s'expliquent par des attaques nocturnes perpétrées, par des éléments de l’Armée Syrienne « Libre », contre des barrages de l’armée.

Hier matin, mardi 31 juillet, des affrontements violents se sont déroulés dans le quartier chrétien de Bab-Touma et dans celui Al-‘Imara au cœur de la vieille ville de Damas au cours desquels des armes de types variés étaient utilisées.

Par ailleurs, des obus sont tombés sur le quartier de Jobar tandis que les blindés et les canons postés rue Daf Al-Chaouk se préparaient à l’attaque du quartier Al-Tadamon et alors que les forces gouvernementales poursuivaient des éléments armés de chacun des quartiers d’Al-Qadam et du camp de Yarmouk.

Dans la campagne autour de Damas, les villes de Tarma, Hazza, ‘Arbine, Zamlaka et Hamouria ont été prises sous le feu des canons et des blindés et quatre victimes seraient tombées au cours d’une attaque de la ville de Balda dans la banlieue de Damas.

Enfin la ville de Douma a été témoin de bombardements de la part des forces gouvernementales.
Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.