jeudi 5 juillet 2012

Syrie : Des actes généreux au coeur de la violence.

Evoquons un peu les gestes de générosité dont le peuple syrien est toujours capable. 

Un chrétien nous signale la bonté et les largesses de ses amis bédouins sédentarisés. Ils viennent spontanément lui rendre visite apportant avec eux fruits, légumes et blé concassé un ingrédient que les orientaux connaissent bien car il est essentiel à la cuisine de leurs pays. « Ces mêmes bédouins répètent à qui veut les entendre que les chrétiens font partie des leurs, de leur tribus ». 

Un autre chrétien, médecin-chirurgien celui-là, nous signale que les bédouins malades et surtout leurs filles se font traiter et opérer par lui ; les bédouins me confient normalement pas leur filles à des médecins du sexe masculin ; ils le font exceptionnellement lorsqu'ils ont une grande confiance en la personne. Ici c'est le cas, et notre témoin d'ajouter : « Ils me considèrent comme leur papa ».

Un autre chrétien, prêtre cette fois, nous rappelle qu'en 1982, il y eut des tensions à Alep avec les frères musulmans et que ce sont les bédouins qui ont protégé l'Eglise dont il avait la charge. 

En Syrie, aujourd'hui, au milieu de l'inquiétude et de la peur, les « bons samaritains » existent encore; les rapports entre chrétiens et musulmans ne se sont pas partout détériorés. Toutefois, les salafistes et autres terroristes qui s'emparent d'otages et tuent sans scrupules sont indifférents à la revendication initiale de démocratie; ils ne se sentent concernés ni par le devenir du régime actuel ni par les objectifs des opposants. Voilà des bandes organisées venues d'Irak qui essayent de susciter la division entre les communautés. Elles y parviennent surtout dans les quartiers pauvres où les chrétiens sont pris pour cibles non seulement par les bandes mais par les Imams eux-mêmes, qui se mettent à appeler au renvoi des chrétiens qui soutiennent le régime. C'est malheureusement la justice de l'arbitraire qui règne contre ceux qui se montrent disciplinés aux injonctions du régime et qui resteront disciplinés face à n'importe quel régime que les musulmans se seraient donnés. C'est la fidélité et la loyauté du citoyen que ces bandes terroristes méprisent.

A l'intérieur de la ville, l'armée, la police et les milices tiennent toujours. Leur maintien est essentiel pour la minorité chrétienne et indépendamment du regard porté par elle sur le régime. A vrai dire les chrétiens n'ont pas les moyens de prendre position sur l'aboutissement de ce conflit. Ils se rangent forcément avec le pouvoir en place car ils sont en réalité neutres. Leur neutralité se justifie par le fait qu'appartenant à une confession minoritaire, ils ne peuvent prétendre au pouvoir mais uniquement à une participation auxiliaire. En outre, ils se rendent bien compte du jeu des puissances étrangères qui mettent le flou sur les parties en présence et empêchent tous jugements neutres et sûrs. Le contrôle de la ville par la force publique n'empêche pourtant pas l'Armée Syrienne Libre (ASL) de commettre des assassinats, d'abattre les cerveaux ou de dresser des barrages. La tension persiste et monte progressivement car dans les quartiers sunnites de la ville, les habitants frayent et même sympathisent avec les insurgés et les extrémistes. Si la ville est toujours sous le contrôle des forces de l'ordre, les délits individuels ne sont plus punis ou maîtrisés, puisque la police craint d'intervenir par peur des criminels.

L'autorité municipale est toujours présente à Alep mais elle est débordée et surtout impuissante face aux milliers de maisons, d'étages ou de magasins construits illégalement. Récemment, un immeuble s'est écroulé sous la pression des trois étages supplémentaires qui avaient été ajoutés dans l'illégalité aux trois étages autorisés. 

On peut dire qu'Alep est épargnée comparée à Homs qui fait toujours parler d'elle et où les chrétiens de la ville ont tout perdu. A Qamichli, dans la Djézireh, les familles chrétiennes ont du abandonner leurs terres cultivées en céréales et laisser leurs maisons à tout venant pour se rendre à Alep, en attendant un départ plus lointain vers la Suède par exemple où se sont regroupés de nombreux syriaques originaires de cette région.

A leur arrivée à Alep, les uns logent dans des Couvents ou des Eglises, d'autres descendent chez des parents ou amis vivant à plusieurs, dans deux ou trois chambres. Les témoignages de ces réfugiés sont très poignants.

Parmi les personnes décidées au départ pour l'étranger, on trouve ceux qui vendent leurs maisons à des prix très bas et d'autres qui préfèrent les conserver en attendant des jours meilleurs, laissant sur place l'un des leurs pour surveiller.

Pour partir, des visas sont nécessaires et à Alep, il n'existe plus de consulats étrangers actifs comme ce fut le cas autrefois mais uniquement trois consulats ceux de Turquie, de Russie et d'Arménie. Ce dernier accorde des visas de départ, avec une certaine facilité, pour la somme de $400 le visa. 

Désormais, le seul moyen de quitter le territoire syrien est l'avion car les routes ne sont plus sûres. Les voies en direction du Liban, de la Turquie ou de la Jordanie  ne sont plus praticables.

Ceux qui quittent la Syrie ne prennent heureusement pas toute la générosité dans leurs valises. Il reste et il restera toujours sur place des personnes nombreuses à même de cicatriser les blessures, le jour où la folie des puissances actives dans le pays se décidera à laisser le peuple vivre en paix.

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