mardi 24 juillet 2012

Nous ne pouvons admettre que la France....

Nous ne pouvons admettre que la France ignore l’héritage deux fois millénaires des Eglises d’Orient.

Nous ne pouvons admettre que les gouvernants de la France ignorent la politique de sympathie traditionnelle vis-à-vis des minorités d’Orient.

Nous ne pouvons admettre que la France n’ait pas une politique équilibrée incluant les chrétiens d’Orient dans ses considérations, car la France a dans le passé usé des minorités chrétiennes pour ses intérêts.

Nous ne pouvons admettre que la France oublie le don fait à la demande du roi des Francs par Haroun al Rachid à Charlemagne « l’advocatus Ecclesiae », lorsqu’il lui remit la Terre-Sainte.

Nous ne pouvons admettre que la France se range aux côtés du Qatar et de l’Arabie-Saoudite pour le seul commerce des marchandises qui fut la cause de la « décadence morale » des croisades.

Nous ne pouvons admettre que la France interrompe l’héritage de François Ier, défenseur actif des chrétiens d’Orient qui contracta avec Soleiman le Magnifique « l’alliance du Lys et du Croissant ».

Nous ne pouvons admette que la France renie le zèle d’Henri IV en faveur des chrétiens de Terre-Sainte manifesté par l’interdiction de molester les chrétiens d’Orient et de les contraindre à embrasser l’islam.

Nous ne pouvons admettre que la France ne poursuive pas l’effort d’assistance renforcé par Louis XIII et Louis XIV au grand siècle lorsqu’ils envoyèrent des missions françaises en Orient, Jésuites au Liban, Carmes en Mésopotamie.

Nous ne pouvons admettre que la France puisse oublier sa terre de prédilection, le « Liban », dont elle avait voulu faire au XVIIe siècle une « terre intellectuelle française ».  

Nous ne pouvons admettre que la France fasse sombrer dans les oubliettes, l’accueil que les représentants français recevaient lors de leur déplacement en terre chrétienne d’Orient.

Nous ne pouvons admettre que la France passe un trait sur les risques pris par les chrétiens « syriens » par amour pour la France.

Nous ne pouvons admettre que la France ignore les faits et beaux gestes désintéressés que français et chrétiens orientaux ont pu se témoigner au cours de l’histoire.

Nous ne pouvons admettre que le rôle élargi de la France comme protecteur des Eglises chrétiennes soit réduit à celui d’un spectateur qui assiste aux dommages collatéraux de la guerre civile syrienne.

Nous ne pouvons admettre que les liens des maronites avec la France, resserrés sous Louis XIV, se relâchent au point de permettre la disparition des chrétiens d’Orient.

Nous ne pouvons admettre que les « capitulations » du XVIIIe siècle qui protégeaient « la religion chrétienne au Levant » soient exclues de la politique étrangère au profit du commerce et des contrats.

Nous ne pouvons admettre que le gouvernement de la République ne poursuive pas la politique du Directoire qui avait donné ordre d’intervenir auprès de la « Porte » en faveur des chrétiens d’Orient ; « Un gouvernement libre de la République est [pourtant] jaloux de tous ses droits notamment de celui de secourir et de protéger ».

Nous ne pouvons admettre que la France d’aujourd’hui ne maintienne pas la politique protectrice que Bonaparte avait fini par accorder aux chrétiens de Syrie.

Nous ne pouvons admettre que la France ne montre pas la même adresse que Louis XVIII et Charles X à concilier l’amitié politique avec la Turquie et un sentiment de sympathie religieuse et humanitaire pour les chrétiens d’Orient.

Nous ne pouvons admettre que la France, à la différence de Molière et son vers « Ah pour l’amour du grec, souffrez qu’on vous embrasse », se défile de son amour de l’hellénisme en ne venant pas au secours des grecs orthodoxes de Syrie.

Nous ne pouvons admettre que la France ne se mette pas à l’écoute de Guizot qui accusait son pays d’avoir fait bon marché les intérêts de ses protégés syriens en prenant partie pour l’Egypte de Mohamed-Ali qui dominait la Syrie.

Nous ne pouvons admettre que la France renie le temps de Thiers où la France demandait à l’Egypte des concessions pour les maronites du Liban ; ces maronites que « la France avait trouvé à ses côtés en toutes circonstances ».

Nous ne pouvons admettre que la France cesse d’être l’avocate de la condition des chrétiens d’Orient comme elle sut briller par cela lors du traité de 1856 scellant la paix entre la Turquie et la Russie.

Nous ne pouvons admettre que la France agisse aujourd’hui en Syrie avec l’ASL, à la manière des Ottomans qui, en 1859, avaient excité druzes contre maronites.

Nous ne pouvons admettre d’être si éloignés de la France de Napoléon III qui fut à l’origine de l’expédition de 1860 venue secourir les chrétiens de Syrie.

Nous ne pouvons admettre que l’âge d’or des missions françaises en Syrie à la fin du XIXe siècle se soit éteint pour céder la place à un coeur tiède se cachant derrière l’action politique et militaire collective.
 
Nous ne pouvons admettre que la France qui fut le pays mandataire pour mener le Liban et la Syrie à l’indépendance n’ait plus la même attention aux aspirations du peuple chrétien d’Orient et à sa sécurité.

Nous ne pouvons admettre que la France pour laquelle les cloches des Eglises du Liban ont sonné, en 1945, n’éprouve pas plus de compassion à l’égard des chrétiens de Syrie actuellement menacés.

Nous ne pouvons admettre que les politiciens français qui se sont un jour réclamés du « gaullisme » ne fassent pas preuve du même courage et du même attachement aux chrétiens d’Orient que leur maître en politique.

Nous ne pouvons admettre que la France tolère la désinformation pour favoriser une « Armée Syrienne Libre » et un Conseil National Syrien prétendument démocratique qui laissent bon nombre sceptiques et de nombreuses victimes chrétiennes sur le terrain.

Nous ne pouvons admettre que la France adopte une politique étrangère brutale comme en ont l’habitude les Etats-Unis d’Amérique.

Puisque la « République » a assuré la continuité de la politique monarchique sur la question des chrétiens d'Orient, nous ne pouvons admettre que chaque politicien français ne fasse de la déclaration de « M. Bonnac » Ambassadeur de France de Louis XV auprès de la « Porte », sa morale en politique orientale : « Il est de notoriété publique que le roi est le protecteur de tous les chrétiens d’Orient, et que sans la protection de Sa Majesté et la grande considération que la Porte a toujours eue pour son Auguste personne, la religion de [Jésus-Christ] eut été éteinte dans l’empire ottoman ».

Le Veilleur de Ninive

2 commentaires:

  1. Nous ne pouvons admettre que vous fustigiez la France quand ce sont les hommes qui la représente qui sont incapables d'avoir cette hauteur de vue digne de son histoire
    Votre appel et votre souffrance sont entendues et comprises mais comprenez que vous demandez là une chose impossible

    RépondreSupprimer
  2. Anonyme : on a les dirigeants qu'on mérite. Et nous sommes tous responsable en partie de cet état de fait. Si les français demandaient en force une action de leur gouvernement, nul doute qu'il agirait. Le problème est comme le dit cet article d'être habile... ce que nous ne savons plus faire.

    RépondreSupprimer

Merci de votre commentaire....Il passera par le modérateur avant d'être publié.

Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.