dimanche 29 juillet 2012

Alep : La violence à la recherche du paroxysme ?

Alep - Samedi 28 Juillet 2012 - (Aks Al-Sayr * ) Les regards sont dressés dans la plupart des régions du monde, en direction de la ville d'Alep pour scruter les évènements qui s'y déroulent. La ville a connu samedi 28 juillet une grande effervescence et une tension sécuritaire laissant présager une fin dramatique, au point de susciter des déclarations internationales qui couvrent les commentaires relatifs aux "Jeux Olympiques de Londres".

Avec la vague de violence que connaît la ville, Alep s'est réveillée samedi, dès les premières heures du jour, aux sons des d'affrontements continus et d'une dizaine d'explosions qui ont affecté les différentes parties de la cité dont les sources ne furent que partiellement identifées. Les explosions étaient dues à la chute d'obus, comme cela se produisit à proximité du pont Al-Sakhour. Par ailleurs, la nuit a connu de violents accrochages, les plus vifs s'étant déroulés dans les quartiers Al-Fourquan, Al-Zahra et Al-A'zamiyyyeh, entre les unités de l'armée syrienne en poste dans ces quartiers et des éléments armés de l'Armée Syrienne « Libre » (ASL).

Le fait le plus marquant de la journée s'est déroulé samedi à l'aube, lorsque des MIG 21, survolèrent la ville, en même temps que des hélicoptères se propageaient dans le ciel pour se répandre au dessus des quartiers de Salah-Eddine, Al-Firdaous, Al-Zabadieh, Boustan Al-Qasr, Al-Sukkari et Al-Ansari. Simultanément, de violents affrontements se produisaient au sol dans les quartiers de Salah-Eddine, d'Al-Fourquan et d'Al-Maysaloun aboutissant à la chute de victimes par dizaines, morts ou blessés, dont il n'a pas été possible de dénombrer le chiffre exact.

Les  affrontements et la tension sécuritaire affectant Alep ont coïncidé avec l'arrivée des premiers renforts de l'armée syrienne parvenue aux abords de la ville et en plusieurs endroits de la cité avec la préparation d'une opération militaire d'envergure décrite par des médias d'opposition comme la « mère de toutes les batailles », puisque des renforts importants en hommes, en chars et en véhicules militaires ont été vus, à l'aube samedi, sur l'autostrade d'Al Hamdaniyyeh. 

Depuis deux jours, les médias d'information laissaient prévoir une prochaine opération militaire de l'armée syrienne  dans les quartiers chauds d'Alep, en particulier dans les zones proclamées « libérées »  par l'ASL et bien qu'aucune source officielle n'eut explicitement révélé l'imminence d'une telle opération; les médias officiels se limitant à diffuser des informations brèves sur les évènements d'Alep; l'agence officielle syrienne « SANA » s'était contenté de mentionner que les « autorités compétentes » faisaient subir, aux éléments armés, de lourdes pertes à Alep, sans donner plus de précisions. 

Bien qu'il soit impossible de compter le nombre de victimes tombées dans les points chauds de la ville, il est  possible de recenser les corps humains non identifiés, trouvés dans différents quartiers de la ville.

* traduction de l'arabe : Le Veilleur de Ninive

Vous qui avez lu ces lignes, vous éprouvez peut-être le même sentiment d'impuissance humaine que l'auteur du texte.  

Chrétiens, notre impuissance humaine est compensée par notre foi et la force de la Grâce et de la prière que Dieu nous donne pour le solliciter et appeler son intervention, en cas de besoin, dans les misérables affaires de hommes. 

Unissons-nous donc par la prière à appeler le secours de Dieu pour l'ensemble des Alépins et pour les chrétiens, parmi eux, afin qu'Il épargne ou réduise au plus le temps de la bataille en cours.

mercredi 25 juillet 2012

Alep : Violence continue...


Alep - Le 25 Juillet 2012 (Site Aks Al-Sayr *) - Pour la troisième journée consécutive la situation sécuritaire dans la ville d'Alep continuait à se déteriorer hier, à la suite de la proclamation par l'Armée Syrienne « Libre » de sa domination sur les quartier d'Al-Sakhour, Al-Maïssar, Tariq al Bab, Bab Al-Hadid, Qadi 'Askar, Al-Chaar, Salah-Eddine, et Boustan al-Qasr. L'escalade des affrontements entre les deux parties a atteint un point tel que la journée d'hier ne fut jamais égalée en violence depuis une trentaine d'années, pour ceux qui se souviennent des évènements des années quatre-vingt.

Les affrontements ont débuté hier mardi 24 juillet à l'aube en prolongation des évènements de la veille et suite à l'annonce par l'ASL de son contrôle des quartiers pré-cités. L'aviation syrienne a survolé la plupart des zones tenues par l'ASL tandis que tout au long de la soirée, on a pu entendre des tirs à la mitrailleuse lourde qui se sont prolongés jusqu'à l'heure de l'Iftar, après quoi un calme relatif s'est installé dans la ville permettant un retour de l'activité durant quelques heures jusqu'au moment de l'annonce par l'ASL.

Dans le quartier de Salah-Eddine qui fut témoin des affrontements et des évènements les plus graves puisqu'ils ont débuté par la rumeur de l'empoisonnement des eaux potables qui s'est avéré par la suite être un mensonge, des dizaines de familles ont été vues s'enfuir en compagnie d'autres provenant du quartier de Saïf Al-Dawla où des habitations avaient été détruites par des obus ayant tué et blessé des habitants et entraînant des dégâts matériels importants.

Dans le quartier d'Al-Maïssar les rues se sont vidées des piétons, après que les militants de l'armée syrienne « libre » eurent coupé la voie principale menant au rond-point de Bab Al-Hadid; cette voie demeure fermée. Ici aussi, des familles ont été vues s'enfuir en diverses directions.

Des habitants ont communiqué au site Aks Al-Sayr, par téléphone que des tracts avaient été lancé d'hélicoptères appelant les habitants du quartier « Al-Chaar » d'évacuer leurs habitations. consignes que nous ne furent pas en mesure de vérifier.

Le survol de la zone par les hélicoptères syriens s'est poursuivi tout au long de la journée en même temps que des tirs nourris étaient entendus de temps à autres avec le tir des mitrailleuses lourdes.

Un habitant d'Alep aurait aperçu des obus tomber sur des habitations situées dans la zone des combats qui auraient entraîné la mort de cinq personnes au moins, non identifiées, pour l'heure. Quant aux affrontements, on apprend que la quartier de la mosquée Al-Zahra fut témoin d'accrochages sérieux visant des barrages de la sécurité chargés de protéger les abords de l'immeuble des renseignements aériens. Nous ignorons l'ampleur des dégâts causés par ces affrontements.

Les manifestations d'Alep ont repris alors que les évènements se précipitent, à moins que ce ne soit pour accompagner l'armée syrienne « libre » de façon publique après la prière du soir; c'est ce qui s'est passé dans les quartiers de Salah-Eddine et Boustan al-Qasr.
   
Les pages Facebook étaient très présentes dans la couverture des évènements d'hier, en raison de l'absence quasi-intégrale de médias officiels; certaines pages mentionnaient que cinq citadins avaient succombé aux balles de l'armée syrienne « libre »  près de l'hôpital de la Pitié (Dar Al-Shifa). D'autres pages à la sensibilité différente, se référant aux évènements de la journée, déclaraient que les hélicoptères de l'armée auraient utilisé des mitrailleuses dans les affrontements sur la région entre l'armée syrienne et l'ASL. 

Toujours dans le contexte des affrontements armés d"hier, les pages Facebook de l'opposition ont loué les pages du réseau social du dénommé Mohamed Waki affirmant qu'il faisait partie des leurs et qu'il serait mort au cours d'un accrochage avec l'armée syrienne dans le quartier de Bab al-Hadid. 

Et puis des obus sont tombés sur des habitations dans le quartier de Salah-Eddine entraînant des morts, des blessés et des incendies et parmi les victimes trois identifiées qui sont Mohamed Mazik, Mohamed Nafous et Zakaria Nafous.

Toujours dans le quartier de Salah-Eddine les éléments de l'ASL ont distribué des tracts et appelé par  muezzin à l'évacuation des immeubles en raison de ce qu'ils ont qualifié être « en prévention d'un bombardement ciblé de l'armée syrienne  ». De même dans le quartier de Bustan Al-Qasr, où les éléments de l'ASL ont encerclé une partie des forces de sécurité encore présentes sur place et demandé par hauts-parleurs qu'ils se rendent après un accrochage entre-eux. 

Il n'est toujours pas possible d'avoir une estimation du nombre de victimes suite aux affrontements d'hier. La vie sur place est paralysée, les rues sont vides et à l'heure où nous écrivons les combats seraient encore plus violents en raison de l'avancée des unités de l'armée syrienne en direction d'Alep.

* traduction de l'arabe : Le Veilleur de Ninive

mardi 24 juillet 2012

Batailles sans merci dans les rues d'Alep.

Alep - Mardi 24 Juillet 2012 (17:00) - Alep, capitale du Nord de la Syrie, et deuxième ville du pays en importance a vécu dans la nuit de lundi à mardi une vraie guerre de rues entre l'armée syrienne officielle et la dite armée syrienne libre (ASL). Les informations qui parviennent d'Alep font état d'obus envoyés sur les quartiers résidentiels entraînant la mort de victimes innocentes. 

Dans le détail, les habitants du quartier « Saïf al-Dawla » ont affirmé que quatre obus sont tombés sur leur secteur durant les premières heures de la matinée du mardi, détruisant des immeubles résidentiels, tuant une femme et atteignant plusieurs habitants selon les dire du réseau d'information "Manqoul". De même un étudiant de l'université « Ahmed Albi » est tombé martyr au cours d'une tentative d'enlèvement alors qu'il était avec sa famille dans le quartier de « Saïf al-Dawla ». Ahmed Albi était étudiant en première année de chimie à l'Université d'Alep. 

Tandis que les obus continuaient à tomber sur le quartier, des éléments armés de l'opposition ont appelé les employés des cliniques, médecins et les ambulanciers à se rendre à l'extrémité du quartier de « Saïf al-Dawla » derrière la mosquée Al-Nasr afin de secourir des blessés dont il était dit que le nombre était élevé sans plus de précisions. 

De nombreux obus seraient tombés sur le quartier de « Zabadieh » qui jouxte celui de « Saïf al-Dawla » entraînant la mort d'une personne, Samia El-Chehabi, selon ce qui est rapporté par des médecins. Par ailleurs des obus sont tombés sur les habitants du quartier qui se sont dispersés dans un état de panique très grande. Des milliers d'entre-eux ont été vus s'enfuir, en sous-vêtements, en direction des jardins publics et des artères principales de la ville.

En outre, des nouvelles sont parvenues quant à la chute d'obus sur le quartier du « Jardin Al-Qasr », atteignant un jeune homme du prénom de « Yahya » dont on ignore le nom de famille; il était employé dans une scierie à "Kalassat". 

Plusieurs explosions ont été entendues dans les quartiers de Chaar et Maïssar, sans que l'on ne puisse connaître l'origine tandis que selon le site « Aks al-Sayr » plusieurs échanges de tirs intenses, d'armes différentes, ont été entendus près de la caserne de l'armée et du siège de la police à Alep. Des informations seraient également parvenues que des éléments de l'armée Syrienne « Libre » aurait entrepris une offensive en direction d'une division de la police de la circulation qu'ils aurait pris d'assaut durant un certain temps obtenant la défection d'un certain nombre d'éléments de la division et sans qu'il ne fut possible au site « Aks al-Sayr » de faire confirmer l'authenticité de ces informations par une source indépendante. 

Selon des sources médiatiques diverses, des éléments armées de l'ASL auraient entrepris, à l'aube, une deuxième offensive sur une branche de la police politique se trouvant dans le quartier de Souleimaniyeh à Alep. 

Il n'a toutefois pas été possible de connaître dans le détail le nombre de victimes tombées de part et d'autres dans les affrontements qui se sont déroulés depuis hier soir. 

P.S. L'exode de la population serait très important en particulier des zones de « Shaykh Farès » et « d'Al-Haïdariyyeh ».

Nous ne pouvons admettre que la France....

Nous ne pouvons admettre que la France ignore l’héritage deux fois millénaires des Eglises d’Orient.

Nous ne pouvons admettre que les gouvernants de la France ignorent la politique de sympathie traditionnelle vis-à-vis des minorités d’Orient.

Nous ne pouvons admettre que la France n’ait pas une politique équilibrée incluant les chrétiens d’Orient dans ses considérations, car la France a dans le passé usé des minorités chrétiennes pour ses intérêts.

Nous ne pouvons admettre que la France oublie le don fait à la demande du roi des Francs par Haroun al Rachid à Charlemagne « l’advocatus Ecclesiae », lorsqu’il lui remit la Terre-Sainte.

Nous ne pouvons admettre que la France se range aux côtés du Qatar et de l’Arabie-Saoudite pour le seul commerce des marchandises qui fut la cause de la « décadence morale » des croisades.

Nous ne pouvons admettre que la France interrompe l’héritage de François Ier, défenseur actif des chrétiens d’Orient qui contracta avec Soleiman le Magnifique « l’alliance du Lys et du Croissant ».

Nous ne pouvons admette que la France renie le zèle d’Henri IV en faveur des chrétiens de Terre-Sainte manifesté par l’interdiction de molester les chrétiens d’Orient et de les contraindre à embrasser l’islam.

Nous ne pouvons admettre que la France ne poursuive pas l’effort d’assistance renforcé par Louis XIII et Louis XIV au grand siècle lorsqu’ils envoyèrent des missions françaises en Orient, Jésuites au Liban, Carmes en Mésopotamie.

Nous ne pouvons admettre que la France puisse oublier sa terre de prédilection, le « Liban », dont elle avait voulu faire au XVIIe siècle une « terre intellectuelle française ».  

Nous ne pouvons admettre que la France fasse sombrer dans les oubliettes, l’accueil que les représentants français recevaient lors de leur déplacement en terre chrétienne d’Orient.

Nous ne pouvons admettre que la France passe un trait sur les risques pris par les chrétiens « syriens » par amour pour la France.

Nous ne pouvons admettre que la France ignore les faits et beaux gestes désintéressés que français et chrétiens orientaux ont pu se témoigner au cours de l’histoire.

Nous ne pouvons admettre que le rôle élargi de la France comme protecteur des Eglises chrétiennes soit réduit à celui d’un spectateur qui assiste aux dommages collatéraux de la guerre civile syrienne.

Nous ne pouvons admettre que les liens des maronites avec la France, resserrés sous Louis XIV, se relâchent au point de permettre la disparition des chrétiens d’Orient.

Nous ne pouvons admettre que les « capitulations » du XVIIIe siècle qui protégeaient « la religion chrétienne au Levant » soient exclues de la politique étrangère au profit du commerce et des contrats.

Nous ne pouvons admettre que le gouvernement de la République ne poursuive pas la politique du Directoire qui avait donné ordre d’intervenir auprès de la « Porte » en faveur des chrétiens d’Orient ; « Un gouvernement libre de la République est [pourtant] jaloux de tous ses droits notamment de celui de secourir et de protéger ».

Nous ne pouvons admettre que la France d’aujourd’hui ne maintienne pas la politique protectrice que Bonaparte avait fini par accorder aux chrétiens de Syrie.

Nous ne pouvons admettre que la France ne montre pas la même adresse que Louis XVIII et Charles X à concilier l’amitié politique avec la Turquie et un sentiment de sympathie religieuse et humanitaire pour les chrétiens d’Orient.

Nous ne pouvons admettre que la France, à la différence de Molière et son vers « Ah pour l’amour du grec, souffrez qu’on vous embrasse », se défile de son amour de l’hellénisme en ne venant pas au secours des grecs orthodoxes de Syrie.

Nous ne pouvons admettre que la France ne se mette pas à l’écoute de Guizot qui accusait son pays d’avoir fait bon marché les intérêts de ses protégés syriens en prenant partie pour l’Egypte de Mohamed-Ali qui dominait la Syrie.

Nous ne pouvons admettre que la France renie le temps de Thiers où la France demandait à l’Egypte des concessions pour les maronites du Liban ; ces maronites que « la France avait trouvé à ses côtés en toutes circonstances ».

Nous ne pouvons admettre que la France cesse d’être l’avocate de la condition des chrétiens d’Orient comme elle sut briller par cela lors du traité de 1856 scellant la paix entre la Turquie et la Russie.

Nous ne pouvons admettre que la France agisse aujourd’hui en Syrie avec l’ASL, à la manière des Ottomans qui, en 1859, avaient excité druzes contre maronites.

Nous ne pouvons admettre d’être si éloignés de la France de Napoléon III qui fut à l’origine de l’expédition de 1860 venue secourir les chrétiens de Syrie.

Nous ne pouvons admettre que l’âge d’or des missions françaises en Syrie à la fin du XIXe siècle se soit éteint pour céder la place à un coeur tiède se cachant derrière l’action politique et militaire collective.
 
Nous ne pouvons admettre que la France qui fut le pays mandataire pour mener le Liban et la Syrie à l’indépendance n’ait plus la même attention aux aspirations du peuple chrétien d’Orient et à sa sécurité.

Nous ne pouvons admettre que la France pour laquelle les cloches des Eglises du Liban ont sonné, en 1945, n’éprouve pas plus de compassion à l’égard des chrétiens de Syrie actuellement menacés.

Nous ne pouvons admettre que les politiciens français qui se sont un jour réclamés du « gaullisme » ne fassent pas preuve du même courage et du même attachement aux chrétiens d’Orient que leur maître en politique.

Nous ne pouvons admettre que la France tolère la désinformation pour favoriser une « Armée Syrienne Libre » et un Conseil National Syrien prétendument démocratique qui laissent bon nombre sceptiques et de nombreuses victimes chrétiennes sur le terrain.

Nous ne pouvons admettre que la France adopte une politique étrangère brutale comme en ont l’habitude les Etats-Unis d’Amérique.

Puisque la « République » a assuré la continuité de la politique monarchique sur la question des chrétiens d'Orient, nous ne pouvons admettre que chaque politicien français ne fasse de la déclaration de « M. Bonnac » Ambassadeur de France de Louis XV auprès de la « Porte », sa morale en politique orientale : « Il est de notoriété publique que le roi est le protecteur de tous les chrétiens d’Orient, et que sans la protection de Sa Majesté et la grande considération que la Porte a toujours eue pour son Auguste personne, la religion de [Jésus-Christ] eut été éteinte dans l’empire ottoman ».

Le Veilleur de Ninive

dimanche 22 juillet 2012

Syrie : Messages de détresse reçus du quartier Chrétien d'Alep.

Alep - Mardi 24 Juillet 2012 (Reçu à 16:20 GMT+1) - « La situation est dramatique. Une véritable bataille se déroule ici. Les victimes tombent par dizaines. Les quartiers chrétiens sont visés. L'électricité est coupée 14 heures par jour; les magasins sont vides quand ils ne sont pas détruits et pillés.

L'Armée Syrienne Libre (ASL) tente de faire sauter les réservoirs d'eau de la ville. Les bombardements sont continus. Nous entendons des déflagrations presque toutes les minutes.  

Dans des quartiers de la vieille ville d'Alep, les éléments armés de l'ASL vident les maisons, violent les filles et tuent des civils sans raisons. Nous vivons une véritable guerre civile.»

Alep - Mardi 24 Juillet 2012 (15:00 GMT+1) - Les forces de sécurité syriennes affrontent actuellement des éléments armés dans le quartier de Sukkarieh et de Salah ed-dine à Alep. Les groupes armés terrorisaient la population et commettaient enlèvements et assassinats, bloquant les routes tout en s'attaquant aux bien privés et publics.

Les combats semblent entraîner des pertes importantes, en particulier chez les rebelles, dont certains ont été arrêtés avant de remettre leurs armes.

Alep - Lundi 23 Juillet 2012 - Aujourd'hui les accrochages entre l'armée syrienne et les éléments armés de l'ASL se sont poursuivis dans tous les quartiers de la ville même dans les zones chrétiennes. 

La panique règne partout; les cadavres restent au sol et les ambulances ne parviennent pas à les retirer. Sur le plan de l'approvisionnement, l'électricité est interrompue plus que dix heures par jour. Sur le plan alimentaire, on trouve les ingrédients nécessaires et indispensables : Bourghol, riz, un peu de viande et des boites de conserves. 

Les locaux des forces de sécurité se trouvent en plein quartiers chrétiens; ils sont visés et menacés. Concernant les sources d'information, notamment la télévision, il nous a été demandé de nous brancher aux chaînes locales si les chaînes syriennes qui nous parviennent par satellites sont coupées ou reprises par les rebelles. 

Nous comptons toujours sur Dieu pour nous protéger et sauver notre pays.

Alep - Dimanche 22 Juillet 2012 - Depuis ce matin Alep est sous le feu et de durs combats se déroulent entre les rebelles et l'Armée syrienne. Les éléments armés se promènent dans nos quartier menaçant les chrétiens en criant : "Demain votre tour".

Pensez à nous dans vos prières et merci de diffuser.

Que de crimes commis sous couvert de démocratie et au nom d'une "révolution" sanguinaire qui n'accouchera que de mensonges et d'injustices ?

Les innocents ne sont pas les rebelles armés jusqu'au dents par des Etats étrangers, et connus de tous, mais ceux qui sont désarmés et menacés par les fanatiques sans contrôle. 

samedi 21 juillet 2012

Point de vue...

Samedi 21 Juillet 2012 - Suite à l'attentat qui a visé le QG de la Sécurité nationale syrienne, mercredi 18 Juillet 2012, à Damas, nous livrons à nos lecteurs ce point de vue.

"Nous avons ce matin un aperçu de ce que sera la "révolution islamiste" orchestrée par les Etats-Unis, Israël, la France et l'Angleterre, l'Arabie-Saoudite, le Qatar, la Turquie.

Que lit-on dans la presse du Jeudi 19 juillet ? Nous apprenons la jubilation des fanatiques et l'exaltation de la "bataille de la libération de Damas" lancée par les éléments armés de l'Armée Syrienne "Libre" (ASL).

En revanche, on nous tait les projets destructeurs qui permettraient aux bandes de fanatiques incultes formant les milices de l'ASL de prendre le pouvoir en Syrie. On ne nous dit rient des « tyrans » de demain que l'Occident, aveuglé par le désir d'une "sécurité militarisée" pour Israël, veut installer au pouvoir à Damas en échange d'un état de non-guerre avec l'Etat Juif (*); les américains ont financé et soutenu Al-Qaïda, pourquoi n'accepteraient-ils pas d'installer des bandes de mercenaires à la tête de la Syrie ? Ce serait le meilleur moyen de maintenir la Syrie et le Liban ensuite dans quelques siècles de déclin comme les mamelouks, esclaves incultes, rebellés contre leur maîtres fatimides, avaient placé le monde arabe dans quelques siècles de décadence, ce qui avait permis à la Turquie Ottomane de prendre le dessus.

Que lit-on dans la presse française du Jeudi 19 Juillet 2012 ?

« L'annonce de l'attentat a été saluée dans plusieurs fiefs rebelles ».
« Allah akbar! ».
« Des célébrations ont eu aussi lieu au Liban voisin, où un enfant a été tué par des tirs à Tripoli ». 
« Au Caire, la police a fait usage de gaz lacrymogènes contre des manifestants qui tentaient d'arracher le drapeau du bâtiment de l'ambassade de Syrie ».
- « La première d'une série de grandes opérations visant à faire chuter Assad et l'ensemble des piliers et symboles du régime ».
« L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), la mort du général Chawkat est un coup sévère pour le régime car il assumait le tout premier rôle dans les opérations pour écraser la révolution ». 

Et voilà "l'Observatoire Syrien des droits de l'Homme" avec son parti pris qui révèle un détournement des droits de l'homme pour une finalité guerrière. L'OSDH parle d'une "révolution"; mais on croyait que ce qui se passait en Syrie n'était tout simplement qu'une révolte contre un pouvoir oppresseur...C'est une révolution, nous dit-on, et de plus orchestrée et armée par les puissances occidentales alliées de l'Arabie Saoudite et du Qatar.

Mais qu'est-ce qu'une révolution ? C'est avant tout une modification du pouvoir par le remplacement d'un autre pouvoir; La question à se poser est alors : Le nouveau pouvoir sera t-il meilleur que le précédent ? Jugeons par les méthodes du prétendant. Compte-tenu de la violence et de la brutalité des éléments armés de l'ASL, il n'y a pas l'ombre d'un doute que le nouveau pouvoir sera celui des "razzias du désert" qui aura, avec l'aide de l'Occident, précipité le départ du parti baath (Parti de la Renaissance), lequel a commis l'impardonnable erreur de ne pas s'en tenir à la philosophie "humaniste" qui avait justifié sa fondation par Michel Aflak et Salah Ed-dine al-Bitar en 1943.

Il eut été préférable de travailler avec le gouvernement syrien pour rapprocher le régime baathiste des principes qui avaient amené la fondation du parti baath, plutôt que de lui envoyer des hordes barbares détruire la Syrie sous le slogan d'une "révolution démocratique".

Le message de l'Occident sur la Syrie inspire forts doutes et soupçons ; C'est un Occident de plus en plus insensible à la justice, car il pratique le mensonge pour parvenir à des fins très contestables. La vérité seule mène à la justice car la non-vérité est en soi une injustice. Quand à Israël, sa sécurité ne lui viendra que par l'encouragement des modérés du monde arabe et non pas des fanatiques, et par l'appui qu'il saura apporter aux courants arabes en recherche d'autonomie, d'identité et de respect des religions.

Si l'Occident mène cette politique guerrière contre le régime syrien en connaissance de cause, nous disons alors que Dieu nous préserve de son mensonge et de son injustice. Si c'est l'ignorance de ses dirigeants qui motivent leur prises de position actuelles, demandons alors à Dieu de nous préserver de leur grave incompétence."

(*) Au passage, la sécurité pour Israël que l'Occident, et en particulier l'Europe, cherche sur le dos des Syriens et des Libanais a pour but de compenser leurs propres crimes sur les Juifs. Les Syriens et les libanais n'y avaient pas participé et n'ont rien à se reprocher à ce sujet. 

Autre éclairage de Frédéric Pichon sur le site "Atlantico" (Un vent nouveau sur l'info) : Syrie : comment l’attitude des Occidentaux vis-à-visd’el-Assad prépare des lendemains encore plus sombres que la dictature actuelle

vendredi 20 juillet 2012

Est-ce le scénario pour faire basculer le régime syrien ?

Voici un scénario dont on dit qu'il fait partie des plans de l'Armée Syrienne "Libre" et de ses alliés pour faire céder le gouvernement syrien dans les jours prochains. Il a été publié par la télévision syrienne et prévoit, s'il est mis en application, "la chute de Damas" et le départ du Président Bachar El-Assad. 

Le Veilleur de Ninive a choisi de publier une traduction française du texte arabe, en raison de la gravité des faits qu'il prévoit et de l'immoralité de l'approche envisagée. Seuls les évènements futurs attesteront de la validité de cette prévision, mais en attendant espérons que si certains ont honni le régime syrien actuel, d'autres ne haïront pas celui qui parviendra au pouvoir par de telles méthodes. 

"Il semble que le compte à rebours pour la bataille de l'information a réellement commencé en Syrie. Dans ce contexte, l'on parle de plus en plus d'un scénario médiatique qui serait mis en oeuvre au cours des prochains jours. Ce scénario serait similaire à celui qui a permis de tromper le monde en Libye où le réseau de télévision satellitaire local fut coupé et remplacé par des images truquées montrant que les rebelles étaient entrés dans Tripoli et annonçant que cette ville ainsi que celle de Bab Al-Aziza étaient désormais entre les mains des adversaires du régime. Ces faits étaient contraires à la réalité, puisque l'armée du Colonnel Kadhafi tenait encore le terrain.

Plus précisément, l'avocat Imra al-Zoghbi a révélé, hier, à la télévision syrienne une information, qu'il tient d'un journaliste Qatari et relative à des réunions tenues dernièrement à Doha (Qatar) en vue de préparer la rencontre du Comité ministériel arabe dont l'ordre du jour était "l'interruption du réseau satellitaire audio et télévisuel". 

A l'origine de la décision d'interrompre les chaînes satellitaire syrienne, se trouverait un arrêté antérieur pris par le groupe de travail, dit également "Groupe de la chambre noire" constitué de diplomates, d'experts de la sécurité, de juristes et de membres de la presse écrite. La décision de ce groupe serait d'interrompre, dans les jours prochains, le réseau satellitaire officiel syrien et la chaîne d'information al-Dunia qui passe par les satellites Arabsat, Nilesat et Hotbird en vue de les remplacer par les canaux d'Al-Jazira, d'Al-Moustaqbal, de la BBC, CNN, France24, Oriente, et par quelques autres chaines religieuses et d"information dont une chaîne saoudienne, Bahrain TV, la Chaine du "Peuple Syrien", Souria al-Ghad (Demain la Syrie) et par trois chaînes turques. Les chaînes de substitution auraient à travailler de la manière suivante. Elle procéderait à :

* la diffusion d'informations qui diviserait la société civile et militaire, les services de sécurité et les personnalités syriennes entre-elles. De fausses déclarations de personnalités syriennes civiles et militaires seraient rapportées, faisant croire à des défections de responsables proches du régime dans les différentes régions.

* la diffusion d'images montrant des manifestations antérieures denses et parfois des affrontements armés qui pourraient n'avoir pas été filmés en Syrie, mais au Liban, en Irak, au Yémen ou en Libye, qui feraient croire qu'ils se sont produits en Syrie.

* la diffusion d'informations propageant la nouvelle que des parties de l'armée et des forces de sécurité se seraient rendues; s'y ajouterait la diffusion de communications sur la saisie des aéroports civils et militaires, des équipements militaires ainsi que des bâtiments des ministères.

* la diffusion de nouvelles relatives à la chute des grandes villes syriennes désormais entre les mains de l'armée "libre".

* la diffusion d'informations compromettant le régime syrien dans des massacres.

* la diffusion de maquettes géantes montrant que "l'ancien" Palais présidentiel, la Présidence du Conseil, la Direction de la sécurité nationale, les renseignements militaires, le Ministère des Affaires-Etrangères, les Ministères de l'Intérieur et de l'Information, les principales places telles que la Place des Omeyyades, le siège de l'état-major général, le bâtiment de la télévision et environ huit lieux importants de la ville d'Alep, seraient tombés dans les mains des "rebelles" (*) et que ces derniers y auraient pénétrés.

* la diffusion que des scissions se sont produites dans les forces aériennes et navales et l'émission d'invitations à l'adresse des responsables les invitant à fuir par voie terrestre ou par air vers des secteurs précis autour des villes de Damas et d'Alep. 

Le point culminant du scénario est la diffusion du départ du Président syrien et de sa famille hors de Syrie.

* Des notes pré-établies ont été communiquées à toutes les stations de télévisions impliquées dans l'exécution du plan expliquant aux responsables la manière de procéder et de traiter les informations. Ces notes expliquent que :

* Certaines chaînes diffuseraient les informations en premier, tandis que d'autres les relayeraient selon le mode : la Chaine Al-Jazira ou la chaîne Al-Arabia a annoncé que, etc...
  
* Même les incohérences ont été prévues pour faire vrai. Certaines chaînes venant redresser les informations de la chaîne initiatrice de l'information... Par exemple si Al-Jazira annonce la chute d'Alep, la Chaîne arabe corrigera l'information en disant qu'Alep n'est pas encore tombée mais qu'il s'agit de telle autre ville; ainsi une façade réelle serait donné au scénario.

De son côté, la chaîne "Al-Dunia", [dont le site internet ne s'affiche plus depuis hier (**)], a fait part d'informations qui recoupent de manière sensible le scénario découvert par Maître al-Zoghbi. Citant des sources privées, Al-Dunia indique qu'une réunion des représentants de plusieurs pays arabes et occidentaux s'est tenue récemment dans une capitale des Emirats au cours de laquelle l'interruption des stations de radiodiffusion et des médias syriens portés par les satellites "Arabsat", "NileSat" et "Hotbird" fut décidée. 

La chaîne Al-Dunia poursuit que "cette décision est l'avant dernière étape dans la mise en œuvre de ce qu'il est convenu d'appeler l'heure zero". Puis elle explique que "selon les fuites, l'accord qui fut réalisé dans la phase finale considère l'heure zero, celle où les esprits et les hommes seront prêts à recevoir l'information que diffuseront les chaînes impliquées dans le scénario. 

L'interruption des stations de télédiffusion et radiodiffusion syriennes sera immédiatement suivie d'une nouvelle phase dans la propagation des nouvelles sur la Syrie dans lesquelles il sera indiqué que les groupes armés représentés par la milice de l'Armée Syrienne "Libre" (ASL) ont pris le contrôle de la capitale, Damas, et se sont emparés de l'ensemble des places fortes et des ministères clés dans la Capitale. Ces informations s'accompagnant de la diffusion de video préparées à l'avance dans les pays voisins montrant des scènes de destruction et de dévastation, comme si elles s'étaient produites dans la capitale, Damas; l'objectif étant de propager le message de la domination réelle de la rébellion armée sur l'ensemble des infrastructures de l'Etat syrien.

La Chaîne "Al-Dunia" poursuivant la divulgation des fuites avance que le plan ne sera pas seulement déployé par les satellites existants mais aussi par les autres qui sont en construction et qui diffuseront à partir des pays voisins de la Syrie. Elle a averti que les nouvelles stations en cours d'achèvement seront un exemple pour les chaînes de diffusion nationale syrienne, c.-à-d qu'elles porteront dans un coin de l'écran, le logo de chacune des stations de télévision officielle syrienne notamment la "chaîne d'information al-Dunia" et "la chaîne d'information officielle syrienne" et cela afin de propager la nouvelle du contrôle de la capitale tout en donnant de la crédibilité à l'information. L'objectif étant de faire admettre par le monde entier l'idée de la chute de la télévision officielle et avant tout par le citoyen syrien qui se trouve éloigné de la capitale pour lui faire bien croire que l'Etat s'est effondré".

Par Ali Aubani

(*) Il ne faut jamais oublier qu'une partie des rebelles sont de nationalités autres que syrienne; ce qui rend caduc l'usage du terme rebelle.
(**) La chaîne émet désormais sur Atlantic Bird à la fréquence 10921.

lundi 16 juillet 2012

Les autorités de l'Eglise copte refusent de rencontrer Hilary Clinton.

Al-Ahram - Le Caire - Le 16 juillet 2012 - Les responsables des églises égyptiennes ont refusé de rencontrer, hier le 15 juillet 2012, la Ministre américaine des Affaires Etrangères Hilary Clinton dans l'enceinte de l'Ambassade américaine au Caire. 


Monseigneur Marcos Evêque du diocèse de Choubra-El-Khema, l'un des membres dirigeants de l'Eglise copte  orthodoxe, a déclaré que le refus de rencontrer Mme Clinton s'explique par l'ingérence américaine dans les affaires intérieures égyptiennes et le soutien de son Administration à la domination par courant déterminé sur la majorité du peuple égyptien. Le refus de participer à une telle rencontre est également venu d'un grand nombre de personnalités chrétiennes parmi lesquelles Messieurs Najib Sawirs, Imad Jad, Michael Mounir et Madame Georgette Qallini. Quant à l'ambassade des Etats-Unis, elle a refusé les prises de vues de personnes ayant participé à la rencontre et la divulgation de leurs noms.

Hilary Clinton : "The People we are fighting today, we funded twenty years ago"
Important mais en anglais ! L'Aveux de Hilary Clinton dans le rôle des USA pour créer Al-Qaïda.



lundi 9 juillet 2012

Médecin en Syrie : une situation peu enviable.

La situation des médecins syriens n’est pas des plus enviables. Leur vie et l’exercice de la profession sont devenus très difficiles. Ils sont coincés entre les conditions de l’Etat, celles de l’Ordre des médecins et surtout les menaces d’enlèvements par les rebelles.

Il faut savoir qu’en Syrie, les médecins hospitaliers ou fonctionnaires de l’Etat ne sont pas autorisés à démissionner ou à quitter le pays. Les moyens de contrôle et de pression qui sont exercés sur leurs personnes ne manquent pas. La menace de perdre leurs droits à la retraite tombe sur eux s'il advient qu'ils démissionnent. Des autorisations d’absence à court-terme leur sont autrement octroyées.

En revanche, les médecins en profession libérale doivent obtenir la permission de l’Ordre des Médecins pour quitter la Syrie mais cette obligation ne semble pas dissuasive puisque les médecins libéraux peuvent apparemment quitter le pays sans difficultés.

Depuis quelques mois, le personnel médical est pris à partie par les rebelles qui considèrent que les médecins sont complices du régime. En leur portant atteinte, les hommes armés de la rébellion cherchent à pousser le peuple à la révolte contre le régime. Toujours avec le même objectif, la rébellion s’attaque aux infrastructures scolaire, postale et électrique, aux usines, aux conduites de gaz et aux pipelines, enfin aux experts en charge de ces infrastructures.

Dans la réalité, les rebelles ne "liquident" pas systématiquement les hommes de science et les experts. Ils les menacent par nécessité, en enlevant des spécialistes pour exiger d’eux des interventions qui sont, concernant les chirurgiens, d'opérer les blessés de leur camp; ensuite, ils les libèrent contre une rançon négociée. La technique rappelle celle pratiquée du temps du prophète Mohamed qui avait toléré et maintenu en vie les « gens du livre », chrétiens et juifs pour leur faire travailler la terre, cette activité que les nomades méprisaient. En échange de la « tolérance et du maintien en vie » Mohamed avait requis de ces catégories de seconde zone le versement d’un impôt la « gizya ». Nous trouvons dans l’attitude des rebelles vis-à-vis des médecins un peu de cette « tolérance » intéressée qui n'a aucun fondement théologique.

On peut s’étonner de cette violence tournée vers une profession qui devrait au contraire être protégée. Le corps médical est même devenu une proie recherchée par les groupes armés. Comment se l'expliquer ? Il y a déjà le fait que les médecins peuvent soigner les combattants blessés mais aussi qu'ils forment un groupe social idéal pour être pris en otage, puisque socialement les médecins ont généralement des situations financières confortables et puis leur enlèvement ne passe pas inaperçu. Ensuite, il y a le fait que la destruction du tissu médical accélérerait la fragilisation et l’anéantissement des structures sociales et familiales qui forment avec l'armée et le parti au pouvoir, l'armature du pays. Une technique qui nous rappelle le fondamentalisme des talibans Afghans à l’œuvre.

Toutes les spécialités médicales sont suffisamment représentées en Syrie mais cela donne t-il au citoyen modeste la possibilité d’être bien soigné ? Pas exactement, car les médecins syriens seraient, nous répète-t-on, atteints de corruption ; il leur arrive d'obliger les malades, pour des raisons mercantiles, à des examens supplémentaires telles que radiographies et autre analyses.  Certains médecins iraient même jusqu’à exiger des opérations chirurgicales inutiles…Il est vrai qu’une telle attitude existe sur la planète entière. Des personnes malhonnêtes, aucun territoire n'en est épargné, mais en Syrie avec la guerre qui s’y déroule et l’effondrement de l’activité économique, le phénomène est insupportable.

La médecine syrienne a eu tendance à devenir une « médecine commerciale » d’autant plus criante que la formation des médecins laisserait à désirer. Il est fréquent d’obtenir des avis très divergents sur un  cas précis après consultation de plusieurs spécialistes.

Les médecins généralistes qui exercent en campagne pratiquent une médecine très étendue allant des gestes simples à des opérations chirurgicales et même des avortements… Pour cette raison, les décès dans les mains de médecins généralistes en campagne sont réguliers, mais habituellement la cause attribuée à ces situations est le fatal « destin » plus que la responsabilité du médecin.

Y a-t-il une inégalité de compétences entre médecins chrétiens et musulmans ? Les premiers, qui sont plus portés sur la littérature médicale européenne et internationale, s’avèrent plus compétents. Pour être exact, ils inspireraient plus confiance aux patients. Leur crédibilité est renforcée par la réputation de grand dévouement des religieuses infirmières qui sont très demandées dans les hôpitaux publics syriens. Sans se méprendre, nous pouvons dire que les sœurs hospitalières sont très respectées de la population ; leur générosité, leur gentillesse et le don de soi qui les caractérisent suscitent une admiration unanime. Elles donnent autour d'elles un vrai témoignage chrétien.

Aux hôpitaux publics, s'ajoutent les dispensaires dont disposent les Eglises et les Sociétés de bienfaisance. Heureusement que les Institutions ecclésiales et charitables mettent à la disposition des personnes modestes ces maisons de soins car les malades s’y font traiter bénévolement, parfois par  des médecins de qualité dont les honoraires sont symboliques mais aussi par des médecins-stagiaires qui n'ont pas toujours l'expérience et la compétence espérée. De tels dispensaires, à la qualité du service parfois précaire, ont le mérite d'exister et d'être toujours actifs au service du citoyen modeste.

Toutefois en Syrie le meilleur service médical est assuré par les hôpitaux privés ; l’hôpital français à Damas et l’hôpital Saint-Louis à Alep ; mais se faire suivre et soigner dans l’un de ces hôpitaux n’est guère à la portée des bourses même moyennes. On raconte que « pour financer une opération, il est nécessaire de vendre un terrain ». C’est la triste réalité…Pourquoi la France qui s’est souvent targuée d’avoir une bonne médecine ne finance-t-elle pas un nouvel hôpital en Syrie plutôt que des moyens de communications au service de l’Armée Syrienne Libre ? Un nouvel hôpital servirait plus la justice sociale et la démocratie syrienne que le financement des rebelles en mal de destruction et animé d’un esprit extrême.

Qu’en est-il des pharmacies ? Parviennent-elles à s’approvisionner ? L’essentiel des médicaments vendus en Syrie est fabriqué sur place à l’exception des traitements pour maladies graves telles que les cancers, etc…. Les syriens ont donc une sécurité d’approvisionnement mais qui dit sécurité ne dit pas forcément qualité, car un manque de confiance des clients dans les produits locaux poussent la clientèle à rechercher d’autres solutions dont la contrebande. En effet, de mauvaises expériences passées ont obéré les médicaments syriens après que l’on eut découvert une non-conformité des produits vendus aux formules chimiques. Il en résulte que les médicaments rapportés de Jordanie, du Liban ou de Turquie en contrebande sont préférés aux produits locaux. Les pharmacies offrent les deux types d'approvisionnement : des produits locaux à des prix raisonnables et des médicaments illicites provenant de pays voisins, vendus à des prix prohibitifs et qui se trouvent dans l’arrière boutique.

La médecine syrienne en état de guerre ce sont aussi les Croissant-Rouge et à la Croix-Rouge qui ont été plus d’une fois la cible des éléments armés. A Alep plusieurs ambulances furent volées et des éléments armés ont tiré, sans scrupules, sur des infirmiers bénévoles qu’ils ont réussi à dissuader d'un dévouement au service des blessés. Aujourd’hui la Syrie manquerait de façon dramatique d’infirmiers urgentistes.

Tristement, nous voyons combien la « neutralité de la médecine » en temps de guerre est bafouée en Syrie. La protection du personnel médical est bien prévue par les conventions de Genève et même par le droit humanitaire qui précise : « Nul ne sera puni pour avoir exercé une activité de caractère médical conforme à la déontologie, quels qu’aient été les circonstances ou les bénéficiaires de cette activité ». Les violations de ce droit sur le terrain est un signe clair que le mouvement de rébellion, dont on veut nous faire croire qu’il est démocratique, porte en lui les germes de la dictature. S'il advenait que ce mouvement rebelle prenne le pouvoir par la force, les pays occidentaux qui lui auront donné appui finiront par déchanter .

jeudi 5 juillet 2012

Syrie : Des actes généreux au coeur de la violence.

Evoquons un peu les gestes de générosité dont le peuple syrien est toujours capable. 

Un chrétien nous signale la bonté et les largesses de ses amis bédouins sédentarisés. Ils viennent spontanément lui rendre visite apportant avec eux fruits, légumes et blé concassé un ingrédient que les orientaux connaissent bien car il est essentiel à la cuisine de leurs pays. « Ces mêmes bédouins répètent à qui veut les entendre que les chrétiens font partie des leurs, de leur tribus ». 

Un autre chrétien, médecin-chirurgien celui-là, nous signale que les bédouins malades et surtout leurs filles se font traiter et opérer par lui ; les bédouins me confient normalement pas leur filles à des médecins du sexe masculin ; ils le font exceptionnellement lorsqu'ils ont une grande confiance en la personne. Ici c'est le cas, et notre témoin d'ajouter : « Ils me considèrent comme leur papa ».

Un autre chrétien, prêtre cette fois, nous rappelle qu'en 1982, il y eut des tensions à Alep avec les frères musulmans et que ce sont les bédouins qui ont protégé l'Eglise dont il avait la charge. 

En Syrie, aujourd'hui, au milieu de l'inquiétude et de la peur, les « bons samaritains » existent encore; les rapports entre chrétiens et musulmans ne se sont pas partout détériorés. Toutefois, les salafistes et autres terroristes qui s'emparent d'otages et tuent sans scrupules sont indifférents à la revendication initiale de démocratie; ils ne se sentent concernés ni par le devenir du régime actuel ni par les objectifs des opposants. Voilà des bandes organisées venues d'Irak qui essayent de susciter la division entre les communautés. Elles y parviennent surtout dans les quartiers pauvres où les chrétiens sont pris pour cibles non seulement par les bandes mais par les Imams eux-mêmes, qui se mettent à appeler au renvoi des chrétiens qui soutiennent le régime. C'est malheureusement la justice de l'arbitraire qui règne contre ceux qui se montrent disciplinés aux injonctions du régime et qui resteront disciplinés face à n'importe quel régime que les musulmans se seraient donnés. C'est la fidélité et la loyauté du citoyen que ces bandes terroristes méprisent.

A l'intérieur de la ville, l'armée, la police et les milices tiennent toujours. Leur maintien est essentiel pour la minorité chrétienne et indépendamment du regard porté par elle sur le régime. A vrai dire les chrétiens n'ont pas les moyens de prendre position sur l'aboutissement de ce conflit. Ils se rangent forcément avec le pouvoir en place car ils sont en réalité neutres. Leur neutralité se justifie par le fait qu'appartenant à une confession minoritaire, ils ne peuvent prétendre au pouvoir mais uniquement à une participation auxiliaire. En outre, ils se rendent bien compte du jeu des puissances étrangères qui mettent le flou sur les parties en présence et empêchent tous jugements neutres et sûrs. Le contrôle de la ville par la force publique n'empêche pourtant pas l'Armée Syrienne Libre (ASL) de commettre des assassinats, d'abattre les cerveaux ou de dresser des barrages. La tension persiste et monte progressivement car dans les quartiers sunnites de la ville, les habitants frayent et même sympathisent avec les insurgés et les extrémistes. Si la ville est toujours sous le contrôle des forces de l'ordre, les délits individuels ne sont plus punis ou maîtrisés, puisque la police craint d'intervenir par peur des criminels.

L'autorité municipale est toujours présente à Alep mais elle est débordée et surtout impuissante face aux milliers de maisons, d'étages ou de magasins construits illégalement. Récemment, un immeuble s'est écroulé sous la pression des trois étages supplémentaires qui avaient été ajoutés dans l'illégalité aux trois étages autorisés. 

On peut dire qu'Alep est épargnée comparée à Homs qui fait toujours parler d'elle et où les chrétiens de la ville ont tout perdu. A Qamichli, dans la Djézireh, les familles chrétiennes ont du abandonner leurs terres cultivées en céréales et laisser leurs maisons à tout venant pour se rendre à Alep, en attendant un départ plus lointain vers la Suède par exemple où se sont regroupés de nombreux syriaques originaires de cette région.

A leur arrivée à Alep, les uns logent dans des Couvents ou des Eglises, d'autres descendent chez des parents ou amis vivant à plusieurs, dans deux ou trois chambres. Les témoignages de ces réfugiés sont très poignants.

Parmi les personnes décidées au départ pour l'étranger, on trouve ceux qui vendent leurs maisons à des prix très bas et d'autres qui préfèrent les conserver en attendant des jours meilleurs, laissant sur place l'un des leurs pour surveiller.

Pour partir, des visas sont nécessaires et à Alep, il n'existe plus de consulats étrangers actifs comme ce fut le cas autrefois mais uniquement trois consulats ceux de Turquie, de Russie et d'Arménie. Ce dernier accorde des visas de départ, avec une certaine facilité, pour la somme de $400 le visa. 

Désormais, le seul moyen de quitter le territoire syrien est l'avion car les routes ne sont plus sûres. Les voies en direction du Liban, de la Turquie ou de la Jordanie  ne sont plus praticables.

Ceux qui quittent la Syrie ne prennent heureusement pas toute la générosité dans leurs valises. Il reste et il restera toujours sur place des personnes nombreuses à même de cicatriser les blessures, le jour où la folie des puissances actives dans le pays se décidera à laisser le peuple vivre en paix.

dimanche 1 juillet 2012

Lettre d'Alep...

Ce courrier que nous livrons nous est parvenu d'Alep samedi 30 juin 2012. Il nous expose la situation de plus en plus intolérable vécue par la population. Après cette lecture, peut-on rester les bras croisés ?

Les lecteurs chrétiens sont invités à organiser des quêtes et à entrer en contact avec Caritas Syrie pour faire parvenir l'aide.

Alep – 30 Juin 2012 – A Alep la situation est de mal en pire. On peut dire que depuis un an, la ville n’est plus approvisionnée en mazout; depuis deux mois, le gaz ne nous parvient plus. Ceux qui réussissent à se fournir, le font au travers du marché noir. Depuis une semaine l’essence vient à manquer au point que les transports ne circulent plus et les usines cessent de fonctionner. D’ailleurs ces dernières ont reçu des menaces de l’armée syrienne libre (ASL) qui les force à fermer. 

Il y a trois jours, une usine textile estimée à 1 milliard de livres syriennes (€12.350.000) a été détruite ; des centaines d’ouvriers se retrouvent à la rue.

Tous les jours des enlèvements sont commis ; des officiers supérieurs de l’armée et des professeurs d’université sont assassinés. Les bâtiments officiels sont détruits. Ce matin ce fut le tour du bâtiment du Ministère des Finances à Alep; il a été bombardé ; des voitures piégées ont sauté dans presque tous les quartiers.

Les fruits, les légumes et les autres produits vitaux (huile, oeufs, pain, vêtements) ont triplé de prix. Les écoles ont vu leurs tarifs s'élever sensiblement, au point que la plupart des familles chrétiennes ont opté pour le retrait de leurs enfants des établissements privés et leurs placements dans les écoles officielles.  L’inquiétude et la peur touchent tout le monde. On ne sort des maisons que pour une urgence. 

Le moral est tombé très bas; un de nos amis Général de Police à la retraite, Chrétien et originaire du sud du pays, père de neuf enfants (5 garçons et 4 filles) dont un fut enlevé il y a trois mois, dont tous les garçons sont eux-mêmes membres de la police ou de l’armée, a révélé sa pensée que nous autres chrétiens, n’avons plus d’avenir en Syrie et qu’il nous faille à tout prix quitter cette terre, la terre de nos ancêtres.  Le plan que l’on craignait, d’évacuation forcée des chrétiens de Syrie commencerait, semble-t-il, à voir le jour ?

Ce qui est plus redoutable que le reste, c’est que désormais, dans la police et l’armée, il y a des agents qui, à cause de la pénurie et de la pauvreté, collaborent avec les insurgés, car ces derniers déversent des sommes d’argent très importantes pour les acheter. Le protecteur devient voleur.

Il y a, je vous l’assure, des familles qui n’ont plus rien à manger. Je n'exagère pas. Elles manquent de tout : de gaz, d'électricité, de mazout et de travail. Il leur faut faire 6 à 7 heures de queue pour obtenir un kilo de pain.

La presse syrienne fait mention de 12.000 cas d’avortements à la suite de relations de prostitution.

Autour d’Alep, toutes les routes ne sont plus sûres et de ce fait praticables. Même à trois kilomètres au nord de la ville, des personnes sont arrêtées et tuées. Toutes les nuits nous entendons des canonnades par l’armée syrienne qui tente de dégager des éléments armées de la banlieue.

A quelques distances d’Alep, se trouve le site de Saint-Siméon-le-Stylite ou l'armée a repris le village de Daret ‘Izzat situé à 5 Km du site de la basilique. Les insurgés formés de Libyens, d’Afghans, de Saoudiens et de Syriens se sont retirés mais ils y reviennent.

La Turquie a massé des chars à la frontière syrienne; ce n’est un secret pour personne, car la presse internationale a déjà mentionné que ce pays avec les Etats-Unis, l’Arabie-Saoudite et le Qatar sont les principaux pourvoyeurs de fonds des insurgés. Nous semblons être à un tournant de cette rébellion car la population supporte de moins en moins la situation ; si elle n’aspire qu’à la paix pour sa sécurité. Faute de paix, certains préféreraient la guerre à outrance espérant en finir.

A Homs, la situation n’a guère changé. Les familles chrétiennes, otages des Salafistes depuis 4 jours, sont toujours sous le contrôle de l’ASL.

A Lattaqieh la grande usine de Joud vient d’être incendiée. La ville de Haffeh a, en revanche, été reprise par l'armée mais les chrétiens de la ville ont du quitter leur maisons et aller trouver refuge à Lattaquieh ou à Alep.

Priez pour nous car la prière fervente nous laisse espérer l'intervention du Seigneur.
Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.