mardi 26 juin 2012

Syrie : Les jeunes face au problème du chômage et de l'oisiveté.

Dans le texte qui suit, nous nous sommes concentrés sur la vie des jeunes syriens chrétiens en proie aux conséquences du conflit rébellion-répression et qui, de ce fait, rencontrent des difficultés cruelles. Quelle est leur situation face à l’emploi ? Quels problèmes rencontrent-ils face à la nécessité impérieuse de s'occuper ?

Abordons la question du travail et interrogeons-nous sur les métiers dans lesquels les jeunes syriens peuvent espérer quelques débouchés. A contrario, quelles sont les métiers les plus pénalisés par la situation et desquels se détournent les jeunes par manque d’activité et d’emplois ?

Pris dans la dynamique négative rébellion-répression et l'incertitude pesant sur l'avenir, les jeunes syriens, quelque soit leur confession, s'efforcent de devenir fonctionnaire de l’Etat. Ainsi retrouve t-on sur les rangs des candidats à l'Administration un nombre très élevé d'inscrits pouvant atteindre 80.000 personnes pour 200 à 300 postes ouverts par an. En conséquence, l’accès à ces postes ne se fait pas sur des critères de compétences mais passe par des relations puissantes, appelées plus communément « pistons ».

On constate qu’actuellement, la majorité des jeunes sont des ouvriers du secteur privé aux rémunérations très faibles. Par ailleurs, on estime qu’un grand nombre d’ouvriers syriens, plus de 600.000, travaillent au Liban voisin et que d’autres encore se rendent dans les pays du Golfe pour y exercer. On estime leur nombre à 130.000 travailleurs.

Parmi les métiers répandus dans les communautés chrétiennes, il y a celui de chauffeur de taxi ou de mécanicien (particulièrement recherché par les chrétiens-arméniens).  Bien des jeunes chrétiens sont aussi dans l’informatique mais la fermeture des hôtels et la cessation de l’activité touristique a entraîné la mise au chômage d'un certain nombre d'informaticiens. 

Le problème de l’emploi pèse surtout sur les jeunes qui ont fini leurs études sans avoir encore effectué leur service militaire ; ils ne peuvent aucunement trouver du travail en raison du service qui les attend, ce qui les met dans une situation financière parfois dramatique; En raison de la hausse du coût de la vie, ils n’ont plus les moyens de vivre au quotidien. Inutile de dire que la perspective de fonder une famille s’éloigne sans compter les regrets qui les rongent d’avoir, pour certains, poursuivi des études de longue durée.

Face à la situation très difficile de l'emploi privé, quel est le rôle comme employeur de l'Administration publique ?

L'administration publique souffre du poids considérable que représentent les nombreux fonctionnaires, dont un certain nombre est nommé par le parti au pouvoir. Actuellement, ils reçoivent leurs salaires sans avoir à se rendre au bureau.

Aux fonctionnaires de l’administration s'ajoutent en Syrie de nombreux employés d'entreprises étatiques qui sont actives dans quelques branches, telles que la fabrication du coton, du verre, du papier, du sucre, mais aussi dans les travaux publics ou la production pétrolière et électrique.

Un des drames de cette administration réside dans la corruption des fonctionnaires qui la ronge. Au sein des douanes, de la police, de l’administration fiscale, des municipalités, de l’enseignement, des pourboires (bakhchiches) indispensables au succès des démarches, sont souvent distribués qui procurent à leurs bénéficiaires, un doublement voir un triplement du salaire.

Actuellement, en raison du décès de nombreux policiers et de membres des services d’ordre, le recrutement par les Ministères de l'Intérieur et de la Défense est en croissance pour remplacer par des jeunes les Agents tombés sous la violence.

L'emploi privé ou public étant incapable de résorber les besoins en travail, y aurait-il d'autres initiatives pour éviter que ces la jeunesse ne tombent dans l'oisiveté et le désespoir ? Les réunit-on pour effectuer des tâches en commun ?

Dans le contexte très difficile de l'heure, comment faire pour occuper les jeunes ?  Vaste question, mais si nous limitons notre propos au travail effectué par les Eglises, nous devons évoquer les « clubs de jeunes » et les mouvements de jeunesse (JEC, JUC, JOC, Scoutisme, Légion de Marie, Catéchisme et Chant choral) qui demeurent actifs. L’été venu et en temps normal, de nombreuses colonies de vacances sont organisées. Elles seront très sensiblement réduites cette année.

Au sein de certaines Eglises/Paroisses, des « bureaux de l’emploi » ont été créés au bénéfice des jeunes. Les patrons d’entreprises, d'usines, d'ateliers mécaniques, les sociétés qui disposent de services informatiques, ou encore les écoles s’adressent à ces bureaux pour recruter.

La situation des jeunes filles est parfois plus alarmante car ces dernières ne trouvent pas la plupart du temps, du travail ; les mariages quant à eux se font plus rares et difficiles. Des membres du clergé ont créé dans les paroisses des ateliers de couture, auxquels les commerces de vêtements et de mode viennent passer leurs commandes.

Les sociétés de bienfaisance financent de petits projets ; avant le déclenchement de la rébellion, une certaine « industrialisation » du travail à domicile commençait à voir le jour (bijouterie, couture, leçons particulières, etc…). Actuellement ces initiatives sont refroidies.

Quand l'administration publique est paralysée et que l'emploi fait défaut, on pense au volontariat, qu'en est-il dans ce pays où les chrétiens sont pris en tenaille par la confrontation rébellion-répression ?

Hélas le volontariat est d'un faible niveau en raison des évènements qui centrent les esprits des personnes et des familles sur leurs problèmes immédiats. Il y a toutefois des cas individuels notamment d'ingénieurs qui proposent leurs services bénévolement.

Le volontariat bénévoles la plupart du temps, s'exerce dans les paroisses chrétiennes; mais la vie paroissiale suit-elle son cours normal ? Des menaces ne pèseraient-elles pas sur elles ?

Actuellement dans les grandes villes de Damas ou Alep, il n’y a pas réellement de menaces sur les paroisses bien qu’une certaine inquiétude règne. En revanche, dans les régions réputées plus « chaudes », dans les villes de Homs, Hama, Idlib, le Sud de la Syrie et Deir es-Zor, les menaces sont réelles. Non seulement les paroisses deviennent à hauts risques, mais les jeunes ont tendance à déserter ces villes. Ailleurs, où la sécurité est plus sûre, les chrétiens redécouvrent leur paroisse et l’apprécie « comme une grande famille ».

En outre, la solidarité interchrétienne s’est renforcée. Des membres aisés de nos Eglises offrent argent et travail. Citons la société de Monsieur Georges Salem à Alep qui a mis à la disposition des Curés des petites bourses destinées aux familles pauvres.

La vie paroissiale semble ne pas être trop affectée par les troubles. Si les jeunes fréquentent moins les églises le dimanche, quelques religieux et prêtres ont en revanche su en attirer un certain nombre par des liturgies plus vivantes et plus adaptées à leur mentalité. C'est le cas du monastère de Mar Moussa El-Habashi, du Père Zehlawi ou encore des petites sœurs de Charles de Foucault à Damas; tous trois sont  des exemples et des facteurs incitatifs à ces adaptations liturgiques. La liturgie quotidienne est pratiquée par les personnes âgées qui se rendent à l'église pour divers mobiles naturellement, certains pour uniquement s'occuper; nous dirions qu'il s'agit d'une bonne manière de s'occuper.

Grâce aux réseaux sociaux on voit apparaître une sorte de « dialogue électronique » permettant aux jeunes de s'exprimer et aux prêtres d'enseigner et de prêcher mais ce genre d'échanges ouvre parfois la voie à des contenus négatifs qui ne sont pas constructifs.

A Damas et Alep, l'église de Syrie doit désormais affronter des « mouvements » qui se revendiquent du christianisme mais qui sont en réalité très critiques à l’égard du clergé et des sacrements. Ces mouvements attirent à eux les jeunes qu’ils détournent de la fréquentation de l’Eglise syrienne en exploitant la pauvreté, le vide et le mécontentement régnant dans le pays. A Alep, un de ces mouvements est en plein développement; il est connu sous le nom de « Yasou’, Nour al-Alam » (Jésus, lumière du monde). Ces « nouvelles églises » sont désormais reconnues par le régime comme « Evangéliques ». Elles sont riches pour recevoir régulièrement des sommes importantes de l’étranger.

On constate que le conflit rampant rébellion-répression est une négation de la jeunesse syrienne quelque soit la confession; or c'est à la jeunesse que le pouvoir appartient; les jeunes sont les propriétaires de l'avenir et pour eux principalement, ce misérable conflit qui n'a rien de démocratique, les démocrates n'ont pas recours à la violence, doit prendre fin.

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