vendredi 15 juin 2012

Syrie, Information ou désinformation ?

Le Veilleur de Ninive a recueilli des témoignages de syriens qui commentent l’état de l’information sur la population chrétienne locale. Nous vous livrons ces témoignages pour que justice soit rendue à ceux qui souffrent dans le silence de l'iniquité des gouvernements qui n'ont que le souci de leurs intérêts.

Comment les chrétiens de Syrie sont-ils informés de la situation dans leur pays ?

Les canaux d'information les plus crédibles pour la majorité des chrétiens restent les trois antennes « d’Al-Dunia », « Al-Ikhbariah » et « Télé-lumière ». Toutefois, une partie des jeunes chrétiens universitaires, qui se trouvent sans travail et sans espoir d’un avenir meilleur avec l’actuel régime, ont tendance à s’informer auprès des chaines « Al-Arabia » et « Al-Djézirah ».

Les chaînes arabes ont pris le dessus sur les chaînes syriennes, à la suite de la décision de la ligue arabe de faire obstruction aux chaînes émettant de Syrie. Ces dernières ont depuis regagné de l’intérêt à la suite de manipulations d'informations auxquelles ont assisté les syriens qui s’informaient auprès des chaînes arabes (fabrication d’images truquées de Damas et d’Alep).

Quels signes avez-vous sur de possibles manipulations d’information ?

Nous avons des exemples de manipulations. Nous avons entendu les chaînes « Al-Djézirah » et « Al-Arabia » annoncer des manifestations importantes d'opposants alors que le nombre de manifestants ne dépassaient pas 200 personnes ; les vidéos sont presque, à n'en pas douter, truquées pour donner l'impression du nombre.

Dans notre village à Jdaideh, qui se trouve à la frontière turque, « France 24 » et la « BBC » ont prétendu que l'armée syrienne bombardait la région alors que rien ne s’était produit selon les faits rapportés par des personnes demeurées sur place.

A Alep nous venons d’accueillir une famille échappée de Homs. Elle nous assure que des Salafistes libyens notamment, ont commis des massacres de sang-froid tout en accusant l’armée de ces crimes. Ces faits n’ont guère été rapportés par les radios arabes ou européennes.

Toujours à Alep, les rebelles rémunèrent les miséreux pour aller manifester. La rémunération est de LS 200 (€2.50) alors que le tarif pour tuer une personne serait de de LS 2.500 (€31). Il s’élève à LS 3.500 (€43,5) pour tuer un soldat ou un policier. Le montant est sensiblement supérieur LS 15.000 (€187) pour filmer une manifestation où l’on voit le drapeau, vert et noir, des rebelles. 

Concernant Mgr Nazaro l'Evêque latin de Syrie et un journaliste français qui nous est connu, nous avons appris le refus des média occidentaux de publier leur témoignages. Le premier a  adressé, à la presse italienne, plusieurs articles sur la situation syrienne, en vain... Il fut même accusé d’être un soutien du régime. (Les chrétiens ne soutiennent pas le régime, ils souhaitent seulement le moindre mal en attendant que les musulmans, majoritaires dans le pays, fassent leur révolution). De même, le journaliste français, que nous évoquions, il était sur place en Janvier dernier; il a rencontré une opposition catégorique à la publication d’un de ses témoignages.

Quelles sont les informations importantes sur les chrétiens de Syrie qui ne seraient pas relayées par les médias étrangers ? 

En général les informations sur les chrétiens de Syrie sont diffusées au même titre que les autres nouvelles mais elles sont filtrées;  il n’y a quasiment jamais dans les médias référence à ce que les chrétiens, sur place, ressentent comme un « complot satanique » visant à vider le pays de sa population chrétienne. Celle-ci n’a aucun moyen de défense et ne dispose d'aucune milice alors qu’elle vit au milieu de fanatiques excités. Les gouvernements occidentaux ne peuvent ignorer ce fait et pourtant ils n’appellent guère à la protection des chrétiens. Ils diront plus tard, comme ils l’avaient fait avec les juifs sous le nazisme, « Ah Oui ? Mais nous ne savions pas...».

Les appels du Père Elias Zahlawi aux Evêques de France, à Alain Jupé, à la ligue arabe sont restés lettres mortes.

Damas et Alep tomberont-elles comme sont tombées Antioche, Constantinople, Jérusalem, la Mésopotamie, tous quatre territoires peuplés d’Eglises mais dépeuplés d’âmes.

Comment l’internet est-il reçu ?

En général l'internet est bien reçu sauf les vendredis et dans les régions où se déroulent les combats. L'ADSL est désormais répandu sur la presque totalité du territoire mais les prix des abonnements sont relativement élevés. 1 GB revient à LS 4.000 (€49,6) par mois.

Y a-t-il des aspects de votre vie que vous aimeriez communiquer au dehors ?

Nous aimerions rapporter les événements que les Chrétiens de Syrie et d’Orient vivent épisodiquement depuis des siècles alors qu’ils partagent le quotidien du monde musulman. Souvenons-nous que si l’Islam nous tolère, il ne nous protège pas.

Il ne faut pas omettre que l'histoire se répète. La situation que nous vivons aujourd’hui fut vécue à l’époque des schismes et des divisions du Vème siècle lorsque les Byzantins s’affrontaient aux sassanides. Les chrétiens non-chalcédoniens furent persécutés par les byzantins et se trouvèrent pris entre ces derniers et les perses sassanides.

A l’époque des croisades également les Chrétiens de Syrie furent pris entre d’un côté les croisées qui maltraitaient les chrétiens « non-uniates » les considérant hérétiques et de l’autre les musulmans qui persécutaient ces mêmes chrétiens les soupçonnant d’être les complices des croisés.

Au XXème siècle, entre 1915 et 1917, a lieu le génocide arménien mais aussi syriaque et assyro-chaldéen ; il a entrainé une réduction sensible du nombre des chrétiens dans l'empire Ottoman. En effet, nombreuses sont les familles chrétiennes de Syrie, du Liban et d’Irak qui eurent au moins un ancêtre victime de massacres.

Voici un témoignage que nous rapportons : « ma grand-mère maternelle avait assisté, lors du génocide de 1915, à la tuerie de 32 membres de sa famille qui se déroula, sous ses yeux, dans la ville de Mardin (Turquie d’aujourd’hui). Elle fut rescapée et dut sa survie au fait d'avoir été achetée par un kurde ;  elle était belle et portait avec elle deux bébés, dont ma mère », ajoute notre témoin. « Mais comme ce même kurde s’était souvenu de la bonté du père de ma grand-mère, il l'a libérée l’envoyant à Alep, avec ses deux enfants à dos de mulets, accompagnée d'hommes chargés de les escorter ».

Le témoin poursuit.... « Ma grand-mère qui nous rapportait ces faits disait : « Entendre ce n’est pas voir ; voir ce n’est pas vivre…Que Dieu seulement éloigne de vous ce que nous avons vécu : perte de maison, famine, massacre, fuite, viol et crime ».

Et voilà que les massacres de chrétiens syriens auxquels nous venons d'assister, ces derniers mois, ceux de Jisr el-Chougour et de Homs, nous ramènent à ces périodes sombres de l’histoire des chrétiens d’Orient. Aujourd’hui, nous vivons ces drames avec, et peut-être, en raison du silence de l’Occident, plus occupé à faire tenir la valeur de l’Euro et à contrôler déficits budgétaires et croissance qu’à exercer la justice. Quelques incantations et l’expression de leur impuissance, à l’occasion d’annonces de massacres en Syrie, donnent aux gouvernements européens bonne conscience.

Désormais, les Occidentaux finiront par avoir raison au sujet de notre sort, car nombreux sont les chrétiens de Syrie qui se demandent à présent, s’ils doivent rester dans cet enfer syrien ou le laisser. « On dit que dans la vie, on paye souvent par là où l’on a péché ». Un jour l’Occident paiera d’avoir privilégié, dans le bras de fer que nous vivons ici, le fanatisme musulman pour faire chuter ce régime brutal certes, mais qui protégeait tout de même la minorité chrétienne.

Aujourd’hui, vu de Syrie, nous ne percevons guère de solidarité de la part des pays occidentaux. Bien au contraire, les déclarations des dirigeants des pays d’Europe et d’Amérique vers lesquels les Chrétiens d’Orient se tournaient traditionnellement, traduisent une certaine indifférence voire une arrière pensée machiavélique ; nous voilà abandonnés à notre sort pour des considérations qui nous échappent et bien que nous pressentons la cause matérielle inavouée et inavouable derrière cette attitude.

Si les gouvernements européens et américains bouchent leurs oreilles à nos cris, peut-être que les chrétiens qui survivent encore dans l’Occident matérialiste voudront bien élever leurs prières pour obtenir notre protection.

Les radios locales modifient-elles leurs programmes en raison des événements ?

Les radios locales, surtout la chaîne « Al Dounia », ont bien développé leur moyens de diffusion. Au cours d'émissions récentes, les journalistes syriens de confession chrétienne se sont efforcés de faire ressortir les faits trahissant les manipulations de l’information par les médias occidentaux. Des commentateurs politiques éminents tels que Michel Samaha, Anis Naqach, Rafiq Lotf…et bien d'autres interviennent régulièrement sur les ondes.

La population chrétienne de Syrie prend conscience de la nécessité d’avoir une source fiable. Elle devient sceptique à l’égard de la presse occidentale. On peut même dire qu’un grand nombre de personnes, au sein de la minorité chrétienne, ressent un fort sentiment d’injustice et de mensonge.

Les programmes d'Al Dounia se concentrent sur : l'exaltation du patriotisme, l'encouragement à l'unité nationale, la faveur aux rencontres entre religieux islamo-chrétiens et les réunions tenues dans les Eglises et les Mosquées. Des appels sont lancés en direction des éléments armés, vierges de crimes commis, afin qu’ils déposent les armes en échange d’un engagement de non-poursuite par les autorités.

Sur cette même radio, on commence à entendre des critiques plus ou moins sévères des ministres et responsables qui se sont laissés entrainés dans la violence.

Le Veilleur de Ninive.

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