mercredi 27 juin 2012

Un regard chrétien sur les évènements de Syrie.

Sur cette page nous avions communiqué un texte de Monsieur C.C. dans son intégralité sans la moindre modification. L'auteur, suite à une polémique sans doute sévère, nous a demandé de retirer le texte ce que nous avons fait. Toutefois, nous conservons la réponse qui lui fut faite par un chrétien syrien sur notre blog.  

Il se peut que la réponse au texte de Monsieur C.C. ne soit pas tout à fait compréhensible. Nous serons gré aux lecteurs de bien vouloir nous comprendre. 

Le contexte émotionnel et le brouillard pesant sur les informations relatives à la situation syrienne  peuvent entraîner des erreurs de jugement. Un grande humilité est nécessaire dans ces circonstances.

J'ai lu avec attention le document de Monsieur C.C. que vous avez publié avant de le retirer à la demande de son auteur. Ce qui m'a le plus surpris, ce sont les positions et déclarations rapportées de Monseigneur Zenari, Nonce Apostolique en Syrie.

Avant de communiquer ma réponse ici bas, j'assure n'être en rien un soutien du parti Baath et de son Président au pouvoir en Syrie. Je fais partie de la majorité silencieuse syrienne qui aspire à la paix, à la sécurité et à la cohabitation sincère et harmonieuse entre musulmans et chrétiens. 

Je dirais ensuite que nous chrétiens de Syrie, nous sommes prêts à nous « priver de liberté et de démocratie   » si toutes deux doivent être « accordées aux Salafistes » au prix de la disparition des chrétiens de Syrie. 

Tout d'abord selon les termes de C.C., Monseigneur Zenari qui défendrait « les bonnes dispositions de l'opposition syrienne à l'égard des chrétiens » semble ne pas s'attarder sur le cas de l'Egypte d'où j'ai reçu plusieurs messages de prêtres qui témoignaient d'une grande inquiétude face aux islamistes et aux frères musulmans. Nos prises de position en Syrie sont très influencées par le sort qui fut réservé aux chrétiens d'Irak qui continuent à chercher l'exil.

Dans mon argumentation, je me réfère aux positions de Monseigneur J. Nazaro, l'Evêque Latin de Syrie, qui s'est vu, à plusieurs reprises, refuser la publication de messages adressés à la presse italienne. Il était alors le premier à vouloir évoquer la présence de salafistes en Syrie qui se disaient désireux de « purifier la terre de l'islam » de la présence des infidèles.

Je me réfère également aux fatwa des Imams saoudiens appelant à la « guerre sainte contre les infidèles » et proclamant qu'il ne pouvait y avoir en Orient qu'une seule religion et que les chrétiens devaient se convertir a l'Islam qui reconnait les religions du « livre ».

Il est certain qu'il y a de bons musulmans, sincèrement « tolérants » ; nous en connaissons tous mais le courant salafiste sème  la haine, cultive la rancune, recherche les disputes et considère les chrétiens comme des traîtres à la solde de l'Occident"; on les considère les complices des anciens « Croisés » qui voulaient envahir la terre d'islam.

Il serait bon, pour le nonce apostolique en Syrie, d'effectuer un tour dans la campagne syrienne et de se mettre à l'écoute de certaines mosquées d'Alep notamment les mosquées du quartier de Salah-Eddine et de bien entendre les prédications des Imams appelant lors de la prêche du Vendredi à la « guerre sainte ».

Rappelons seulement au nonce les slogans des islamistes au début de la rébellion : « El alawi fi taboutt wal al-massihi fi Bairut » (L'alaouite dans le cercueil et le chrétien à Beyrouth).

A Alep, nous commençons même à entendre des appels lancés en direction des propriétaires musulmans d'entreprises pour qu'ils chassent les chrétiens; ces appels soutenant que c'est un devoir de Foi de le faire. A Idlib, les Salafistes ont menacé les institutrices d'écoles tout en leur donnant le choix entre se convertir à l'Islam ou quitter la ville. En plus de cette appel, ils ont imposé le voile aux chrétiennes.

Ces arguments tout à fait justifiés ne nous dispensent pas de rappeler la corruption considérable qui affecte  la société syrienne ou encore les problèmes économiques que l'on peut attribuer à diverses causes dont la polygamie, les familles très nombreuses avec plus de 10 enfants, l'état de guerre sans fin (depuis 1967), la corruption des dirigeants du parti, qui sont toutes des raisons valables auxquelles viennent s'ajouter les sanctions récentes contre le régime et qui ne touchent que le peuple.

Même les non-défenseurs du régime, parmi lesquels je me place, doivent reconnaître que des reformes sont en cours qui peuvent changer et améliorer la situation.

Aujourd'hui l'Occident s'en prend à la Syrie; pourquoi ne fait-il pas de même avec le régime saoudien ou qatari dont on connait l'intégrisme et le fanatisme et leur financement de la rébellion syrienne. 

Ici personne ne croit que l'Occident, par ses prises de position, cherche le bien du peuple syrien. Nous avons vu les Occidentaux agir en Libye et en Irak. L'Occident ne veut que détruire la Syrie.

Pourquoi refuse t-on, dans les média occidentaux, des communications écrites ou orales qui soient tant soit peu neutres ou d'un avis différent de la politique des Etats ? Un journaliste français de notre connaissance fut accusé d'avoir  « attrapé le virus de Bashar » après avoir essuyé un refus de publication.

Certes Monseigneur Zenari peut ne pas partager les positions du Patriarche Grégoire III et celles de Monseigneur Jeambart, respectivement Patriarche et Evêque d'Alep pour les Grecs Melkites Catholiques mais il ne dit pas ce qu'il pense des déclarations du patriarche Maronite Monseigneur Raï qui, à la suite de sa nomination, avait déclaré que si le régime syrien n'était pas démocratique, il était le plus tolérant des régimes envers les chrétiens de Syrie. 

Auparavant en Syrie, c'était comme en Egypte; on ne pouvait construire des églises. A présent, nous chrétiens, avons les droits de tous les citoyens. Avec les salafistes, ce ne sont pas seulement les chrétiens qui seraient menacés mais, également , les grandes figures de l'Islam éclairé comme le Grand Mufti de Syrie.

Mgr Zenari n'est pas sans ignorer l'histoire des chrétiens syriens qui nous fait remonter à des évènements violents passés : le génocide arménien et syriaque par les ottomans, les massacres de Damas et d'Alep en 1860; les persécutions des chrétiens par les Mamelouks et les Seldjoukides sans omettre les tragiques conséquences des croisades sur les chrétiens de nos pays...

Concernant le Père Paolo Dal-Oglio; il a tout mon respect pour ce qu'il a réalisé mais a-t-il le droit de s'en prendre à ceux qui lui ont offert l'hospitalité ? Il a tendance à vivre dans un monde abstrait et à se nourrir d'un amour « platonique » entre chrétiens et musulmans. A cause de cela, il s'est heurté aux chrétiens syriaques, il a été la cause du départ de Monseigneur Batikha, ancien évêque de Homs. Certes, il a innové par l'institution d'un ordre monastique mixte en Syrie mais est-ce réaliste d'avoir des moines et des moniales vivants sur un même lieu ? Par ses gestes, le Père Paolo a eu prétention à connaître la Syrie mieux que les syriens. Ses projets ont été très identifiés à sa personne mais que restera-t-il de ses projets après son départ ? 

Je crains que la position de Monseigneur Zenari soit de nature plus diplomatique qu'humaine. Il ménage l'opposition et l'avenir....sans garanties toutefois. Nous qui vivons le quotidien de la guerre rebelle-répressive de Syrie, nous lançons un appel aux Occidentaux pour qu'ils  ouvrent les yeux. Qu'ils ne prennent pas le risque d'être les témoins silencieux de l'extinction du christianisme en Orient. En Orient, il y a des situations  où nous ne pouvons nous payer le luxe de ménager les uns et les autres...nous avons urgemment besoin de garanties. 

On nous a dit que l'Occident moderniste a une grande faculté à renier le passé.  Par quelques lois, les Occidentaux parviennent à effacer l'essentiel de leur passé religieux, culturel, voire économique alors que leurs pays furent, dans le passé, si grands et si généreux. Désormais, voilà les pays occidentaux oublieux de leurs racines chrétiennes et des engagements de leurs ancêtres à l'égard des chrétiens de Syrie et de Terre-Sainte; les voilà totalement abandonnés à un objectif abstrait qu'il est convenu d'appeler la « mondialisation ». Est-ce vrai ?
Un chrétien Syrien qui a demandé l'anonymat.

2 commentaires:

  1. j'ai lu attentivement les deux témoignages, j'ai tendance à pencher pour le second...
    merci pour ces informations

    Trianon ( du Mans...)

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  2. Monsieur Christian Cannuyer vient d’envoyer à certains sites le « rectificatif » suivant qui, malgré les signes de bonne volonté et de conciliation qu’il émet, est loin d’expliquer comment les paroles d’un Nonce dans le cadre d’une réunion de travail à huis clos à Rome, sont colportées, voire défigurées, alors que la consigne des réunions « officielles » veut qu’on ne publie pas sans permission expresse le texte écrit des allocutions. De plus :

    - Dans sa rectification Monsieur Cannuyer dope ses lecteurs en imputant la responsabilité de ce qu’il transmet tantôt au Nonce, tantôt à des « distorsions du texte, raccourcis ou amalgames malencontreux » qu’il récuse. De cette manière Monsieur Cannuyer « fuit en avant » et met en cause, en plus du Nonce, les personnes qui ont reçu son texte ou les sites qui l’ont publié. Nous avons demandé à Monsieur Cannuyer la version « intacte » de son texte pour asseoir notre jugement mais nous n’avons pas obtenu gain de cause.
    - Dans sa rectification Monsieur Cannuyer continue de promouvoir son analyse personnelle de la situation en Syrie comme si elle était différente ou antagoniste avec celle de la hiérarchie locale. Or, les textes officiels de la hiérarchie locale lui ont été envoyés par deux fois et les positions des personnalités qu’il incrimine lui ont été explicitées. Rien dans ces textes et ces positions ne contredit les thèses qu’il défend. En se campant sur ses positions, malgré ces éclaircissements, Monsieur Cannuyer relativise l’œuvre et le témoignage de l’Eglise locale au profit de prises de positions carrément politiques et partisanes, maquillées par une sollicitude déplacée envers les chrétiens d’Orient dans la mesure où il s’immisce dans les affaires des Eglises locales en modérateur, ce qu’il n’est pas.

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