vendredi 29 juin 2012

Je ne comprends pas….

Que de questions la politique actuelle des Etats soulève. Face au drame syrien tant d’hésitations, tant de prudence, tant d’interrogations…au point que la suspicion finit par accompagner chaque pas, chaque pensée, chaque commentaire....Autant dire que je ne comprends pas....

Si je comprends que la dictature use de la force car c’est le propre d’une dictature, je ne comprends pas qu’un mouvement de contestation se disant spontané et démocratique devienne, en quelques mois, une force militaire aussi redoutable que la dictature qu'elle combat.

Si je comprends qu’il faille transformer la dictature syrienne en démocratie, je ne comprends pas pourquoi il faille la remplacer par la dictature salafiste.

Si je comprends qu’il faille se méfier de la politique nationaliste, je ne comprends pas pourquoi il faille lui préférer l’expansionnisme salafiste encouragé par l’alliance impérialiste qui a fait la guerre de Libye.  

Si je comprends qu’il faille faire rentrer la Syrie dans plus de modernité, je ne comprends pas pourquoi l’Arabie et ses alliés qataries, américains, israéliens et européens doivent reconquérir la Syrie comme au moyen-âge du temps du Prophète.

Si je comprends que les Etats aient à s’ouvrir à l’universel en conservant la diversité, je ne comprends pas comment l’idéal maçonnique de mondialisation s'accorde avec le mondialisme salafiste qui vise à islamiser à outrance les gouvernements et les territoires sous son emprise.

Si je comprends que les gouvernements en place aient obligation à pratiquer la justice envers tous les citoyens quels que soient leurs particularités, je ne comprends pas pourquoi le pouvoir doit changer de mains en fonction de la majorité confessionnelle.

Si je comprends que les peuples aient le droit d’exprimer leurs insatisfactions, je ne comprends pas pourquoi les Etats étrangers sont autorisés à encourager l’insatisfaction locale pour faire renverser les régimes en place. Autrefois cela s'appelait l’impérialisme...Aujourd'hui, nous pouvons dire « impérialisme par tiers interposé ».

Si je comprends que les pays aient à pratiquer une certaine ouverture en matière de politique d’immigration, je ne comprends pas pourquoi les musulmans revendiquent le pouvoir dès qu’ils deviennent majoritaires dans un pays.

Si j’ai compris que les européens athées (nazi) ont persécuté les juifs, je ne comprends pas pourquoi ces mêmes européens athées font payer aux palestiniens par leur politique inique exclusivement favorable à Israël, la réparation de leur crimes.

Si je comprends que les Etats anciennement colonialistes cherchent à racheter leurs emprises naguère sur les populations musulmanes, je ne comprends pas pourquoi ils sacrifient les chrétiens d’Orient en favorisant l’extrême islam.

Si je comprends que les Chrétiens d’Orient aient des craintes et soient prudents face à « l’islam absolu », car l’histoire montre qu’ils ont souvent soufferts des fanatiques, je ne comprends pas pourquoi, en pays d’islam on ne les protège pas plus, continuant à les maltraiter alors qu’ils ne sont guère un danger pour les musulmans.

Si je comprends que le gouvernement français puisse recevoir des membres du Conseil National Syrien, je ne comprends pas pourquoi il ne réserve pas le même traitement aux officiels du gouvernement de Damas.

Si je comprends toujours pourquoi le gouvernement français veut rencontrer une des parties en conflit, je ne comprends pas pour quelles raisons il cautionne un mouvement qui cherche à s’emparer du pouvoir par la violence comme firent naguère les nazis de leurs Institutions.

Si je comprends que les Occidentaux contestent la « dynastie » Assad, je ne comprends pas pourquoi ils ne contestent pas les dynasties saoudienne et qatarie.

Si je comprends qu’en France l’on ne veuille pas revenir au nationalisme allemand, je ne comprends pas pourquoi on favorise et encourage le nationalisme bouillonnant que constitue l’Islam dans une société multiconfessionnelle.

Si je comprends que dans cette même France, des personnes ne soutiennent pas le front dit national, je ne comprends pas comment ces mêmes politiciens n’élèvent guère de cris face aux dangers du nationalisme islamique, salafiste et mondialiste.

Si vous êtes comme moi et que vous ne comprenez pas le mensonge, mettez-vous sur un chemin de vérité. On y arrive par la formation aux écritures saintes, la pratique des sacrements, la charité envers toutes personnes et la rupture avec les comportements, les instruments et les structures de mensonge.

Le Veilleur de Ninive

mercredi 27 juin 2012

Un regard chrétien sur les évènements de Syrie.

Sur cette page nous avions communiqué un texte de Monsieur C.C. dans son intégralité sans la moindre modification. L'auteur, suite à une polémique sans doute sévère, nous a demandé de retirer le texte ce que nous avons fait. Toutefois, nous conservons la réponse qui lui fut faite par un chrétien syrien sur notre blog.  

Il se peut que la réponse au texte de Monsieur C.C. ne soit pas tout à fait compréhensible. Nous serons gré aux lecteurs de bien vouloir nous comprendre. 

Le contexte émotionnel et le brouillard pesant sur les informations relatives à la situation syrienne  peuvent entraîner des erreurs de jugement. Un grande humilité est nécessaire dans ces circonstances.

J'ai lu avec attention le document de Monsieur C.C. que vous avez publié avant de le retirer à la demande de son auteur. Ce qui m'a le plus surpris, ce sont les positions et déclarations rapportées de Monseigneur Zenari, Nonce Apostolique en Syrie.

Avant de communiquer ma réponse ici bas, j'assure n'être en rien un soutien du parti Baath et de son Président au pouvoir en Syrie. Je fais partie de la majorité silencieuse syrienne qui aspire à la paix, à la sécurité et à la cohabitation sincère et harmonieuse entre musulmans et chrétiens. 

Je dirais ensuite que nous chrétiens de Syrie, nous sommes prêts à nous « priver de liberté et de démocratie   » si toutes deux doivent être « accordées aux Salafistes » au prix de la disparition des chrétiens de Syrie. 

Tout d'abord selon les termes de C.C., Monseigneur Zenari qui défendrait « les bonnes dispositions de l'opposition syrienne à l'égard des chrétiens » semble ne pas s'attarder sur le cas de l'Egypte d'où j'ai reçu plusieurs messages de prêtres qui témoignaient d'une grande inquiétude face aux islamistes et aux frères musulmans. Nos prises de position en Syrie sont très influencées par le sort qui fut réservé aux chrétiens d'Irak qui continuent à chercher l'exil.

Dans mon argumentation, je me réfère aux positions de Monseigneur J. Nazaro, l'Evêque Latin de Syrie, qui s'est vu, à plusieurs reprises, refuser la publication de messages adressés à la presse italienne. Il était alors le premier à vouloir évoquer la présence de salafistes en Syrie qui se disaient désireux de « purifier la terre de l'islam » de la présence des infidèles.

Je me réfère également aux fatwa des Imams saoudiens appelant à la « guerre sainte contre les infidèles » et proclamant qu'il ne pouvait y avoir en Orient qu'une seule religion et que les chrétiens devaient se convertir a l'Islam qui reconnait les religions du « livre ».

Il est certain qu'il y a de bons musulmans, sincèrement « tolérants » ; nous en connaissons tous mais le courant salafiste sème  la haine, cultive la rancune, recherche les disputes et considère les chrétiens comme des traîtres à la solde de l'Occident"; on les considère les complices des anciens « Croisés » qui voulaient envahir la terre d'islam.

Il serait bon, pour le nonce apostolique en Syrie, d'effectuer un tour dans la campagne syrienne et de se mettre à l'écoute de certaines mosquées d'Alep notamment les mosquées du quartier de Salah-Eddine et de bien entendre les prédications des Imams appelant lors de la prêche du Vendredi à la « guerre sainte ».

Rappelons seulement au nonce les slogans des islamistes au début de la rébellion : « El alawi fi taboutt wal al-massihi fi Bairut » (L'alaouite dans le cercueil et le chrétien à Beyrouth).

A Alep, nous commençons même à entendre des appels lancés en direction des propriétaires musulmans d'entreprises pour qu'ils chassent les chrétiens; ces appels soutenant que c'est un devoir de Foi de le faire. A Idlib, les Salafistes ont menacé les institutrices d'écoles tout en leur donnant le choix entre se convertir à l'Islam ou quitter la ville. En plus de cette appel, ils ont imposé le voile aux chrétiennes.

Ces arguments tout à fait justifiés ne nous dispensent pas de rappeler la corruption considérable qui affecte  la société syrienne ou encore les problèmes économiques que l'on peut attribuer à diverses causes dont la polygamie, les familles très nombreuses avec plus de 10 enfants, l'état de guerre sans fin (depuis 1967), la corruption des dirigeants du parti, qui sont toutes des raisons valables auxquelles viennent s'ajouter les sanctions récentes contre le régime et qui ne touchent que le peuple.

Même les non-défenseurs du régime, parmi lesquels je me place, doivent reconnaître que des reformes sont en cours qui peuvent changer et améliorer la situation.

Aujourd'hui l'Occident s'en prend à la Syrie; pourquoi ne fait-il pas de même avec le régime saoudien ou qatari dont on connait l'intégrisme et le fanatisme et leur financement de la rébellion syrienne. 

Ici personne ne croit que l'Occident, par ses prises de position, cherche le bien du peuple syrien. Nous avons vu les Occidentaux agir en Libye et en Irak. L'Occident ne veut que détruire la Syrie.

Pourquoi refuse t-on, dans les média occidentaux, des communications écrites ou orales qui soient tant soit peu neutres ou d'un avis différent de la politique des Etats ? Un journaliste français de notre connaissance fut accusé d'avoir  « attrapé le virus de Bashar » après avoir essuyé un refus de publication.

Certes Monseigneur Zenari peut ne pas partager les positions du Patriarche Grégoire III et celles de Monseigneur Jeambart, respectivement Patriarche et Evêque d'Alep pour les Grecs Melkites Catholiques mais il ne dit pas ce qu'il pense des déclarations du patriarche Maronite Monseigneur Raï qui, à la suite de sa nomination, avait déclaré que si le régime syrien n'était pas démocratique, il était le plus tolérant des régimes envers les chrétiens de Syrie. 

Auparavant en Syrie, c'était comme en Egypte; on ne pouvait construire des églises. A présent, nous chrétiens, avons les droits de tous les citoyens. Avec les salafistes, ce ne sont pas seulement les chrétiens qui seraient menacés mais, également , les grandes figures de l'Islam éclairé comme le Grand Mufti de Syrie.

Mgr Zenari n'est pas sans ignorer l'histoire des chrétiens syriens qui nous fait remonter à des évènements violents passés : le génocide arménien et syriaque par les ottomans, les massacres de Damas et d'Alep en 1860; les persécutions des chrétiens par les Mamelouks et les Seldjoukides sans omettre les tragiques conséquences des croisades sur les chrétiens de nos pays...

Concernant le Père Paolo Dal-Oglio; il a tout mon respect pour ce qu'il a réalisé mais a-t-il le droit de s'en prendre à ceux qui lui ont offert l'hospitalité ? Il a tendance à vivre dans un monde abstrait et à se nourrir d'un amour « platonique » entre chrétiens et musulmans. A cause de cela, il s'est heurté aux chrétiens syriaques, il a été la cause du départ de Monseigneur Batikha, ancien évêque de Homs. Certes, il a innové par l'institution d'un ordre monastique mixte en Syrie mais est-ce réaliste d'avoir des moines et des moniales vivants sur un même lieu ? Par ses gestes, le Père Paolo a eu prétention à connaître la Syrie mieux que les syriens. Ses projets ont été très identifiés à sa personne mais que restera-t-il de ses projets après son départ ? 

Je crains que la position de Monseigneur Zenari soit de nature plus diplomatique qu'humaine. Il ménage l'opposition et l'avenir....sans garanties toutefois. Nous qui vivons le quotidien de la guerre rebelle-répressive de Syrie, nous lançons un appel aux Occidentaux pour qu'ils  ouvrent les yeux. Qu'ils ne prennent pas le risque d'être les témoins silencieux de l'extinction du christianisme en Orient. En Orient, il y a des situations  où nous ne pouvons nous payer le luxe de ménager les uns et les autres...nous avons urgemment besoin de garanties. 

On nous a dit que l'Occident moderniste a une grande faculté à renier le passé.  Par quelques lois, les Occidentaux parviennent à effacer l'essentiel de leur passé religieux, culturel, voire économique alors que leurs pays furent, dans le passé, si grands et si généreux. Désormais, voilà les pays occidentaux oublieux de leurs racines chrétiennes et des engagements de leurs ancêtres à l'égard des chrétiens de Syrie et de Terre-Sainte; les voilà totalement abandonnés à un objectif abstrait qu'il est convenu d'appeler la « mondialisation ». Est-ce vrai ?
Un chrétien Syrien qui a demandé l'anonymat.

mardi 26 juin 2012

Syrie : Les jeunes face au problème du chômage et de l'oisiveté.

Dans le texte qui suit, nous nous sommes concentrés sur la vie des jeunes syriens chrétiens en proie aux conséquences du conflit rébellion-répression et qui, de ce fait, rencontrent des difficultés cruelles. Quelle est leur situation face à l’emploi ? Quels problèmes rencontrent-ils face à la nécessité impérieuse de s'occuper ?

Abordons la question du travail et interrogeons-nous sur les métiers dans lesquels les jeunes syriens peuvent espérer quelques débouchés. A contrario, quelles sont les métiers les plus pénalisés par la situation et desquels se détournent les jeunes par manque d’activité et d’emplois ?

Pris dans la dynamique négative rébellion-répression et l'incertitude pesant sur l'avenir, les jeunes syriens, quelque soit leur confession, s'efforcent de devenir fonctionnaire de l’Etat. Ainsi retrouve t-on sur les rangs des candidats à l'Administration un nombre très élevé d'inscrits pouvant atteindre 80.000 personnes pour 200 à 300 postes ouverts par an. En conséquence, l’accès à ces postes ne se fait pas sur des critères de compétences mais passe par des relations puissantes, appelées plus communément « pistons ».

On constate qu’actuellement, la majorité des jeunes sont des ouvriers du secteur privé aux rémunérations très faibles. Par ailleurs, on estime qu’un grand nombre d’ouvriers syriens, plus de 600.000, travaillent au Liban voisin et que d’autres encore se rendent dans les pays du Golfe pour y exercer. On estime leur nombre à 130.000 travailleurs.

Parmi les métiers répandus dans les communautés chrétiennes, il y a celui de chauffeur de taxi ou de mécanicien (particulièrement recherché par les chrétiens-arméniens).  Bien des jeunes chrétiens sont aussi dans l’informatique mais la fermeture des hôtels et la cessation de l’activité touristique a entraîné la mise au chômage d'un certain nombre d'informaticiens. 

Le problème de l’emploi pèse surtout sur les jeunes qui ont fini leurs études sans avoir encore effectué leur service militaire ; ils ne peuvent aucunement trouver du travail en raison du service qui les attend, ce qui les met dans une situation financière parfois dramatique; En raison de la hausse du coût de la vie, ils n’ont plus les moyens de vivre au quotidien. Inutile de dire que la perspective de fonder une famille s’éloigne sans compter les regrets qui les rongent d’avoir, pour certains, poursuivi des études de longue durée.

Face à la situation très difficile de l'emploi privé, quel est le rôle comme employeur de l'Administration publique ?

L'administration publique souffre du poids considérable que représentent les nombreux fonctionnaires, dont un certain nombre est nommé par le parti au pouvoir. Actuellement, ils reçoivent leurs salaires sans avoir à se rendre au bureau.

Aux fonctionnaires de l’administration s'ajoutent en Syrie de nombreux employés d'entreprises étatiques qui sont actives dans quelques branches, telles que la fabrication du coton, du verre, du papier, du sucre, mais aussi dans les travaux publics ou la production pétrolière et électrique.

Un des drames de cette administration réside dans la corruption des fonctionnaires qui la ronge. Au sein des douanes, de la police, de l’administration fiscale, des municipalités, de l’enseignement, des pourboires (bakhchiches) indispensables au succès des démarches, sont souvent distribués qui procurent à leurs bénéficiaires, un doublement voir un triplement du salaire.

Actuellement, en raison du décès de nombreux policiers et de membres des services d’ordre, le recrutement par les Ministères de l'Intérieur et de la Défense est en croissance pour remplacer par des jeunes les Agents tombés sous la violence.

L'emploi privé ou public étant incapable de résorber les besoins en travail, y aurait-il d'autres initiatives pour éviter que ces la jeunesse ne tombent dans l'oisiveté et le désespoir ? Les réunit-on pour effectuer des tâches en commun ?

Dans le contexte très difficile de l'heure, comment faire pour occuper les jeunes ?  Vaste question, mais si nous limitons notre propos au travail effectué par les Eglises, nous devons évoquer les « clubs de jeunes » et les mouvements de jeunesse (JEC, JUC, JOC, Scoutisme, Légion de Marie, Catéchisme et Chant choral) qui demeurent actifs. L’été venu et en temps normal, de nombreuses colonies de vacances sont organisées. Elles seront très sensiblement réduites cette année.

Au sein de certaines Eglises/Paroisses, des « bureaux de l’emploi » ont été créés au bénéfice des jeunes. Les patrons d’entreprises, d'usines, d'ateliers mécaniques, les sociétés qui disposent de services informatiques, ou encore les écoles s’adressent à ces bureaux pour recruter.

La situation des jeunes filles est parfois plus alarmante car ces dernières ne trouvent pas la plupart du temps, du travail ; les mariages quant à eux se font plus rares et difficiles. Des membres du clergé ont créé dans les paroisses des ateliers de couture, auxquels les commerces de vêtements et de mode viennent passer leurs commandes.

Les sociétés de bienfaisance financent de petits projets ; avant le déclenchement de la rébellion, une certaine « industrialisation » du travail à domicile commençait à voir le jour (bijouterie, couture, leçons particulières, etc…). Actuellement ces initiatives sont refroidies.

Quand l'administration publique est paralysée et que l'emploi fait défaut, on pense au volontariat, qu'en est-il dans ce pays où les chrétiens sont pris en tenaille par la confrontation rébellion-répression ?

Hélas le volontariat est d'un faible niveau en raison des évènements qui centrent les esprits des personnes et des familles sur leurs problèmes immédiats. Il y a toutefois des cas individuels notamment d'ingénieurs qui proposent leurs services bénévolement.

Le volontariat bénévoles la plupart du temps, s'exerce dans les paroisses chrétiennes; mais la vie paroissiale suit-elle son cours normal ? Des menaces ne pèseraient-elles pas sur elles ?

Actuellement dans les grandes villes de Damas ou Alep, il n’y a pas réellement de menaces sur les paroisses bien qu’une certaine inquiétude règne. En revanche, dans les régions réputées plus « chaudes », dans les villes de Homs, Hama, Idlib, le Sud de la Syrie et Deir es-Zor, les menaces sont réelles. Non seulement les paroisses deviennent à hauts risques, mais les jeunes ont tendance à déserter ces villes. Ailleurs, où la sécurité est plus sûre, les chrétiens redécouvrent leur paroisse et l’apprécie « comme une grande famille ».

En outre, la solidarité interchrétienne s’est renforcée. Des membres aisés de nos Eglises offrent argent et travail. Citons la société de Monsieur Georges Salem à Alep qui a mis à la disposition des Curés des petites bourses destinées aux familles pauvres.

La vie paroissiale semble ne pas être trop affectée par les troubles. Si les jeunes fréquentent moins les églises le dimanche, quelques religieux et prêtres ont en revanche su en attirer un certain nombre par des liturgies plus vivantes et plus adaptées à leur mentalité. C'est le cas du monastère de Mar Moussa El-Habashi, du Père Zehlawi ou encore des petites sœurs de Charles de Foucault à Damas; tous trois sont  des exemples et des facteurs incitatifs à ces adaptations liturgiques. La liturgie quotidienne est pratiquée par les personnes âgées qui se rendent à l'église pour divers mobiles naturellement, certains pour uniquement s'occuper; nous dirions qu'il s'agit d'une bonne manière de s'occuper.

Grâce aux réseaux sociaux on voit apparaître une sorte de « dialogue électronique » permettant aux jeunes de s'exprimer et aux prêtres d'enseigner et de prêcher mais ce genre d'échanges ouvre parfois la voie à des contenus négatifs qui ne sont pas constructifs.

A Damas et Alep, l'église de Syrie doit désormais affronter des « mouvements » qui se revendiquent du christianisme mais qui sont en réalité très critiques à l’égard du clergé et des sacrements. Ces mouvements attirent à eux les jeunes qu’ils détournent de la fréquentation de l’Eglise syrienne en exploitant la pauvreté, le vide et le mécontentement régnant dans le pays. A Alep, un de ces mouvements est en plein développement; il est connu sous le nom de « Yasou’, Nour al-Alam » (Jésus, lumière du monde). Ces « nouvelles églises » sont désormais reconnues par le régime comme « Evangéliques ». Elles sont riches pour recevoir régulièrement des sommes importantes de l’étranger.

On constate que le conflit rampant rébellion-répression est une négation de la jeunesse syrienne quelque soit la confession; or c'est à la jeunesse que le pouvoir appartient; les jeunes sont les propriétaires de l'avenir et pour eux principalement, ce misérable conflit qui n'a rien de démocratique, les démocrates n'ont pas recours à la violence, doit prendre fin.

lundi 25 juin 2012

Syrie : Lettre du Pasteur Evangélique d'Alep au Chef des Observateurs de l'ONU.

Le Pasteur Ibrahim Nassir, Directeur Spirituel de l'Eglise Evangélique arabe à Alep, a adressé le courrier suivant à Monsieur Robert Maude, Chef des Observateurs de l'ONU envoyés en Syrie. (Nous vous le livrons dans une traduction par le Veilleur de Ninive à partir du texte arabe).

Cher Monsieur Robert Maude,

En 1997, j'ai été diplômé de l'Ecole de théologie du Proche-Orient et je suis devenu Pasteur par vocation. Ma mission est de proclamer avec authenticité la Parole du Christ, une parole vivante appellant à la réconciliation.

C'est avec joie [car nous avons besoin d'entendre des voix qui proclament la vérité] que je vous ai entendu dire au monde entier, qu'en Syrie "la Patrie de Jésus", se trouvaient des groupes armés et des "gangs" qui tuaient femmes, enfants et personnes âgées. Très certainement, vous avez prêté oreille, comme ce fut le cas pour le peuple syrien, au discours de Mme Hillary Clinton qui appelait ces groupes armés à ne pas abandonner leurs armes, en dépit du fait que le Président de la République arabe syrienne, Bachar al-Assad, avait promis le pardon à ceux les déposaient.

Le monde entier assiste à cette étrange alliance entre un pays qui a adopté, depuis longtemps, la démocratie laïque (les Etats-Unis) et un autre pays qui empêchent les femmes de conduire des voitures (Arabie-Saoudite); malheureusement, le titre de cette alliance s'intitule : "Tuer le peuple syrien avec des armes américaines et l'argent des pays du Golfe".

Monsieur Maude, avec amour et respect, je vous implore de poursuivre à dire la vérité autour de vous, parce que vous êtes un homme politique et un officier de surcroît et que je ne le suis pas.

Je vous rappelle que lorsque les tours du World Trade Center avaient été mises à terre le 11 Septembre 2001 par un groupe de fondamentalistes qui avaient ainsi tué plus de 3.000 innocents, le Gouvernement des USA avait créé un ministère particulier pour prendre en mains la sécurité du pays; ce ministère avait alors sollicité près de dix millions de citoyens pour assurer sa mission. Les Etats-Unis avait mobilisé un agent pour 30 citoyens en vue de capturer tous terroristes qui s'attaqueraient aux citoyens américains sur le sol américain. 

A présent, dites-nous ce qu'a fait de pire la Syrie pour que l'Occident dans son ensemble, les Etats-Unis en particulier, coopère avec Al-Qaïda dans cette guerre contre notre pays ? Je n'oublie pas non plus de rappeler que l'Arabie-Saoudite et le Qatar sont les pourvoyeurs des fonds couvrant cette guerre.

En conclusion: M. Maud, avec amour, j'aimerais rappeler le passage des Evangiles où Jésus-Christ porta des coups de fouet et chassa les vendeurs du Temple après avoir renversé les tables des changeurs; ce passage est éloquent ; il montre le Fils de Dieu se révoltant contre l'injustice faite à son Père du ciel; Allez-vous faire pareil ?

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jeudi 21 juin 2012

Le Patrimoine architectural syrien également en danger.

Les nouvelles en provenance de Syrie sont mauvaises et inquiétantes à tous les niveaux. Sur la « terre des civilisations », l’antique et majestueuse histoire de Syrie ne saurait sortir indemne et rester à l’abri d’une guerre qui se déroule depuis près d’un an et demi sur son territoire. Les sites archéologiques les plus importants inscrits par l'UNESCO au patrimoine mondial sont désormais exposés aux balles et aux pillages lorsqu’ils n’en ont pas déjà soufferts.

Les missions internationales, Casques Bleus ou UNESCO, spécialisées dans la protection des sites archéologiques, n'ont pu encore avoir les mains suffisamment libres pour établir un rapport détaillé sur l’état des sites syriens. Les seules informations dont nous disposons proviennent de sites internet et de réseaux sociaux tels que Facebook ou encore de l’Agence Syrienne d’Information, enfin d’appels provenant d’Organisations internationales.

Ce sont ces sources-là qui furent l'objet de recherche par la britannique « Emma Cunliffe » de l'Université de Durham ; les résultats de ses travaux ont été publiés par le « Fonds Patrimonial Mondial » (Global Heritage Fund) dans un rapport détaillé sur l’état des sites archéologiques de Syrie.

Le rapport s’intitule : « Dommages à l'Esprit : le patrimoine culturel Syrien dans le conflit ». Il décrit, en fonction des causes, sur une cinquantaine de pages, les dégâts occasionnés sur les sites par la guerre. Certaines régions archéologiques furent soumises aux bombardements, d’autres utilisées comme positions militaires, d’autres encore ont été l’objet de nombreux pillages.


Les sites archéologiques utilisés comme positions militaires

Dans la région de Deir Al-Zor, le site de « Tal al-Sheikh Hamad » connu aussi sous le nom de la ville assyrienne de « Katlimo » fut transformé en champ de bataille par l'armée syrienne et les rebelles. Les affrontements eurent lieu au milieu du temple assyrien qui fut détruit. De même des combats se déroulèrent autour du site « Al-Moudiq » dans la ville d’Apamée où l’armée syrienne avait pris position dans le caravansérail tout comme son installation sur le site « d’Ibn Maan » qui se trouve dans l’antique ville de Palmyre. De nombreuses vidéo chargées sur la page internet « les sites de Syrie en danger » relatent les destructions ayant affecté les vestiges archéologiques.

Selon le rapport d’Emma Cunliffe, le positionnement de l’armée sur les sites archéologiques et la transformation de ceux-ci en positions militaires est ce qu’il y a de plus dangereux, par les effets de la guerre, sur le patrimoine archéologique.

Les armées ne se soucient guère de la nature du site lors de leurs manœuvres militaires. Les mouvements de véhicules militaires sont une des causes principales de destruction des vestiges. C'est le poids énorme des blindés et des transporteurs de troupes ainsi que leurs mouvements permanents qui conduit à l’enfouissement des restes déjà exhumés dans le sol. Au-delà de ces conséquences, il faut compter avec les actes illégitimes des soldats qui fouillent, à la recherche de pièces à vendre sur le marché de l'art, condamnant ainsi tout espoir de sauver le site.

Un autre problème recensé est celui de la concentration de forces militaires dans les villes principales comme Damas, Homs, Hama et Alep, Hassaké où les bâtiments historiques sont de même exposés à des dangers en raison de leur conversion en postes militaires. C’est le cas du Crac des Chevaliers qui, en raison de sa position géostratégique, est devenu un enjeu essentiel, objet de batailles entre les groupes armés surtout qu’il se trouve sur la route commerciale reliant Homs à l’intérieur de la Syrie ainsi qu’à la ville de Tripoli au Liban. Le Crac des Chevaliers constitue, du point de vue architectural, la forteresse la plus importante du Moyen-Orient ; elle date de l’époque franque. A ce jour, les rapports d’experts n’ont pas réussi à établir la profondeur des dégâts qui y furent causés. Selon le Docteur Bassem Al-Jamous, Directeur des Antiquités syriennes, les éléments armés ont chassé les fonctionnaires installés au Château et ont commencé des fouilles et le pillage.

Bombardement des sites archéologiques et de l'histoire

Les bâtiments religieux ne sont pas non plus sauvegardés.

Les dégâts ne se limitent pas aux sites archéologiques où se concentrent des groupes armés, mais à tous les autres édifices qui sont désormais directement ciblés.

Trois sites, classés dans le patrimoine mondial, ont été directement frappés au canon qui a atteint le tissu architectural des villes « d’Al-Birra », « Ain Al-Sibl », « Ain Al-Arouss »; toutes les trois remontent à la période byzantine et se trouvent en Syrie du Nord. Tandis que la ville de Bosra, dénommée durant la période ottomane, Bosra-Cham ou encore la « Damas Antique », elle compte parmi les sites les plus riches du Moyen-Orient quant à l’Organisation civile et urbaine de la Rome antique; ses bâtiments ont été très touchés par les bombardements.

Les édifices religieux ne sont guère épargnés. Au Couvent patriarcal de Sadnaya, les bombardements ont atteint la partie la plus ancienne du bâtiment qui date de 574 ap. J-C.. C'est un des plus vieux édifices chrétiens encore sur pieds dans le monde. De même que fut atteinte la mosquée de la ville de Deraa qui remonte à la période des Omayades. Cette mosquée est un des monuments islamiques les plus anciens de Syrie ; il fut construit du temps de « ‘Omar Ibn al-Khattab ». La Direction des Antiquités de Syrie avait prévenu que les édifices et vestiges archéologiques de Damas, Alep, Bosra, Palmyre, le Château de Salah Ed-Eddine, seraient des cibles pour les groupes terroristes.

Le vol des musées

Le vol le plus important reconnu par les autorités syriennes est celui de la statue d'or élevée au dieu araméen. Elle remonte au VIIIe siècle av. J-C. C’est un symbole parmi les symboles de la Syrie. Le vol de cette statue a été inscrit sur la liste rouge des pièces volées publiée par l'ICOM, le « Conseil International des Musées », en charge des la surveillance des musées dans le monde. L’ICOM en a également informé la police « Interpol » ainsi que « l’Organisation mondiale des douanes ». Bien que la statue soit l'une des pièces les plus recherchées depuis le mois de Décembre dernier, on ne l’a toujours pas retrouvée.

Les autorités syriennes ont signalé les vols dans les musées de Deir Al-Zor, de Ma'arat al-Naman, de Raqqa et du Château de Jaber. Des journalistes ont en outre fait savoir que des pillages avaient eu lieu dans les musées de Homs et Hama, il y a près d’un mois.

Les experts sont tombés d’accord sur le fait que ces vols ont pu se produire en raison de l’absence de mesures de sécurité dans les entrepôts du musée. De plus, en raison du manque de référencements et de photographies prouvant les droits à la propriété des musées, les objets sont dispersés dans les souks sans possibilité de récupération. Quant aux musées qui n’ont pas encore été touchés par les vols, leur personnel éprouve un inquiétude croissante sur l'avenir.

Au delà des vols, le musée d’Idlib a été touché par les bombardements. C’est en ce lieu que se trouvent les archives de la ville d’Ebla, vieille du troisième millénaire av. J-C., et où furent découverts des documents essentiels pour la connaissance de l’humanité et de la région.

C’est dans ce contexte, que l’article intitulé : « Les Antiquités syriennes sont en danger » publié sur Facebook, évoque la décision prise de transférer certaines pièces du musée d’Alep vers un lieu plus sûr. Cette décision fut confirmée plus tard par Mme Hebba Al-Sakhel, directrice des Musées de Syrie dans une interview accordée en Avril dernier, au cours de laquelle elle déclarait que certaines pièces allaient être sauvegardées dans le bâtiment de la Banque Centrale de Syrie. Elle rappelait en outre, que « les archéologues n'avaient pas encore creusé dans toutes les régions de Syrie ; elle affirmait : « où que l’on creuse, on pourrait découvrir des vestiges. Je pense que le pillage est l’action de citoyens syriens qui sont à la poursuite de profits matériels et n’ayant aucun souci du patrimoine et des conséquences sur le pays ».

L’absence d’une autorité centrale pourrait être la cause qui a favorisé l’extension des pillages sur les sites archéologiques, par utilisation de bulldozers, tel que l'ont révélé les images captées par satellites. Sur les sites, les images mettent en évidence des talus de terre pouvant atteindre jusqu’à quatre mètres, indiquant que des fouilles illégales ont lieu et leur rythme va croissant en particulier dans les provinces du nord d'Alep, de Deraa, de Deir Al-Zor, et de Qamishli.

Il est à noter que beaucoup de ces vols sont le résultat de la demande étendue du marché international des antiquités qui saisit l’occasion des guerres pour acheter tout ce qui est vendu. Les antiquités syriennes sont répandues sur les marchés et il est attendu à ce que l’offre s’accroisse dans les mois prochains.

Traduit de l'arabe par les soins du Veilleur de Ninive.

mercredi 20 juin 2012

Regard de Grégoire III, Patriarche pour les Grecs Catholiques sur la situation syrienne.


Source : (Info Syrie) - Le 19 Juin 2012 - Cet article a été emprunté au site Info-Syrie dont les auteurs nous sont inconnus. Nous avons pensé utile et même nécessaire d'en propager la teneur, en raison de l'autorité que représente le Patriarche et la singularité de son point de vue.

À l’occasion du synode des métropolites (archevêques) de l’Église  grecque catholique, dite encore « melkite », qui se tenait à Beyrouth, Mgr Grégoire III Laham, patriarche d’Antioche et de tout l’Orient, d’Alexandrie et de Jérusalem, a lancé, lundi 18 juin, un message clair de soutien à la Syrie telle qu’elle est et au processus de réforme initié par son président.

Agé de 78 ans, né à Damas, Grégoire III est patriarche de son Église depuis le 29 novembre 2000.  Cette dernière regrouperait 1 350 000 fidèles selon une estimation de 2005 : affiliée à Rome, elle est une des obédiences du catholicisme dit « oriental » et son siège est à Damas. Cette prise de position « pro-syrienne » n’a, il est vrai rien d’étonnant, Mgr Grégoire III étant à l’image de la communauté chrétienne syrienne qui n’est guère séduite (litote) par le radicalisme sunnite qui inspire l’essentiel de l »opposition armée et pas mal du CNS.

À Beyrouth, le patriarche d’Antioche « et de tout l’Orient » s’exprimait effectivement devant des dignitaires religieux catholiques venus de plusieurs pays arabes – outre la Syrie et le Liban, l’Égypte, la Palestine ou la Jordanie.

Dans un entretien accordé début février au grand quotidien libanais – plutôt de tendance pro-Hariri et anti-syrien, « L’Orient-Le Jour », le patriarche constatait que son pays était devenu l’otage des rivalités entre la Russie et les États-Unis. Et il se prononçait pour un changement interne en douceur, accompagné par Bachar. Sans doute un rien naïf, Grégoire III avait alors confié au journaliste Fady Noun que n’attendant rien des États-Unis, il mettait tous ses espoirs dans l’Europe, au nom du passé et du présent commun méditerranéen. Mais sans doute depuis le patriarche a-t-il eu le temps de revenir de ses illusions sur l’autonomie diplomatique des Européens par rapport aux Américains, et sur leur attachement à la cause des chrétiens d’Orient. Il est vrai que le chef spirituel reprochait déjà aux Européens de pousser les Syriens à la violence plutôt qu’au compromis. Aujourd’hui comme en février, Grégoire III préconise le dialogue entre Syriens, dans le respect du modèle laïc syrien.

Et il est quand même assez lucide sur la situation présente : en mai, dans un entretien accordé à un site catholique, il accusait les rebelles d’utiliser les catholiques comme boucliers humains face aux soldats de Bachar. Il dénonçait aussi les enlèvements nocturnes de fidèles et affirmait que la trêve était violée par les rebelles. Et affirmait ne pas croire à la responsabilité de l’armée dans la tuerie de Houla. Autant de réalités dont il a entretenu le pape Benoit XVI lors de l’entrevue que celui-ci lui a accordée le 15 mars. Le patriarche Grégoire III a notamment expliqué au souverain pontife que c’était aux Syriens seuls de trouver une solution quant à leur avenir. Benoit XVI l’a écouté attentivement.

Bref, le père spirituel des catholiques melkites est un vrai patriote syrien, modéré et partisan du dialogue entre ses compatriotes. Que n’écouteront donc jamais un Hollande, un Fabius, un Juppé.

mardi 19 juin 2012

Liban : Sommet islamo-chrétien.

Beyrouth (Liban) - Lundi 19 Juin 2012 - Un sommet islamo-chrétien a été organisé lundi 18 juin 2012 à la mosquée Mohammad el-Amine au centre-ville de Beyrouth, à l’invitation du mufti de Tripoli et du Nord, cheikh Malek Chaar, avec la participation de l’Église anglicane des États-Unis. Les débats étaient placés sous le thème «Comment musulmans et chrétiens font la paix». 

L’évêque grec-catholique de Zahlé et de Ferzol, Issam Darwiche, a déploré l’exode des chrétiens. «L’exode des chrétiens signifie que la société arabe deviendra uniforme et que le Moyen-Orient deviendra une société arabe musulmane», a-t-il. «Si l’Orient se vide des chrétiens, cela ouvrira la voie à un conflit destructeur islamo-chrétien», a-t-il dit.

lundi 18 juin 2012

Minorités non-musulmanes tolérées, mais non protégées.

En pays d'Islam, les minorités non-musulmanes sont tolérées mais non protégées. Les faits concourent à le démontrer,

a - au Nigéria qui vient de subir de scandaleux et inqualifiables massacres dans des Eglises (Cf. communiqué de l'AFP ci-dessous). 
b- en Egypte ou les provocations à l'égard des Coptes sont fréquentes. 
c - en Syrie où les fanatiques et leur consort... menacent les chrétiens tout en gagnant, au fil des jours, en vitalité destructrice et criminelle. 
d - au Pakistan, où les disciples du Christ redoutent les menaces quasi-permanentes d'éléments islamiques prêts à commettre des meurtres au mépris de la vie humaine.

Il est essentiel que le peuple chrétien réfléchisse de manière active, à la riposte. Il est nécessaire que chaque baptisé se pose la question de fond : "Est-ce que je veux bien agir pour que cesse le massacre de mes frères en Christ" ? Ce n'est pas un appel à la guerre que nous émettons mais une invitation à rompre avec des choix, des comportements, un laxisme ou encore des vérités individuelles fausses. Les ruptures, petites ou grandes, purifient l'âme et la font croître en liberté et en force intérieure. 

Nigeria: 36 morts dans une vague d'attentats anti-chrétiens et des émeutes
KADUNA — Au moins 36 personnes ont été tuées et une centaine blessées dans les attentats ayant visé dimanche des églises de l'Etat de Kaduna (nord du Nigeria), et les émeutes de chrétiens en colère qui ont suivi, selon des bilans de la police et des secours.

Selon la police, 16 personnes ont été tuées dans les explosions dans trois églises et un responsable de la Croix Rouge dans la ville de Kaduna, a indiqué à l'AFP que les secours avaient "pour l'instant récupérer les corps de 20 personnes" tuées dans émeutes, pour la plupart brûlées. Un précédent bilan faisait état de 21 morts et 101 blessés.

Les attentats, dont des attaques suicide, ont eu lieu en un intervalle de près d'une heure à Zaria et Kaduna, les deux principales villes de l'Etat du même nom, où un couvre-feu immédiat de 24 heures a été décrété par les autorités locales.

"Des attentats suicides ont visé des églises des quartiers de Wusasa et Sabongari de (la ville de) Zaria, ainsi que dans le quartier de Trikania à Kaduna", a indiqué un porte-parole de la police de l'Etat, Aminu Lawan.
Deux autres explosions ont ensuite visé deux églises de Kaduna, dans les quartiers de Nassarawa et Barnawa, au sud de la ville, a affirmé un responsable de la NEMA. Mais la police n'a pas confirmé ces possibles attaques ni leurs objectifs supposés.

A Zaria, les explosions ont visé vers 8H35 à dix minutes d'intervalle la cathédrale catholique du Christ Roi et l'église évangélique de la Bonne Nouvelle. A Kaduna, c'est l'église de Shalom qui a été visée vers 9H30, dans des faubourgs sud de la ville à majorité chrétienne.

"Au total, seize personnes sont mortes du fait des explosions dans les trois églises", a précisé dans un communiqué un porte-parole de la police, Frank Mba.

"J'ai vu une voiture foncé vers l'église (de Shalom), elle a tout de suite explosé, tuant un soldat et deux gardes de sécurité", a raconté un témoin à Kaduna, Joseph Emmanuel.

Ces attaques n'ont pas été revendiquées, mais le groupe islamiste Boko Haram, auteur de nombreux attentats anti-chrétiens, a récemment déclaré qu'il continuerait à s'en prendre aux églises.

A Zaria, une fidèle du quartier de Wusasa a dit que "beaucoup de gens dans l'église avaient été blessés". A Sabongari, dans la même ville, un habitant a rapporté que l'église avait été gravement endommagée. "Il est évident qu'il y a des morts vue l'ampleur des dégâts et le feu", a dit Mahmud Hamza à l'AFP.

Un autre habitant a ajouté que des "corps apparemment sans vie vu de loin étaient retirés de l'église". Des foules de chrétiens en colère se sont ensuite livré à des représailles contre des musulmans dans un faubourg majoritairement chrétien de la ville de Kaduna.

Les émeutiers, essentiellement des jeunes chrétiens, ont monté des barricades sur la grande route menant au sud vers la capitale fédérale Abuja, notamment dans les localités de Trijania, Gonin Gora et Sabon Tasha, s'en prenant aux automobilistes ressemblant à des musulmans.

Un correspondant de l'AFP a vu dix cadavres de ces victimes lynchées et évacués vers la morgue, a constaté un correspondant de l'AFP.

Dimanche dernier déjà, des attentats revendiqués par les islamistes de Boko Haram avaient visé deux églises du centre et du nord-est du Nigeria, faisant quatre morts, dont un kamikaze, et une cinquantaine de blessés.

Un porte-parole des islamistes avait déclaré que ces attaques voulaient démontrer que le groupe restait actif malgré les opérations de répression des forces de sécurité.

"L'Etat nigérian et les chrétiens sont nos ennemis et nous lancerons des attaques contre l'Etat et son appareil sécuritaire ainsi que contre les églises jusqu'à ce que nous achevions notre but qui est d'établir un Etat islamique à la place de l'Etat laïc", avait-il dit.

Le Saint-Siège a vigoureusement condammné ces nouveaux attentats contre des lieux de culte chrétiens et leur "caractère systématique", "signe d'un dessein absurde de haine".

Boko Haram multiplie depuis mi-2009 les attentats notamment dans les villes du nord à majorité musulmane qui ont fait plus d'un millier de morts. Ces attaques visent essentiellement les membres des forces de sécurité, les responsables gouvernementaux et les lieux de culte chrétiens.

Le Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique avec quelque 160 millions d'habitants, est divisé entre un nord majoritairement musulman et un sud à dominante chrétienne plus riche grâce au pétrole.

vendredi 15 juin 2012

Syrie, Information ou désinformation ?

Le Veilleur de Ninive a recueilli des témoignages de syriens qui commentent l’état de l’information sur la population chrétienne locale. Nous vous livrons ces témoignages pour que justice soit rendue à ceux qui souffrent dans le silence de l'iniquité des gouvernements qui n'ont que le souci de leurs intérêts.

Comment les chrétiens de Syrie sont-ils informés de la situation dans leur pays ?

Les canaux d'information les plus crédibles pour la majorité des chrétiens restent les trois antennes « d’Al-Dunia », « Al-Ikhbariah » et « Télé-lumière ». Toutefois, une partie des jeunes chrétiens universitaires, qui se trouvent sans travail et sans espoir d’un avenir meilleur avec l’actuel régime, ont tendance à s’informer auprès des chaines « Al-Arabia » et « Al-Djézirah ».

Les chaînes arabes ont pris le dessus sur les chaînes syriennes, à la suite de la décision de la ligue arabe de faire obstruction aux chaînes émettant de Syrie. Ces dernières ont depuis regagné de l’intérêt à la suite de manipulations d'informations auxquelles ont assisté les syriens qui s’informaient auprès des chaînes arabes (fabrication d’images truquées de Damas et d’Alep).

Quels signes avez-vous sur de possibles manipulations d’information ?

Nous avons des exemples de manipulations. Nous avons entendu les chaînes « Al-Djézirah » et « Al-Arabia » annoncer des manifestations importantes d'opposants alors que le nombre de manifestants ne dépassaient pas 200 personnes ; les vidéos sont presque, à n'en pas douter, truquées pour donner l'impression du nombre.

Dans notre village à Jdaideh, qui se trouve à la frontière turque, « France 24 » et la « BBC » ont prétendu que l'armée syrienne bombardait la région alors que rien ne s’était produit selon les faits rapportés par des personnes demeurées sur place.

A Alep nous venons d’accueillir une famille échappée de Homs. Elle nous assure que des Salafistes libyens notamment, ont commis des massacres de sang-froid tout en accusant l’armée de ces crimes. Ces faits n’ont guère été rapportés par les radios arabes ou européennes.

Toujours à Alep, les rebelles rémunèrent les miséreux pour aller manifester. La rémunération est de LS 200 (€2.50) alors que le tarif pour tuer une personne serait de de LS 2.500 (€31). Il s’élève à LS 3.500 (€43,5) pour tuer un soldat ou un policier. Le montant est sensiblement supérieur LS 15.000 (€187) pour filmer une manifestation où l’on voit le drapeau, vert et noir, des rebelles. 

Concernant Mgr Nazaro l'Evêque latin de Syrie et un journaliste français qui nous est connu, nous avons appris le refus des média occidentaux de publier leur témoignages. Le premier a  adressé, à la presse italienne, plusieurs articles sur la situation syrienne, en vain... Il fut même accusé d’être un soutien du régime. (Les chrétiens ne soutiennent pas le régime, ils souhaitent seulement le moindre mal en attendant que les musulmans, majoritaires dans le pays, fassent leur révolution). De même, le journaliste français, que nous évoquions, il était sur place en Janvier dernier; il a rencontré une opposition catégorique à la publication d’un de ses témoignages.

Quelles sont les informations importantes sur les chrétiens de Syrie qui ne seraient pas relayées par les médias étrangers ? 

En général les informations sur les chrétiens de Syrie sont diffusées au même titre que les autres nouvelles mais elles sont filtrées;  il n’y a quasiment jamais dans les médias référence à ce que les chrétiens, sur place, ressentent comme un « complot satanique » visant à vider le pays de sa population chrétienne. Celle-ci n’a aucun moyen de défense et ne dispose d'aucune milice alors qu’elle vit au milieu de fanatiques excités. Les gouvernements occidentaux ne peuvent ignorer ce fait et pourtant ils n’appellent guère à la protection des chrétiens. Ils diront plus tard, comme ils l’avaient fait avec les juifs sous le nazisme, « Ah Oui ? Mais nous ne savions pas...».

Les appels du Père Elias Zahlawi aux Evêques de France, à Alain Jupé, à la ligue arabe sont restés lettres mortes.

Damas et Alep tomberont-elles comme sont tombées Antioche, Constantinople, Jérusalem, la Mésopotamie, tous quatre territoires peuplés d’Eglises mais dépeuplés d’âmes.

Comment l’internet est-il reçu ?

En général l'internet est bien reçu sauf les vendredis et dans les régions où se déroulent les combats. L'ADSL est désormais répandu sur la presque totalité du territoire mais les prix des abonnements sont relativement élevés. 1 GB revient à LS 4.000 (€49,6) par mois.

Y a-t-il des aspects de votre vie que vous aimeriez communiquer au dehors ?

Nous aimerions rapporter les événements que les Chrétiens de Syrie et d’Orient vivent épisodiquement depuis des siècles alors qu’ils partagent le quotidien du monde musulman. Souvenons-nous que si l’Islam nous tolère, il ne nous protège pas.

Il ne faut pas omettre que l'histoire se répète. La situation que nous vivons aujourd’hui fut vécue à l’époque des schismes et des divisions du Vème siècle lorsque les Byzantins s’affrontaient aux sassanides. Les chrétiens non-chalcédoniens furent persécutés par les byzantins et se trouvèrent pris entre ces derniers et les perses sassanides.

A l’époque des croisades également les Chrétiens de Syrie furent pris entre d’un côté les croisées qui maltraitaient les chrétiens « non-uniates » les considérant hérétiques et de l’autre les musulmans qui persécutaient ces mêmes chrétiens les soupçonnant d’être les complices des croisés.

Au XXème siècle, entre 1915 et 1917, a lieu le génocide arménien mais aussi syriaque et assyro-chaldéen ; il a entrainé une réduction sensible du nombre des chrétiens dans l'empire Ottoman. En effet, nombreuses sont les familles chrétiennes de Syrie, du Liban et d’Irak qui eurent au moins un ancêtre victime de massacres.

Voici un témoignage que nous rapportons : « ma grand-mère maternelle avait assisté, lors du génocide de 1915, à la tuerie de 32 membres de sa famille qui se déroula, sous ses yeux, dans la ville de Mardin (Turquie d’aujourd’hui). Elle fut rescapée et dut sa survie au fait d'avoir été achetée par un kurde ;  elle était belle et portait avec elle deux bébés, dont ma mère », ajoute notre témoin. « Mais comme ce même kurde s’était souvenu de la bonté du père de ma grand-mère, il l'a libérée l’envoyant à Alep, avec ses deux enfants à dos de mulets, accompagnée d'hommes chargés de les escorter ».

Le témoin poursuit.... « Ma grand-mère qui nous rapportait ces faits disait : « Entendre ce n’est pas voir ; voir ce n’est pas vivre…Que Dieu seulement éloigne de vous ce que nous avons vécu : perte de maison, famine, massacre, fuite, viol et crime ».

Et voilà que les massacres de chrétiens syriens auxquels nous venons d'assister, ces derniers mois, ceux de Jisr el-Chougour et de Homs, nous ramènent à ces périodes sombres de l’histoire des chrétiens d’Orient. Aujourd’hui, nous vivons ces drames avec, et peut-être, en raison du silence de l’Occident, plus occupé à faire tenir la valeur de l’Euro et à contrôler déficits budgétaires et croissance qu’à exercer la justice. Quelques incantations et l’expression de leur impuissance, à l’occasion d’annonces de massacres en Syrie, donnent aux gouvernements européens bonne conscience.

Désormais, les Occidentaux finiront par avoir raison au sujet de notre sort, car nombreux sont les chrétiens de Syrie qui se demandent à présent, s’ils doivent rester dans cet enfer syrien ou le laisser. « On dit que dans la vie, on paye souvent par là où l’on a péché ». Un jour l’Occident paiera d’avoir privilégié, dans le bras de fer que nous vivons ici, le fanatisme musulman pour faire chuter ce régime brutal certes, mais qui protégeait tout de même la minorité chrétienne.

Aujourd’hui, vu de Syrie, nous ne percevons guère de solidarité de la part des pays occidentaux. Bien au contraire, les déclarations des dirigeants des pays d’Europe et d’Amérique vers lesquels les Chrétiens d’Orient se tournaient traditionnellement, traduisent une certaine indifférence voire une arrière pensée machiavélique ; nous voilà abandonnés à notre sort pour des considérations qui nous échappent et bien que nous pressentons la cause matérielle inavouée et inavouable derrière cette attitude.

Si les gouvernements européens et américains bouchent leurs oreilles à nos cris, peut-être que les chrétiens qui survivent encore dans l’Occident matérialiste voudront bien élever leurs prières pour obtenir notre protection.

Les radios locales modifient-elles leurs programmes en raison des événements ?

Les radios locales, surtout la chaîne « Al Dounia », ont bien développé leur moyens de diffusion. Au cours d'émissions récentes, les journalistes syriens de confession chrétienne se sont efforcés de faire ressortir les faits trahissant les manipulations de l’information par les médias occidentaux. Des commentateurs politiques éminents tels que Michel Samaha, Anis Naqach, Rafiq Lotf…et bien d'autres interviennent régulièrement sur les ondes.

La population chrétienne de Syrie prend conscience de la nécessité d’avoir une source fiable. Elle devient sceptique à l’égard de la presse occidentale. On peut même dire qu’un grand nombre de personnes, au sein de la minorité chrétienne, ressent un fort sentiment d’injustice et de mensonge.

Les programmes d'Al Dounia se concentrent sur : l'exaltation du patriotisme, l'encouragement à l'unité nationale, la faveur aux rencontres entre religieux islamo-chrétiens et les réunions tenues dans les Eglises et les Mosquées. Des appels sont lancés en direction des éléments armés, vierges de crimes commis, afin qu’ils déposent les armes en échange d’un engagement de non-poursuite par les autorités.

Sur cette même radio, on commence à entendre des critiques plus ou moins sévères des ministres et responsables qui se sont laissés entrainés dans la violence.

Le Veilleur de Ninive.

jeudi 14 juin 2012

"The Independant" : Les pays arabes arment les rebelles et l’ONU parle d’une guerre civile.

Source : The Independant

Nouvelle preuve sur l'implication directe du Qatar et de l'Arabie Saoudite dans le complot arabo-occidental ourdi contre la Syrie.


"L'Arabie saoudite et le Qatar financent et arment les groupes rebelles en Syrie", a rapporté le quotidien britannique the Independant, citant un diplomate occidental à Ankara.


Dans un article intitulé "les pays arabes arment les rebelles et l'ONU parle d'une guerre civile", the Independant a dévoilé que l'Armée syrienne libre (ASL) a reçu des armes de l'Arabie Saoudite et du Qatar sous forme d'aides de l'agence turque de renseignements.

Le diplomate occidental a expliqué que l'acheminement d'armes légères depuis l'Arabie Saoudite et le Qatar est un développement récent, précisant que les Turcs sont informés de l'arrivée des charges d'armes sur les territoires syriens.

"Le gouvernement turc nous a aidés à s'armer", a affirmé un membre de l'ASL au journal. "Les armes sont arrivées à un port turc via un bateau, avant d'être acheminées aux frontières sans l'intervention des autorités turques".a-t-il ajouté.

Le diplomate occidental a révélé que le Turquie a insisté sur le fait que le Conseil National Syrien (CNS) inspecte la charge d'armes, bien que ce dernier a perdu la confiance de la Turquie après avoir échoué à unifier l'opposition déchirée par les scissions intérieures.

Un membre l'ASL a révélé que les groupes armés ont désormais la main mise totale sur une ville syrienne à la frontière avec la Syrie, et qu'ils préparent une offensive durant les jours prochains, après avoir reçu des armes et des équipements de communications.

De même, l'article a souligné le silence des responsables qataris et saoudiens à cet égard. Il a rappelé du refus des procédures diplomatiques de la part de la délégation saoudienne lors de la conférence des "Amis de la Syrie" en Tunisie en février dernier, menaçant que "des actions plus fermes sont exigées".

The Independant a rappelé que durant cette conférence, le ministre saoudien des affaires étrangères Saoud El-Fayçal a qualifié l'armement des rebelles en Syrie "d'excellente idée", ce qui a constitué une incitation directe à la dernière opération d'acheminement d'armes.

mercredi 13 juin 2012

Pour un christianisme fort.

Lorsque l’on évoque un « christianisme fort » les esprits ont vite fait de penser à un christianisme qui tire sa force du pouvoir temporel ; dans notre acception, un « christianisme fort » est un christianisme qui s'appuie sur des « esprits-forts » qui pèsent tout dans la balance de la raison, qui en connaissent les limites et qui, en conséquence, savent accueillir la Révélation divine telle que l'enseignent les corps reconnus et les personnes autorisés.

Notre monde et l’Eglise chrétienne en particulier souffrent d’une carence grave qui conduit à son affaiblissement spirituel et entraîne avec elle un déclin alarmant de la foi face au monde matérialiste qui nous entoure et ouvertement hostile aux « affaires de l’esprit ». Il manquerait aux sociétés chrétiennes des « esprits-forts » qui puissent donner aux messages et à la foi toute sa puissance spirituelle et morale.

Pour quelles raisons et de quelles manières l’absence d’esprits-forts affaiblit-elle l’énergie spirituelle et la place du christianisme dans le monde ainsi que ses moyens de défense face aux agressions ?

Auparavant, essayons de bien comprendre ce qu’est un esprit-fort. Quels en sont ses traits ? De manière concise, on pourrait dire que l’esprit-fort est celui qui est seul à même de prendre la voie de la vérité et d’y trouver toute la force intérieure pour résister aux coups des partisans des « vérités fausses et particulières »

Un esprit fort n’est pas celui ou celle qui se démarque en doutant des principes les plus autorisés ou qui attaquent les faits les mieux démontrés. C’est que l’esprit-fort est défini dans le sens de la raison ; en conséquence, c'est un homme « vrai » dans le choix des principes qui le font mouvoir, « conséquent » dans les conclusions qu’il en tire, « supérieur aux préjugés » dans ses jugements, « inflexible » aux impulsions de la séduction et « inaccessible à l'esprit de parti ». Il est attaché, dans chaque science à la méthode qui lui est propre et ne va pas en étourdi examiner par les sens ce qui doit être examiné par la raison. L’esprit fort ne va pas non plus discuter par la raison ce qui doit être discuté par le témoignage. Il accepte d’ignorer ce qu'il ne lui est pas permis de savoir ou ce qu’il ne lui est pas bon de savoir. Il s'arrête dans ses recherches là où il faut et sait douter là où il est nécessaire de douter ou se rendre à la vérité connue et se soumettre à une autorité infaillible. Il aime mieux suivre la vérité avec le peuple, que le mensonge avec les intellectuels. L’esprit fort reconnait qu’il ne peut y avoir d’innocence dans une pensée singulière, car la vérité doit être commune.

Un esprit-fort, conçoit Dieu comme un Être « créateur » et « conservateur », infiniment vrai qui abhorre l’erreur et le mensonge. Pour lui, Dieu ne peut être honoré par un culte faux et des préjugés car il est persuadé qu’il y a une « vraie » religion, seule capable de rendre à Dieu un hommage digne de l'excellence de son Être.

Un esprit-fort, qui voit les penseurs de notre temps se diviser sur les questions de la religion et des moeurs, en conclut que la raison ne suffit pas et qu’il y a nécessité d'une Révélation pour réunir les hommes et les esprits. C’est cette Révélation que le Christ est venu porter jusqu’à nous avant d’en confier la mission enseignante aux Apôtres et aux Evêques qui nous l’ont transmise.

Oui un esprit-fort est conduit à la Révélation par la raison. Il la découvre et la reconnaît aux caractères divins dont elle est revêtue. Elle éclate aussi dans les miracles qu’ont opérés ceux qui ont été chargées de la faire connaître aux hommes ; parce que l’esprit fort est convaincu, par sa raison, que Dieu ne peut opérer des merveilles en faveur de l'erreur.

Un Esprit-fort ne dispute point contre la révélation connue, mais il s'y soumet avec respect ; persuadé que c'est faiblesse d’esprit et témérité coupable, que de soumettre la parole de Dieu à l'examen de la raison individuelle. Il est convaincu par sa raison que la parole de Dieu deviendrait inutile, si son interprétation était abandonnée aux caprices des particuliers ; il en conclut la nécessité et l'existence d'une autorité visible, qui en expose le sens, et à laquelle tous sont obligés d'obéir, savants, moins savants et ignorants.

Telle est sa marche dans la recherche de la vérité qui diffère sensiblement de celle des pseudo-intellectuels du temps présent qui articulent leurs spéculations et chez lesquels nous n’aurons pas de mal à discerner des esprit-faibles.

Toujours ou presque toujours en contradiction avec les principes reçus, les esprits faibles, se retrouvent chez les penseurs et les auteurs qui ne connaissent d'autres règles de juger et de raisonner, que l’ambition, la cupidité ou le goût du pouvoir.

La crainte d'un Dieu, qui ne leur accorde pas toutes les libertés, trouble ces esprits faibles au milieu de leurs plaisirs criminels pour l’esprit ; ce fait leur suffit pour en attaquer l’existence.

S’ils refusent d’admettre son évidence afin de se soustraire à sa justice, les esprits faibles rejettent l'immortalité de l'âme préférant ressembler aux bêtes sans âmes pour pouvoir mener une vie sans remords.

Voilà que les esprit-faibles se mettent à attaquer la sincérité et la fidélité des hommes de foi, sans produire l’ombre d’une preuve. Ils posent des questions sur tout, sans respecter les faits les mieux démontrés et condamnent la foi en Jésus et en l’Eglise elle-même avant d’avoir lu les textes et s’être informés. Ces esprit-faibles, deviennent parfois, par leurs écrits, des penseurs « célèbres » parce que reconnus par des lecteurs superficiels et intéressés à les croire.

Le malheur est avant tout sur ceux qui les prennent pour savants et docteurs ! Appelons-les à laisser tous ces ouvrages de côté et à lire les textes saints de la religion chrétienne. Une justice normale défendrait de condamner la foi de Jésus et l’Eglise avant d’avoir lu les textes et pris connaissance des faits et des témoignages.

L’esprit-faible que l’on retrouve bien des fois chez le penseur moderne, est un homme qui ne se rend pas compte de l’orgueil qui l’assaille. Alexandre le Grand et Jules César n’ont déclaré la guerre qu’aux hommes ; l’esprit-faible de notre temps, devenu penseur, la déclare à Dieu même ; il l’attaque dans ses attributs, dans son existence et il voudrait l’anéantir.

Pour tenir dans leur fragilité, les esprit-faibles siègent sur des principes :

Premier principe - l’attachement aux passions. La présence de Dieu les gênent dans l’envie qu’ils ont de vivre selon leurs désirs. Chez les libertins le cœur dirige les jugements de leur esprit alors que c’est à l’esprit de régler les mouvements désordonnés du cœur.

Second principel’envie ridicule de se faire un nom dans le monde en paraissant dans les media et en se distinguant par des sentiments particuliers. C’est l’écueil contre lequel vont se briser bien des penseurs et des écrivains.

La vanité est la maladie des penseurs modernes et des esprit-faibles, comme elles l’étaient des anciens : tous se séduisent eux-mêmes, pensant être quelque chose, alors qu'ils ne sont parfois rien. L'homme vain ne connaît point de frein dans ses écarts. Saint Jérôme nous dit qu’il est l’esclave de la renommée.

Troisième principeune lâche et criminelle complaisance pour notre monde devenu si corrompu par l’esprit malin et opportuniste.

Quatrième principele mépris de l'autorité visible de l'Eglise. L’autorité de l’Eglise est la seule barrière capable d'arrêter les écarts. Ôter ce frein à l'esprit, il ne tarde pas à se livrer à toutes sortes d'excès. Cette vérité ne demande point de raisonnement pour se faire sentir, l’expérience la démontre. Le libertinage de l'esprit ne s'est tant répandu, que depuis qu'on a cessé de respecter et d'écouter l’Eglise, cet oracle vivant, que Dieu nous avait donné dans sa miséricorde pour éclairer nos ténèbres.

Jean-Jacques Rousseau, auquel nous n’avons pas l’habitude de nous référer nous conseillait de rester à distance de la « pensée erronée ». Dans le tome III de l’Emile, que lisons-nous ? « Fuyez, dit-il, ceux qui, sous prétexte d'expliquer la nature, sèment dans le coeur des hommes de désolantes doctrines, et dont le scepticisme apparent est cent fois plus affirmatif et plus dogmatique, que le ton décidé de leurs adversaires. Sous le hautain prétexte qu’eux seuls sont éclairés, vrais, de bonne foi, ils nous soumettent impérieusement à leurs décisions tranchantes, et prétendent nous donner pour les vrais principes des choses, les inintelligibles systèmes qu’ils ont bâtis dans leur imagination. Du reste, dans leur conception, ils n’hésitent pas à renverser, détruire et fouler aux pieds tout ce que les hommes respectent » (pour ne citer que la morale, la vie, la famille), Ces penseurs-là condamnent la Foi, ils ôtent aux affligés la dernière consolation de leur misères, aux puissants et aux riches le seul frein de leurs passions ; ils arrachent du fond des coeurs les remords du crime, l'espoir de la vertu, et se vantent encore d'être les bienfaiteurs du genre humain.

Oui, qui abandonne la fréquentation des auteurs, friands de succès et de paraître, pour s'appliquer à la lecture et à la méditation des livres saints, ne tarde pas à s'écrier avec le Psalmiste (Tob. - Ps. 118 Kaf 85-86) : « Contre moi des orgueilleux ont creusé des fosses, au mépris de ta Loi. Tous tes commandements sont fidélité… ».

Que de vide dans les discours et les livres de ces prétendus auteurs modernes ! Disons mieux ; Que de délires ! Que d’extravagances ! La vérité seule, jointe à la solidité des raisonnements, doit faire le prix d'un ouvrage aux yeux du lecteur judicieux.

Dans l'Eglise qui est le temple de Dieu c’est-à-dire le domicile de la Vérité, on ne doit voir qu'un langage et qu’une manière de penser. Pour quelles raisons faudrait-il y trouver des divisions et des manières singulières de voir ? Contrairement au discours ambiant favorisant dans le domaine religieux, la « créativité pour la créativité », cette diversité de sentiments et ces chemins individualistes sont le signe d’une insuffisance de l'esprit et de l’orgueil humain. Aussi cette diversité, source d’appauvrissement, impose la nécessité de réaffirmer la Révélation, pour limiter au maximum le libertinage de l'esprit, et ramener les hommes à l'unité.

Que nous présente notre « monde moderne » en échange du Christianisme qu’il rejette et combat ? Tout simplement un chaos d'opinions qui ne s’associent pas les unes aux autres quand elles ne se détruisent les unes les autres. L’esprit-fort doit pouvoir ignorer ce qu’il ne doit pas savoir. Placé devant l’infini, il n’y pénètre pas de peur d’être submergé par la profondeur. En effet, toute curiosité est déplacée après le passage de Jésus-Christ sur la terre, toute recherche est vaine après la lecture des Evangiles. « Quand la vérité a prononcé, il n'est point permis de balancer son cœur ; le doute n’est plus admis ».

Le Christianisme nous renvoie à deux questions importantes : « Dieu a-t-il parlé aux hommes » ? Si c’est le cas, « Sa parole doit-elle fixer notre manière de penser » ? Nous répondons positivement. Pour parvenir à se doter d’un esprit-fort, les adversaires du christianisme, doivent admettre que l’étude de la religion chrétienne ne peut se faire que dans ses sources propres et ne peut s’effectuer dans les livres des auteurs hostiles à l’Eglise et à la foi chrétienne.

Si les personnes hostiles à la religion chrétienne avaient elles-mêmes, le courage de procéder à cette remise en cause en se penchant sur les écritures saintes, l’éloignement de l’Eglise dont elles témoignent aujourd’hui, ne tarderait pas à se changer en amour, en respect et en attachements.

Dans les sciences humaines, plus on approfondit, plus on trouve des difficultés, plus on doute. Dans la « science » religieuse, au contraire, plus on étudie, plus on découvre la Vérité ; cette dernière ne craint rien tant que les ténèbres. Elle a deux ennemies, l’impiété et le préjugé ; et toutes deux sont les filles de l’ignorance.

Certains vont nous dire, mais que faites-vous de la liberté, de croire et de penser ?

Pour répondre à cette question avec plus de précisions, il nous faut ôter l'équivoque qui pèse sur le concept de liberté. Il existe une liberté intérieure de « pensées ou de penser » et une liberté de produire au dehors de la pensée. La ligne de crête entre esprits-forts et esprits faibles, entre le chrétien fidèle et le penseur moderne s’établit autour de ces deux conceptions de l’exercice de la liberté.

Personne ne conteste la liberté de « pensées » dans le premier sens. Les pensées de l'homme dépendent de son esprit ; elles ne sont point soumises au tribunal des autres hommes pendant qu'elles demeurent intérieures : L’homme n’en doit compte qu'à Dieu. Malheur à lui, s’il ne les a pas réglées sur la vérité, qui doit être la règle de son esprit comme la loi d’amour est la règle de son cœur.

En revanche, la liberté de penser dans le second sens qui revient à produire au dehors une pensée religieuse et à l’enseigner ne devrait pas être accordée à tout un chacun. Elle doit être distillée avec discernement. Et pourtant c’est cette liberté-là que s’attribuent les pourfendeurs de la foi et de la religion. Dans leurs livres, on ne lit que blasphèmes, libertinage et esprit d'indépendance.

Au blasphème, le chrétien doit opposer le silence, mais un silence nourri d’une foi ferme. A cette fin, le chrétien doit s’imprégner de l’esprit-fort. Comment ? En adhérant à la vérité objective et commune enseignée par l’Eglise et les Evêques formant une autorité visible et enseignante. Le chrétien doit renoncer à demeurer un adepte du relativisme religieux dominé par l’égoïsme ; il doit refuser le comportement qui vise à ramener le contenu de sa foi aux appels de ses sens ; il doit renoncer à rechercher une pensée singulière car elle constitue un des traits principaux de l’esprit-faible.

Soutenue par des esprits-forts épris de la Vérité, l’Eglise gagne en virilité spirituelle et son message se propage en clarté et en simplicité. « Une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père » ; nous ajoutons une seule communauté ecclésiale au sein de laquelle la vérité commune aspire quotidiennement les singularités et les fait disparaître. Elle efface les égoïsmes, fait taire les caprices, substitue l’autonomie à l’indépendance pour donner au corps chrétien courage et vigueur qui permettent d’affronter dans le calme et la sérénité la violence des terroristes aux esprits bien faibles et à la religion douteuse.

Le Veilleur de Ninive
Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.