vendredi 4 novembre 2011

Charlie-Hebdo : "Guerre pour le respect".

La condamnation de l'incendie de l'hebdomadaire Charlie-Hebdo, à Paris le mercredi 2 novembre, a fait l'unanimité. On ne peut que se réjouir de ce fait et surtout de l'absence de victimes humaines à la suite de cet attentat.

Toutefois, de notre point de vue et à travers ces condamnations, le chemin ne fut parcouru qu'à moitié, car aucune réaction ne s'est manifestée, pour réprouver la mise en dérision de la "Charia" que préparait le journal Charlie-Hebdo dans son édition de la semaine. 

Quoi que l'on pense du Coran, et c'est le Veilleur de Ninive, chantre de la Gloire du Christ, qui l'affirme, on ne peut se passer du respect des croyances et des religions. Déjà, d'une manière absolue, le respect comme vertu, s'impose dans un espace de liberté. "Le droit de parole ne va pas sans le droit de croire, car pour s'exprimer il faut déjà croire" sinon l'expression n'est que formulation de paroles d'hypocrites. En conséquence, celui qui prétend avoir le droit de parole, doit autoriser à l'autre le droit de croire et il n'est pas sûr que Charlie-Hebdo accorde ce droit aux sujets de ses critiques et dérisions.

Ceux qui n'épousent pas le message du Coran, sont naturellement autorisés à le dire mais ils doivent l'exprimer en s'appuyant sur une argumentation claire et le dire de manière respectueuse. Nous nous interrogeons sur les raisons qui conduisent aux dérapages journalistiques et éditoriaux vis à vis des croyances et des religions.

Un des grands malentendus qui pèse, au sein de la société française, sur les relations entre les sceptiques de la spiritualité d'une part les croyants et fidèles de la Foi d'autre-part provient, à notre sens, d'une erreur commise par les premiers sur le concept de vérité. Quelque soit la religion à laquelle ils s'adressent, quelle est cette vérité que les non-croyants opposent à celle des croyants ? Gardons en tête que d'un concept de vérité erroné découle d'autres erreurs dont celles atteignant le concept de liberté que nous ne traiterons pas présentement mais dont nous disons sommairement qu'il se confond avec la "liberté de refus" [pouvoir dire non à l'autre] chez le non-croyant et la "liberté d'adhésion" chez le croyant [pouvoir se libérer de ses chaines].

Le vérité pour la modernité est-elle un idée qui recouvre le matériel et le tangible ? Le vrai est-il "l'efficace" comme nous l'enseignent les positivistes ou "l'utile et le payant" comme le prônent  les pragmatiques ? La vérité réside-t-elle dans ce qui est "clair et distinct", selon l'énoncé de Descartes ou dans "l'interprétation historique" comme l'affirme l'école historique ? Avec Kant, Spinoza et Husserl, nous retrouvons d'autres définitions de la vérité. Celle qui nous occupe, ici est la Vérité selon l'approche religieuse qui proclame que "nous accédons au vrai par la Foi dans le témoignage". Or les philosophies modernes qui furent en Occident, rebelles à l'égard du Christianisme, ne donnent pas crédit aux "témoins de la Foi".

C'est là une attitude étonnante et contradictoire, semble-t-il, puisque les non-croyants reconnaissent le témoignage selon la définition de la procédure pénale mais le refuse dans le domaine spirituel. Aussi sommes-nous autorisés à nous interroger sur l'origine de cette contradiction qui fait que les athées et les non-croyants, hostiles aux religions, sont sélectifs sur la notion de témoignage.

Il est vrai que les deux types de témoinages, évoqués plus haut, divergent par le but poursuivi. En droit pénal (1), le témoin doit avoir assisté à une situation qui se serait physiquement produite devant ses yeux et il en transmet sa perception, tandis que le témoin d'une manifestation religieuse n'a, dit-on, "phyiquement" pas assisté à la situation dont il se dit témoin. Il n'aurait eu que des signes mais certains signes sont en soi très forts. Même les athées et les non-croyants  croient aux signes dans les réalités humaines.

La question est à présent, au sujet de l'aspect le plus important dans le témoignage. Est-ce l'exactitude de la vision du fait lui-même ou bien la perception que le témoin en a recueillie et le fait qu'il en rapporte son authenticité ?

Puisque le témoin ne fait que rapporter une perception des événéments sans restituer leur totalité, l'importance dans le témoignage semble être dans le fait de relater et dans la manière dont la relation est faite. Dans les deux cas, en présence d'un témoignage événementiel ou religieux, une certaine confiance et une crédibilité, après certaines vérifications, est accordée à son auteur.

Le problème des adeptes de la non-croyance est qu'ils ne parviennent pas à se fier au témoin religieux, dans le cas du christianisme, aux Evangélistes qui ont relatés les signes et les preuves de la divinité du Christ. S'ils franchissaient ce pas, ils lèveraient la contradiction dans laquelle ils se tiennent en établissant une différence dans les témoignages.

En conclusion, ce qui écarterait le non-croyant de son émul croyant serait un degré de confiance et de crédit accordé au témoignage religieux; cependant, cette différence de niveau ne justifie nullement le droit pour le premier à l'irrespect des croyances religieuses. Par ailleurs, la mesure de la critique qu'il s'imposerait ne doit pas être tenue pour censure.

Sans cet effort philosophique de mise en cohérence par les athées et les non-croyants, le scepticisme spirituel des non-croyants et de l'Espérance religieuse des fidèles progresseront comme deux droites parallèles sans vraiment se rencontrer à l'exception des moments où une sécante les reliera par des tentatives de dialogues qui tourneront courts. Ces tentatives sont encore plus difficiles à établir entre athées et musulmans puisque l'Islam est bien plus hostile aux païens et aux athées qu'à l'égard du christianisme et du judaïsme. Les relations athées-païens/musulmans et gens du livre/fidèles de Mohammed ne sont pas de même nature.

Pour l'avenir, et afin d'éviter une aggravation des malentendus, la solution est dans un mouvement de reconnaissance, par les non-croyants, du témoignage religieux comme source possible de vérité. La question de l'adhésion éventuelle à cette source est d'un autre ordre. Telle est la condition qui permettrait d'éviter que la "guerre pour le respect" ne se prolonge et qui donnerait à la société "multi-confessionnelle" dans laquelle la France s'introduit, la "stabilité" selon la définition classique et antique de la vérité.

Le Veilleur de Ninive

(1) La preuve par témoin est l'un des plus importants moyens de preuve qu'offre le Code de procédure pénale à la recherche de la vérité.

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