lundi 31 octobre 2011

Non au "Laissez-faire, Laissez-déchristianiser" !

(France) - Deux informations.

1 - L'Agenda européen ne mentionne plus la fête de Noël dans son calendrier. Ecoutons attentivement Monseigneur Di-Falco réagir à ce méfait.

video

A présent, Chrétiens et frères en Christ, posons-nous la question : Qu'apporte, au Christianisme, l'abdication de l'Europe face aux marchés ? Que fournit l'organisation européenne au message du Christ ? Notre Foi, notre Espérance et notre Charité se sont-elles trouvées grandies par la signature des traités européens et par l'ouverture tous azimuts des frontières ? Les populations pauvres d'Afrique et d'Asie vivent-elles désormais mieux grâce à la création de l'Europe marchande ? La faim dans le monde a t-elle régressé ? Les peuples différents s'aiment-ils plus qu'auparavant ? Les risques de conflits s'éloignent-ils ?

Ici, maintenant, en Europe, pensons à ce qui s'est produit depuis 20 ans par la "grâce" des "Traités de Lisbonne et surtout de Maastricht". Est-il désormais plus facile de porter la parole évangélique ? Est-il plus aisé de maintenir un enseignement chrétien dans les écoles chrétiennes ? La tolérance à l'égard de  notre foi et des manifestations de la vie chrétienne est-elle en croissance ? Pour ceux parmi vous qui pensent qu'il y aurait un recul de la Foi, ce recul émanerait-il d'un scepticisme accru des personnes vis à vis du message évangélique ou bien est-il le résultat d'une déchristianisation orchestrée par des pouvoirs opaques qui grossissent des détails parfois négatifs des Eglises et insinuent des méfaits ?

Le Veilleur de Ninive s'est posté en Mésopotamie, terre d'Abraham et du début de la civilisation judéo-chrétienne. Il refuse le "laisser-faire laisser-déchristianiser" qu'imposent aux peuples européens ces philosophies opaques et ces pensées obscures qui ne disent pas leurs noms et qui sont aussi invisibles que Satan dans les méandres de notre vie quotidienne; ces philosophies qui combattent les chrétiens et leur Foi, l'Espérance et la Charité qu'ils véhiculent. Chacun, là où il se trouve, est appelé au refus du "négativisme athée et païen" par des ruptures avec les "pouvoirs hostiles et abusifs" et leurs instruments qui ne disent pas leurs noms.

"Hors de l'attachement au Christ, point de Salut"; Tout le reste est vanité et n'a qu'une durée éphémère. Ensemble, exigeons que soient respectés les "descendants spirituels" que nous sommmes, des Pères et des Saints Chrétiens qui ont forgé l'Europe ; ils ont su répandre un "esprit européen" avec force et persévérance et grâce à leur courage. Ils ont su dégager un amour abondant imprégné de charité et de renoncements des plaisirs éphémères pour semer un esprit dont nous avons hérité ; cet esprit qui est aujourd'hui détourné et retourné vers des fins qui nous sont hostiles.

2 - Deuxième information, le "salon international du monde musulman" avait été initialement fixé les 23-25 décembre à Paris!...Il a fallu des pressions pour faire modifier la date....Que l'on ne nous dise plus que les "prières de rues" et la fixation "d'un salon du monde musulman en pleine fête chrétienne" sont des actes pûrement spirituels.

Chrétiens...N'ayons ni honte, ni peur! La honte engendre la honte et la peur paralyse; ni l'une ni l'autre ne sont source de salut mais uniquement "illusion de salut".

Notre timidité, nos peurs, nos complicités ont entrainé notre abandon par Dieu qui nous a laissé au milieu de notre corruption....

Prions-le d'accompagner à nouveau, notre "mouvement de redressement spirituel" ; prouvons notre amour à son égard ! Il le faut! Renonçons, dès à présent, à tous les pouvoirs qui ne nous portent pas dans leurs projets.

Que ceux qui croient que la paix confessionnelle s'achète à coups d'abdications se détrompent...

La paix confessionnelle est le fruit d'un "esprit ferme" qui dégage une position claire et d'un "coeur tendre" qui privilégie le dialogue. L'inverse, un "esprit mou" et un "coeur dur", nourrit l'hypocrisie et le mensonge qui, un jour, deviennent intolérables et font éclater un conflit armé.

Soyons donc "fort et ferme dans la foi" pour savoir dire avec fermeté notre refus du "Laissez-faire, Laissez-déchristianiser"; combattons les groupes hostiles avec les armes du Christ que sont le renoncement à son rang divin et le courage de l'affrontement; faisons plier les actions et le mal propagés par des idéologies et des religions sournoises; elles visent des objectifs "négationistes du message chrétien" et "destructeurs de son héritage".

Chrétiens d'Europe! Chrétiens du Monde, mettons-nous debout l'esprit ferme et le coeur tendre et soyons vigilants!

lundi 24 octobre 2011

Tous unis derrière les Coptes.

Video prise durant la terrible répression de la manifestation copte par l'armée égyptienne : Des musulmans fraternisent avec les chrétiens et chantent ensemble : "Musulmans et Chrétiens sont Unis".

Des différentes video visionnées, il devient limpide que provocation et répression sont le fait, peut-être de provocateurs, mais surtout de l'armée égyptienne. La fermeté de la communauté copte unie s'impose. Soutenons-là.



Le Veilleur de Ninive.


mercredi 19 octobre 2011

"Video ouverte" du Journaliste Bilal Fadl à l'adresse du Conseil Militaire Egyptien.


قناة التحرير برنامج فى الميدان مع بلال فضل حلقة 14 أكتوبر وحديث على احداث ماسبيرو ورسالة الى المجلس العسكري

Un journaliste musulman, Bilal Fadl s'adresse (en arabe) au Conseil militaire Egyptien suite à la répression de la manifestation Copte au Caire.

A partir de la 12ème minutes, la video montre bien une manifestation pacifique "sans armes", dans laquelle se mêlent les militaires avec violence et commencent à taper sur la foule....Cela n'a pas justifié de commentaires plus que laconiques de la part des gouvernements occidentaux....

lundi 17 octobre 2011

Halte à la profanation!

Le mouvement des indignés suscite, à Rome, l'indignation et plus encore...Désormais ce mouvement qui pouvait attirer la sympathie n'appelle que l'hostilité en profanant un bien d'Eglise...



Le Veilleur de Ninive.


mercredi 12 octobre 2011

Répression des Coptes : Une condamnation plutôt laconique.

La France "condamne les violents affrontements [Liens aux video ci-dessous] qui ont eu lieu la nuit dernière au Caire et qui ont fait de nombreuses victimes, en particulier dans la communauté copte", a déclaré aujourd'hui [11/10/2011] le ministère des Affaires étrangères.

Elle "appelle à l'apaisement et se félicite des déclarations des autorités politiques et religieuses qui prônent le dialogue et la préservation de l'unité nationale", a ajouté le porte-parole du ministère, Bernard Valero.

Tel est le communiqué laconique sorti de France. Pas même un qualificatif à la condamnation.

Stupéfiant! Ce communiqué est réellement stupéfiant pour ceux qui ont souffert de la répression. Ce message du Quai d'Orsay donne l'impression que des bandes rivales s'étaient affrontées, alors que la troupe officielle faisait marcher ses blindées sur les manifestants coptes.

Quelle distance, voyons-nous là, entre les encouragements, au printemps, des officiels et des médias appelant à renverser le Président Moubarak et le communiqué laconique du Quai d'Orsay. 

Aujourd'hui on calme le jeu, hier on excitait les manifestants. A présent on appaise, antérieurement on menaçait et bombardait pour renverser Kadhafi.

Comment peut-on croire que les incidents du Caire ne se répétront pas et que l'action la plus efficace est d'appeler simplement au calme ?

Peut-être l'heure est-elle venue pour le gouvernement français d'inviter les officiels Coptes à venir expliquer leurs inquiétudes à l'Elysée et démontrer ainsi que les Chrétiens d'Egypte ne sont pas livrés à eux-mêmes ?

C'est à ce moment là et à ce moment seulement, que nous pourrons dire que la politique de la France est équilibrée entre les minorités non-musulmanes et les majorités musulmanes.

Sans le maintien d'un équilibre entre les confessions, dans la politique étrangère française, la frange chrétienne du peuple français s'inquiète et aura de plus en plus de mal à croire que l'équilibre sera sauvegardé entre les communautés vivant dans l'Hexagone.

Video 1 (Allemand) - Video 2 (Français)

Le Veilleur de Ninive.

mardi 11 octobre 2011

Middle East Christian Leaders condemn the Massacre of Copts in Cairo.

Washington DC
October 10th 2011

We the undersigned leaders of Middle East Christian organizations representing the aspirations of Egyptian Copts, Arameans (Syriacs), Chaldeans, and Assyrians from Southeast Turkey, Syria and Iraq, Maronites and Lebanese Christians, Southern Sudanese, Kabyles Christians from North Africa, denounce vehemently the massacre perpetrated in Cairo on October 9, 2011 at the hands of military forces and armed elements which led to the death of dozens and wounding of about a hundred Coptic Christian demonstrating peacefully. In the name of millions of Christians in the Middle East and in the Diaspora, including in the United States, we declare the following:

1) We call on the Secretary General of the United Nations to send investigators to Egypt and establish a report about the massacre and sending it to the Security Council.

2) We call on the US Administration to call its ambassador in Egypt and summon the Egyptian ambassador to Washington to investigate the massacre and take appropriate actions.

3) We call on the US Congress to suspend military aid to Egypt immediately under all its forms until a protection status for the Copts is established and enforced.

4) We call on the Copts of Egypt to be patient and keep their hopes high as millions of Middle Eastern Christians and their Diaspora around the world are standing by you.

5) We call on the Vatican to call for an international conference on the Christians of the Middle east and North Africa.

We the undersigned leaders of Middle East Christian NGOs have established a coordination committee to follow up on the massacre of Cairo and on other attacks targeting Christian communities in the Greater Middle East. If one of our communities are attacked, we'll consider it as an aggression against all of our communities across the region and worldwide.

Signed by:

Sheikh Sami el KhouryPresident / World Maronite Union (WMU)
Tom Harb, Secretary General, World Maronite Union
Adad Asurseen, President, Assyrian American National Federation (AANF)
Sheba Mando, President / Assyrian national council of Illinois
Adel al Guindi, President/ Coptic Solidarty International (CSI)
Magdi Khalil, Spokesperson Coptic Solidarity International
Johny Messo, President /Syriac Universal Alliance
Khalil Beshara, Syrian Christian Coordination Committee
Jimmy Mulla, Voices United for Sudan
Prof Farid Bouchama, Christian Kabyles
Sami FaresSecretary General, Middle East Christian Committee (MECHRIC)

Démission du Vice-Premier Ministre Egyptien.


Le vice premier ministre égyptien et Ministre des Finances Monsieur Hazem Beblawi a démissionné mardi 11 Octobre, pour protester contre la répression sanglante de la manifestation de chrétiens coptes dimanche 9 Octobre 2011.

تهنئة للسيد الببلاوي
ونيابة عن الإخوة الأقباط
شكرا لك!
Bravo Monsieur Beblawi
et au nom des frères Coptes
Merci !


lundi 10 octobre 2011

Raï : Le Liban doit rester neutre.

Le patriarche maronite Béchara el-Raï a déclaré de Chicago, troisième ville américaine où il se rend depuis le début de sa visite aux États-Unis, qu’il ne veut pas que les chrétiens d’Orient soient considérés comme une minorité "ni par les États-Unis, ni par aucun autre pays". "Nous sommes prisonniers (au Liban) de notre point de vue communautaire et partisan depuis 36 ans", a déclaré le patriarche, précisant que la situation a complètement changé aujourd’hui, ce qui nécessite de changer de discours politique. Le patriarche a appelé les Libanais au dialogue et "à avoir confiance en les autres groupes", ainsi qu’à mettre fin aux accusations réciproques.

Il a également souligné que les divisions régionales, arabes et internationales se reflètent sur le Liban, précisant qu’il ne faut pas que le Liban rejoigne des axes contre les sunnites ou contre les chiites. Le Liban ne peut qu’être neutre, a-t-il ajouté.  - Source : olj.com | 10/10/2011 | 16h17

Le Veilleur de Ninive publiait récemment un article de Jean-Pierre Fattal qui expliquait l'importance pour les Chrétiens d'Orient de maintenir une position "neutre"  face aux bouleversements dans le monde arabe. Ce soir, nous sommes heureux de lire la position du Patriarche qui poursuit dans la voie de la Sagesse en déclarant :  qu’il ne faut pas que le Liban rejoigne des axes contre les sunnites ou contre les chiites. Le Liban ne peut qu’être neutre, a-t-il ajouté.

Le Caire : la réaction du Patriarche des coptes catholiques d'Alexandrie.




L’Egypte est sous le choc après de violents affrontements entre chrétiens coptes et forces de l'ordre dimanche soir au Caire. Une manifestation de coptes dans le centre de la capitale a dégénéré. 24 personnes ont été tuées et 200 autres blessées dans des affrontements avec les forces de l'ordre. Au moins 40 personnes ont été arrêtées dans la nuit à la suite à cette nouvelle flambée de violence.
Mathilde Auvillain à joint le cardinal Antonios Naguib, Patriarche des coptes catholiques d’Alexandrie 

« Nous avons tous été surpris, tristes, pour ces événements imprévus. Ce qui est très curieux, c’est que tout allait très bien, pacifiquement, et on a vu à l’improviste des attaques, des coups et des tirs contre les forces de l’ordre qui ont suscité aussi une réaction opposée.


On ne sait pas exactement d’où c’est venu et qui sont les personnes qui ont causé cela, car jusqu’ au début de l’après-midi tout allait pacifiquement. Cela reste une énigme et il n’y a aucune réaction de la part des responsables officiels. »

A l'origine de ces affrontements, une manifestation organisée par les coptes pour protester contre l'incendie d'une église dans le gouvernorat d'Assouan, au sud de l'Egypte.
Aujourd'hui, les chrétiens d’Égypte sont confrontés à la montée en puissance des salafistes, ces musulmans extrémistes réapparus sur la scène politique à la faveur de la révolution. Les coptes vivent dans l'angoisse. Récemment, l’église de Sole, voisine du quartier du Mokattam au Caire, a été détruite, les deux églises d’Imbaba en plein cœur du Caire ont été attaquées et brûlées, à Qena, le gouverneur copte a été mis à l’écart en raison de l’opposition des salafistes, des chrétiens qui souhaitaient restaurer une église voisine d’Assouan ont été menacés, les deux gardiens d’une église proche du Fayoum ont été assassinés.

Le Patriarche Antonios Naguib :

« Cela se répète souvent. Il y a un lieu de culte en construction, quelque fois c’est un lieu de culte sur lequel on fait une modification, et quelquefois c’est un lieu de culte qui est construit, avec des permis comme dans ce dernier cas. Mais les gens ne connaisse pas les procédures et ils considèrent que ça a été construit sans permis. Et vous savez, pour les églises il y a toujours cette procédure qui demande un permis de la part des responsables, soit du gouverneur, soit du ministère ou même du chef de l’État.»
Ce lundi 10 octobre, le Premier ministre égyptien Essam Charaf a appelé chrétiens et musulmans à la retenue. Selon lui un complot est en cours dans le but de provoquer le chaos et empêcher les élections qui devraient se tenir à partir du 28 novembre.

Ahmed Al Tayeb, le grand Imam d’Al Azhar, la plus haute institution de l’islam sunnite a demandé la tenue urgente d’un sommet entre chrétiens et musulmans.

Le Patriarche Naguib a lancé lui aussi un appel :

« Nous appelons nos fideles à suivre toujours, dans toutes les manifestations, ou bien les procédures, ou les demandes, la ligne pacifique, et je suis sûre que c’est ce qu’ils font.
Source

Et d’autre part aussi nous appelons les autorités à prendre les mesures nécessaires pour assurer aux chrétiens la possibilité d’avoir leur lieux de cultes sans entrer en affrontement avec les islamistes.»

Le Patriarche copte Chénouda III a dénoncé quant à lui ces violences et déclaré que « des inconnus se sont infiltrés dans la manifestation et ont commis les crimes que l'on impute aux Coptes », après une rencontre avec 70 responsables de son Eglise.

« Les Coptes ont souffert à maintes reprises de problèmes sans que les agresseur ne soient poursuivis », a-t-il ajouté, en appelant les autorités à « traiter les racines de ces problèmes ».

Le Patriarche a également invité les Coptes à un jeûne de trois jours à partir de mardi « pour ramener la paix en Egypte ».

Vatican : Le cardinal Sandri condamne les violences du Caire

Mise à jour: 10/10/2011 16.53.41L’Egypte est sous le choc après de violents affrontements entre chrétiens coptes et forces de l'ordre dimanche soir au Caire. Une manifestation de coptes dans le centre de la capitale a dégénéré faisant de nombreux morts et blessés : 24 personnes ont été tuées et 200 autres blessées. Au moins 40 personnes ont été arrêtées dans la nuit à la suite à cette nouvelle flambée de violence.


Les heurts suscitent de vives inquiétudes pour la fragile transition politique et ont relancé les craintes d’aggravation des tensions confessionnelles.

Le cardinal Leonardo Sandri, préfet de la Congrégation romaine
pour les Églises orientales, souligne l'importance du respect de la dignité humaine et de la liberté religieuse. Il est interrogé par Romilda Ferrauto.

« Nous sommes très proches de nos frères coptes chrétiens, de tous ceux qui sont morts et des familles qui souffrent en ce moment triste de la vie du pays.



Nous souhaitons que les autorités, que la communauté internationale puissent aider à surmonter ces moments de tensions, et surmonter les agressions qui ont lieu en Egypte avec la mise en œuvre de toutes les forces de sécurité qui apportent sérénité à tous les habitants du pays. » (...)

« Nous souhaitons que l’Egypte, avec toutes ses composantes, puissent contribuer à la construction d’un pays dans lequel la démocratie, le respect de la dignité humaine, et le respect de la liberté religieuse puissent donner un futur de paix, de sérénité et de prospérité à tous.»
***
Mathilde Auvillain à joint ce lundi matin le cardinal Antonios Naguib, Patriarche des coptes catholiques d’Alexandrie

« Nous avons tous été surpris, tristes, pour ces événements imprévus. Ce qui est très curieux, c’est que tout allait très bien, pacifiquement, et on a vu à l’improviste des attaques, des coups et des tirs contre les forces de l’ordre qui ont suscité aussi une réaction opposée.

On ne sait pas exactement d’où c’est venu et qui sont les personnes qui ont causé cela, car jusqu’ au début de l’après-midi tout allait pacifiquement. Cela reste une énigme et il n’y a aucune réaction de la part des responsables officiels. »

A l'origine de ces affrontements, une manifestation organisée par les coptes pour protester contre l'incendie d'une église dans le gouvernorat d'Assouan, au sud de l'Egypte.
Aujourd'hui, les chrétiens d’Égypte sont confrontés à la montée en puissance des salafistes, ces musulmans extrémistes réapparus sur la scène politique à la faveur de la révolution. Les coptes vivent dans l'angoisse. Récemment, l’église de Sole, voisine du quartier du Mokattam au Caire, a été détruite, les deux églises d’Imbaba en plein cœur du Caire ont été attaquées et brûlées, à Qena, le gouverneur copte a été mis à l’écart en raison de l’opposition des salafistes, des chrétiens qui souhaitaient restaurer une église voisine d’Assouan ont été menacés, les deux gardiens d’une église proche du Fayoum ont été assassinés.

Le Patriarche Antonios Naguib :

« Cela se répète souvent. Il y a un lieu de culte en construction, quelque fois c’est un lieu de culte sur lequel on fait une modification, et quelquefois c’est un lieu de culte qui est construit, avec des permis comme dans ce dernier cas. Mais les gens ne connaisse pas les procédures et ils considèrent que ça a été construit sans permis. Et vous savez, pour les églises il y a toujours cette procédure qui demande un permis de la part des responsables, soit du gouverneur, soit du ministère ou même du chef de l’État.»

Ce lundi 10 octobre, le Premier ministre égyptien Essam Charaf a appelé chrétiens et musulmans à la retenue. Selon lui un complot est en cours dans le but de provoquer le chaos et empêcher les élections qui devraient se tenir à partir du 28 novembre.
Ahmed Al Tayeb, le grand Imam d’Al Azhar, la plus haute institution de l’islam sunnite a demandé la tenue urgente d’un sommet entre chrétiens et musulmans.

Le Patriarche Naguib a lancé lui aussi un appel :

« Nous appelons nos fideles à suivre toujours, dans toutes les manifestations, ou bien les procédures, ou les demandes, la ligne pacifique, et je suis sûre que c’est ce qu’ils font.


Et d’autre part aussi nous appelons les autorités à prendre les mesures nécessaires pour assurer aux chrétiens la possibilité d’avoir leur lieux de cultes sans entrer en affrontement avec les islamistes.»

Le Patriarche copte Chénouda III a dénoncé quant à lui ces violences et déclaré que « des inconnus se sont infiltrés dans la manifestation et ont commis les crimes que l'on impute aux Coptes », après une rencontre avec 70 responsables de son Eglise.

« Les Coptes ont souffert à maintes reprises de problèmes sans que les agresseur ne soient poursuivis », a-t-il ajouté, en appelant les autorités à « traiter les racines de ces problèmes ».

Le Patriarche a également invité les Coptes à un jeûne de trois jours à partir de mardi « pour ramener la paix en Egypte ».

ر شهدت أمس عودة إلى القمع الوحشي للثورة في أيامها الأولى



شبه المدير الوطني للأعمال الإرسالية البابوية في مصر نبيل فايز أنطون لوكالة فيديس الكاثوليكية أحداث أمس في القاهرة بما شهدته الثورة في أيامها الأولى من وحشية. تحدث عن تظاهرة سلمية قابلها رجال الجيش بقمع عنيف توجه الأقباط خلالها إلى مبنى الإذاعة والتفزيون� احتجاجا على هدم كنيسة في أسوان في نهاية الشهر الماضي.
أدان المدير الوطني تصوير وسائل الإعلام ما حدث وكأنه اعتداء من الأقباط على رجال الجيش ما دفع مجموعات من المسلمين للهجوم على المسيحيين المتجمعين أمام مستشفيات يعالَج فيها الجرحى وترقد جثث القتلى. لا تُضعف هذه الأحداث "الأمل في استمرار الحوار بين الدينين ومساهمته في تهدئة النفوس"، وأضاف نبيل فايز أنطون "ينتج التوتر أيضا عن البطء في مواجهة المشاكل ومحاكمة المسؤولين عن جرائم النظام السابق، كما أن اقتراب موعد الانتخابات يساهم بدوره في تهييج المشاعر".

samedi 8 octobre 2011

Irak : Ankawa, une ville qui accueille toujours plus de chrétiens.

L’Eglise demande de l’aide pour répondre à la ferveur religieuse

ROME, Vendredi 7 octobre 2011 (ZENIT.org) – Il existe un lieu en Irak où le nombre des chrétiens a triplé ces dernières années, affirme un évêque aux prises avec un fort afflux de personnes fuyants les actes de persécution et d'oppression.

Il s’agit des chrétiens d’Ankawa, un faubourg d’Erbil, la capitale kurde. Leur nombre est passé de 8.500 dans les années 90 à plus de 25.000 aujourd’hui. 1.500 d’entre eux sont arrivés ces dernières années, dont beaucoup après l’attaque du 31 octobre 2010 contre la cathédrale syro-catholique de Bagdad qui a fait 58 morts et plus de 70 blessés.

Mais les chrétiens qui arrivent à Ankawa ne proviennent pas seulement de la capitale irakienne, mais de tout le pays : Mossoul au Nord, Kirkouk au nord-est, et même Basra, à l'extrémité sud, qui se trouve à des centaines de kilomètres.

Mgr Bashar Warda, l’archevêque d’Erbil, a confié dans un entretien à l’association internationale Aide Eglise en détresse (AED), que ces personnes ont besoin d’aides. Elles arrivent en effet à Ankawa dans une situation de grande pauvreté.

« Elles ont besoin de travail, d’assistance médicale et d’un toit », a-t-il précisé, et elles « attendent beaucoup de l’Eglise ».

Nombre de ces chrétiens, a-t-il ajouté, voient Ankawa comme une étape en vue d’une éventuelle émigration vers la Turquie, le Liban ou la Jordanie.

Mgr Warda décrit ces fidèles comme des personnes « très solides dans leur foi ». Il regrette qu’il n’y ait que trois églises à Ankawa où il manque de prêtres et de catéchistes.

L’archevêque espère en la construction d’une quatrième église à Ankawa, ville où l’AED a aidé à l'évacuation de séminaristes qui étudiaient dans le district de Dora à Bagdad, et qui a été le théâtre d'une série de meurtres et d'enlèvements de chrétiens entre 2004 et 2007.

L’AED a garanti une aide pour les prêtres, du matériel de formation et des denrées alimentaires pour les familles chrétiennes, fournies par les religieuses qui passent de village en village.

mercredi 5 octobre 2011

Iran, le pasteur qui préfère la pendaison au reniement.

De la plume de Michel Colomès

Comme Néron sous l'Antiquité, avec les premiers martyrs chrétiens, les séides du président iranien Ahmadinejad veulent contraindre un pasteur à renier sa foi pour échapper à la peine de mort.

Youcef Nadarkhani, 34 ans, deux enfants, était pasteur depuis dix ans, dans la région de Gilan, à 250 kilomètres de Téhéran. Jusqu'en 2009, cet homme de Dieu, appartenant à l'Église évangélique, exerçait à peu près librement son ministère dans ce pays de 68 millions d'habitants, dont 99 % de la population est musulmane. 300 000 chrétiens vivent pourtant en Iran, dont beaucoup d'Arméniens et quelques milliers d'Iraniens de souche, comme le pasteur Nadarkhani. C'est bien là où le bât blesse.

En 2009, le gouvernement iranien décide que tous les élèves scolarisés doivent suivre l'enseignement coranique. Y compris les enfants des familles chrétiennes. Youcef Nadarkhani se rend alors à l'école de la ville de Rasht où étaient scolarisés ses fils Daniel, neuf ans, et Yoel, sept ans, pour les en retirer en se basant sur la Constitution de la République islamique iranienne de 1979 qui reconnaît la liberté de culte à toutes les religions du Livre. Et donc aux chrétiens. En théorie du moins. Car le pasteur est arrêté le soir même par la police secrète. Il comparaît une première fois le 12 octobre 2009 devant une sorte de tribunal mi-politique, mi-confessionnel. On l'accuse d'apostasie. On lui reproche, à lui qui est chrétien, d'avoir abjuré l'islam.

Mobilisation internationale

Emprisonné dans la ville de Lakan, placé en cellule d'isolement pendant de longs mois, Nadarkhani est sommé de revenir à la religion du Prophète sous peine de mort, car en Iran l'apostasie est un crime puni de la peine capitale. Le pasteur a beau expliquer qu'il n'a rien renié, puisqu'il n'a jamais été musulman de sa vie, on cherche par tous les moyens à le faire plier. Y compris en lui administrant des sédatifs à haute dose pour casser sa volonté. Faute d'y parvenir, on s'attaque à sa famille. Sa femme est arrêtée, jugée sommairement, sans même l'assistance d'un avocat, et condamnée à la prison à vie, comme complice de son mari. Pourtant, même dans ce pays où les règles élémentaires des droits de l'homme sont bien souvent bafouées, il existe encore des espaces dans lesquels survit une petite flamme de justice. Ainsi, un avocat, Mohamed Ali Dadkhah, parvient en appel à faire libérer la femme du pasteur. Et pour Nadarkhani lui-même, il réussit à démonter, devant cette même cour d'appel, le principal argument de l'accusation consistant à dire que jusqu'à l'âge de 15 ans le pasteur était musulman, alors qu'il n'a, en réalité, jamais été un fidèle de l'islam.

Mais la République islamique et ses ayatollahs ne baissent pas les bras si facilement : les autorités religieuses font appel du jugement devant la troisième chambre de la Cour suprême de Qum. Le verdict rendu le 25 septembre dernier par cette instance est un modèle de casuistique et de mauvaise foi : certes, énonce-t-il, on ne peut reprocher à Youcef Nadarkhani d'avoir été musulman avant d'être chrétien, et sur ce point, nous acceptons les arguments de la défense. Mais ses parents étant musulmans, il était tenu de revenir à la religion de ses ancêtres. Il n'est donc pas coupable "d'apostasie simple, mais - audacieux néologisme - d'apostasie nationale". Et comme tel, il doit être condamné à mort, sauf si dans les trois jours il acceptait d'abjurer sa foi chrétienne. Les trois jours sont écoulés, et voilà pourquoi, pour sauver Youcef Nadarkhani d'une pendaison qui peut intervenir à tout moment, il est urgent que la communauté internationale se mobilise pour le pasteur iranien, comme viennent de le faire la France, par une déclaration du porte-parole du Quai d'Orsay, mais aussi et surtout David Cameron et Barack Obama. Il est vrai que ses conseillers ont fait valoir au président américain que, né lui-même d'une famille musulmane d'Indonésie, il pourrait, s'il était iranien, être accusé d'"apostasie nationale" !



mardi 4 octobre 2011


مسيحيون يدينون إحراق كنيسة بأسوان


فرضت الشرطة المصرية طوقاً أمنياً حول مبنى محافظة أسوان خوفاً من أن يقتحمها مئات من المسيحيين تظاهروا احتجاجاً على إحراق كنيسة قيد الإنشاء. وردَّد المتظاهرون هتافات تطالب برحيل محافظ أسوان مصطفى السيد لتقاعسه عن "حماية بيت من بيوت الله".

وقالت الناشطة سالي سامي إن المحافظ أدلى بتصريحات حملت الكثير من المغالطات أبرزها أن "كنيسة المرينات" هي عبارة عن مبنى ضيافة فيما الحقيقة أن الكنيسة أُنشئت عام 1940 وتهدمت جدرانها لعدم الاهتمام بصيانتها. وأضافت ان أهالي قرية المرينات حاولوا إعادة بناء الكنيسة وفوجئوا بمن يعتدي عليهم ويحرق الجزء الذي جرى بناؤه، متسائلة هل يخضع المحافظ لتهديدات التيار السلفي  ام انه لا يريد القيام بواجبات منصبه؟

ويذكر ان مجموعة من المسيحيين، نظَّمت السبت تظاهرة بدأت من حي
 شبرا وتوقفت في وسط العاصمة المصرية القاهرة احتجاجاً على إحراق أساسات الكنيسة. وكانت صدامات طائفية نشبت في قرية المرينات بمحافظة أسوان على خلفية بناء كنيسة في القرية على أنقاض مبنى قديم، وامتدت الصدامات لتشمل إحراق محال تجارية يملكها مسيحيون في القرية
 Source : Al-Nahar El-Djadid du 04 Octobre 2011.

lundi 3 octobre 2011

Pour la neutralité des Chrétiens d'Orient à l'égard des changements...

Demander aux Chrétiens d'Orient d'opter ouvertement, dès à présent, en faveur du changement en Syrie est purement et simplement inique et inconscient. Ces demandes ne peuvent émaner que d'individus méconnaissant l'histoire ou qui sont suffisamment à l'abri des dangers et des réactions violentes pour se permettre d'exiger de ces minorités un engagement à découvert.


Evidemment que les chrétiens d'Orient sont pour la démocratie ! Le Christianisme, religion d'expérience, ouverte à la conversion personnelle et reposant sur le pardon est inséparable de la démocratie, c'est à dire d'un régime fondé sur le parlement et le dialogue entre les différentes composantes de la société.

Toutefois, dans le Proche-Orient actuel, les chrétiens ne peuvent être que des "suiveurs" ; tous les dirigeants arabes ou occidentaux doivent leur autoriser cette attitude qui se traduit par la neutralité devant les situations et les changements. Pour quelles raisons, doivent-ils revendiquer une telle position ? 

1 - Le nombre des chrétiens en Orient est suffisamment réduit pour ne pas  être en mesure d'influencer le cours des évènements. Que leur rapporterait de se prononcer pour un courant au détriment d’un autre, s'ils savent d'avance qu'ils seront exclus du changement que certains veulent déjà appeler « démocratie ». Les Chrétiens d'Orient soupçonnent d'avance que cette démocratie, s'il arrivait qu'elle voie le jour, ne les atteindra pas. 

2 - En Orient, pour les chrétiens, il s'agit très rarement de se prononcer en faveur de la démocratie ou de la dictature. L'option qui leur incombe est, au Liban excepté mais pour combien de temps encore, en faveur d'une confession au détriment d'une autre; entre une « démocratie sunnite » et une « démocratie chiite ». Pourquoi dans ces conditions demander aux chrétiens de prendre position ? Aucune des confessions musulmanes susceptibles de fonder une "démocratie" n'a de proximité théologique avec le christianisme. Quelque soit la « démocratie », elle sera avant tout confessionnelle et d’une autre confession, comme c’est le cas en Israël d'ailleurs où la démocratie est avant tout juive.

3 – « L'histoire démocratique » du Proche-Orient est bien trop brève pour constituer un facteur d'encouragement aux chrétiens de se jeter, pieds et mains liés, vers l'inconnu « démocratique » qu'il soit sunnite, chiite ou alaouite. Les dirigeants occidentaux qui poussent les Chrétiens d'Orient à se prononcer en faveur de leurs rêves de « démocratie » proche-orientaux devraient calmer leurs ardeurs et admettre que les chrétiens minoritaires ont déjà suffisamment été fragilisés par les guerres d'Irak et du Liban. Il ne leur serait jamais pardonné de se prononcer en faveur d'un quelconque changement quel qu'il soit d'ailleurs. La seule voie sage et prudente que leur imposent les circonstances mais aussi les vertus de tempérance et la « doctrine chrétienne » est la voie de la neutralité. Le message des Chrétiens d'Orient à l'adresse des arabes doit être :

« Choisissez votre régime, nous y souscrirons s'il ne porte pas atteinte à nos communautés, à nos biens et à nos droits ».

Cela est bien normal puisque les démocraties à l'occidentale qu'encouragent au Proche-Orient, les Président Obama, Sarkozy et leurs alliés sont des démocraties de la majorité auxquelles seules des majorités ont droit et au sein desquelles seuls des majorités ont voix au chapitre ; or les chrétiens d'Orient ne sont pas majoritaires et leurs voix ne compteront pas pour former une majorité. Aussi doit-on rappeler qu'en Syrie, les chrétiens ne soutiennent pas la dictature. Ils soutiennent le régime que la majorité musulmane s'est choisie ou qu'elle s’est vue imposée durant des décennies. A elle de la modifier si elle le souhaite. Ainsi le jour où cette majorité décidera de la démocratie à l'occidentale, les chrétiens, bien évidemment, soutiendront les nouvelles autorités. Il ne s'agit pas là d'opportunisme. Cette attitude est tout simplement inspirée de la sagesse devant une situation où la raison tient bien peu de place au profit de la vindicte et de l'intrigue géopolitique. Si les Chrétiens du Proche-Orient doivent clamer leur arabité, ils doivent faire savoir tout haut leur position neutre vis à vis des luttes inter-islamiques. 

Dans cette région du monde, les Chrétiens ne peuvent tabler sur les changements « virtuels ». Ils doivent s'appuyer sur l'histoire récente et sur des faits historiques concrets, pour faire des choix et adapter ainsi leur comportement de minorités. 

Chrétiens du Proche-Orient, contre vents et marrées, contre les conseils et les exigences des va-t-en guerre et des théoriciens de la démocratie arabe et occidentale, tenez bons dans la neutralité et le respect des régimes qui sont mis en place par les majorités non-chrétiennes, à condition que ces derniers régimes respectent vos personnes, vos droits, vos biens et votre avenir.   

Jean-Pierre Fattal

Le débat sur les Chrétiens d'Orient continue : Le Patriarche, les catacombes et la révolution.


Chrétiens d’Orient

Le Patriarche, les catacombes et la « révolution »

Le Patriarche, les catacombes et la « révolution »
par Mère Agnès-Mariam de la Croix - Source
Après avoir contraint à la démission l’ancien patriarche maronite, le Saint-Siège a favorisé l’élection de Mgr Boutros Béchara Raï, avec pour mission de défendre l’ensemble des chrétiens d’Orient aussi bien face à l’extrémisme musulman que face aux projets états-uniens qui l’alimentent. Lors de sa première visite officielle en France, le nouveau patriarche, rompant avec la langue de bois ecclésiastique, a clairement reproché au président Sarkozy de participer à une action de déstabilisation de la Syrie dont les chrétiens d’Orient seront les premiers à faire les frais. Sœur Agnès-Mariam de la Croix souligne l’espoir que ce revirement politique a fait naître dans sa communauté.

Réseau Voltaire | 22 septembre 2011 

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En octobre 2010, le Saint-Siège a organisé au Vatican un synode spécial pour les Églises d’Orient. Celui-ci a fixé une nouvelle ligne politique d’ancrage du catholicisme dans la culture arabe, de soutien à la cause palestinienne, et de refus du « remodelage [états-unien] du Moyen-Orient élargi ». Il existe sept Églises orientales reconnaissant l’autorité papale : le Patriarcat latin de Jérusalem, l’Église catholique syriaque, l’Église maronite, l’Église catholique chaldéenne, l’Église grecque-catholique melkite, l’Église catholique arménienne, l’Église catholique copte. Les maronites sont les plus nombreux avec 3 millions de fidèles.

Les chrétiens du Moyen-Orient ont suivi avec le plus grand intérêt la visite protocolaire du Patriarche maronite Mgr Boutros Béchara Raï en France [1]. On n’en revenait pas d’entendre de la bouche du Pasteur ce que chacun d’entre nous aurait souhaité dire au monde. Pour quelques jours les chrétiens se sont sentis dignes et libres, loin de toute récupération du langage et de toute sophistication des idées qui les obligeaient à se contenter de vivre dans les catacombes de l’actualité.

Il faut avoir vécu la guerre du Liban, celle de l’Irak ou le génocide arménien, pour savoir ce que c’est que d’être court-circuité par les moyens de (dés) information et de ne plus faire partie du consensus mondial, de sorte à subir l’injustice tout en étant vilipendé. En ces temps-là, les chefs religieux devaient, par égard pour leurs ouailles, relativiser les sévices commis contre elles. Ultime humiliation : il fallait ne jamais transgresser le politiquement correct même pour stigmatiser une injustice, une répression ou un génocide.
Que les régions chrétiennes soient bombardées jour et nuit par une armée arabe venue pour instaurer la paix, au Nom de Dieu on réclamait le silence et la patience ; que les chrétiens soient chassés hors de leur région, massacre aidant, dans le cadre d’une redistribution démographique programmée, on insistait sur la nécessité de pardonner ; qu’ils soient persécutés au point de prendre le chemin de l’exil laissant à d’autres leurs biens meubles et immeubles, on leur disait qu’il était inutile de réclamer. En ces temps-là, leurs pasteurs ne se permettaient pas l’imprudence de contrarier les bourreaux et moins encore les commanditaires internationaux de ces derniers.

Qu’ils soient dissidents ou sympathisants du régime, les chrétiens ont toujours tort. Au Liban ou jadis en Arménie, ils avaient tort de réclamer leur indépendance. En Irak ou en Syrie, ils ont tort de ne pas trahir leur pays. Ils ont tort de ne pas se plier aux diktats des grandes puissances qui un jour répriment la dissidence et un autre l’imposent.

C’est ainsi que les chrétiens des pays arabes payent la dette d’être en trop sur l’échiquier de la région. C’est sans doute pour leur épargner de plus grandes souffrances que leurs pasteurs ont préféré vivre dans les catacombes du silence, les entraînant à y résider avec eux. Il faudrait avoir été obligé, manu militari et in nomen Dei (par la force des armes et au Nom de Dieu) à rentrer dans ces catacombes-là pour comprendre la libération que sentent aujourd’hui beaucoup de chrétiens grâce aux prises de position courageuses de ce Patriarche à qui « la Gloire du Liban a été donnée ». Oui, ils constatent que les temps ont changé puisque leur Pasteur ose dire simplement ce qu’ils pensent dans le secret : leurs peurs, leurs désirs, leur vérité.

Les chrétiens sont tellement reconnaissants que « leur » Patriarche ne craigne pas d’affronter le tollé d’une opinion publique massivement ralliée à des thèses préfabriquées. Oh comme ils apprécient que cet homme de Dieu n’ait pas peur des voix dissidentes qui se sont élevées à l’intérieur même de son troupeau. Ils reconnaissent en ce Patriarche le Bon Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis.

C’est un miracle qu’un Patriarche parle à l’encontre de la majorité bien pensante du Nouvel Ordre Mondial. C’est une révolution que les chrétiens des catacombes du mutisme et de la répression retrouvent un chef qui dise leur vérité nue sans additifs ni édulcorants. Le monde en a été suffoqué, les médias abasourdis, les chancelleries, la française en premier, n’en reviennent pas que de l’Église d’Orient puisse sortir un chef tellement ancré dans la véracité qu’il n’a pas froid aux yeux pour dire simplement ce qu’il pense.

La gêne qui l’accueille montre à quel point, sans le savoir, nous avons tous glissé dans un totalitarisme d’un genre nouveau, aussi dangereux que larvé.

Depuis des mois nous pouvons constater, en zappant entre les diverses chaînes satellitaires d’information, que partout c’est le même son de cloche, la même version. On se croirait dans les pires moments de la PropagandaStaffel à cette nuance près que chaque chaîne déploie différemment les artifices du tridimensionnel multicolore pour enjoliver la ration pour dupes qu’elle propose à ses téléspectateurs. Cette information « unifiée » et monopartite administrée sous forme d’intérêt militant pour la démocratie et la liberté des peuples opprimés, est ingurgitée pieusement et massivement par les téléspectateurs qui ont peur de se départir des scénarios qui leur sont inlassablement évoqués et présentés. Aussi, c’est avec soulagement et gratitude que les chrétiens non gagnés aux thèses fallacieuses des maîtres du monde, accueillent les courageuses et franches assertions du Patriarche concernant la situation dramatique liée au « printemps arabe ». Face à ce printemps qui a déjà fait plus de 60 000 morts en Libye, Béchara Raï reste dubitatif quant à sa portée réelle sur le présent et l’avenir de la démocratie au Moyen-Orient en général et au sort des chrétiens en particulier. Il le dit en toutes lettres : « Il est nécessaire pour tous les régimes de la région de respecter leurs peuples mais la théorie du soulèvement romantique des opprimés contre les régimes dictatoriaux est caricaturale. L’action de la communauté internationale, que ce soit au niveau des États ou du Conseil de sécurité, devrait tenir compte de ce paramètre. » Pour la Syrie il le dit haut et fort : «  Nous redoutons une guerre civile ou l’avènement d’un régime radical, ainsi que le démembrement du monde arabe en mini-États confessionnels qui ne conviendraient qu’à Israël. » [2]
Et de préciser : « Que se passe-t-il en Syrie ? Y aura-t-il une guerre sunnito-alaouite dans ce pays ? Ce serait non pas une démocratie mais un génocide. Lorsque des sociétés sont victimes de guerres, de crises économiques et de privation des droits élémentaires de l’homme, nous ne pouvons que nous inquiéter pour les chrétiens, parce que nous ne voulons pas qu’ils soient traités en tant qu’étrangers. Lorsque les régimes dans certains États sont religieux (...), nous vivons en danger permanent ».
Aussi, fidèle aux orientations générales de l’Église Catholique, le Patriarche favorise l’option d’un état civil avec la séparation du politique et du religieux, seule garantie contre les « déviations » du confessionnalisme.
Auprès des officiels français, le Patriarche n’a pas craint d’évoquer le sort des chrétiens dans les pays dont les régimes ont été renversés, ou dans les pays en proie à des soulèvements populaires. « Il est nécessaire d’aider les chrétiens du monde arabe aux plans matériel, humain et spirituel, pour leur permettre de tenir bon dans leurs pays respectifs ».

Je cite en son entier le rapport de presse de Louis Denghien du site InfoSyrie paru le 9 septembre 2011 :
« Au cours d’une conférence de presse tenue à Paris le 8 septembre, le nouveau patriarche maronite Mgr Bechara Raï a mis l’Occident et la France en garde contre la percée de mouvements islamistes radicaux dans le monde arabe, à la faveur des révoltes et révolutions en cours. Et le 77e patriarche de l’Église chrétienne maronite a clairement dit que la Syrie n’était pas totalement à l’abri d’une sanglante subversion de type islamiste. Il a du reste invité les occidentaux à donner "plus de chance à Bachar al-Assad" pour mettre en application les réformes politiques et sociales annoncées en juillet. "En Syrie, le président n’est pas comme quelqu’un qui, à lui seul, peut décider des choses. Il a un grand parti Baas qui gouverne. (Assad) lui, en tant que personne, est ouvert" a notamment déclaré le patriarche d’Antioche qui a encore précisé : "Nous ne sommes pas avec le régime, mais nous craignons la transition".
Fin de citation [4].



Mgr Raï, qui est libanais, s’est également étonné que les pays occidentaux s’opposent à l’armement de l’armée libanaise, ou refusent de faire appliquer les résolutions du Conseil de sécurité des Nations-Unies relatives au retour des Palestiniens dans leur pays.

À dire vrai, Mgr Raï n’est pas si naïf : il a mis les pieds dans le plat géopolitique en remarquant, au cours de sa conférence de presse, que les pays occidentaux n’étaient soucieux que des intérêts d’Israël. "Tout ce qui se passe dans les pays arabes, émiettant leur unité, va dans l’intérêt d’Israël" a précisé le patriarche qui s’est encore "interrogé" sur le type de démocratie que les États-uniens avaient installée en Irak. Le patriarche, qui se trouvait à Paris pour participer à la Conférence des évêques de France, devait se rendre à Lourdes jeudi soir.

Mgr Bechara Raï n’est certes pas le premier dignitaire chrétien à s’inquiéter ouvertement de la montée en puissance, notamment militaire, des groupes islamistes radicaux en Syrie [3]. Recevant les lettres de créances du nouvel ambassadeur syrien auprès du Saint-Siège, le 9 juin dernier, le Pape, tout en appelant en substance le gouvernement de Damas à privilégier le dialogue par rapport à la répression avait eu ces mots : "Pour faire progresser la paix dans la région, une solution globale doit être trouvée. Celle-ci ne doit léser les intérêts d’aucune des parties en cause et être le fruit d’un compromis et non de choix unilatéraux imposés par la force. Celle-ci ne résout rien, pas plus que les solutions partielles ou unilatérales qui sont insuffisantes". Une ou deux pierres symboliques dans le jardin des puissances occidentales, très pressées de faire de la Syrie un nouvel Irak, au risque de contraindre à leur tour les chrétiens syriens à choisir entre la valise et le cercueil !

Dans ses prises de position, le Patriarche Raï était en harmonie avec celles du Patriarche grec orthodoxe Ignace IV Hazim et du Patriarche grec-catholique Grégoire III Laham. Il s’est interrogé sur le genre de démocratie que les puissances occidentales privilégient en Orient. « De quelle démocratie s’agit-il en Irak, à la lumière de l’exode massif des chrétiens de ce pays ? ». Le chef de l’Église maronite a manifesté sa crainte que le processus entamé pour renverser le régime syrien —dont il n’a pas caché les vices— ne mène à un exode massif des chrétiens et à une guerre civile aux conséquences désastreuses pour toute la région.

Sans craindre de prendre une position contraire à celle de la France, le Patriarche Raï a parlé avec respect du Président Bachar El Assad —de qui le Président Sarkozy affirme qu’il est « fini » [5]— et a demandé qu’une chance soit donnée à son plan de réforme. Il soulignait indirectement son désaveu de toute ingérence extérieure et de toute escalade para militaire dans le processus de démocratisation de la Syrie.

Le Patriarche n’a pas eu peur de contrecarrer les médias de la désinformation. Il a exprimé sa sollicitude et son inquiétude pour l’avenir des minorités chrétiennes du Moyen-Orient, plus précisément en Syrie où, affirmait-il, l’instauration d’un régime religieux d’obédience sunnite allait mener à une alliance entre sunnites syriens et sunnites libanais ce qui exaspérerait les tensions entre Sunnites et Chiites dans la région.

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Mgr Béchara Raï, 77e patriarche de l’Eglise maronite, lors de sa visite à Paris.

Revenir aux catacombes pour concilier l’avenir ?

Les positions pastorales du Patriarche maronite ont été reçues disgracieusement par les chrétiens de la nouvelle opposition libanaise qui ont essayé de jeter de la poudre aux yeux de l’opinion publique en dénonçant « des propos confessionnels discriminatoires » de la part de leur chef religieux.

Ces positions politiques veulent, par précaution, ménager la sensibilité de l’opposition syrienne qui, jouissant de l’appui international, est sûre de renverser le régime. Les chrétiens ne devraient donc pas prendre trop clairement position contre l’opposition syrienne. Ils prônent en définitive encore et toujours les catacombes pour les chrétiens du Moyen-Orient. Mais, pour toute personne non engagée politiquement, comment justifier l’injustifiable devant les crimes confessionnels de Qusayr, de Homs ou de Kafarbohom, perpétrés par des sunnites contre des chrétiens ou des alaouites ? Ces actes barbares cherchent à fomenter la guerre civile en comptant sur les actes de vengeance de la part des familles des victimes.

Il faut venir en Syrie et, notamment, à Homs ces jours-ci pour voir de ses propres yeux l’incroyable réalité des groupuscules terroristes qui, protégés par le silence international, dévastent la ville et, plus précisément, les vieux quartiers chrétiens du centre. Une amie syro-arménienne, était avec son mari et son fils, médecins de profession, dans leur clinique privée dans le quartier Bab Sbah lorsque les « révolutionnaires » entourèrent le quartier et empêchèrent les habitants de sortir de chez soi, les prenant pour des boucliers humains contre l’offensive de l’armée. Arminée me raconte : « Nous avons essayé de sortir de l’immeuble par la porte de derrière pour regagner notre appartement. Mais les rebelles nous ont surpris avec des jets de flamme pour nous dissuader de partir. Mon mari a essayé de les convaincre : en effet je suis cancéreuse, et rester la nuit à même le sol dans la clinique, était impensable pour moi. Mon mari a risqué sa vie pour demander à parler aux rebelles. À sa grande surprise il a noté qu’ils étaient sous stupéfiants, et n’avaient aucun sens de la réalité. Ils ne sont pas syriens, leur accent les trahit. Malgré nos supplications ils ont refusé de nous entendre et ont repoussé mon mari à l’intérieur. De loin, leur chef, tirait en l’air et leur faisait signe de fermer la porte de l’immeuble. Nous avons passé à même le sol une nuit d’enfer. Ce n’est que le lendemain, lorsque l’armée est entrée, que nous avons pu rejoindre notre appartement, faire nos valises et…partir vers le littoral en attendant la pacification de la ville ».

Cette présence d’une cellule terroriste multinationale avait été corroborée par divers témoins. Homs est une ville importante qui commande la route internationale entre Damas et Alep et Damas et le littoral. Par là transitent les marchandises en provenance des ports de Lattaquieh ou de Tartous. Par là passent les caravanes en provenance d’Alep ou d’Idleb. Si Hama avait une signification culturelle essentiellement sunnite, Homs est une ville stratégique et est appelée à être la Benghazi de Syrie.

Nous ne pouvons que regretter la position timorée ou hostile de clercs ou de laïcs chrétiens « bien pensants » qui continuent à être influencés tout simplement par la campagne de désinformation médiatique et qui s’indignent des descriptions en temps réel de ceux qui vivent les évènements en Syrie avec le souci d’informer, sans parti pris politique. Il n’y a qu’à suivre l’évolution des évènements et lire entre les lignes des médias pour se rendre compte que cette version « vécue » est la bonne. Depuis le début nous témoignons d’une situation qui n’est pas uniquement celle d’une opposition pacifique et populaire contre un régime sanglant. Un agenda international récupère ce schème pour déstabiliser impunément la région et redessiner ses contours au profit de nouveaux gouvernements marionnettes d’obédience religieuse sunnite pour qui la démocratie est le droit d’imposer la sharia islamique à tous les citoyens d’une manière autrement obligatoire que les régimes laïcs en voie de disparition forcée.

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Comme en Libye, il existe deux oppositions en Syrie : l’une —nationaliste—, souhaite une alternance politique la plus pacifique possible, l’autre —fabriquée par les puissances occidentales et du Golfe— organise un guérilla pour justifier une intervention militaire étrangère et un changement de régime.
La nouvelle phase de la révolution syrienne

Revenons à Homs : depuis le début des manifestations décrites unanimement par les médias de la désinformation comme étant « pacifiques » les rangs étaient infiltrés par des activistes qui avaient pour mission de semer le désordre et inciter les forces de l’ordre à la riposte. Très vite, comme durant le fameux dimanche des Rameaux, les terroristes hirsutes, ont envahi certaines rues de Homs pour tout casser et provoquer un état de siège.

La majorité des habitants de la ville attendait depuis des mois l’intervention décisive de l’armée. Ils ont vécu des exactions, des exécutions sommaires, un état de siège et une loi martiale de la part des insurgés. La pression internationale a ralenti le pouvoir décisionnaire de l’État. Aujourd’hui c’est fait. L’armée encercle Homs et somme les insurgés de se rendre. Ces derniers ont enfin fait surface avec leur armement léger et lourd et leurs formations jihadistes implacables. Nous sommes entrés dans une nouvelle phase de l’insurrection syrienne : celle de la guerre de rues grâce à la présence de cellules sunnites combattantes, auparavant dormantes et aujourd’hui bien alertes.
Ce saut d’une insurrection armée larvée, occultée par les médias, à une insurrection armée publique, justifiée par les médias, a été préparé par une reformulation de la stratégie de la révolution syrienne.
Pour Rami Khouri, analyste basé à Beyrouth, la chute de Kadhafi « montre qu’il y a différents moyens de faire tomber les régimes arabes (…) Une fois que le mouvement est lancé et que la bonne combinaison est là —volonté populaire de changement et soutien régional et international—, aucun régime ne peut résister. En Syrie cette combinaison entre un soulèvement populaire et un soutien régional et international existe. Ces régimes autoritaires, aussi forts soient-ils, finissent par chuter », prédit-il. Pour lui, la révolte de la majorité chiite à Bahreïn, petit royaume dirigé par une dynastie sunnite, n’a pas abouti car elle n’était pas soutenue à l’étranger… « Louaï Hussein, une figure de l’opposition syrienne, craint que la victoire des rebelles libyens ne renforce ceux qui, en Syrie, appellent le mouvement jusqu’ici largement pacifique à prendre les armes. "J’ai peur que certains opposants pressés de faire tomber le régime, que nous avons toujours mis en garde contre une réplique du modèle libyen, aient maintenant recours aux armes", dit l’écrivain. » [6]

C’est chose faite. Sur son blog, Ignace Leverrier introduit avec une emphase pathétique ce qui « justifie » le recours aux armes de l’opposition :

« Ce qu’il est malheureusement en voie de gagner (le régime syrien), c’est le défi cynique d’entraîner certains de ses concitoyens, uniquement avides de liberté et de dignité mais trop longtemps exposés dans l’indifférence internationale aux balles des militaires, aux tortures des moukhabarat et aux exactions des shabbiha, à céder à la tentation de recourir aux armes. Faut-il rappeler que "cynique", qui en grec renvoie au chien, signifie la perte de tout sens moral ? » [7].

Ce développement stratégique ne se heurte à aucune prévention (?) car l’opinion publique a été préparée à une diabolisation du régime face à une canonisation de l’opposition. Cela est dû en majeure partie aux rapports fallacieux de Rami Abdel Rahman, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme sis à Londres, dont la mission est de faire un décompte quotidien des « morts » et « blessés » parmi les opposants, jamais du côté adverse. Ce décompte morbide falsifie la réalité au gré des besoins médiatiques et est reçu sans plus de vérification par la presse internationale.

Présentées comme étant des quêtes démocratiques populaires, les manifestations sont le trompe-l’œil trouvé pour faire exploser la situation en Syrie et justifier, au cas où le besoin se présenterait, une intervention militaire à la manière libyenne. Avec les prises de position des chefs religieux chrétiens, et, en particulier, les assertions sans équivoques du Patriarche maronite, puis la déclaration du Secrétaire de la Ligue Arabe Nabil Arabi, en conclusion de sa visite à Damas, la recolonisation de la Syrie semble être encore relativement éloignée de la portée « humanitaire » des stratèges de l’Otan. Rendons grâces à Dieu et espérons que les réformes que nous souhaitons tous deviennent une réalité patente pour éviter le pire où tous nous retournerions aux catacombes.

dimanche 2 octobre 2011

La Croix : Entretien entre le Père Paolo Dall’Oglio s.j. et Julien Couturier.


Alors que la Syrie s’enfonce dans la crise, il veut croire à la possibilité d’une réconciliation nationale, et invite toutes les parties à faire le choix de la non-violence.

LA CROIX  : Comment expliquez-vous la crise que traverse la Syrie ?

P. Paolo Dall’Oglio :

Le pays est aujourd’hui en proie à deux formes de tension. La première est de nature culturelle et générationnelle. Une grande partie de la population syrienne ne veut plus vivre sous une dictature totalitaire. Ce qui était accepté ou toléré auparavant ne l’est plus.La seconde tension est de nature confessionnelle et ethnique. Le régime syrien est construit sur la domination absolue de la famille Al Assad, issue de la minorité alaouite, associée aux autres minorités du pays, ainsi qu’à certains « clients » sunnites, pour des motifs de nature économique ou tribale. Ceux qui détiennent aujourd’hui le pouvoir ne sont pas prêts à l’abandonner. Mais la capacité de ce régime à aller au bout de cette « logique du pouvoir » dépasse toutes les limites du raisonnable.

Pourquoi les membres de la communauté chrétienne soit soutiennent le régime, soit restent neutres ?

Les chrétiens de Syrie sont effrayés par la démocratie, au point qu’il leur arrive d’accepter que soient commis des actes totalement contraires aux droits de l’homme. Ce qui s’explique par le souvenir de la guerre civile du Liban, qui a profondément affecté les chrétiens de Syrie du fait de la densité des liens familiaux qui existent entre les deux pays et, plus récemment, de la volonté de certaines puissances étrangères d’introduire la démocratie en Irak, ce qui s’est soldé par la persécution des chrétiens irakiens, qui n’ont eu d’autre choix que l’exil.

Que ce soit au Liban, en Irak, ou même en Égypte aujourd’hui, l’expérience démocratique se révèle désastreuse pour les chrétiens.

L’instauration de la démocratie en Syrie aurait-elle nécessairement pour conséquence la marginalisation des chrétiens, voire leur départ ?

C’est ce que beaucoup croient ! La démocratie ne fait pas partie de l’héritage culturel des chrétiens de Syrie. Elle n’a jamais existé au sein de l’Église, qui ne fonctionne pas sur un mode démocratique, pas plus qu’elle n’existe au sein de la famille, qui est régie par le système patriarcal, ni davantage au niveau de la société, qui ne l’a jamais connue en tant que telle.

Les chrétiens sont confrontés à un choix difficile : on leur demande de faire confiance à un système démocratique dont ils ne connaissent rien, et dans lequel ils risquent de tout perdre. C’est pourquoi la majorité d’entre eux préfère continuer à soutenir un régime qui les protège, plutôt que de parier sur des valeurs aujourd’hui abstraites et théoriques.

Les musulmans sont les premiers à revendiquer l’instauration de la démocratie en Syrie et à en appeler à la chute du régime dictatorial de Bachar Al Assad…

Sans doute, mais pour les musulmans de ce pays, la démocratie signifie la fin de la dictature des minorités, et la reprise en main des affaires par la majorité sunnite, qui vit aujourd’hui dans une situation très similaire à celle que connaissait la majorité chiite en Irak du temps de Saddam Hussein.

Existe-t-il un système politique qui soit adaptable à la complexité de la société syrienne ?

Oui, il s’agirait d’un système dans lequel ce ne serait pas la communauté à laquelle on appartient qui constituerait l’élément déterminant, mais bien la capacité – garantie par la Constitution – d’obliger toutes les composantes de la société à rechercher des solutions de compromis.

C’est ce que j’ai appelé la « démocratie consensuelle », où toute décision d’importance devrait être adoptée par un large consensus, recueillant quelque chose comme 70 % des voix, et pas juste à la majorité plus une voix. Dans un tel système, le président de la République devrait avoir un rôle d’arbitre et non de leader.

Bachar Al Assad peut-il encore se transformer en arbitre, ou est-ce trop tard ? 

Il reste peu d’espoir. Toutefois, nous ne voulons pas fermer la porte au dialogue. Le régime peut encore faire le choix d’abandonner la logique de la violence, en acceptant de perdre une partie de son pouvoir, s’il ne veut pas tout perdre demain.

Mais le choix de la non-violence doit être accepté par tous. Les manifestations doivent rester pacifiques, et nous sommes opposés à toute forme d’intervention militaire étrangère, comme nous condamnons les sanctions économiques, une violence infligée aux plus pauvres de la société alors qu’elle épargne les plus riches.

Y a-t-il un espoir d’inverser la tendance de la répression massive du régime ?

Ça sera difficile, car la non-violence ne fait pas partie de la culture de ce pays. Nous venons d’organiser ici même, une semaine de « réconciliation ». Nous lançons également un appel à tous les mouvements pacifistes de par le monde, par exemple le mouvement mondial des scouts ou les organisations internationales de défense des droits de l’homme, pour qu’ils offrent leur médiation en vue de permettre aux parties en conflit de communiquer.

Pour vivre ensemble demain, il faut respecter aujourd’hui la dignité de l’autre, en tant qu’être humain et à l’exclusion de toute autre condition.

Recueilli par Julien Couturier (à Damas) - Source - Jounral La Croix.

samedi 1 octobre 2011

Point de vue - Anatomie de la peur - Par Elie Fayad | 29/09/2011

La peur est mauvaise conseillère, dit le bon sens commun. Qu’elle soit fondée ou pas, déclarée ou au contraire souterraine, enflée ou discrète, elle est toujours mauvaise conseillère.

En ce début du troisième millénaire de l’ère chrétienne, les chrétiens d’Orient ont peur. Et pour cause : en 1920, à la chute de l’Empire ottoman, ils comptaient pour un bon cinquième de la population de la région formée par les États de l’ancien Croissant fertile (Liban, Syrie, Palestine, Jordanie et Irak). Un peu moins d’un siècle plus tard, les chiffres précis manquent, mais il ne fait pas de doute qu’à l’exception du Liban, le cap du dixième ici et du vingtième là a partout été franchi dans le sens du bas.

Cette évolution négative n’est pas en elle-même un diagnostic des éléments constitutifs de la peur des chrétiens ; elle est juste l’expression matérielle de ce diagnostic, en ce sens qu’elle reflète l’ampleur du phénomène consécutif à la peur : l’émigration vers d’autres cieux.

D’emblée, un constat assez troublant s’impose, bien que n’ayant pas, jusqu’ici, remué outre mesure les méninges des historiens, peut-être parce qu’il s’inscrit à contre-courant de nombre d’idées reçues : cette dramatique diminution des effectifs chrétiens dans la région s’est produite durant le siècle qui a suivi la disparition du dernier empire islamique sunnite régi par un pouvoir de type califat.

Qu’on ne vienne surtout pas déduire de ce constat que les chrétiens d’Orient n’ont de perspective de survie que dans un retour au califat. Le règne des Mamelouks, s’attardant pendant plusieurs siècles avant les Ottomans, fut lui aussi quasi fatal pour les chrétiens : en 1516, l’année du basculement de la région du giron mamelouk à celui de la Sublime Porte, les chrétiens ne représentaient, selon des études réalisées en France, que 7 % de la population. C’est donc au cours des quatre siècles suivants que leur proportion allait pratiquement tripler.

Sans vouloir le moins du monde faire l’apologie d’un empire qui, par bien des aspects, fut directement responsable du maintien des peuples qui en dépendaient dans un état d’arriération et de misère, il faudrait néanmoins reconnaître ce fait historique simple : le règne ottoman fut une période d’essor de la présence chrétienne en Orient.

Un constat en amène un autre : en Turquie même, et malgré l’indépendance grecque obtenue en 1830, de nombreuses grandes villes, y compris la capitale de l’Empire, Constantinople, demeurèrent à majorité chrétienne (grecs, arméniens, latins, etc.) jusqu’à la fin du XIXe siècle. Ce n’est, étrangement, qu’avec l’avènement du nationalisme dit « laïc », très précisément en 1908, que la courbe tragiquement descendante de la présence chrétienne fut entamée. Le fait que la date officielle de la chute du régime ottoman n’intervint que douze ans plus tard continue de tromper beaucoup de monde sur la responsabilité des événements de cette période. Ainsi, lorsqu’au milieu de la Première Guerre mondiale, la décision du génocide des Arméniens fut prise, elle le fut par les véritables détenteurs du pouvoir à l’époque, c’est-à-dire les nationalistes « laïcs », et non pas par le régime d’un sultan déjà réduit à l’état de bibelot poussiéreux.

Plus tard, Orhan Pamuk, prix Nobel de littérature, évoquera dans son magnifique livre de souvenirs d’enfance, Istanbul, les espèces de « mini-pogroms » que connaîtront les chrétiens turcs dans les années cinquante et soixante, sans que le régime « laïc » musclé en place n’y trouve à redire. Ces attaques répétées mettront pratiquement fin à une présence chrétienne plusieurs fois millénaire dans ce qui fut la « Deuxième Rome » et l’Anatolie. Si la conquête islamique de 1453 avait mis fin au pouvoir politique chrétien, l’existence physique des chrétiens ne fut, elle, anéantie à jamais que par le XXe siècle « laïc ».


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Bousculer quelques préjugés historiques ne signifie pourtant pas qu’il faille nier l’existence d’un gros problème islamique poussant en permanence les minorités d’Orient, et en particulier les chrétiens, à s’interroger sur leur devenir. Il est donc parfaitement légitime pour un chef d’Église chrétienne orientale de se faire l’écho de cette interrogation. Sauf que le droit de poser les bonnes questions ne justifie jamais celui de donner les mauvaises réponses.

Hélas, aujourd’hui, au Liban comme ailleurs dans la région, nombreux sont les chrétiens qui s’accrochent encore aux pires réponses. Et la thèse de l’alliance des minorités sous la coupe d’une dictature tyrannique usant de leurres idéologiques et politiques pour justifier son maintien et son hégémonie est sans nul doute la pire d’entre les pires.
Il y a une dizaine d’années, à la « belle époque » de la tutelle syrienne au Liban, un ministre libanais des Affaires étrangères connu pour ses bonnes relations avec Damas affirmait sans complexe – en privé bien sûr – que pour pouvoir s’inscrire dans la durée, le régime des Assad n’a d’autre choix que de gouverner les sunnites par l’arabisme ; autrement dit par la surenchère nationaliste anti-israélienne. D’où la fameuse « moumanaa ».

Or, l’une des caractéristiques majeures que l’on peut observer dans les diverses expressions du printemps des peuples arabes en cours est précisément la démythification de cette « moumanaa ». Peu à peu, celle-ci est mise à nu, dépouillée du verbiage qui s’efforçait de cacher sa nature fondamentalement factice et mensongère.

Que cette feuille de vigne utilisée par les théoriciens de l’alliance des minorités tombe n’est que justice, après tout. Mais la vraie question est ailleurs, elle est d’ordre pratique : une fois la « moumanaa » tombée, derrière quoi s’abriteront les « minorités alliées » ?

Le monde sunnite s’ouvre désormais à nous, dans son immensité et ses contradictions, ses libéraux, ses conservateurs et ses salafistes. À nous de savoir comment traiter avec lui autrement qu’en le stigmatisant d’emblée lorsque nous constatons, effarés, que nous n’avons plus les moyens de le berner.

Or au moins pour ce qui est du Liban, il faut être complètement aveugle ou alors de très mauvaise foi pour ne pas constater que, depuis un certain nombre d’années, il existe un miracle sunnite libanais jusqu’ici unique dans le monde arabe, représenté par la prédominance massive d’un courant libéral au sein de la communauté. Que ce courant soit amené à tâtonner, à commettre des erreurs et parfois même à jouer aux apprentis sorciers avec le salafisme n’autorise personne, même ceux qui contestent – c’est leur droit – sa politique économique et sociale, à douter de son essence libérale.

La démocratie chrétienne a connu beaucoup d’errements avant de devenir ce parti clinquant que l’on retrouve aujourd’hui à la tête de plusieurs gouvernements européens. Le temps n’est-il pas venu en Orient de donner une chance à la démocratie sunnite ?
Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.