vendredi 30 septembre 2011

Syrie : La situation des chrétiens à Homs : Le curé de Bab Sbah, à Homs, témoigne

Propos recueillis le 23 septembre 2011 à Qâra en Syrie par Mère Agnès-Mariam de la Croix Higoumène du monastère Saint Jacques l’Intercis
24 septembre 2011

Le curé de Bab Sbah relate ce qui suit le 23 septembre 2011 :

"Ces deux dernières semaines la situation à Homs était des plus tendues. Je peux vous dire que l’épreuve renforce notre foi, nous unit entre chrétiens et entre chrétiens et musulmans et nous détache des choses de ce monde. Nous voyons la mort de nos yeux tous les jours. Notre vie quotidienne est bouleversée. Comme d’habitude je vous transmets ce que nous vivons au fil des jours.

La population sunnite de Bustan Diwan, Bab Dreib, Bab Sbaa, s’était ralliée à 30 % à Bilal El Ken, Emir autoproclamé de la principauté (Imârat) de Homs. Ce dernier avait loué de la famille Traboulsi une grande villa dans le quartier huppé de Warcheh où il avait installé son Quartier Général. Ce Bilal El Ken, était fort de plusieurs centaines d’hommes, armés jusqu’aux dents. La plupart sont recrutés parmi les artisans de la classe pauvre de Homs. De toute évidence ils ne sont pas entraînés au port des armes ce qui les rends plus dangereux car ils tirent dans tous les sens, surtout lorsqu’ils se sentent en danger. Mais ils sont encadrés par des professionnels de la nébuleuse salafiste internationale : afghans, irakiens, séoudiens, libanais ou jordaniens. Les jeunes des Comités populaires en ont capturés quelques-uns. Ces groupuscules ont pour mission de terroriser les forces de l’ordre et l’armée pour les faire démissionner ainsi que de dissuader la population au cas où elle chercherait à contredire l’opposition.

Profanation à l’église de Saint Elian et enlèvement de jeunes chrétiennes

Depuis une dizaine de jours les salafistes ont forcé la porte de l’antique église Saint Elian à Homs. Ils pensaient que les ustensiles sacrés étaient en or aussi les ont-ils raflés. L’Evêque grec-orthodoxe, S.E. Mgr. Abou Zakhm a eu le courage d’aller voir l’Emir de Homs, Bilal El Ken. Il lui a dit « Nous sommes des frères et avons toujours vécu ensemble. Pourquoi as-tu pris nos vases sacrés ?, tu dis que tu te passes des forces de l’ordre, il t’appartient donc de nous défendre ». Bilal a rassuré l’Evêque sur les intentions des insurgés mais a nié avoir commandité la rafle. Les rebelles avaient, en passant, vidé la caisse de l’église.

Puis les sbires de Bilal El Ken enlevèrent quatre filles chrétiennes d’un minibus faisant l’aller retour de Homs à Zeidal. L’une d’entre elles, Maya Semaan, fut rendue au bout de quatre jours, de toute évidence violée. L’armée intervint alors pour mettre une limite aux exactions des salafistes. Bilal fut tué le 7 septembre 2011 durant les affrontements et son quartier général fut perquisitionné. On y trouva les vases sacrés volés et ils furent rendus à l’église de Saint Elian.

Bilal El Ken, l’Emir décédé de l’Emirat salafiste de Homs

La désinformation assure que Bilal EL Ken est un officier dissident faisant partie de l’armée libre de Syrie. Il n’en est rien. Les salafistes ont mis la main sur un dépôt d’uniformes de l’armée syrienne. Ils s’en revêtent et se font passer pour des officiers et des soldats repentis. Ce sont les gens du quartier de Bilal à Bab Sbah à Homs qui affirment que toute sa vie cet individu était un voyou qui s’est converti au wahabisme salafiste par pur intérêt. Les musulmans modérés se plaignent de lui autant sinon plus que les chrétiens. Ils l’accusent de viol, séquestration, terrorisme, intimidation et fondamentalisme meurtrier.

Ces jours-ci les rues sont plus calmes. On entend cependant toujours des rafales de balles. Maintenant on peut sortir faire les achats nécessaires, mais depuis quinze jours on était terrés à la maison. Homs était devenu un champ de bataille. Les insurgés ont des armes lourdes qu’ils utilisent sans discernement. Avec les RPG ils peuvent détruire les chars de l’armée. La façade de l’Evêché est criblée de balles et quelques vitres sont cassées. Etant situé sur une ligne de démarcation le bâtiment aurait dû être beaucoup plus endommagé. Il faut remercier l’armée qui avance avec un soin infini. Cependant ceci n’a pas encouragé les locataires de l’Evêché à y rester. Il semble abandonné dans un quartier ravagé, autrefois si paisible.

Les groupes salafistes continuent à investir plusieurs quartiers de Homs, surtout Bab Amr. Ils ont juré d’empêcher les écoles d’ouvrir à travers ce slogan : « « La dirassé wa la tadriss hata isqat al ra2is » (« Pas d’études ni d’enseignements jusqu’à faire tomber le Président »). Les écoles publiques ont ouvert et les écoles privées ouvriront la semaine prochaine mais les salafistes tirent sur les écoles ce qui dissuadera les parents d’envoyer leurs enfants. De plus les « manifestants » ont décidé de marcher dans la rue au moment de la sortie des écoles. Sur les photos et les vidéos il y aura plus de monde de plus çà fait bien que les écoliers et les étudiants paraissent faire partie de l’opposition.

Depuis longtemps la grande majorité des  jeunes s’est retirée. Les chrétiens ne sentent plus que les revendications les interpellent. Il n’y a d’ailleurs aucune autre revendication que d’en finir avec le régime et cela est crié dans tous les sens, blasphèmes à l’appui, au son des « Allah Akbar », « Haya ila ljihâd », islamiques (Dieu est grand, allons au combat).

Les jeunes ou moins jeunes qui sont restés fidèles au mouvement contestataire sont réapparus armés, et farouches. Auparavant nul ne parlait de la religion de l’autre. Aujourd’hui on entend des injures contre les chrétiens et les alaouites et…vice versa. C’est une situation désastreuse qui laisse présager le pire.

Mes paroissiens et nos amis musulmans nous nous regardons souvent avec une interrogation lancinante : que s’est-il passé pour que nous en soyons arrivés là ? Au début j’ai approuvé tacitement que quelques uns de nos jeunes aillent aux « manifestations » avec leurs camarades. C’était une belle expérience de solidarité. Les revendications étaient justes et légitimes et elles continuent à nous tenir à cœur. Mais, très vite, ces manifestations sont devenues d’un autre esprit. Nous avons vu des barbus armés et drogués tirer partout d’un œil hagard. Je vous en avais déjà parlé, mais vous me dites qu’on ne vous croit pas ? Pourquoi n’avez-vous pas amené vos amis journalistes à Homs ? Ils auraient vu de leurs yeux nos voisins devenus subitement des salafistes féroces et méconnaissables, les barricades occupées par des groupes armés, les destructions, les slogans islamistes.

Nous tous, musulmans modérés (la grande majorité), chrétiens, alaouites, druzes, ismaélites et même kurdes nous craignons l’avènement d’un Etat islamique qui nous impose, comme lois civiles, les lois religieuses de l’Islam. Une conversation étayera ce que je dis.

Redevenir Dhimmi ?

Un dhimmi est un citoyen de l’état islamique qui n’est pas musulman. D’après les normes du Coran, il est traité comme un citoyen de seconde zone. Il doit verser une capitation pour être « protégé » par l’état islamique. Il n’a pas les mêmes privilèges que les citoyens musulmans.

L’autre jour j’étais chez le mécanicien à Sinaa (la cité industrielle). Celui-ci, un  fervent sunnite, me questionne à brûle-pourpoint : « Que pensez-vous des affirmations du Patriarche Maronite ? On dirait qu’il a peur pour les chrétiens si le régime tombe ? ». Je lui réponds : «  Je pense qu’il a raison. Il est difficile pour un chrétien d’aujourd’hui d’accepter de redevenir un dhimmi. C’est inacceptable »

Il rétorqua : « Mon frère, il ne faut pas avoir peur de nous, nous vivons ensemble depuis longtemps. »

Je lui précisais : « Nous avons vécu ensemble sous le protectorat français puis sous des régimes laïcs. Devant la loi nous sommes égaux. Dans un état islamique nous ne vivrons pas en égaux. Accepterais-tu d’être traité par un chrétien comme un citoyen de deuxième catégorie ? »

Il sursauta et je renchéris : « Ce n’est acceptable ni chez nous ni ailleurs, ce serait retourner en arrière, au Moyen-Âge, vers un régime basé sur une discrimination confessionnelle. C’est pourquoi les chrétiens ne briguent pas un état chrétien mais préfèrent un régime laïc devant lequel nous sommes tous des citoyens aux droits et devoirs égaux, abstraction faite de notre appartenance religieuse. Tandis que votre réclamation d’un Etat islamique vous amènera, une fois qu’il sera instauré, à distinguer derechef les musulmans des non-musulmans. Nous serons en plein dans la discrimination et l’apartheid ».

Mon mécanicien ne répondit plus rien, il préféra vaquer à son travail."

jeudi 29 septembre 2011

"Honte aux Chrétiens syriens" : Soeur Agnès-Mariam de la Croix répond à Marie Maamarbachi Seurat.

Syrie : Suite à l'article de Marie Maamarbachi Seurat intitulé "Honte aux Chrétiens syriens", le Veilleur de Ninive publie la réponse de Soeur Agnès-Mariam de la Croix, Higoumène du Monastère Saint Jacques l'Intercis, à Qâra en Syrie.

Chère Madame,

Je suis d’origine palestino-libanaise. Certains de mes parents ont été condamnés à mort par le régime syrien. Ce n’est donc pas par sympathie pour ce dernier que je m’exprime.

Vous êtes écrivain et c’est avec virtuosité que vous exprimez votre indignation face aux chrétiens d’Orient. Vous prenez la peine de rappeler vos lettres de créances dont la plus poignante est que vous êtes l’épouse d’un martyr. Le préambule autobiographique et la belle prose aux accents dantesques ne cherchent pas tant à persuader vos lecteurs qu’à dissuader ceux qui songeraient à vous contrecarrer. Non seulement votre texte balaie d’un coup de poing toute opposition de la plèbe chrétienne à votre version des faits mais vous dissuadez même nos prélats de s’exprimer au point de clôturer votre réquisitoire en assénant un tonitruant «  taisez-vous » aux Eminences qui ne se sont pas encore exprimées face à la situation de la Syrie : « Grecs et Arméniens orthodoxes, Arméniens catholiques, syriaques et jacobites, chaldéens et autres ».

Chère Madame, je m’associe à votre deuil pour votre cher et inoubliable mari. Que votre douleur soit encore vivante est compréhensible. Que vous soyez en connivence affective et militante avec l’incomparable Michel Kilo ne me surprend guère. Mais, croyez-vous que votre zèle pour la liberté d’expression et la démocratie en Syrie sur fond de votre propre souffrance, sont suffisants pour vous autoproclamer le juge suprême des chrétiens d’Orient, de leurs éthiques et même de leurs pasteurs ? N’est-ce pas dépasser les bornes de la liberté des autres ?

En essayant de ne pas être paralysée par votre réquisitoire qui, dans certains passages, a le goût âcre de l’injure et, en passant outre les propos diffamatoires de vos apostrophes, quelle ligne de conduite puis-je inférer qui mériterait votre satisfecit ? que reprochez-vous si sévèrement aux chrétiens et à leurs pasteurs ? Il est difficile de vous suivre et de retenir de votre discours une orientation constructrice.

Votre diatribe enflammée semble viser uniquement à discréditer les chrétiens et leurs pasteurs. Au lieu d’ouvrir une voie pour leur réhabilitation, vous les vouez sans nuances aux gémonies. Mais votre virulence recouvre des prémisses qui jettent de la poudre aux yeux. Avec mes frères et sœurs et nos pasteurs, je me sens décrédibilisée. C’est pourquoi j’aimerai élucider ce qui, dans votre texte, relève de la désinformation.

D’abord vous dites vous-mêmes que jusqu’à hier vous étiez une «  pro » du régime alaouite. C’est une gifle à tous ceux qui ont souffert des exactions de ce régime lorsque, mandaté ou du moins toléré par les grandes puissances pour contrôler le Liban, il a mâté dans le sang la rébellion du peuple et de l’armée libanaise réclamant leur indépendance. Sommé d’évacuer enfin ses troupes qui occupaient le Liban depuis deux décennies, le Président Bachar El Assad a reconnu publiquement les erreurs du passé. N’est-ce pas sous le contrôle syrien que votre mari a été enlevé et bientôt assassiné au Liban ? Et vous avez continué à croire en la « protection » que ce régime assurait aux chrétiens ? Que ne vous êtes-vous soulevée avec nous alors chère Madame ? Ou, plus tard lorsque les Evêques maronites avec à leur tête le Patriarche Nasrallah Sfeir ont publié leur fameuse déclaration réclamant enfin le droit du Liban à l’indépendance ?
Mais vous étiez loin de la scène libanaise comme vous avez été loin de la scène syrienne et aujourd’hui c’est d’une manière bien impromptue et, pardonnez l’expression, cavalière, que vous prenez le parti d’une cause que vous voulez nous imposer manu militari.

A peine arrivée à Damas le 22 août 2011 vous avez à cœur d’énumérer les atrocités commises dans les quarante huit heures. Où puiserez-vous vos informations si ce n’est chez Rami Abdel Rahman, dans son observatoire syrien des droits de l’homme en vraie émule de l’inlassable Jazirah, de ses sœurs de lait Al Arabiya et Al Hurra ainsi que de leurs cousines germaines d’Occident BBC et France 24 ? Vous ne prenez pas la peine de dire quelles sont ces atrocités et qui les a perpétrées, car dans votre mentalité c’est superflu. Le régime est incriminé, les manifestants sont canonisés, et diabolisés ceux qui n’adoptent pas cette vision manichéenne.

Vous anathématisez les chrétiens qui ont ouvert deux boîtes de nuit à Alep et qui ont eu le toupet de danser ! En voilà d’une preuve que notre liberté est espionnée et que nous sommes entrés, sous votre égide dans une ère totalitaire comme aux pires moments des Talibans.

Mais, vous êtes-vous seulement promenée à Mazzeh ou sur l’autoroute d’Alep n’importe quelle après-midi des quelques jours que vous avez passé en Syrie chère Madame ? Vous auriez dû frémir en voyant les familles musulmanes au complet piqueniquer sur l’herbe verte, chanter et danser la vie. C’est étonnant que vous ne mentionnez que les chrétiens parmi la population qui continue à survivre malgré les évènements.

Vous nous incriminez pour inconscience, nous et nos pasteurs pour ne nous être pas exprimé sur les exactions ni avoir escaladé nos clochers pour clamer notre désapprobation ou faire sonner le tocsin face à l’interminable succession de ceux qui sont tombés pour avoir réclamé la justice.

Enfin voilà une consigne qui tient la route ! Vous voulez que les chrétiens prennent le parti de ceux qui réclament liberté et justice ? A vos ordres ! Seulement, auriez-vous la bonté de nous orienter vers le groupe qui vous semble le plus approprié pour que nous le suivions ?

Devrons-nous rejoindre les frères musulmans de Hama ? Les salafistes de Jisr El Chaghour ? Les sbires de Al Qaïda dans la Djezzirah, aux confins de la frontière irakienne ou les disciples du cheikh Arour dans la Province de Damas ? C’est l’embarras du choix !

A ce moment-là vous voulez certainement que les chrétiens troquent la croix pour le croissant, qu’ils échangent leurs évangiles pour les corans et qu’ils s’avancent chaque vendredi aux accents de « Allah hou Akbar », « Dieu est grand » ou mieux, de «  Hayya 3alal Jihad ? Debout à la guerre sainte » ? Vous révez sans doute, par solidarité, qu’ils autoproclament leur impiété originelle en s’écriant avec leurs frères fondamentalistes « les alaouites au tabout (tombeau) et les chrétiens à Beyrouth ».

Si votre ouverture culturelle n’est pas parvenue à tant de condescendance, sans doute préconiserez-vous que nous rejoignions un groupe dissident libéral. Serait-ce celui qui obéit à la philosophie d’un Borhan Ghalioun ou à la vindicte d’un Abdel Halim Khaddam ? A moins que, proche des Alaouites, vous ne nous conseillez de rejoindre les rangs des fana de Rifaat El Assad dont la dissidence l’a certainement lavé de ce qu’il avait encore de plus odieux que toute la tyrannie de feu son frère.

Ou peut-être que votre sens altruiste nous pousserait à suivre les revendications de nos frères kurdes ? Pourquoi pas ? Pourquoi ne pas adopter le turban et la moustache et militer pour une patrie kurde aux accents gutturaux du dialecte de Soleimanié ?

Sans doute que les chrétiens doivent rejoindre tout simplement les contingents de Michel Kilo. Là permettez-moi de relever que vous le décrivez quand même comme quelqu’un de bien imprudent, qui va tout de go « forcer la main et même tordre le bras » au pauvre Président Bashar Assad à peine investi de sa charge. Détail qui nous renseigne sur le capotage du premier printemps de Damas et sur la raison pour laquelle notre vénéré vétéran de révolutionnaire a finit dans une geôle.

Tout compte fait, peut-être qu’à défaut de rejoindre l’un des groupuscules qui forment la pléiade inextricable de cette nébuleuse qu’est l’opposition syrienne, faudrait–il que les chrétiens se mobilisent et créent leur propre opposition ? Dans ce cas quelle liberté nous conseillez-vous de revendiquer, quelle justice doit-on réclamer face à nos frères ? J’entends les «  militants » d’entre eux.

Quelle démocratie invoquer lorsque la « majorité » des militants vous oblige à choisir l’islamisme ou partir ? Nous en sommes arrivés à un tel fanatisme qu’un supérieur de monastère dédié au dialogue islamo-chrétien a demandé à nos fidèles de Qâra de vendre leurs biens et de partir pour que leurs frères musulmans aient le champ libre de vivre leur foi sans entraves (sic !).

Comment faire, par exemple, pour dépasser le joug de la Charia sur nous qui professons une autre religion ? Nous aideriez-vous à descendre dans la rue pour demander qu’on nous rende nos écoles, « nationalisées », qu’on nous permette, comme nos chers Imams et élèves des écoles coraniques pour la leur, de proclamer notre Foi chrétienne et de la propager ?

Croyez-vous que la révolution en Syrie pourrait se diriger vers de telles issues ? Si vous me l’assurez je serai la première à descendre demain dans la rue crier « liberté, égalité et justice » pour les chrétiens puisque la charité bien ordonnée commence par soi-même. Mais je ne descendrai pas pour manifester pour qu’un régime totalitaire laïc soit remplacé par un régime totalitaire religieux.

Cependant, à bien sonder votre discours vous ne nous demandez pas de participer aux manifestations -que pouvons-nous y ajouter nous qui ne sommes qu’une poignée dont on se méfie bien vite- mais bien de sonner le glas des victimes de l’oppression. Là aussi il y aura quiproquo. Quelles victimes nous faudra-t-il pleurer ?et pour qui sonner le tocsin ?

Sera-ce pour celles qui sont tombées sous les coups aveugles et haineux des insurgés (ainsi notre tailleur de pierre, sunnite de Hama, a vu son cousin germain assassiné par un frère musulman qui l’incriminait de n’être pas des leurs, ou le père d’un de nos résidents, alaouite, dont le fils aîné a été frappé à mort et son taxi mis hors service par des manifestants sunnites furieux de découvrir qu’il osait circuler dans la zone de leurs activités militantes. Qui pleurer ? Les centaines de victimes des forces de l’ordre massacrées, torturées, défigurées ? Les femmes alaouites violées ? Les jeunes chrétiens tuées à bout portant par une horde fanatique à Yabroud ou à Qusayr ? Voulez-vous que nous pleurions les terroristes barbus de Homs, dopés au point de ne plus ressentir la douleur, tirant sur tout ce qui bouge, flanqués de dames afghanes expertes en dépeçage des cadavres ? Certains, regrettons-le, ont périt pour avoir voulu massacrer les populations civiles de Bab Esbah, les forces de l’ordre ont finalement reçu la permission du Président Bashar El Assad de tirer « uniquement dans un cadre d’auto-défense ».

Si vous voulez, venez chez nous et nous vous ferons rencontrer des jeunes qui ont vécu les manifestations « pacifiques », infiltrées d’intrus armés tirant à la fois sur les forces de l’ordre et sur les manifestants pour provoquer des affrontements et susciter la riposte et le cycle des violences ? Pour ces victimes innocentes je crois qu’il faut pleurer comme pour toutes les victimes des manipulations collectives.

Sans doute que, trop affairé de vous recevoir, Monsieur Kilo ne vous a pas mise au courant de la dernière décision de l’opposition. Excédée de « perdre du terrain » elle a décidé d’avoir recours aux armes. A la veille d’une guerre civile ouverte, qui voulez-vous que nous pleurions ? Vous avez vécu l’injustice et l’incompréhension du monde. Veuillez ne pas nous les infliger.
La situation en Syrie n’est pas aussi simpliste que vous le dites. Croyez-vous seulement ce que vous avancez ? Quelles factions avez-vous visitées à Damas et où sont les photos qui nous assurent de votre ralliement à tel groupe de manifestants pour que nous le choisissions comme le groupe de référence ? Prenez la peine de vous informer sur la situation avant de prendre la croix et la bannière. Vous vous en prenez au pasteur protestant qui, à la BBC n’a pas pris fait et acte contre les bombardements navals de Lattakieh alors qu’il est archi avéré, témoins à l’appui, qu’il n’y a pas eu bombardements que sur les mises en scène des médias satellitaires de la désinformation. Nous avons des amis qui habitent le quartier, ils ont démenti formellement cette fausse nouvelle.

Votre passion pour une cause dont vous ignorez de toute évidence les tenants et les aboutissants vous pousse à critiquer le Patriarche maronite qui a eu le courage de stigmatiser, en harmonie avec les positions de tous les patriarches d’Orient, l’ambiguïté de la situation qui prévaut dans la région. Il s’est fait le porte-parole courageux de milliers de chrétiens qui n’ont été que trop spoliés dans leurs libertés fondamentales et leur dignité non par leurs frères musulmans, dont ils sont solidaires avec l’immense majorité, mais par ces grandes puissances qui viennent instaurer leur chaos créateur sur le dos de personnes ingénues et grâce au sinistre professionnalisme des escadrons fondamentalistes de la mort, dans le style du Liban dépecé et de l’Irak écartelé.

Comble de l’intolérance pour une dame qui plaide pour la liberté d’expression en Syrie : après votre verbe solennel et pathétique, vous ne tolérez qu’un silence obséquieux de la part de ceux que vous avez réussi à intimider ou le silence de l’ostracisme pour qui aurait encore la velléité de la riposte. Belle démocratie où non seulement ceux qui s’expriment sont lynchés mais où l’invective s’adresse même à ceux qui ne l’ont pas encore fait ou qui ne pensent même pas à le faire !

Quelle que soit la flamme qui vous anime, jaillie de blessures jamais cicatrisées, elle est hors de propos lorsqu’elle oblige à l’omerta vos coreligionnaires au profit de revendications faussement démocratiques, suivant un consensus international fallacieux.

J’espère qu’évolution aidant, les chrétiens puissent intégrer en tant que citoyens à part entière une vraie révolution qui change le visage pétrifié et obsolète du monde arabe. Alors on sera heureux de se côtoyer pour la bonne cause, la vraie.

Respectueusement,

lundi 26 septembre 2011

Nous détâcher de la mondanité pour être plus fort.

Le Monde Chrétien doit-il laisser passer, dans le silence et la résignation, les attentats contre les églises, les prêtres, les symboles chrétiens et les cimetieres sans réagir ou bien, doit-il se mettre à la violence pour contrer les illuminés auteurs des attentats ?

Le discours prononcé par Benoit XVI à Friburg hier 25 Septembre 2011, devant  "les représentants des associations catholiques engagées", nous éclaire de manière limpide. Répondant à la question "l'Eglise ne devrait-elle pas peut-être changer" pour faire face à une diminution de la pratique religieuse et à un détachement croissant de la vie de l'Eglise de la part des baptisés, le Saint-Père nous invite à la rupture pour nous renforcer par la liberté et l'humilité.

Plus précisemment, quelle est cette méthode préconisée par le Saint-Père ? Il nous recommande de :

nous détâcher de la mondanité.

En effet, "une Eglise allégée des éléments mondains est capable de communiquer aux hommes...cette force vitale particulière de la foi chrétienne... Etre ouvert aux évènements du monde signifie donc pour l'Eglise détachée du monde, témoigner, selon l'Evangile, par des paroles et des actes ici et aujourd'hui, de la prédominance de l'amour de Dieu".

Pour le Pape, il ne s'agit pas ici de trouver une nouvelle tactique pour relancer l'Eglise. Il s'agit plutôt de déposer tout ce qui est seulement tactique et de chercher à être vraiment sincère sans négliger ni réprimer aucun aspect de la vérité d'aujourd'hui, et de réaliser pleinement la foi...en éliminant d'elle tout ce qui n'est foi qu'en apparence, mais en vérité n'est que conventions et habitudes....

Pour lire l'entièreté de l'intervention, se rendre sur le site de Vatican Information Services.

dimanche 25 septembre 2011

Indonésie: un kamikaze se fait exploser à la sortie d'une église.


Des forces de police devant l'église de Bethel Injil, cible d'une attaque suicide, le 25 septembre 2011 à Solo, sur l'île de Java (AFP - 25 Septembre 2011, Anwar Mustafa) -

SOLO (Indonésie) — Un kamikaze s'est fait exploser dimanche devant une église protestante d'Indonésie, parmi des centaines de fidèles qui sortaient de la messe, ne faisant cependant qu'une victime, lui-même.

L'attentat-suicide, survenu à 10h55 heure locale (03h55 GMT), relance les craintes de tensions religieuses dans cet immense archipel, premier pays musulman de la planète avec 240 millions d'habitants.

Le kamikaze a déclenché sa bombe à l'entrée principale de l'église protestante Bethel Injil de Solo, ville située au centre de l'île de Java, a précisé à l'AFP le porte-parole de la police locale, Djihartono, qui comme beaucoup d'Indonésiens n'utilise qu'un seul nom.

Seul le kamikaze a été tué, a indiqué la police, contredisant de premières indications qui avaient évoqué un autre mort. Près de trente personnes ont par ailleurs été blessées, a-t-on précisé de même source.

L'auteur de l'attentat a réussi à rentrer dans l'église, portant sur lui une ceinture d'explosifs, et a attendu la fin de la messe pour se lever et déclencher sa bombe, tandis que les fidèles sortaient de l'édifice, a expliqué la police.

Un correspondant de l'AFP a vu devant l'église un corps ensanglanté que la police locale dit être celui de l'auteur de l'attentat. Allongé devant l'entrée principale du lieu de culte, l'homme a perdu la main gauche dans la déflagration mais le reste du corps semble peu touché, à l'exception de l'abdomen, laissant à penser que l'engin explosif était peu puissant.

Cela pourrait expliquer le nombre relativement peu élevé de victimes, alors que le kamikaze s'est fait exploser au beau milieu de centaines de fidèles sortant de la messe dominicale.

"Ce poseur de bombe était membre du réseau terroriste basé à Ciberon que nous avons évoqué il y a quelques mois", a déclaré le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono, faisant allusion à une ville située à environ 300 km à l'ouest de Jakarta où un attentat similaire avait eu lieu en avril.

"J'ai demandé une enquête pour en découvrir plus sur ce groupe, sur qui le finance et qui le commande", a-t-il ajouté dans une déclaration télévisée.

"Un dimanche paisible s'est transformé en scènes de chaos", a raconté à l'AFP Kristanto, un des fidèles. "Tout le monde criait et était hystérique", a ajouté l'homme de 53 ans.

Un médecin d'un hôpital de Solo a raconté que les blessés portaient des traces de clous et de boulons.

Cet acte fait ressurgir les craintes sur la présence de mouvements islamistes encore capables de frapper. Les autorités assurent avoir décapité le groupe islamiste Jemaah Islamiyah (JI), réputé proche du réseau Al-Qaïda, mais les experts ont à plusieurs reprises averti que des groupuscules pourraient encore être actifs.

La ville de Solo a longtemps compté parmi ses habitants Abou Bakar Bachir, imam considéré comme le porte-voix de la mouvance radicale et condamné en juin dernier à 15 ans de prison.

L'attentat-suicide fait également craindre la résurgence de violences interconfessionnelles entre les musulmans (près de 90% de la population) et les chrétiens (moins de 10%).

La Constitution indonésienne stipule que l'islam n'est pas une religion d'Etat et reconnaît la liberté de culte, mais le pays est régulièrement secoué par des conflits religieux.

Mi-septembre, des centaines de paramilitaires ont dû être dépêchés à Ambon, aux Moluques (nord-est), après des émeutes entre musulmans et chrétiens qui ont fait trois morts. Cinq mille personnes avaient été tuées dans cette région lors de violences religieuses entre 1999 et 2002.

Copyright © 2011 AFP. Tous droits réservés

samedi 24 septembre 2011

Quels efforts pour améliorer la coexistence inter-religieuse ?

En Occident, certains attribuent à la nature de l'Islam lui-même, sa radicalité et son caractère parfois violent. De ce fait, ils ont tendance à refuser la pénétration de l'Islam dans les sociétés occidentales. Nous qualifierons ce courant de "réfractaires", tandis que d'autres pensent l'Islam comme la religion de la tolérance qui a souffert du "colonialisme" et de la "ségrégation". On reconnait ici le courant "relativiste", qui ne veut retenir du Coran que les paroles bienfaitrices et qui se contenterait d'admettre que l'histoire de la conquête militaire par Mohammed et ses fidèles ne sont qu'un "accident" de l'histoire.

La vérité se trouve sur une arrête. Elle est perceptible sur le sommet d'une montagne à formation récente. La vérité spirituelle est d'ordre spirituelle; elle est aussi difficilement saisissable que la flamme d'une bougie; elle  se trouve sans doute quelque part, à une certaine intersection entre les deux positions tranchées des réfractaires et des relativistes.

Les "relativistes" affirment que l'extrémisme d'un certain islam, à l'instar d'un radicalisme chrétien ou juif est causé par l'insuffisante éducation des populations musulmanes; ceux-là omettent que l'Islam a aussi connu des périodes de conflits et de violence de durée plus ou moins longue et que le Coran, au milieu de paroles bienfaitrices, réserve un traitement ambigü aux minorités non-musulmanes, juives et chrétiennes. 

Les "réfractaires" eux, par inexpérience du vécu en milieu islamique, ne lui reconnaissent guère une possibilité d'évolution et donc un possible mouvement vers la non-violence. Il faut dire que l'Islam religion fondée sur "l'existence" est "binaire" et de ce fait, apparaît comme manquer de souplesse. Expliquons-nous dans le sens que le simple fait pour une personne d'exister, autorise l'islam à considérer cette personne comme un musulman et c'est la non-reconnaissance de le Shahada (témoignage) par un non-musulman qui fait que ce dernier est qualifié d'infidèle (Kafir). 

Sans doute la "position de justice" réside dans l'équilibre; il est un multi-dosage de différents ingrédients. En nous intérrogeant sur ce qui devrait changer pour faire avancer nos sociétés multi-religieuses vers un équilibre harmonieux et paisible entre les différentes religions, nous sommes arrivés à décliner certaines évolutions que nous voyons nécessaires de part et d'autres. Quelles seraient-elles ? Côté musulmans, citons le fait :

- d'admettre que l'infidélité dont ils accablent les non-musulmans est pour ces derniers le résultat d'une démarche et de la conscience personnelle.
- de refuser la mise sous pression des non-musulmans en vue de leur conversion, par l'adoption de lois appropriées qui ouvrent la voie à la liberté de choix.
- que l'Organisation des Etats islamiques déclarent que le recours à la violence, pour propager la religion, est désormais inacceptable.
- que l'Organisation des Etats islamiques mette en place une force militaire de frappe et d'intervention contre les mouvements extrémistes musulmans.
- que les programmes d'enseignement soient revus dans le sens de la reconnaissance du "droit à l'infidélité" religieuse pour tout individu.
- que les émissions de radio-télévision suivent une règle de conduite qui respecte ce "droit à l'infidélité".
- de mettre en place une Institution qui soit une tribune ouverte également aux mouvements radicaux islamiques leur permettant d'éxprimer leur mécontentement sur le mouvement des sociétés. Pour avoir "droit de cité" au sein de cette tribune, les mouvements radicaux doivent prêter serment sur le Coran de ne pas recourir à la violence et s'engager à ne pas encourager le recours à la violence pour modifier la situation.
- de reconnaître le droit à la réciprocité de culte pour les grandes religions monothéistes et favoriser une certaine ouverture vis à vis des autres religions reconnues, boudhisme, indouisme, etc....
- d'accepter la mise en place, dans les Etats musulmans, d'équipes de recherche sur les autres religions et encourager des projet de coopération avec des membres d'autres religions.

En réciprocité, l'effort exigé des Etats musulmans ne peut se faire sans un une effort similaire et un évolution des mentalistés dans les Etats non-musulmans qui ne pourraient se dispenser :

- de proclamer que les musulmans ont droit de cité, à citoyenté égale, dans les Etats non-musulmans mais que le passage à une majorité démographique ne permettra pas à l'Islam de mettre en place un Etat à caractère musulman.
- d'intégrer, dans l'enseignement de la jeunesse occidentale, les évolutions positives de l'islam (énoncés) plus haut, au fur et à mesure, qu'elles se mettent en place.
- d'obtenir des autorités chrétiennes et juives, qu'elles proclamment tout haut leur rejet en leur sein de la violence et de tout mépris de l'Islam.
- de refuser le tout libéral dans le domaine individuel, moral et économique en refusant, dans le comportement des sociétés occidentales, tout ce qui "choque" les adeptes des autres religions et en particulier l'Islam.
- d'enseigner la modération et la tempérance par le moyen des medias chargés de donner des "directions" de comportement qui ont pour objectif d'éviter que les croyances des autres religions ne soient blessées.
- de mettre en place une Institution mondiale (à l'instar des Nations-Unies) qui réunissent les représentants des religions pour débattre et recommender des évolutions morales dans les sociétés de façon à appaiser les tensions et favoriser la coexistence religieuse.

En énonçant ces quelques suggestions, le Veilleur de Ninive, qui souvent vous rapporte les violences inter-religieuses constatées dans différentts pays, a osé exprimer son espérance pour un monde multi-religieux meilleur; la tâche de chaque croyant, quel que soit ses convictions, est aussi de démontrer que la vie de foi et de dévotion est heureuse et qu'elle mène, pour l'amour de Dieu, à la paix et à l'amour entre les hommes.

Ghana : La tolérance religieuse menacée.

Inquiétude de l’Eglise face à l’avancée d’intégristes musulmans.
Rome, Vendredi 23 septembre 2011 (ZENIT.org) – L’Eglise au Ghana est inquiète pour l’avenir de la tolérance qui caractérise son pays, jusqu’ici considéré comme l’un des exemples de cohabitation interreligieuse les plus positifs de l'Afrique.

Mgr Philip Naameh, archevêque de Tamale, dans le nord du pays, a fait part de cette inquiétude à l’association internationale Aide à l’Eglise en détresse (AED). Il évoque certains groupes extrémistes présents dans le pays qui pourraient compromettre le délicat équilibre qui caractérise actuellement les relations avec la communauté musulmane.

« Ma crainte, a-t-il déclaré, est que les fondamentalistes parviennent à mettre en péril la coopération interreligieuse, créant des problèmes dans les diocèses, à Tamale par exemple, où l’islam est la religion majoritaire ».

L’archevêque fait état d’affrontements survenus dans les proches régions nord du Nigeria, théâtre de récentes attaques contre les chrétiens. Il dit sa crainte de voir arriver ces groupes radicaux au Ghana et décider de rompre toute sorte de relation avec les autres religions, mettant ainsi en péril la sécurité des minorités.

Beaucoup de ces intégristes, a-t-il précisé, reçoivent leur formation en Iran, Irak ou Arabie Saoudite. Lorsqu’ils rentrent au pays, ils ont de fort sentiments d’intolérance vis-à-vis des chrétiens et d'autres minorités.

Actuellement, Mgr Philip Naameh n’a pas d’information concernant une éventuelle pénétration de ces extrémistes dans son archidiocèse, mais il craint néanmoins que diverses régions subissent déjà leur influence, compromettant « les relations avec les musulmans ». Celles-ci dit-il, « ont toujours été excellentes, surtout avec les catholiques, au point d’ailleurs de laisser à ces derniers une certaine latitude pour évangéliser ».

samedi 17 septembre 2011

La société polyphonique


La paix religieuse s'obtient dans une société multiconfessionnelle lorsque la confiance s'établit. Mais comment faire pour affermir et élargir le champ de la confiance qui est nécessaire à une vie paisible entre les membres différents d’une même société ?

Certes ce ne sont pas ces quelques lignes qui résoudront les difficultés qui ont accompagné la vie des sociétés multiconfessionnelles mais en nous interrogeant sur la manière faire vivre ces dernières en paix, elles nous sont apparues à l’image d’un chœur vocal invité à interpréter une pièce musicale ?

Dans un chœur, chaque choriste chante sa partition et n’interprète pas celle du voisin, c'est-à-dire que chaque croyant pratique un langage vrai ; il est à l’aise dans sa foi et la pratique sereinement.

Dans un chœur, chaque choriste interprète son morceau en conservant la voix de l’autre dans sa propre oreille afin d’adapter le volume de sa voix à l’ensemble du chœur ; dans une société multiconfessionnelle, la modération et la tempérance s’impose afin de percevoir les inquiétudes et les appels de l’autre confession.

Dans un chœur, tous les choristes ont le regard fixé sur le chef d’orchestre ; la société multiconfessionnelle ne conserve la paix que si une autorité est présente pour rappeler à chaque confession les excès qu’elle peut commettre et qui affectent l’ensemble de la société.

Dans un chœur, lorsqu’un soliste intervient ; l’ensemble vocal se met à son écoute avec attention et parfois avec admiration; le soliste, est l’événement exceptionnel qui se fête ? Ici une nativité à fêter, là la fête de l’Adha, plus loin une journée de Kippour à célébrer.

Dans un chœur, lorsque deux solistes « dialoguent », l'échange est harmonieux ; la confiance les unit et chaque confession apporte de la joie à l’autre; c'est même comme si chaque confession travaillait pour le bien et l'épanouissement de l'autre.
Il se peut que la pièce soit polyphonique ; la multiplicité des voix est alors prévue et dans un mouvement d’embellissement, les sons émis charment l’ouïe ; dans la société polyphonique, chaque communauté dit sa différence sereinement. Aucune voix n’écrase la voix des autres ; chacun s’exprime délicatement.
Dans un chœur, lorsqu’une voix tranche et que les signes du chef d’orchestre ne suffisent pas pour la replacer à sa place, ce dernier reprend les répétitions ; c’est tout le travail éducatif qui doit être effectué dans une société multiconfessionnelle pour expliquer le dialogue établi et s’assurer du fait que chacun sait le comprendre. Il ne peut y avoir de fait accompli.

Dans un chœur, d’un concert à l’autre, les partitions ne sont pas les mêmes ; de même dans la société multiconfessionnelle, les idées évoluent, les citoyens changent,  mais c’est toujours une pièce musicale à interpréter en suivant les mêmes règles et en reflétant le même esprit.

mardi 13 septembre 2011

Inde : profanations répétées d'une église à Hyderabad.

Le curé déplore « l’inaction et de la négligence » de la police
Lundi 12 Septembre 2011 - Lors de profanations répétées, l’église catholique syro-malankare Sainte Marie Mère de Dieu, située à Hyderabad, a subi des actes de vandalisme. Le dernier d’entre eux a été perpétré fin août, lorsque le maître-autel, des bibles, des missels et livres de cantiques, des crucifix et des vêtements liturgiques ont été incendiés. Le père John Felix, curé de la paroisse, a exprimé dans une lettre ouverte aux autorités de l’état fédéral d’Andhra Pradesh que cet incident n’a pu se produire « qu’en raison de l’inaction et de la négligence de la police et des autres autorités ».

 : Photo AED
Dans cette lettre, dont l’AED a eu copie, le prêtre déplore que la police ait arrêté sans résultat des procédures relatives à des attaques ayant eu lieu en 2004 et 2008. En juillet 2004, des paroissiens, dont un prêtre, qui travaillaient sur un chantier où devait être édifiée une église, auraient été violemment attaqués, injuriés et menacés de mort par une foule furieuse d’environ 100 personnes. En juillet 2008, les portes de l’église achevée en 2006 auraient été verrouillées depuis l’extérieur pendant un office religieux, alors qu’environ 250 croyants, dont des nourrissons, des malades et des personnes âgées, se trouvaient à l’intérieur.

« Afin d’éviter de nouvelles confrontations, nous suivons l’enseignement de notre Seigneur Jésus-Christ, c’est-à-dire que nous avons exercé le pardon et l’amour des ennemis », a souligné le curé. Il a toutefois invité les autorités à reprendre les procédures laissées en suspend et à punir le dernier incident en date.

Interrogé par l’AED, Mgr Jacob Mar Barnabas, l’évêque responsable du diocèse, a déclaré que l’église était actuellement placée sous protection policière. Il invite les catholiques du monde entier à prier pour ses fidèles.

L’église catholique syro-malankare en Inde compte environ 430 000 croyants.

lundi 12 septembre 2011

Essayer de comprendre les déclarations du Patriarche maronite.

Nous lisons dans la presse des critiques sur les déclarations du Patriarche maronite Monseigneur Béchara Raï lors de son séjour en France quand il exprimait, rappelant la volonté réformiste du Président syrien, sa préférence pour le maintien  de ce dernier au pouvoir.   

Plutôt que de blâmer le Patriarche, nous devrions essayer de comprendre les raisons de cette déclaration.

La position du Patriarche est très pragmatique. En France, il n'a fait qu'énoncer tout haut ce que certaines des minorités du Moyen-Orient pensent tout bas depuis des décennies, que tant que les régimes arabes ne prouveront pas leur capacité à lever la voix lorsque les minorités non-musulmanes sont inquiétées ou menacées par des groupes extrémistes, ces minorités n'auront de choix que de préférer les régimes familiers qui ont prouvé leur résistance au fondamentalisme, au fanatisme et à l'exclusion des minorités non-musulmanes.

Pour le patriarche, la priorité est la protection de ses ouailles et non pas l'hypothétique et incertaine démocratie à venir pour les musulmans sunnites, entre musulmans sunnites, à l'instar de la démocratie juive d'Israël qui est pour les juifs et entre juifs.

La préférence patriarcale serait plutôt pour la vraie démocratie, celle qui est réformiste, multi-confessionnelle et sans exclusions et non pas celle qui résulte d'un "putsch" aux apparences populaires dont on ne connaît ni les manipulateurs, ni l'aboutissement et encore moins les conséquences.

Il faudra encore un peu de temps et des "témoignages" concrèts de la part des pays à dominante sunnite pour convaincre les chrétiens du Moyen-Orient que "sunnatisation" signifie démocratie et sécurité pour les minorités non-musulmanes.

mardi 6 septembre 2011

Le théâtre français se déchaine contre le Christ.

Il joue l'art contre les artistes.



Le Théâtre français acceptera t-il de devenir l'instrument de lutte contre la foi des chrétiens et de ce fait des  artistes chrétiens qui ont fait de la France, pays tant visité et apprécié dans le monde pour sa beauté ? L'avenir nous le dira...! 

Deux pièces de théâtre sont au programme, cette année, de plusieurs théâtre français qui menacent ainsi de profaner la Divinité du Christ et le sacré de la Foi Chrétienne.... 

A bien noter les titres de ces deux pièces : "Sur le Concept du Visage de Dieu" et "Golgota Picnic". 

Pour agir, faites pression sur les théâtres en question, écrire ou téléphoner :



Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.Purifions notre coeur pour combattre le mensonge qui y habite.