mardi 30 août 2011

Nigeria : nouveaux affrontements violents entre musulmans et chrétiens.

Goodluck Jonathan,  le président du Nigeria
Goodluck Jonathan, le président du Nigeria
AFP / PIUS UTOMI EKPEI

Par RFI

Des heurts ont éclaté hier lundi 29 août 2011 entre musulmans et chrétiens à Jos, ville du centre du Nigeria régulièrement secouée par des violences ethniques et religieuses, faisant plusieurs victimes dont au moins trois morts. Des voitures et des commerces ont également été brûlés. Une zone de trouble de plus dans le pays où les enquêteurs nigérians, appuyés par des agents du FBI, tentaient hier de savoir si Boko Haram, la secte islamiste qui a revendiqué l'attentat sanglant contre le siège de l'ONU à Abuja était effectivement responsable de cette attaque. 

Avec notre correspondante à Lagos
Si le président Goodluck Jonathan a réussi à pacifier au moins temporairement la région pétrolifère du Delta du Niger, grâce au programme d’amnistie, tout porte à croire que la trêve de la violence au Nigeria n’aura été que de courte durée.

Le chef de l’Etat fait désormais face à un front nord de plus en plus explosif. A peine élu en avril dernier, Goodluck Jonathan avait déjà essuyé la révolte des partisans de son principal opposant du nord, Mohamadou Boiry. 

Depuis deux mois, ce sont des attaques attribuées à la secte islamiste Boko Haram qui se sont multipliées, principalement dans le nord-est du pays, jusqu’à cet attentat au siège des Nations unies à Abuja, la capitale fédérale.

Un président pressé d'agir
C’est la première fois que la communauté internationale a été visée sur le sol nigérian. La première fois aussi qu’un kamikaze est parvenu à se faire exploser. Une escalade de la violence qui relance la question de la sécurité, avec en filigrane, celle de la division nord-sud.

Dans les talk- show radio et sur internet, les Nigérians pressent le président d’agir, de prendre des mesures strictes, mais encore faut-il réussir à identifier l’ennemi. Diverses personnes se réclamant de Boko Haram ont revendiqué l’attentat-suicide de vendredi 26 août, mais les autorités restent vigilantes.

L’enquête se poursuit, en collaboration notamment avec des agents américains du FBI. Et selon la police, plusieurs pistes sont étudiées.

jeudi 25 août 2011

Le cardinal Naguib préoccupé pour la communauté chrétienne en Egypte.

Le patriarche d’Alexandrie des coptes catholiques participe au Meeting de Rimini
ROME, Mardi 23 août 2011 (ZENIT.org) – Présent à l’édition 2011 du Meeting de Rimini (21-27 août) où il a participé à une table ronde sur une expérienceinterreligieuse et multiculturelle vécue au Caire en octobre dernier, le cardinalAntonios Naguib, patriarche d’Alexandrie des coptes catholiques, a confié sur Radio Vatican sa préoccupation pour la situation en Egypte.

« Depuis le début de ce que l’on a appelé la ‘révolution’, le 25 janvier dernier, il y a eu des changements positifs mais qui n’ont pas touché l’essentiel : en fin de compte, au-delà des plus hauts en grade qui se sont éloignés du pouvoir, les responsables sont toujours les mêmes personnes ».

Au début, a-t-il expliqué, dans les premières semaines qui ont suivi la révolution, « beaucoup de choses ont changé. Et puis les attaques, les violences et la criminalité contre les chrétiens et contre les églises ont recommencé ».

« Nous craignons pour la sécurité de toute l’Egypte parce le pays vit un moment de manque de sécurité grave. Les forces armées font vraiment beaucoup mais ne réussissent pas à mettre fin au vandalisme accompli tous les jours un peu partout », s’est-il désolé.

« Je pense – a-t-il ajouté – que les forces islamiques auront certainement une présence forte dans le prochain parlement et cela est normal parce que leur force politique doit être reconnue sur la base d’un consensus démocratique ». « Ils peuvent arriver à la majorité mais s’ils arrivent au pouvoir – a-t-il reconnu – on peut craindre qu’ils imposent le modèle d’un Etat religieux islamique ».

Il y a deux mois, le cardinal Naguib a donc passé un appel à sa communauté : « j’ai demandé de soutenir un processus vers un Etat civil, un Etat démocratique » car « cette vision régnait au début de la révolution ». Par la suite, des groupes islamiques avec des visions d’Etat basées sur la charria ont peu à peu prévalu. « J’ai beaucoup d’espérance – a-t-il conclu – je suis très optimiste, mais sans cacher mon angoisse et ma peur pour l’avenir, non seulement pour nous comme chrétiens mais aussi pour toute l’Egypte ».

Inde : Les chrétiens du Karnataka menacés par des Hindouistes

Un « recensement » fait par la police ne cible que les chrétiens

ROME, Mercredi 24 août 2011 (ZENIT.org) – En Inde, au Karnataka, la menace d’attaques imminentes des hindouistes répand la panique parmi les chrétiens, déplore Eglises d’Asie (EDA) , l’agence des Missions étrangères de Paris dans cette dépêche. Un « recensement » fait par la police ne cible que les chrétiens.

« La panique s’est emparée des chrétiens du Karnataka depuis le lancement d’un recensement par le gouvernement de l'Etat dirigé par le Bharatiya Janata Party (BJP, Parti du peuple indien), vitrine politique du mouvement hindouiste. Ils craignent une entreprise camouflée de « fichage » des fidèles, préparatoire à une opération de « nettoyage de masse » des minorités religieuses par les extrémistes hindous, qui pourrait être d’une plus grande ampleur encore que les violences antichrétiennes de 2008.

« Des tentatives d'enregistrement des chrétiens sous couvert de recensement ont déjà eu lieu dans d’autres Etats à forte dominante hindouiste, comme au Gujarat ou plus récemment au Madhya Pradesh (1). Dans ce dernier, également gouverné par le BJP, le recensement devait être réalisé par la police locale, chargée de déterminer le nombre de chrétiens dans l’Etat ainsi que leur identité, les zones "sensibles" (à forte population chrétienne), les lieux de culte existants ou en construction, les établissements d’enseignement et autres centres dirigés par l’Eglise, leurs sources financières, ou encore la présence « d’éléments criminels » (vérification des casiers judiciaires) au sein des communautés chrétiennes. Cette circulaire diffusée dans tous les commissariats en mars dernier avait déclanché une forte réaction des Eglises et des ONG de défense des droits de l’homme qui avaient protesté vigoureusement. L'Etat avait fait marche arrière et stoppé l’enquête, arguant d’« une mauvaise interprétation due à un dysfonctionnement des services de communication ».

« Au Karnataka, le « recensement », qui ne cible que les chrétiens, a été comme au Madhya Pradesh confié à la police locale. Le Global Council of Indian Christians (GCIC), une ONG d’obédience protestante qui lutte contre les violences antichrétiennes, a dénoncé une « tentative claire pour appliquer le programme officieux du Sangh Parivar » [mouvance réunissant les organisations extrémistes hindoues]. « Il s'agit d'une violation des droits fondamentaux des personnes à pratiquer et prêcher librement leur religion comme le garantit la Constitution » a affirmé Sajaan George, président de l’organisation.

« L'opération est déjà en cours dans le district de Chikmagalur où les responsables des paroisses et les organisations chrétiennes (catholiques comme protestantes) doivent déclarer tous les lieux de culte et les biens qui en dépendent, et ont l’obligation de fournir les coordonnées des responsables, les comptes bancaires, les horaires des offices et leur fréquentation par les fidèles.

« Les craintes des communautés chrétiennes ont été renforcées par la récente recrudescence des attaques hindouistes : ces dernières semaines, des actes de violences antichrétiennes ont été perpétrés par des extrémistes hindous lors des offices dominicaux, et plusieurs églises ont été saccagées et profanées. Dimanche dernier, un pasteur pentecôtiste, le Rév. Sangappa Hosamani Shadrak, a été sérieusement blessé par une vingtaine d’hindouistes alors qu’il célébrait un office au domicile de l'un de ses fidèles.

« Les extrémistes hindous ont motivé leurs attaques par des accusations de conversions forcées, un thème récurrent bien que constamment réfuté par les différentes Eglises qui soulignent que ce type de conversion est un acte « fondamentalement non-chrétien ».

« Lors des violences antichrétiennes de 2008, le Karnataka a figuré parmi les Etats les plus touchés, avec plus d’une centaine d’attaques dont certaines particulièrement meurtrières. En février dernier, les chrétiens menés par Mgr Moras, archevêque de Bangalore, ont réfuté fermement le rapport « partial et légitimant le parti au pouvoir, dont la politique est résolument hostile aux minorités » émanant de la commission mandatée par le gouvernement du Karnataka pour enquêter sur les violences de 2008, et ont demandé la réalisation d'une nouvelle enquête par des organisations indépendantes ainsi que la poursuite des responsables des actes de violence(2).

« La peur d’attaques imminentes de la part des hindouistes a commencé à se répandre parmi les chrétiens du Karnataka en début de semaine, après que les services de police aient contacté par téléphone de nombreux pasteurs, leur enjoignant de se faire enregistrer au commissariat le plus proche. Il leur a également été demandé de fournir le nombre de leurs fidèles à chaque office et de s'adresser au commissaire de district pour demander son autorisation avant tout rassemblement.

« La plupart de ces pasteurs appartiennent à la Karnataka Mission Network (KMN) une association de 27 Eglises pentecôtistes. Le président de la KMN, le Rév. Walter Mab a rapporté que plus de 70 pasteurs avaient été contactés et qu’il leur avait été spécifié que s’ils ne se faisaient pas enregistrer, la police serait dans l’incapacité de les protéger, que ce soit dans leurs lieux de culte ou lors des rassemblements.

« Les menaces ont été très clairement formulées, a estimé ce mercredi 24 août auprès de l’agence Ucanews, le P. Ronnie Prabhu, Secrétaire général du Karnataka United Christians Forum for Human Rights (KUCFHR) (3). « Les pasteurs devront suivre les instructions à la lettre, ou ils seront en danger », a poursuivit le prêtre jésuite, qui signale néanmoins que lorsqu’un pasteur appartenant à une « Eglise non agréée » se rend au commissariat, il lui est répondu qu’il ne peut remplir de formulaire, les services de police n'ayant pas reçu de consigne à son sujet.

« Citant des sources policières, le P. Prabhu a confirmé que des groupes hindous planifiaient effectivement des attaques contre les chrétiens afin de marquer l’anniversaire des violences de 2008. Selon lui, la police qui n’ignore pas les desseins des extrémistes, « est en train de mettre en place les conditions qui lui permettra se dégager de toute responsabilité en cas d’incidents » (4). »

(1) En 1999 le Gujarat a mené une enquête semblable auprès de la minorité chrétienne. Précédée d’une flambée de violence antichrétienne meurtrière, ce « sondage » avait été suivi de nouvelles attaques, avant d’être condamné par la Haute Cour pour violation de la Constitution. Voir EDA 278, 279, 283. Au sujet du fichage des chrétiens par la police du Madhya Pradesh, voir la dépêche EDA du 30 juin 2011.
(2) Voir EDA 546, 537, 529, 528, 522, 517, 502, 453.

(3) Suite aux violences antichrétiennes de 2008 et à l’initiative de Mgr Moras , des évêques catholiques et des représentants de différentes confessions chrétiennes ont lancé en juin 2009 le Karnataka United Christians Forum for Human Rights, KUCFHR) .Voir EDA 510.

(4) Ucanews, 24 août 2011 ; Fides, 23 août 2011 ; AsiaNews , 22 août 2011
© Les dépêches d'Eglises d'Asie peuvent être reproduites, intégralement comme partiellement, à la seule condition de citer la source.

mardi 2 août 2011

Irak: 15 blessés dans l'explosion d'une voiture piégée devant une église à Kirkouk

KIRKOUK (AFP) — Une voiture piégée a explosé tôt mardi devant une église syriaque catholique à Kirkouk (nord), faisant 15 blessés, et deux autres ont été désamorcées par les forces de l'ordre à proximité de sites chrétiens dans le même quartier, a indiqué la police.

La déflagration s'est produite vers 05H30 (02H30 GMT) devant l'église de la Sainte Famille au nord de Kirkouk (240 km au nord de Bagdad).

"Il y a eu 15 blessés. Ce sont des fidèles qui vivaient à l'intérieur de l'église et des gens habitant à proximité", a indiqué la source policière.

C'est la première fois que ce lieu de culte est pris pour cible, a indiqué de son côté à l'AFP l'un des prêtres officiant dans l'église, Imad Hanna. Des femmes et des enfants figurent parmi les blessés, dont deux sont dans un état grave, a-t-il ajouté.

Deux autres voitures piégées ont été repérées et désamorcées à côté d'autres sites chrétiens, a déclaré le chef de la police de la province de Kirkouk, le général Jamal Taher Baker.

"Il y avait deux autres voitures piégées, l'une près de l'église Mar Gorguis (St Georges), à moins de 2 km de l'explosion, et la deuxième près d'une école" religieuse, a-t-il dit.

Cinq chrétiens figurent parmi les blessés, et l'un des deux blessés graves est un enfant, a indiqué une source médicale à Kirkouk.

Les blessés ont été évacués vers les hôpitaux de Kirkouk et Azadi, a indiqué le prêtre.

Selon un correspondant de l'AFP sur place, l'explosion a soufflé les portes, les fenêtres, le générateur et le mobilier de l'église, et endommagé plusieurs voitures et maisons à proximité dans ce vieux quartier de Kirkouk.

Des habitants des maisons endommagées fouillaient les décombres à la recherche de leurs biens. A l'intérieur de l'église, des femmes âgées se sont rassemblées pour prier, et d'autres personnes ont fait de même à l'extérieur du bâtiment, a constaté le correspondant de l'AFP.

Kirkouk compte près de 600.000 habitants dont 10.000 chrétiens contre 50.000 avant la chute du régime de Saddam Hussein et ils n'ont pas pu célébrer cette année les fêtes de Noël après des menaces de mort adressées à des notables chrétiens de la part de l'Etat islamique d'Irak (ISI), une branche d'Al-Qaïda.
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